Gilles (du groupe à Christian) se propose de publier régulièrement ici une chronique relative à l'athlétisme et à son histoire ...
En espérant que la lecture de la prose de ce passionné vous contamine !!!
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publié le 21 mai 2012 04:20 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 21 mai 2012 04:27
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Le tchèque Emile ZATOPECK sera le grand triomphateur des jeux olympiques d’Helsinki 1952 en réalisant un triplé historique, inégalé à ce jour : 5.000, 10.000 et Marathon. S’il remporta facilement le 10.000 devant le français Alain MIMOUN, il n’en fut pas de même dans le 5.000 mètres. Dans le final de cette course, l’anglais Dick CHATAWAY chute, MIMOUN accélère et ZATOPECK, 1m74, 66 kg, trouve les ressources nécessaires pour l’emporter devant MIMOUN et l’allemand Herbert SCHADE.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
Quelques minutes après son triomphe, ZATOPECK assiste au couronnement de son épouse Dana qui remporte le titre olympique au lancer du javelot. Il remporta facilement le marathon.
Aux jeux olympiques de Londres 1948, il avait décroché la médaille d’or sur 10.000 devant MIMOUN et la médaille d’argent sur 5.000 battu sur le fil par le belge Gaston REIFF.
En 1956 à Melbourne, il finit 6ème du marathon remporté par MIMOUN.
Entre temps en 1951, il aura été le premier homme à courir plus de 20 kilomètres en une heure. Un record.
Emil Zátopek est né le 19 septembre 1922 à Koprivnice, dans la région de Moravie-Silésie, dans une famille modeste dont il est le sixième enfant. Son père était charpentier. Il doit travailler dès l'âge de 16 ans aux usines de chaussures Bata à Zlín. Le soir, il étudiait la chimie.
En 1945 après son service militaire, il continue dans la carrière militaire.
Sa référence en course à pied est le coureur finlandais Paavo Nurmi.
Son surnom de "Locomotive" lui vient d'un journaliste français qui a dessiné le coureur comme une locomotive trainant ses concurrents comme des wagons.
Pendant ses courses, il présentait un visage crispé de douleur, la tête penchée sur le côté, aux limites de l’agonie.
| En fait, Zatopek ne souffrait pas car il a été un précurseur en matière
d’entrainement. Il fut le premier à s’entraîner si dur, deux à trois
fois et jusqu’à 25 km par jour qui contribuèrent à sa légende. Sa
méthode reposait sur l'entrainement par intervalles. Il s'imposait des
séances de 20 fois 400 mètres, puis 40 fois 400m effectués en 1 mn 10
secondes. Cet entraînement dit fractionné est de mode dans les pays
communistes. D’haltérophile le russe-ukrainien Vladimir KUTS, officier
de l’armée rouge, se transforme en coureur de demi-fond pour remporter
l’or olympique sur 5.000-10.000 à Melbourne 1956. En 1956, le favori, le
hongrois Sandor IHAROS, détenteurs de plusieurs records du monde du
1.500 au 5.000 n’a pu se présenter en raison de l’invasion soviétique. En récompense de son triomphe olympique, Emil Zátopek est promu colonel
et travaille au Ministère de la Défense et cela jusqu’au printemps de
Prague. Le Printemps de Prague est une période de l’histoire de la
République socialiste tchécoslovaque durant laquelle le parti communiste
tchécoslovaque introduit le « Socialisme à visage humain » et prône une
relative libéralisation. Il débute le 5 janvier 1968, avec l'arrivée au
pouvoir du réformateur Alexander DUBCEK et s’achève le 21 août 1968
avec l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie.
Pour
avoir soutenu le Printemps de Prague, Emil Zátopek est alors radié de
l'armée, du parti communiste et condamné à ne pouvoir exercer que des
métiers manuels dont celui d’éboueur dans les rues de Prague. Il est
aussi envoyé dans les mines d'uranium de Jáchymov où il reste jusqu’en
1974. Comme l’a rappelé en son temps Henry de MONTHERLANT : « la liberté
existe, il suffit d’en payer le prix. »
En 1975, il est réhabilité et on le retrouve archiviste au Ministère des sports.
En 1988, il accède à une reconnaissance nationale avec l’arrivée au pouvoir du président-intellectuel Vaclav HAVEL.
Le quadruple champion olympique tchèque décède à l'âge de 78 ans le 22 novembre 2000. Les légendes ne meurent jamais.
Le
31 décembre 1992, Emil Zátopek aura aussi connu la séparation de
l’ex-Tchécoslovaquie en 2 entités indépendantes : à l’ouest, la
république Tchèque, pays de 16 millions d’habitants, capitale Prague, à
l’est, la Slovaquie, pays de 5 millions d’habitants, capitale
Bratislava. Sur la scène sportive internationale, ces 2 pays sont 2
grandes places fortes du hockey sur glace.
Emil Zátopek était bien un grand champion, un modèle pour les générations futures.
Plus
que l’image classique d’une locomotive humaine, nous le comparerons
plutôt à un fleuve dévastateur reprenant le début du poème en masse «
parthénogenèse » du sculpteur-poète et dramaturge français Pierre
ALBERT-BIROT (1876-1967)
« Hep ! Hep ! Laissez-moi passer a dit
le fleuve le jour de sa naissance car ce naissant dès qu’il a vu clair
voulait tout avaler tant il avait peiné dans les entrailles de sa mère
pour arriver à sortir de la nuit de ce ventre Hep ! Hep ! Laissez-moi
passer a dit le fleuve dès qu’il a vu le soleil Ah sûr avec lui pas à
discuter passer passer passer il passe il passe et il n’en finit pas de
passer c’est un surnaturel serpent liquide absolument interminable
interminable ... ».
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publié le 16 févr. 2012 13:49 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 16 févr. 2012 14:06
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En réalisant le doublé 5.000m/10.000m aux jeux olympiques de Munich 1972 et Montréal 1976, le finlandais Lasse VIREN non seulement entre dans l’histoire du demi-fond mais il perpétue la légende de ses glorieux prédécesseurs : KOLCHMAI NEN (1912) Paavo NURMI (1920 et 1924) RITOLA (1924) et SALMINEN (1936).
La Finlande éternelle, le drapeau blanc frappé de la croix bleue. Le demi-fond et le lancer du javelot sont une religion.
