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Le Film Herbe

Nous y étions...

 

HERBE Un road movie paysan

Soirée projection débat du film Herbe le vendredi 20 février 2009 à l’Utopia – Bordeaux en présence Olivier Porte co-réalisateur et chargé de la biodiversité chez Slow Food.

Venez nombreux – avec vos enfants, votre famille, vos amis et votre entourage …  www.herbe-lefilm.com Horaires sur Utopia.

OLIVIER PORTE, Co-Réalisateur et responsable de la biodiversité chez Slow Food.

Qu’est ce qui pousse un jeune homme frais sorti d’une école d’ingénieurs agro à passer deux ans de sa vie autour d’un film ?

Ma dernière expérience comme étudiant a été particulièrement enthousiasmante : rencontre avec des éleveurs du Larzac et du Massif Central qui faisaient un travail remarquable en bio, mais surtout en quasi-autonomie,collaboration avec Marcel Mézy et Georges Toutain, pionniers de l’agroécologie…tout ça dans un contexte de remise en cause croissante et justifiée des modèles agricoles productivistes, et un intérêt grandissant du public pour ce qu’il y a dans son assiette. Et puis, j’ai entendu parler d’André Pochon et de ces éleveurs bretons, privés des aides de la Politique Agricole Commune (les fameuses primes PAC) parce qu’ils avaient choisi de nourrir leurs vaches à l’herbe, plutôt qu’avec du maïs fourrage et du soja brésilien importé…!? On marchait sur la tête ! Faire un film grand public sur ces éleveurs était une bonne manière de se positionner sur le terrain politique, plutôt que technique, et d’apporter sa contribution au débat agricole et alimentaire. La motivation de Matthieu Levain, un ami du lycée qui était en train de créer sa société audiovisuelle

et dont je connaissais le caractère résolument déterminé a fait le reste. Et on s’est mis à plancher

tous les deux sur la rédaction du projet, sans trop savoir où ça nous mènerait… cf. Pdf

Le Film : Au cœur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d’éleveur laitier se confrontent. Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires…,

Inf OGM : Pour la défense des systèmes herbagers et de l’agriculture durable et sans OGM « Mais pourquoi les vaches ne broutent-elles plus uniquement l’herbe de nos campagnes ? Pourquoi nos paysans s’endettent plus pour élever leurs bêtes avec du maïs et du soja GM acheminé sur des milliers de kilomètres ? ». Ce film met en lumière et confronte, au cœur de la Bretagne paysanne, deux pratiques et deux visions du métier d’éleveur laitier : celle de l’agriculture paysanne, qui cherche l’autonomie sur la ferme, et l’autre, industrielle, qui dépend pour sa survie des groupes agricoles et agro-alimentaires… L’herbe devient alors la ligne de démarcation entre ces deux types d’agriculture.


Ils ont vu le film : "Le système alimentaire que nous connaissons est inadapté. Il faut réapprendre à mieux produire, à mieux manger. Slow Food, dans ce sens, prône une alimentation et une agriculture bonnes, propres et justes.
Le bon , parce qu'aujourd'hui le paysan est devenu un producteur de saveurs.
Le propre, car les agricultures asservies à des logiques industrielles ont trop souvent contribué, et contribuent encore à la détérioration des écosystèmes.
Le juste, parce que pour produire bon et propre, il faut des paysans et que ces derniers ne continueront à exister, à être une force vive dans la société, que s'ils obtiennent une digne rémunération de leur travail.
On mesure très vite, en visionnant HERBE, à quel point le film est au cœur de cette réflexion. Les deux systèmes présentés pour nourrir le bétail s'opposent ou se différencient tant sur les revenus qu'ils procurent à l'éleveur (le juste), que sur leurs effets sur l'environnement (le propre). Et le bon ? On imagine mal que le lait issu du système fourrager, à base d'herbe, ne se décline pas en un plaisir du goût supérieur, si on le compare au lait d'animaux nourris avec des granulés ! C'est déjà probable du seul fait des différences de rendements : avec moins de productivité par vache, le lait, moins dilué, préserve mieux ses vertus nutritives et ses saveurs.
Mais le plus important est probablement le modèle humain et social sous-tendu par les deux modes d'élevage : le film, par des témoignages simples, rassure. Le retour à la pâture crée un lien plus fort du paysan avec la nature, les terres, les animaux sauvages, la biodiversité des herbes, qu'il entretient et connaît mieux. Il crée du lien social, par une nouvelle solidarité et une capacité d'action collective de ces hommes qui ont fait un choix à contre-pied du modèle dominant. Enfin, il génère des revenus et fait preuve d'une plus grande efficacité économique.
HERBE, sans dogmatisme, simplement, montre la voie du progrès, qui n'est pas là où on l'attend (modernité des installations, taille des exploitations, intrants, technologies...) mais dans la sagesse et la recherche d'une approche humaniste des pratiques agricoles. Comment pourrions-nous, consommateurs, ne pas soutenir ce mode d'élevage ? D'ailleurs, nous ne sommes pas des consommateurs, mais, chacun d'entre nous , les co-producteurs du modèle alimentaire de demain."
Jean Lhéritier, Président de Slow Food France.

" On adore.... très beau et très parfaite illustration du problème actuel. Nos copains paysans sont emballés aussi... Bon outil de sensibilisation (...) Nous le programmerons dans les Utopia."
Anne-Marie Faucon, Co-fondatrice et co-responsable des cinémas Utopia.

" Je pense qu'il peut ouvrir les esprits de ceux qui le verront sur la diversité des approches du métier de paysan. Le film est une invitation à échanger : quelle alimentation, quelle agriculture, quelles campagnes voulons nous ? Au moment où s'engage la mise en chantier d'une nouvelle réforme de la PAC, ce film est le bienvenu, surtout s'il est suivi d'un débat. "
Jean Yves Griot, Président fondateur du Réseau Agriculture Durable et secrétaire général de Cohérence.

"Si vous voulez savoir pourquoi des paysans préfèrent travailler plus, s'endetter plus, gagner moins, pour élever des bêtes qui mangent du maïs et du soja OGM acheminé sur des milliers de kilomètres, plutôt que de simplement les laisser brouter l'herbe, regardez ce film ! Un film d'une grande simplicité, simple comme l'herbe..."
Cyril Dion, Directeur du
Mouvement pour la Terre et l'Humanisme.