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Intervention de Madame La Présidente d'Areva, A. Lauvergeon

Compte-Rendu de la Conférence sur l'Eolien, donnée à l'Institut Montaigne, par M. Le Président Valéry Giscard-d'Estaing, Madame la Ministre de l'Environnement Corinne Lepage et Madame la Présidente (Areva) Anne Lauvergeon, le 12 novembre 2008

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RESUME de l'Intervention de Madame la Présidente du Directoire d'Areva, Anne Lauvergeon.

 D'ici à 2050, les spécialistes de tous bords s'accordent sur une multiplication par deux de la production d'énergie électrique. En prenant en compte l'engagement général de diviser par deux la quantité de CO2 produite au Wmh, on arrive au fameux “facteur quatre”.

Qui produit le CO2 ? Essentiellement les pays développés et les grands pays émergents, soit en tout une trentaine de pays. Le protocole de Kyoto ne concern(ait)e que les pays développés. Il est urgent de refaire un Kyoto avec les deux catégories de pays.

Petit Historique de la politique énergétique européenne :

Le débat s'est historiquement placé sous l'angle anti-nucléaires/pro-nucléaires. Aujourd'hui, il se déplace peu à peu vers avec-C02/sans-C02. Cependant le débat historique est encore dans les esprits et chacun a gardé ses réflexes. Il faut sortir de ce débat stérile de anti/pro à propos du nucléaire et regarder la réalité en face. D'autre part, il n'y a pas de politique européenne de l'énergie actuellement. Il y en a 27 ! C'est compréhensible vu la diversité des ressources et politiques de chaque membre de l'union. Il est dérisoire d'imaginer que chaque pays ait la même distribution énergétique que ses voisins. Il faut plutôt voire les 27 comme complémentaires.

 Cependant, vu d'Areva, les énergies renouvelables, et donc l'éolien, seront le vecteur du développement au XXIème siècle, en particulier l'éolien offshore, qui connait un fort développement. La politique d'Areva est de construire des parcs éoliens flottants loin des côtes. Areva construit actuellement le plus grand parc offshore d'Europe au large de l'Allemagne, à 42 km de la côte. La compagnie développe également les filières biomasse et piles à combustible.

Lors de l'étude de (nouvelles) politiques énergétiques, il faut bien regarder les coûts et les risques, la compétitivité aussi. La rentabilité est au final la vraie raison d'un développement, face à la concurrence européenne, américaine et surtout chinoise. La Chine est en train de se positionner en leader sur le marché de l'éolien par exemple.

Enfin, Madame Lauvergeon a tenu a souligner qu'Areva a reçu plus de lettres de protestations contre l'Eolien que contre le Nucléaire...

Au cours du débat, elle a tenu à rappeler que l'éolien n'est compétitif que grâce aux subventions. Selon elle, il est normal de subventionner les nouvelles énergies, le Nucléaire en a bénéficié lui aussi à ses débuts, comme toutes les autres. Mais il n'est pas bon de subventionner à ce point-là. C'est moins cher pour le producteur seulement (le concessionnaire rentabilise son éolienne en quelques années, puis vit d'une rente très très large ! pendant quinze ans sur le dos du contribuable). Le tarif de rachat profite à l'industrie, pas à la R&D. Actuellement on ne fait qu'écouler des stocks d'éoliennes, favorisant les companies étrangères (allemandes, chinoises, etc) et étouffant littéralement les PME/PMI françaises qui elles misent sur la R&D. On est en train de tuer dans l'oeuf l'industrie française naissante.

Conclusion de Madame Lauvergeon : le but réel est de décarbonner l'énergie. Il faut être également compétitif et pratique. Cela limite le lobbying et pousse à mettre en oeuvre les vraies solutions, sans tomber dans l'idéalisme ou les débats stériles.

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