Néanmoins, de Berlin 1936 à Munich 1972, la Finlande aura attendu 36 ans sa résurrection olympique.
Et pourtant, lors du 10.000 mètres de Munich, un peu avant la mi-course, VIREN chute tout comme le tunisien GAMMOUDI mais repart immédiatement. La course est menée d’un train d’enfer par le britannique Dave BEDFORD qui passe au 5.000m sous les temps du record du monde mais faiblit progressivement. Au final, VIREN produit une longue accélération qui anéantit la résistance du belge Emile PUTTEMANS et de l’éthiopien Miruts YIFTER. Lasse VIREN, coureur filiforme, 1,80 m 60 kg, une foulée courte mais des jambes qui n’en finissent pas, améliore le record du monde de l’australien Ron CLARKE en réalisant 27 mn 38 secondes 4.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
Dix jours après, il s’imposera dans le 5.000 mètres.
En 1976, à Montréal, sur 10.000m, il domine le favori le portugais Carlos LOPES et sur 5.000m, dans une course relevé, sa science de la course fait la différence. Il s’essayera aussi durant cette olympiade au marathon pour rééditer la performance de ZATOPEK, vainqueur du 5.000m/10.000m/Marathon des jeux de 1924. Il finira 5ème. Aux jeux de Moscou 1980, il tentera bien la passe de trois mais c’en est de trop.
En remportant le 5.000m et le 10.000m la même année olympique, il rejoint ainsi Hannes KOLEHMAINEN (1912), Emil ZATOPECK (1952), Volodymyr KUTS (1956), Miruts YIFTER (1980) et Kenenisa BEKELE (2008).
Lasse VIREN est né le 22 juillet 1949 à Myrskyla à 70 km au sud-ouest d’Helsinki, 3ème des 4 garçons de la famille. Il s’adonne dès sa plus tendre enfance à la pratique du ski de fond.
En course à pied, il ne déroge pas à la tradition des athlètes nordiques : entraînement méthodique, chronométré, mêlant différents types de course, n’hésitant pas à courir 50 km par jour. Il a fait appel à un entraîneur néo-zélandais, Arthur LYDIARD qui a fait la renommée de son pays. Son secret aussi : boire du lait de renne.
Après la compétition, il deviendra banquier et homme politique faisant la promotion du sport à l’école.
| Au début des années 1970, la Finlande est dominatrice : VASALA remporte
le 1500m de Munich devant le kenyan KEINO et en 1971, Julia VAATAINEN,
blessé à Munich, s’impose dans le championnat d’Europe à Helsinki
réalisant le doublé 5.000m/10.000m.
Retour en arrière : En 1912, aux jeux de Stockholm, sur 5.000 mètres, le
finlandais Hannes KOLEHMAINEN bat sur le fil le français Jean BOUIN. Il
annonce la légende vivante : le finlandais volant du nom de Paavo
NURMI, 1,74m 65 kg, 5 médailles d’or aux jeux de Paris 1924. Il a été
détenteur de 28 records du monde entre 1920 et 1932. Une seule ombre :
sa défaite au 5.000m des jeux de 1920 battu par un français Joseph
GUILLEMOT.
Paavo NURMI est né le 13 juin 1897 à Turku, ville du Sud-ouest de la
Finlande, dans une famille humble. Perdant prématurément son père
ébéniste de métier, il quitte l’école et commence à travailler dans une
filature. La course à pied devient sa vie. Robert PARIENTE rappelle un
précepte de NURMI : « Un coureur doit toujours vivre pauvre et se sentir
toujours pauvre ».
En 1932, il ne peut participer aux jeux de Los Angeles en raison d’une suspension pour professionnalisme.
Il
décède en 1973 d’une crise cardiaque. C’est toute la Finlande qui
pleure et qui ensuite élève des statues de bronze à son effigie.
Un
autre finlandais est contemporain de NURMI. Il s’agit de Ville RITOLA
qui avait dans un premier temps émigré aux Etats-Unis comme valet de
chambre avant de retourner ensuite dans la mère-patrie pour y courir.
Il
y a du religieux dans l’athlétisme finlandais et on comprend mieux la
phrase d’Antoine BLONDIN rapportée par Robert Pariente : « les coupes et
les médailles conquises par les finlandais vont enrichir un patrimoine
commun où elles ont valeur d’ex-voto et de reliques ».
Et tout
ceci, cette histoire est sans doute liée à la géographie. On imagine les
paysages, pourquoi pas ceux décrits dans son livre « Anachronisme » par
l’auteur français Christophe TARKOS, disparu à 38 ans à la suite d’une
longue maladie.
« Un parc, un hiver, un seul hiver, une masse de
brouillard, un seul ciel bas, nous allons passer un seul hiver, un hiver
long, une seule masse d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas,
des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, une masse d’un hiver,
une masse grise de nuages bas, de brouillard, de froid qui dure, qui
continue, qui ne s’arrête pas, qui forme une masse lourde, une seule
masse d’un seul hiver qui ne finit pas, cela ne dure qu’un hiver, mais
l’hiver dure ... »
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publié le 2 janv. 2012 12:24 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 2 janv. 2012 12:27
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L’Histoire choisit toujours ses héros et ses martyrs et il arrive que certains endossent les deux rôles.
Jules LADOUMEGUE est de ceux-là.
Il est né le 10 décembre 1906 à Bordeaux.
Ainsi, avant même qu’il ne soit né, Jules LADOUMEGUE perd son père qui était contremaître sur les docks de Bordeaux. Il est écrasé sous une énorme masse de bois en voulant prêter main forte à des ouvriers. Dix-sept jours après sa naissance, Jules LADOUMEGUE est privé de sa mère, brûlée vive chez elle. Une existence qui s’ouvre dans la tragédie. Recueilli par un oncle et une tante, il vit d’abord dans l’ignorance du drame qui a frappé sa famille. Quand il est en âge de savoir, la guerre le sépare de son père adoptif.
A 12 ans, il quitte l’école communale et devient apprenti jardinier dans les plantations en bordure de l’hippodrome de Talence, près de Bordeaux. Garçon maigre, aux longues jambes, il se met à aimer la course à pied. LADOUMEGUE 1,71 m, 60 kg, prend comme modèle le champion de l’époque, le finlandais Paavo NURMI. Il devient rapidement international et en 1928, aux jeux olympiques d’Amsterdam, il laisse échapper la médaille d’or en attaquant prématurément.
