Les sources du CO2 dans les grottes

Jean Godissart

UBS - Continent 7

La mesure du CO2 dans les grottes et en particulier dans l’Abîme de CAP  nous a conduit à étendre nos recherches dans le trou Jonay voisin de l’aven et dans le sol près du contact avec le bedrock et à l’aplomb de ces deux cavités.

La courbe ci-dessous décrit le cycle annuel du CO2 dans la salle terminale de la grotte de Comblain-au-Pont située dans le calcaire carbonifère à 20 km au sud de Liège.

 Les courbes du CO2 dans le sol montrant un maximum de 20000 ppm vers la fin du mois de mai, il semblerait donc que le temps de transfert de la vague de CO2 à travers la roche dans le cas présent soit de l’ordre de trois mois.

Ce déphasage est du même ordre de grandeur que celui que nous avions déjà mesuré dans la grotte de la Fontaine de Rivîre.

La vitesse de diffusion du CO2 dans le calcaire dépend probablement de différents facteurs tels que le degré de fissuration de la roche, son contenu hydrique, son épaisseur, le volume des vides,  etc…

Par ailleurs, le monitoring Draëger installé au sommet du p30 dans la grotte de Ramioul située à 15 km au sud-ouest de Liège nous a livré des graphes du CO2  fort différents, montrant des occurrences à caractère éruptif et une production annuelle de l’ordre de vingt fois supérieure avec un cycle annuel montrant un pic pendant la période froide de l’année. Des hypothèses sont avancées pour expliquer ces deux manifestations du CO2 qui pourraient provenir de différents modes d’élaboration.