Bientôt dans les bacs Présentation de l’album par Michel BEDIN (Jazz Hot et On-TopAudio.fr) Le 15 Janvier 2010 J’ai écouté pour la première fois Silvia B. Paris au festival du château du Hohlandsbourg, près de Colmar. Une jolie femme en fourreau argent est arrivée sur scène, le guitariste a plaqué un accord et la voix de Silvia B. Paris s’est élevée, grave et très bien timbrée. Et les derniers murmures de l’assistance se sont éteints immédiatement. Car la voix de Silvia B. Paris a quelque chose d’un peu magique. Grave, tout en restant terriblement féminine, elle sait se plier aux inflexions de la musique, laisser vibrer les harmoniques. Elle est puissante, mais peut susurrer, elle est dynamique, tonique, sans être agressive. Son répertoire, c’est le grand Songbook américain, celui qu’ont illustré les Nat King Cole, Frank Sinatra, Tony Bennett et autres, les Sarah Vaughan, Julie London, Shirley Horn et consoeurs. Comme elle est d’origine italo-espagnole, elle interprète certains de ces airs en espagnol, sa langue maternelle. Bien sûr, les incontournables que sont Besame Mucho ou Cuando Cuando Cuando, mais aussi How Insensitive, de Carlos Jobim, ou What a Difference a Day Made, que chanta jadis Dinah Washington et dont Django Reinhardt donna une version sublime. Et, pour ce qui est des autres, comment ne pas être conquis par sa version de « Black Coffee », de « S’Wonderful », de « The Man I Love » ou de « Willow Weep for Me » ? Des airs qui habitent nos cerveaux depuis qu’ils ont été créés et qui dessinent pour nous les grandes lignes de notre imaginaire affectif. Ces airs du grand jazz mainstream du siècle dernier mais que reprennent – c’est la loi du jazz – tous les grands jazzmen, comme « I’ll String Along With You », « Baby Baby All the Time » ou « Let’s Face the Music and Dance » que vient de réinterpréter Diana Krall, par exemple, ou comme le « Let There Be Love » cher à Tony Bennett, ou le I Remember You de Mundell Lowe ou l’inusable « Honeysuckle Rose » dont les paroles étonneraient fort l’archiprêtre de ma paroisse, s’il comprenait l’anglais. Silvia B. Paris (ce B. énigmatique fait aussi partie de son mystère) est une grande professionnelle qui surprend par sa maîtrise de la scène. Elle est accompagnée par quatre musiciens de grande qualité. D’abord par le guitariste Rick Hannah, qui possède un swing naturel très développé et qui sait apporter la touche d’inventivité quand il faut là où il faut. Ensuite par le pianiste Erwin Siffer, lui aussi, porté par le swing et une élégance naturelle. Puis par le batteur Jean-Denis Rivaleau, jamais envahissant, toujours discret, tout en restant indispensable et enfin, par le bassiste Jean-Luc Fabre dont… mais écoutez donc son solo sur « Baby baby All the Time », cela vous en dira davantage que mes commentaires. Au total un disque qui nous rappelle que le jazz est une musique vivante, qui fait du neuf avec de l’ancien et qui ne se démode jamais. Silvia B. Paris en donne une nouvelle preuve. Michel Bedin (Jazz Hot et On-TopAudio.fr) |