Il apprend donc la patience mais il est d’une sensibilité de cristal : rien n’est plus affligeant que son état dépressif avant une course.
Il traverse des périodes de doute mais il devient néanmoins le 5 octobre 1930 le premier homme sous les 3 minutes 50 secondes au 1500m (3 mn 49 secondes 2) en battant le record de NURMI. C’est une révolution. Avec son surnom Julot, il devient une star adulée du public. L’écrivain Jean GIRAUDOUX l’admirait.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
Et puis catastrophe. Le 4 mars 1932, à quelques mois des jeux de Los Angeles dont il est le grand favori, il est disqualifié par la fédération française et l’instance internationale pour professionnalisme, ayant enfreint l’amateurisme en obtenant des sommes d’argent. Il est radié à vie. Il verra tomber ses records sans pouvoir les défendre. Requalifié en 1943, Jules LADOUMEGUE est alors âgé de 37 ans. Trop tard pour reprendre le fil d’une carrière brisée. Il deviendra un journaliste sportif de grand talent, très apprécié à la radio. Il s’éteint en 1973.
Il est bon ici de rappeler les grands coureurs de 1500 qui suivront LADOUMEGUE. Ce qui les unit est une étrange facilité qui ne trahit aucun effort, une forme d’art qui se dégage de leurs attitudes mais parfois le chemin le plus court vers des drames. Sans conteste, il nous faut parler d’abord du kenyan Kipchoge KEINO,
vainqueur du 1500m de Mexico 1968, coureur très instinctif qui est
devenu un dieu vivant au même titre que l’américain Jim RYUN son
contemporain, surnommé « l’archange du demi-fond ».
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Ensuite émerge le britannique Sébastien COE, double vainqueur du 1500 de
Moscou 1980 et Los Angeles 1984, appelé le « Nijinski » des pistes.
C’est son père Peter COE qui s’est attaché à modeler son profil de
coureur, privilégiant la vitesse à la quantité de travail. COE devenu
plus tard député conservateur a eu sa part d’accidents.
L’actuel recordman du monde du 1500 m, le marocain Hicham EL GUERROUJ fait partie de ces coureurs danseurs.
A l’opposé, certains grands champions du demi-fond sont des coureurs plus puissants.
Un australien de 22 ans Herbert ELLIOTT remporte l’or du 1500 mètres aux
jeux de Rome 1960 devant le français Michel JAZY. C’est un coureur
précoce, qui se conduit comme un être primitif, se battant avec les
épaules et le cœur autant qu’avec ses jambes.

Il renonça à l’athlétisme
un an après. 4 ans après, le double vainqueur olympique 800-1500 de
Tokyo est un néo-zélandais Peter SNELL. Doté d’une puissante
musculature, il a consacré à sa préparation physique beaucoup plus
d’heures que les autres athlètes. Il est de même de son compatriote John
WALKER, grand et puissant, vainqueur du 1500 de Montréal 1976.
Le 1500 m a été souvent le cadre de fameuses rivalités : RYUN-KEINO,
COE-OVETT, ... et plus près de nous EL GUERROUJ-BAALA. Panache,
romantisme, beauté, un peu de tout ça.
Dans sa lettre aux acteurs en 1974, l’auteur de théâtre Valère NOVARINA lançait :
« Où c’est qu’il est le cœur de tout ça ? Est-ce que c’est le cœur qui pompe, fait circuler tout ça ?
Le cœur de tout ça, il est au fond du ventre, dans les muscles du
ventre. Ce sont les mêmes muscles du ventre qui, pressant boyaux et
poumons, nous servent à déféquer ou à accentuer la parole. Faut pas
faire les intelligents, mais mettre les ventres, les dents, les
mâchoires au travail. »
A quand une lettre aux coureurs ...
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publié le 7 nov. 2011 10:49 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 7 nov. 2011 11:36
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En 1984, aux jeux de Los Angeles, les femmes ont le droit d’avoir leur marathon olympique. C’est donc parti pour une histoire de 25 ans. On ne retiendra pas l’américaine Joan BENOIT qui gagne le marathon de Los Angeles devant la favorite la norvégienne Grete WAITZ mais davantage la suissesse Gabrielle ANDERSEN-SCHIESS qui va vivre un véritable calvaire lors de son arrivée. Victime d’un coup de chaleur, divaguant, elle effectue le dernier tour de piste en 5 mn 44 secondes avant de s’effondrer dès la ligne franchie. En 1988, aux jeux olympiques de Séoul, c’est l’apogée pour la portugaise Rosa MOTA dans un temps de 2 H 25 mn 40. Rosa MOTA est née le 29 juin 1958. Fille d’un mécanicien d’un quartier populaire de Porto, elle s’était mise à la course à pied pour échapper à son destin de femme de ménage. En 1988 toujours, il y a suspicion de dopage sur l’allemande de l’est Katrin DOERRE. Sa grossesse intentionnelle s’inscrit dans le but de provoquer une augmentation du volume sanguin et plasmatique entraînant le transport d’une plus grande quantité d’oxygène. Une sorte d’EPO avant l’EPO. Néanmoins, cette suspicion de dopage n’a pu être officiellement prouvée et l’allemande n’a jamais rien avoué. Mais l’histoire retient dans un premier temps Grete WAITZ, la reine de New York, neuf fois vainqueur du marathon de New York entre 1978 et 1988. La norvégienne est aussi devenue la première femme à couvrir la distance en moins de 2 heures et demie. En 2005, elle annonce publiquement un traitement contre le cancer. Heureuse Norvège qui peut compter aussi sur Ingrid KRISTIANSEN. A Londres, le 21 avril 1985, elle réalise un temps historique de 2 H 21 minutes 6 secondes. Elle détiendra le record du monde de 1985 à 1998. La première femme à franchir la barre des 2H20 mn est la japonaise Naoko TAKAHASHI qui, le 30 septembre 2001, à Berlin réalise 2H19 mn 46 secondes, après avoir été championne olympique à Sydney en 2000. Le Japon est une terre de marathon et cette course très prisée socialement au pays du soleil levant correspond bien à la culture de ce pays où les qualités d’endurance et d’abnégation sont portées au pinacle. | Enfin émerge la britannique Paula RADCLIFFE, 1m73, 54 kg, qui est
l’actuelle détentrice du record du monde féminin du marathon avec un
temps de 2H15 mn 25 secondes obtenu lors du marathon de Londres en 2003.
