Je t’ai fixé un jour, Pour nous rencontrer, Nuit Et fidèle comme l’Amour Tu es restée depuis.
Découverte du matin, sans mouvement, endormie, J’effleure doucement ta main, « rendez-vous à midi » Quand vient alors six heures, c’est ton tour de tomber, Mais figée sur ce socle, sombres sont tes pensées
Isolée de tes sœurs qui reposent alanguies Dans la chaleur froide des murs du Musée, Tu te demandes parfois si l’on t’aurait punie A faire partie des corps qui font ici le guet Ton cœur n’est pas de pierre, tu le sais et entends Tous ces murmures qui montent, et tous ces bruissements
Les arbres, dit-t-on, s’animent, quand partent les passants…
Ils se parlent, se regardent Attendent le consentement S’épient et se frôlent Echangent feuilles d’argent Se caressent, se branchent Etreinte dans le vent Et quand leurs troncs s’en mêlent Survient l’abattement
Toi, pudique et nue, au milieu des amants, Tu jalouses sans cesse et leurs mœurs et ce banc Ton cœur est-t-il de bronze, j’en doute un instant, Mes lèvres se sont ouvertes et murmurent un serment :
« Ma Nuit, ma douce, Maillol, Je reviendrai demain Caresser ta peau de vers ou de gris, Te donnerai ma main Et ma parole aussi. » |