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LA GENDARMERIE ROYALE DE CORSE 1815-1830

LA GENDARMERIE ROYALE
 
 
 MOTIF DU BOUTON DE LA GENDARMERIE ROYALE
DE 1815 à 1830
in GENDARMERIE NATIONALE
 
Le retour de l’Empereur lors de l’épisode des Cent-Jours avait enflammé la Corse. Bastia, où résidait le gouverneur, BRUSLART, un ancien chouan, devint le siège du parti royaliste, et par opposition, Ajaccio celui du parti Bonapartiste. Il s’ensuivit une guerre civile, qui fut accentuée par une augmentation des crimes de sang. Un bandit notoire alla même jusqu’à enlever et exécuter le bourreau de Bastia.
Cette guerre civile qui est connue sous le nom de guerre du Fiumorbo, ne prendra fin qu’avec la chute de l’Empire, après Waterloo. Un demi-solde, le Colonel de Gendarmerie CASABIANCA, avec l’aide de 3.000 montagnards assiégea BRUSLART dans Bastia.
Un autre gendarme, le Commandant POLI, que l’Empereur avait envoyé de l’île d’Elbe en Corse, pour rallier des partisans et rétablir l’autorité impériale, et contrer un éventuel débarquement des Anglais, tint tête dans le centre de l’île, aux troupes Royales débarquées à Ajaccio. L’autorité royale fut contrainte de négocier sa reddition. 
 
ORGANISATION
 
A la deuxième Restauration, la Gendarmerie Royale n'aura plus les faveurs de l'autorité royale. Elle va connaître une période transitoire. La tenue ne subit que peu de modifications, et conserve les couleurs traditionnelles héritées de la Maréchaussée et de la Gendarmerie de France. L'organisation territoriale et son champ d'action seront redéfinies ou affirmées pour perdurer jusqu'à nos jours.
Comme ses prédécesseurs, Louis XVIII s'entoure d'une Gendarmerie d'Élite pour assurer la sécurité de sa personne, d'une force de police militaire pour assurer le maintien de l'ordre dans Paris, et d'une force militaire dans les campagnes pour lutter contre le brigandage et assurer la sécurité des voies de communication.
  

 Gendarme de la Compagnie des Voyages & des Chasses du Roi - 1819 - Coll de l'auteur
 
Comme le reste de l’Armée, la Gendarmerie Royale n’échappera pas à la grande épuration fixée par l’Ordonnance du 18 novembre 1815.
 
Deux ordonnances, l’une du 10 septembre 1815, organisent la Gendarmerie Royale des Départements comme suit : 24 légions, 48 Escadrons et 96 Compagnies, soit 2.170 brigades de 8 hommes dont 1.550 à cheval et 620 à pied, pour un effectif de 18.000 hommes, et l’autre du 29 octobre 1820, en 24 Légions, 87 Compagnies ( équivalent au nombre des départements) 370 Lieutenances et 2.250 brigades à 6 gendarmes chacune. 1600 à cheval pour 650 à pied, pour un effectif de 14.086 hommes.
C'est à cette époque que l'admission dans l'arme est soumise à de nouveaux critères jugés sévèrement : à savoir une taille minimale de 1,732 m pour l'arme à cheval et 1,705 m pour l'arme à pied, être agé de 25 à 40 ans, avoir une conduite exemplaire, savoir lire et écrire et justifier de 4 ans de service militaire. Les brevets d'officiers sont accordés par le Roi, et l'ensemble des militaires doit prêter serment au souverain.

Le 10 janvier 1816, Louis XVIII réorganise la GENDARMERIE ROYALE DE PARIS à partir de la GARDE ROYALE DE DE LA VILLE DE PARIS, et en 1820, reconstitue après une extinction de 6 ans, la GENDARMERIE D ELITE.
 
Il existe également une GENDARMERIE COLONIALE, implantée à la Martinique et à la Guadeloupe, ainsi qu'une GENDARMERIE ROYALE DES PORTS ET DES ARSENAUX, au nombre de 6 compagnies (Boulogne - Le Havre - Brest - Lorient - Rochefort et Toulon) d'un effectif à 418 hommes. on 1820, on ne comptera plus que 5 compagnies. 
Durant cette période, la Gendarmerie Royale s'illustre durant la campagne d'Espagne de 1823 à 1827.  
La tenue est fixée deux règlements, l’un du 15 février 1819, et le second du 22 septembre 1826.
L’uniforme conserve les couleurs héritées de Gendarmerie Impériale, avec la couleur bleu de Roi et les distinctives écarlates. L’uniforme conserve la coupe du modèle défini en 1812, seuls les attributs royaux remplacent les attributs hérités de l’Empire, le pantalon supplante la culotte et un nouveau chapeauest adopté.
 