Son temps de passage à mi-parcours était de 1H8 mn 1 seconde. Inouï. Cette course va donc faire l’Histoire … Paula RADCLIFFE est née le 17 novembre 1973 à Northwich dans le Cheshire. Elle débute la course à pied bien que souffrant d’asthme et d’anémie. C’est au départ une spécialiste du cross-country avant de passer à la route. Elle va fréquenter la même université que Sébastien COE. Paula RADCLIFFE est la grande favorite des jeux d’Athènes 2004 mais elle craque, abandonnant au 35ème kilomètre, laissant la victoire à une japonaise Mizuki NOGUCHI devant la kenyane Catherine NDEREBA. Blessée lors des dernières grandes confrontations, elle se donne comme objectif de remporter le marathon de Londres 2012. L’actuel record de France est la propriété de Christelle DAUNAY en 2H24 mn 22 secondes, amélioré le 11 avril 2010 au marathon de Paris. Dans cette histoire du marathon féminin, il ne faut pas oublier comme d’habitude l’Afrique, plus précisément les kenyanes et les éthiopiennes. Ces pays acceptent de mieux en mieux l’idée de la femme coureuse. Pendant longtemps, les hommes ne toléraient pas l’idée qu’elles courent en short. Elles devaient être courageuses pour s’entraîner. Tegla LOROUPE et Catherine NDEREBA sont devenus des stars au Kenya et l’attrait du gain bouleversent les traditions les plus ancrées. Néanmoins, surprise aux jeux olympiques de Pékin 2008 : la roumaine Constantina TOMESCU l’emporte à l’âge de 38 ans devant les kenyanes et les chinoises. En effet, sur le marathon, même au plus haut niveau, l’âge et l’expérience deviennent un avantage. Il est bien loin le temps où en cette matinée d’octobre 1972 se présentent sur la ligne de départ du marathon de Neuf-Brisach en Lorraine 3 femmes : une allemande venue en voisine, une américaine qui avait participé au réputé marathon de Boston quelques années auparavant, déguisée en homme, et enfin, une française du nom d’Ingrid SCHOVING, sans doute la première marathonienne française. Le marathon féminin : une histoire récente, en construction, des continents à découvrir, une géopolitique… Jean Giraudoux ne disait-il pas : « Ce sont les nations qui ont les meilleurs coureurs à pied qui sont arrivées les premières aux pôles » |
publié le 5 sept. 2011 14:15 par Sébastien PRATS
Le 1500 mètres est l’épreuve type du demi-fond. Elle s’est imposée dès 1896 comme course olympique. C’est une création française. C’est la sœur du Mile anglais (1 609,32 m)
Il y a eu une période anglaise qui a dominé le 1500 mètres mondial de 1980 à 1985 : Sébastien COE, Steve OWETT et Steve CRAM, ce dernier étant le premier sous la barre des 3 mn 30 secondes.
Mais aujourd’hui, il y a une période de domination marocaine qui débute en 1985 avec Said AOUITA et qui se poursuit encore aujourd’hui, puisque que le record du monde de la spécialité est toujours détenu par le marocain Hicham El GUERROUJ en 3 mn 26 secondes.
Le 23 août 1985, Said AOUITA s’empare du record mondial du 1500 mètres en 3 mn 29 secondes 46. Il est aussi le premier homme à descendre sous la barre des treize minutes avec 12’58’’39 sur 5 000 m le 22 juillet 1987 à Rome. Il restera invaincu pendant 10 ans sur cette discipline. Un record.
Son point fort était son époustouflante accélération et sa pointe de vitesse incroyable notamment son finish, sans oublier sa capacité de récupération et son endurance phénoménale qui lui ont permis d'être l'athlète le plus complet de l'histoire du demi-fond mondial.
Saïd AOUITA est né le 2 novembre 1959 à Kénitra (Maroc). Il rêvait de devenir footballeur.
Sa carrière sportive se terminera en 1990. Au Maroc, un train navette rapide entre Casablanca et Kénitra porte son nom : l’Aouita.
Le 3 septembre 2008, il est nommé directeur technique de l'athlétisme marocain afin de reprendre en main les athlètes du Royaume, qui avaient effectué une piètre prestation aux jeux olympiques de Pékin en 2008. Il sera démis, dans des circonstances controversées, de ses fonctions le 20 mars 2009
De 1992 à 1997 émerge sur la scène du demi-fond mondial l’algérien Noureddine MORCELLI, né le 28 février 1970 à Ténès (Algérie).
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Aux
Jeux olympiques de Barcelone 1992, il est le favori pour la finale du 1
500 mètres mais il ne termine qu'à une décevante 7e place. Le vainqueur
est l’espagnol Fermin CACHO.
Le 12 juillet 1995 à Nice, il établit un nouveau record du monde du 1500 mètres : 3 mn 27 secondes 27
Aux
Jeux olympiques d'Atlanta, il remporte la médaille d'or qui lui avait
échappé quatre ans plus tôt. Dans cette course apparaît un jeune prodige
Hicham El GUERROUJ qui finira loin, 12e, en raison d'une chute à un
tour de l'arrivée, alors qu'il était dans le sillage du triple champion
du monde
Hicham El GUERROUJ est le digne successeur d’AOUITA. Il est né le 14 septembre 1974 à Berkane (Maroc)
Il
remporte sur 1 500 mètres 4 titres de champions du monde de 1997 à
2003. Le 14 juillet 1998 à Rome, il bat le record du monde du 1500 en 3
mn 26 secondes. Il faudra attendre de longues minutes pour avoir la
confirmation de l’incroyable chrono. Ce temps est encore aujourd’hui
invaincu. EL GURROUJ remercie ALLAH
Cette course va donc faire l’Histoire…
Aux Jeux olympiques de Sydney 2000, EL GUERROUJ est le grand favori
du 1 500 m. Il craque dans la dernière ligne droite et est une nouvelle
fois battu, cette fois par le Kenyan Noah NGENY, le français Medhi BAALA
finissant 4 ième.
Lors de la finale olympique du 1500 mètres
d’Athènes 2004, la malédiction semble opérer de nouveau : le kenyan,
plus tard naturalisé américain, Bernard LAGAT le dépasse et semble
partir pour remporter la médaille d'or. Toutefois, Hicham El GUERROUJ
s'accroche, revient centimètres par centimètres, pour finalement
remporter l'or olympique.
Quatre jours plus tard, il s'aligne sur le
5 000 mètres. L'éthiopien et recordman du monde Kenenisa BEKELE est le
grand favori de la course. Mais les coureurs de fond ne durcissent pas
la course. Cela permet à EL GUERROUJ de terminer les derniers 400 mètres
en moins de 53 secondes et de battre facilement BEKELE et Eliud
KIPCHOGE.
Il renouvelle ainsi l'exploit du finlandais Paavo NURMI qui
avait lui aussi réussi le même exploit de remporter les deux titres
olympiques du 1 500 et du 5 000 mètres lors des Jeux olympiques de Paris
en 1924.
En 2003, lors de la finale des championnats du monde de
Paris, derrière EL GUERROUJ, Mehdi BAALA en finissant 2ème établit un
nouveau record de France du 1500 en 3 mn 28 secondes 98. C’est toujours
la 6ème meilleure performance mondiale de tous les temps.
En 2006, le
kenyan Daniel KOMEN et le bahreini d’origine kenyane Rachid RAMZI ont
tenté d’approcher le record d’EL GUERROUJ mais leurs temps se situent au
dessus de 3 mn 29 secondes, 3 secondes au dessus du record du monde.
Les chevaux légers marocains ont dominé le demi-fond mondial. On n’est pas prêt de les oublier…
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publié le 16 avr. 2011 02:39 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 5 sept. 2011 14:34
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On a tous en mémoire les larmes de Colette BESSON, victorieuse du 400 mètres olympique de Mexico, au moment où la Marseillaise retentissait dans le stade.
Le 16 octobre 1968, Colette BESSON, longue chevelure noire au vent, 5ème couloir, crée ainsi une formidable surprise en devenant championne olympique du 400m en 52"03, battant la grande favorite, la Britannique Lilian BOARD sur le fil, après une extraordinaire remontée, établissant aussi le nouveau record d'Europe et s'approchant d'un dixième de seconde du record du monde.
Quelle surprise. Et dire qu’au départ, elle possédait le 23ème temps des qualifiées.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
24 ans après Mexico, une autre Française, née en 1968, Marie-José PEREC, devient à son tour championne olympique du 400m, sous ses yeux, au stade de Barcelone en 1992.
Colette BESSON est née le 7 avril 1946 à Saint-Georges-de-Didonne en Charente-Maritime.
Elle débute l’athlétisme à l’âge de 16 ans.
Ayant intégré le Bordeaux Etudiant Club, et entraînée par Yves DURAND SAINT-OMER, elle profite des longues grèves de 1968, pour se préparer longuement en altitude à Font-Romeu en dormant sous une tente au camping municipal.
Le 18 septembre 1969 à Athènes aux championnats d'Europe d'athlétisme, une autre Française Nicole DUCLOS la devance en finale du 400 mètres d'un cheveu, avec le même temps 51"7, nouveau record du monde, mais Nicole DUCLOS empocha le titre.
Aux mêmes championnats dans le relais 4 x 400m avec Nicole DUCLOS, Bernadette MARTIN et Eliane JACQ, elle est à nouveau battue sur le fil, mais par l'Anglaise Lilian BOARD, avec le même temps 3 min 30 s 8, nouveau record du monde.
Elle terminera l’athlétisme en montant sur le 800 mètres.
À l'issue de sa carrière sportive en 1977, Colette Besson rejoint son mari Jean-Paul NOGUES au Togo comme entraineur de l'équipe nationale d'athlétisme. Puis, elle est conseillère technique régional en Martinique et à Tahiti. Enfin elle est professeur d'EPS à la Réunion et à Paris.
Elle décèdera le 9 août 2005 des suites d’un cancer du poumon.
Colette BESSON qui a fait pleurer la France entière va acquérir une dimension supérieure à celle de Micheline OSTERMEYER, double championne olympique (poids-disque) des jeux de Londres 1948. C’était aussi une virtuose du piano et elle retournera effectivement à ces concerts, ses récitals, sa vie étant, hélas, déchirée par la disparition de son mari et de son fils.
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Avant d’aborder Marie-Jo PEREC, il est bon ici de s’arrêter sur la
première femme sous les 50 secondes au 400 mètres (49 secondes 9). Il
s’agit de la polonaise Irina SZEWINSKA qui réalisa cette performance en
1974 à Varsovie.
Marie-Jo PEREC est donc la seule athlète française à être triple
championne olympique : en 1992 aux Jeux de Barcelone sur 400 mètres et
deux fois aux Jeux d'Atlanta en 1996 sur 400 mètres et 200 mètres.
Sa vie est un roman. Le baron de COUBERTIN qui refusait la participation
des femmes aux jeux, les jugeant inesthétiques, doit se retourner dans
sa tombe.
Marie-Jo PEREC est née le 9 mai 1968 à Basse-Terre, Guadeloupe.
Elle vit chez sa grand-mère car ses parents étaient séparés. Bien que
douée en éducation physique, le sport l’intéresse peu durant sa
jeunesse. Elle est surtout imprévisible, rebelle. Elle arrête les études
qu’elle avait reprise après son arrêt de l’athlétisme et fait des
petits boulots. Son petit ami de l’époque la convainc de revenir à
l’athlétisme. C’est le grand départ. Un pur joyau, un talent naturel
comme l’athlétisme français n’en a jamais connu ;
Ayant ensuite rejoint l’entraîneur Jacques PIASENTA elle remporte le 400
mètres des championnats du monde de Tokyo, établissant un nouveau
record de France (49 secondes 13)
La consécration, l’or olympique (comme Colette BESSON auparavant) elle
l’obtient à Barcelone, en 1992 (48 secondes 83) en étant à ce fameux
5ème couloir. Avec ses longues jambes, sa foulée aérienne, elle est
surnommée la nouvelle gazelle en souvenir de Wilma RUDOLPH, la gazelle
noire, icône du sprint féminin des jeux de Rome 1960 et qui s’est
éteinte en 1994, à Nashville des suites d’un cancer du cerveau.