Le Règlement du 15 février 1819

1°/ L’Arme à Cheval
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
GRANDE TENUE
 
Habit de drap bleu de roi coupé selon le modèle de 1812, avec revers et retroussis rouges. poches en long , simulées par un liseré écarlate, orné de 3 boutons blancs d’uniformes. Chaque revers comporte 7 boutons. Les retroussis sont ornées d’une grenade en fil blanc pour les gendarmes, en fil bleu pour les sous-officiers, en argent pour les officiers. Collet fermé droit, parements ronds et pattes de parements en drap bleu. Les pattes comportent 3 boutons.
Boutons de métal blanc aux Armes de France ( écu ovale à 3 fleurs de lys surmonté d’une couronne et encadré de 2 rameaux d’oliviers) et portant la légende Gendarmerie Royale.
Sur l’épaule gauche sont portées des aiguillettes en fil blanc terminées par deux ferrets de métal blanc, et une épaulette en forme de trèfle de fil blanc. L’épaule droite ne portant qu’une épaulette en forme de trèfle. Les sous officiers porte le même élément, mais les fils sont mélangés bleu et argent, et rouge et argent pour les trompettes.
Culotte demie collante de couleur chamois.
Ceinturon et banderole de giberne chamois bordé d’un galon blanc. Le ceinturon est orné d’une plaque de cuivre jaune agrémentée des armes de France en métal argenté. Giberne de cuir noir, ornée d’une grenade de cuivre.
Chapeau à la française de feutre noir bordé d’un galon argent avec une cocarde en basin blanc, maintenue par une ganse en galon blanc et un petit bouton d’uniforme. Le chapeau est porté en colonne, la ganse devant se trouver au dessus de l’œil gauche. Cette coiffure remplace le chapeau réglé en 1813.
Gants de cuir de couleur chamois à crispins.
Bottes fortes de cuir noir avec éperons
Portefeuille de correspondance en cuir faune en forme de sabretache.

Il est fait usage par mauvais temps d’un grand manteau à rotonde de drap bleu, doublé de rouge, et dont l’amplitude est telle qu’il protège les flancs et la croupe de la monture. Ce vêtement est ordinairement plié et fixé au portemanteau de manière à présenter la doublure rouge vers le haut.
  
 
GENDARME DEPARTEMENTAL A CHEVAL - GRANDE TENUE - 1824 - Coll. de l'auteur.  
 
PETITE TENUE
 
En petite tenue, il est fait usage d’un surtout de drap bleu fermant droit devant par des boutons blancs. Un liseré rouge est visible sur le devant. Retroussis rouges.
Chapeau de grande tenue, trèfles et aiguillettes.
Pantalon demi-collant en drap gris enserré dans les bottes fortes en cuir noir. 
 
Tenue de service à pied 
 
1830 GARDE ROYALE - GENDARMERIE D'ELITE
Trompette & Lieutenant en grande tenue de service à pied.
 
Les gendarmes à cheval peuvent être amenés à faire leur service à pied. Ils portent alors le ceinturon porte sabre en baudrier.
Pour les officiers la tenue est identique mais taillée dans un drap pus fin et de confection plus soignée.

Équipage du cheval

Selle du modèle des dragons adoptée sous l’Empire en 1812. Bride de cuir noirci.
Tapis de selle de drap bleu bordé d’un galon blanc et orné dans l’angle postérieur d’une grenade brodée de fils blanc.
 
2°/ l’Arme à pied
 
Grande tenue
Elle est identique à celle des cavaliers. La seule différence réside dans le port de hautes guêtres d’étamine noire.
 
Petite Tenue

Elle est identique à celle des cavaliers. Sa seule différence réside dans le port de guêtres courtes en étamine noire.
Même remarque pour les officiers.
Selle du modèle des dragons pour les officiers.
Armement
  
Les cavaliers sont armés d’un sabre, d’un mousqueton et d’une paire de pistolet.
Les gendarmes à pied sont armés d’un mousqueton et de sa baïonnette, et d’un sabre briquet.
 
Le Règlement du 22 septembre 1826
 1°/ Arme à cheval
 
GRANDE TENUE
 
Pas de changement dans la tenue.
Adoption d’un nouveau modèle de chapeau, dont l’aile avant mesure 197 mm et à l’arrière 270 mm. C’est la plus haute des coiffures portée par les gendarmes.