Mais en 1994, ses relations avec Jacques PIASENTA se sont tendues. C’est
un nouveau départ. Elle opte pour John SMITH et la Californie et un
bail de 7 ans avec ce nouveau coach qui l’encourage aussi à tenter, à
Atlanta 1996 le doublé 200/400.
Le 26 juillet 1996, Marie-Jo PEREC s’offre effectivement en 48 seconde
25 l’or olympique du 400 devant l’australienne Cathy FREEMAN d’origine
aborigène qui lui succèdera aux jeux de Sydney 2000.
Le 1er août 1996, elle double la mise en ajustant la jamaïcaine Merlene
OTTEY dans la ligne droite du 200m. Merlene OTTEY n’atteindra jamais
l’or olympique.
En février 2000, elle surprend le monde de l'athlétisme. Elle quitte le
groupe de John SMITH et part s’entraîner à Rostock, en ex-RDA chez
Marita KOCH, la toujours recordwoman du monde du 400 dans un temps
inabordable (47 seconde 60).
Mais Marie-Jo PEREC est dévorée par ses angoisses. Elle s’enfuit d’Australie. Etrange destinée.
Elle a quitté la piste comme un soleil, un soir, sur une plage, dans l’immensité de l’horizon.
L’écrivain antillaise Simone SCHWART-BART dans « pluie et vent sur
Télumée Miracle » nous le rappelle : la vie est une mer sans escale,
sans phare aucun ... et les hommes sont des navires sans destination.
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publié le 23 mars 2011 10:17 par Sébastien PRATS
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mis à jour : 5 sept. 2011 14:34
]
Contre toute attente, Michel JAZY obtient la médaille d’argent du 1500 mètres des jeux olympiques de Rome en 1960 derrière le grand favori l’australien Herb ELLIOT. L’autre français Michel BERNARD qui finira 7ème fut le grand animateur de cette course.
Son exploit est d’autant plus retentissant que la France rentre bredouille de médaille d’or.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
La carrière de Michel JAZY est lancée. Nous étions dans les années 1960 et il n’était pas rare d’interrompre le Palmarès des chansons de Guy LUX ou Cinq colonnes à la Une de Pierre DESGRAUPES pour filmer en direct à charléty une course-record de Michel JAZY. Raymond MARCILLAC prenait ainsi l’antenne pour quelques 10 millions de téléspectateurs.
En 1964, les jeux ont lieu au Japon à Tokyo. JAZY décide de ne pas disputer le 1500 mais de se consacrer au 5000. A 400 mètres de l’arrivée, sous la pluie, il démarre de manière violente, trop violente puisqu’il terminera finalement 4ème, craquant à 100 mètres de l’arrivée. C’est la déception mais une foule nombreuse vient le réconforter à sa descente d’avion. Le grand favori, l’australien Ron CLARKE aura, lui aussi, raté les jeux.
A Tokyo, la France du demi-fond découvre une femme, la bretonne Maryvonne DUPUREUR qui finira médaille d’argent du 800 mètres en 2 mn 1 seconde 9.
Michel JAZY repart pour la saison 1965, la saison des records du monde : mile, 2 miles, 2000, 3000, relais 4 fois 1500. C’est la revanche.
En 1966, il obtient le titre européen du 5000 à Budapest.
Il succède dans le panthéon du demi-fond national à un certain Jules LADOUMEGUE (médaille d’argent aux JO d’Amsterdam 1928 sur 1500) avant sa radiation pour professionnalisme mais aussi à un Jean BOUIN, médaille d’argent sur le 5000 des jeux de Stockholm 1912 avant de rencontrer un obus sur le front de Verdun le 29 septembre 1914.
Michel JAZY est né le 13 juin 1936 à Oignies, dans le Nord. Elevé tout d’abord par ses grands-parents, immigrés polonais, depuis la séparation de ses parents, il connaît l’existence des familles de mineurs. Son père, mineur comme son grand-père, décèdera de la silicose.
A quatorze ans, il rejoint sa mère à Paris. Ses qualités athlétiques seront remarquées par René FRASSINELLI qui deviendra son entraîneur au CA Montreuil.
En 1956, il obtient sa première sélection avec l’équipe de France. Il voyage avec MIMOUN, partage sa chambre au village olympique de Melbourne, apprend vite.
Il est conseillé par Marcel HANSENNE, médaillé de bronze du 800 mètres de Londres 1948.
Et chose surprenante pour l’époque : le journal L’Equipe et son rédacteur en chef Gaston MEYER lui confie un poste de typographe dans le journal, lui permettant de s’entraîner dans de bonnes conditions. Les résultats ne peuvent que suivre.
Actuellement, Michel JAZY réside sur la côte landaise. On lui doit le parcours Feriascapade de Dax que les coureurs-festayres habitués des fêtes d’août connaissent bien.
| Dans l’état des lieux, il faut signaler le sochalien Jacky BOXBERGER.
Grand espoir du demi-fond français, encore junior, il finira 5ème de la
finale olympique du 1500 de Mexico 1968, l’une des plus relevés,
remportée par le kenyan Kip KEINO devant l’américain Jim RYUN.
Jacky BOXBERGER est décédé en 2001 lors d’un rallye photo au Kenya, piétiné par un éléphant.
Enfin, il y a quelque chose de Michel JAZY, dans la carrière toujours en cours de Mehdi BAALA.
Né le 17 août 1978 à Strasbourg, d’origine algérienne par son père,
BAALA se fait connaître du grand public lors des Jeux olympiques Sydney
2000 où il décroche une quatrième place prometteuse sur 1500 m.
L'année suivante, lors des Championnats du monde d'athlétisme 2003 de
Paris, il suit parfaitement le marocain Hicham EL GUERROUJ mais il
n'arrive pas à le dépasser dans les derniers mètres, réalisant 3 mn 32
secondes 31
Il est double champion d’Europe du 1500 mais toujours en quête d’un titre mondial ou olympique.
Le 19 août 2008, aux jeux olympiques de PEKIN, il termine 4eme de la
finale remportée par Rachid RAMZI. Ce dernier étant testé positif à un
contrôle antidopage du CIO (annoncé le 29 avril 2009), le Français
récupère donc la médaille de bronze de façon rétroactive suite à la
disqualification du coureur du Barhein.
L’histoire du demi-fond français, c’est un peu en raccourci l’histoire
de notre identité nationale. Du mélange, deux temps, trois temps ou
quatre temps, un peu comme tout le monde. Et si c’était cela d’abord et
en premier la clé de la réussite.
Ensuite, ces histoires nous disent, comme le rappelle l’écrivain Primo
LEVI, qu’on tire davantage de ses erreurs que de ses succès. Qu’on se le
dise ... |
publié le 18 févr. 2011 00:11 par Sébastien PRATS
[
mis à jour : 5 sept. 2011 14:33
]
Jesse OWENS est un athlète américain considéré comme le premier sportif noir de renommée internationale et comme l’un des meilleurs sprinters de l’entre-deux-guerres.
Il fut quadruple médaillé d’or lors des jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin.
Le 20 juin 1936, Jesse OWENS bat le record du monde du 100 mètres en 10 secondes 2. Un mois et demi plus tard, il remporte le 100 m olympique devant son compatriote Ralph METCALFE sous les yeux d’Adolf HITLER, infligeant ainsi un cinglant démenti aux théories nazies sur la prétendue supériorité de la race aryenne.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
Selon la légende, HITLER, furieux de voir un noir triompher, aurait refusé de serrer la main d’OWENS. Mais, il n’en a pas été tout à fait ainsi. Certes, HITLER ne s’était pas caché en privé d’être ennuyé par les victoires des athlètes noirs. Il parlait de ces supplétifs noirs de l’équipe américaine. Il avait trouvé un prétexte pour sortir du stade.
Beaucoup d’allemands ne partageaient pas le point de vue du chancelier.
Berlin fut fertile en anecdotes et en incidents. Citons la victoire dans le marathon du Japonais SON. En réalité, le vainqueur était coréen et s’appelait Kee Chung SOHN. Il avait été contraint de courir sous le maillot nippon, le Japon occupant son pays depuis 1910. Lors de la cérémonie protocolaire, il refusa de regarder le drapeau japonais.
De taille moyenne (1 m 79), 71 kg, les jambes fines et fuselées, OWENS offre quand il court, une étonnante impression d’harmonie, de grâce et de force.
Le 5 août 1936, il s’impose largement sur 200 m en 20 seconde 7, établissant un nouveau record du monde. Participant au relais 4 fois 100, les Etats-Unis établissent un nouveau record du monde de l’épreuve en 39 seconde 8.
Il fut aussi vainqueur du saut en longueur (8 m 06) devant l’allemand Lutz LONG, ce dernier le félicitant chaleureusement comme cela est visible dans le film culte « Les dieux du stade » de Leni RIEFENSTAHL , pourtant très proche du pouvoir hitlérien.
Le record du monde de OWENS à la longueur (8 m 13 établi en 1935) va durer un quart de siècle et sera battu par Ralph BOSTON le 12 août 1960 aux jeux de Rome.
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De nos jours encore, OWENS reste une référence absolue, une sorte de
Beethoven de l’athlétisme. Seul Carl LEWIS a égalé la performance de
OWENS en remportant 4 médailles d’or aux jeux olympiques de Los
Angeles 1984 (100m, 200m, 4 fois 100 et longueur)
Jesse OWENS est né le 12 septembre 1913 à Danville, petite ville située
dans l’Alabama, dans le Sud américain. Petit-fils d’esclave, il est
fils d’une modeste famille employée à la cueillette du coton. Il est
dixième enfant d’une famille qui en compte onze.
Quand il a 7 ans, le jeune OWENS quitte le Sud avec sa famille qui n’a
plus de travail dans les champs de coton. Nous sommes en 1920. Cette
migration, commune à des centaines de milliers de noirs, conséquence de
l’installation des premières machines, conduit la famille vers
Cleveland, ville industrielle.
Doué pour la course, il déclenche l’attention des meilleurs collèges.
Il choisit l’Ohio state à Colombus parce que les programmes lui
permettent d’être aussi pompiste, ou bagagiste, ou garçon de piscine
après ses heures de cours et d’entraînement.
Il est très vite repéré et en 1935 il bat ou égale 6 records mondiaux en 70 minutes.
Il est devenu unique. Après l’apothéose à Berlin, il sera considéré
comme un héros national, tout en restant un afro-américain privé de
droits civiques dans une Amérique ségrégationniste. Le Président
ROOSEVELT refusa d’avoir un entretien avec lui à la Maison Blanche car
trop soucieux de la réaction des états du Sud dans le cadre de sa
réélection.
Et si le Président EISONHOWER en fit un missionnaire pour le
tiers-monde, il ne faut pas oublier qu’il eut malgré tout des
difficultés de vie.
Il est décédé le 31 mars 1980 à l’âge de 66 ans d’un cancer du poumon.
Mais les Dieux ne meurent pas qu’une fois ...
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publié le 22 janv. 2011 06:09 par Sébastien PRATS
[
mis à jour : 5 sept. 2011 14:33
]
Tout athlète jeune ou moins jeune sait tout ce que le tour de piste, le 400 mètres ou 440 yards pour les anlo-saxons, suppose de vertus, tout ce qu’il implique de qualités et d’instinct athlétiques.
Le 400 mètres est un sprint long ou sprint d’endurance.
Le 26 août 1999, à Séville, lors des championnats du monde, l’américain Michael JOHNSON est bien le maître du 400 mètres plat en portant le record du monde à 43 secondes 18, onze centièmes de mieux, onze ans après Butch REYNOLDS qui avait réalisé 43 secondes 29 en 1988 et surtout trente un ans après Lee EVANS qui en 1968 à Mexico avait porté le chrono à 43 secondes 86.
Cette course va donc faire l’Histoire ...
L’express de Waco n’a donc pas déraillé. Il est surnommé ainsi en raison de son style de course à base de foulées courtes et très rapides qui donnent l’impression d’un buste droit et immobile.
Mieux, le 1er août 1996, lors des jeux olympiques d’Atlanta, il avait pulvérisé le record du monde du 200 mètres, le portant à 19 secondes 32 avant que ce record ne soit battu par le jamaïcain Usain BOLT en 2008 (19 secondes 30)
La phrase qui livre la clé du mystère JOHNSON est celle-ci : Je voulais entrer dans l’histoire.