PETITE TENUE
Pas de changement.
Le pantalon devient gris bleu.
 
 
GENDARMERIE ROYALE DES DEPARTEMENTS 1830
Gendarme et S/lieutenant en petite tenue.
Coll de l'auteur.
 
Équipage du cheval

Adoption d’une nouvelle selle à la française dite du modèle 1823.
Tapis de selle bordé d’un galon blanc et ornée d’une grenade de fils blancs dans l’angle postérieur. 
 
 
2°/ Arme à pied
 
GRANDE TENUE
Pas de changement. Un pantalon blanc remplace la culotte chamois.
Port de hautes guêtres d’étamine noire.

PETITE TENUE
Identique à celle des cavaliers.
Port de petites guêtres d étamine noire sur un pantalon blanc.
 
Armement
 
Les cavaliers verront leur sabre du modèle An XI à fourreau métallique, remplacé par le modèle 1816 ou 1822.
La paire de pistolets modèle XI est remplacée par le mèle 1823.
Mousqueton An XI remplacé par celui du mèle 1816.

Pour les gendarmes à pied, fusil An IX remplacé par un mousqueton mèle 1825.
Sabre briquet An IX remplacé par le mèle 1816.
La Gendarmerie Royale de Corse
 
L’Ordonnance du 29 octobre 1820 avait implanté en Corse la 17ème Légion, dont le chef lieu était à Bastia. La Gendarmerie Royale de Corse forte de 63 brigades s’articulait en 2 compagnies. Le découpage impérial n’avait pas été modifié.
La 1ère Compagnie à Bastia comprenait 7 lieutenances : Bastia, Calvi, Saint Florent, Vescovato, Corté, Piedicroce, Tallone.
La 2ème Compagnie à Ajaccio, en comprenait 5 : Ajaccio, Vico, Santa Maria Sicché, Sartène, Talano.
Les gendarmes qui œuvraient sur l’île n’en étaient pas originaires. Aussi fut-il créé une unité supplétive à recrutement local pour suppléer leur action. Cette unité prit le nom de Voltigeurs Corses, dont il faut chercher les origines dans les Bataillons de Chasseurs Corses, créés sous l’Empire. Nous aurons l’occasion de nous attarder sur cette unité.
En fonction de contraintes dues à la nature du pays, les Gendarmes servant en Corse, furent obligés d’adapter leur tenue.
 
1°/ Arme à cheval.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sur fond de citadelle de Corté, Gendarme à Cheval de la Corse.
Eugène Lelièpvre in Gendarmerie Nationale - Coll de l'auteur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
Elle est identique à celle qui est portée sur le continent. Toutefois les gendarmes à cheval généraliseront le port du surtout qui va supplanter l’habit de grande tenue.
Les bottes fortes dans un pays montagneux et le port de la culotte demi collante se révélant inconfortable et peu pratique, ils font usage d’un pantalon en drap gris bleuté muni de jambes à fausses bottes de cuir noir. De même ils troquent l’inconfortable chapeau par un shako, garni sur le haut du galon d ‘élite blanc et d’une plaque aux armes de France et d’une jugulaires à écailles de métal blanc.
 
Équipage du cheval.

La Gendarmerie Royale de Corse, fait usage d’une selle dite à l’anglaise du modèle de 1819, qui équipe les officiers et la troupe.
Pour sa remonte, la Gendarmerie de Corse, utilisera les petits chevaux locaux. Ceux là même qu’Alphonse Daudet décrit si bien du Phare des Sanguinaires dans les lettres de mon moulin.
 

 
 
 1830 - Gendarmerie Royale de Corse - Gendarme à cheval
Coll de l'auteur.
  
2°/Arme à pied
 
 
 Les gendarmes à pied font usage du même shako que les cavaliers, garni d’un plumet rouge.
Jusqu’en 1822, ils porteront l’habit de grande tenue des épaulettes à franges écarlates
La Gendarmerie Royale de Corse, sera également la première à faire usage de la fameuse casquette d’Afrique dès 1840, et ce, bien avant que le port n’en soit généralisé à toute l’armée. Cette coiffure tronquée sera l'ancêtre de notre képi.
 
JN POIRON - 2003 - Mise à jour 31/08/2011
  
 Gendarme départemental à Cheval et Gendarmerie royale de Corse. Gendarme à pied en grande tenue par E. Leliepvre 
 
 
 
     Gendarmerie de Corse en 1846 portant la casquette dite d'Afrique                                      
 
 Sources :
GENDARMERIE NATIONALE - Gal Jean BESSON & Pierre ROSIERE - Ed. Xavier Richer - 1982