Michael JOHNSON est né à Dallas au Texas le 13 septembre 1967, de père conducteur de camion et de mère institutrice. Il était le dernier des 5 enfants. Il a commencé l’athlétisme par pur plaisir. Il entreprend des études de comptabilité. En 1990, il décide alors de pratiquer l’athlétisme de façon professionnelle.
Il est aussi connu pour son manque de charisme et de communication auprès des journalistes.
Néanmoins, Michael JOHNSON qui a participé à 3 olympiades a remporté 5 médailles d’or.
Il détient le record de médailles d’or obtenues lors des championnats du monde. Il en a remporté 9 contre 8 à Carl LEWIS. Il est aujourd’hui consultant pour une chaîne de télévision américaine mais c’est aussi un homme d’affaires qui a connu en tant qu’athlète les sirènes des équipementiers comme Nike, les dollars des prestigieux meetings et les avis de tempêtes du dopage.
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Il est bon ici de rappeler le premier homme à faire moins de 44 secondes
sur 400 mètres et moins de 3 mn aux 4 fois 400. Il s’agit de Lee EVANS
qui battit à Mexico en 1968 le record du monde du 400 mètres (43
secondes 86) et celui du 4 fois 400 avec Vincent MATTHEWS, Ron FREEMAN
et Larry JAMES (2 mn 56 s 16)
Au petit matin de la finale du 400, Lee EVANS décide de déclarer
forfait. Il faudra toute la persuasion de Tommie SMITH et John CARLOS,
les exclus de la veille, 1er et 3ème de la finale du 200 mètres, pour
que Lee EVANS revienne sur son renoncement.
EVANS, JAMES et FREEMAN ont réalisé un triplé sur 400 m et ils montent sur le podium coiffés du béret des Black Panthers.
Autre époque, autre histoire, autre Amérique.
Fin 1972, Lee EVANS part sur les traces de ses ancêtres africains, au
Nigéria d’abord ou il entraînera le relais 4 fois 100 national, ensuite à
Madagascar où il vit actuellement.
Enfin, autre époque aussi, il est bon de rappeler que l’actuel record du
monde du 400 m féminin est toujours la propriété de l’ex- Allemande de
l’est Marita KOCH qui l’a établi le 6 octobre 1985 à Canberra, la
capitale australienne. Son temps historique de 47 seconde 60 n’a plus
jamais été approché depuis. Aujourd’hui, l’esthétisme a remplacé la
force, la puissance. Et c’est tant mieux.
Le record du monde du 400 mètres a peu progressé en un siècle.
Néanmoins, en 8 ans (de 1960 à 1968) le record du monde a été amélioré
de plus d’une seconde. Cette progression s’explique essentiellement par 2
facteurs : d’une part, l’avènement d’un nouveau matériel comme les
pistes synthétiques et d’autre part par le fait que les athlètes ont
commencé à adopter de nouvelles techniques de course en accord avec les
avancées médicales.
L’athlète qui s’est le plus approché du record de Michael JOHNSON est
Jeremy WARINER avec un temps de 43 secondes 35 aux mondiaux 2007.
JOHNSON a d’ailleurs été l’entraîneur de WARINER.
Côté féminin, l’athlète qui s’est la plus approchée du record de Marita
KOCH est Marie-José PEREC, restant quand même avec un temps de 48
secondes 25 à plus de six dixièmes. |
publié le 18 déc. 2010 01:15 par Sébastien PRATS
[
mis à jour : 5 sept. 2011 14:33
]
Le 18 octobre 1968, à 15h45 heures locales, à 2.200 mètres d’altitude, au stade Aztèque de Mexico, Bob BEAMON, 22 ans, est devenu champion olympique de la longueur, dès son premier essai, avec un saut ahurissant de 8m90. Il était le premier finaliste à s’élancer.
La France avait ce jour-là deux finalistes : Jack PANI et Gérard UGOLINI.
Tout, ce jour-là, s’harmonisait pour que BEAMON fasse son entrée dans la légende : temps orageux, air chaud et humide, vitesse du vent bloqué à 2m/seconde. Certains prétendent encore que l’anémomètre ne fonctionnait pas et qu’en réalité le vent était beaucoup plus favorable.
Après lui, le déluge ...
Un saut d’extraterrestre, techniquement maîtrisé, 55 cm de mieux que le record du monde détenu par Ralph BOSTON son compatriote et le russe Igor TER-OVANESSIAN avec 8m35.
Ce jour-là, BEAMON est aussi en révolte : la veille, Tommie SMITH et John CARLOS ont été exclus du village olympique pour avoir levé leur poing ganté de noir sur le podium.
L’allemand Klaus BEER obtient la 2ème place avec 8m19 devant BOSTON et TER-OVANESSIAN, Jack PANI est 7ième avec 7m97
Ce saut va donc faire l’Histoire ... un saut sans lendemain aussi pour BEAMON, retiré très vite de la compétition après les jeux de Mexico. Comme s’il était allé trop loin ...

Bob BEAMON est né le 29 août 1946 à Jamaica dans le Queens à New-York. Il
fut joueur de basket à l’Université de Caroline du Nord pour demeurer
près de sa grand-mère. Il ne s’y adapta pas et quand son aïeule mourut,
il ne résista pas à faire de l’athlétisme à l’Université du Texas d’ El
Paso.
Il était néanmoins assez instable. La veille de son record du monde, il a tenté d’oublier dans l’alcool ses soucis personnels. |
Le record de BEAMON tiendra exactement 22 ans 10 mois et 12 jours. Le
30 août 1991, lors des championnats du monde de Tokyo, l’américain Mike
POWELL, 28 ans, réussit à son cinquième essai 8m95, nouveau record du
monde qui n’a pas été à ce jour battu et cela au terme d’un concours
d’anthologie face à Carl LEWIS.
Mike POWELL (1m90, 74 kg) est né le 10 novembre 1963 à Philadelpie. Diplômé en sociologie, c’est aussi un ancien basketteur.
L’exploit de POWELL est d’autant plus extraordinaire que Carl LEWIS, 30
ans, est invaincu depuis 1981 et qu’il réalise ce jour-là le meilleur
concours de sa carrière avec une moyenne de 8 m 83 en 5 sauts.
Mike POWELL sera de nouveau champion du monde en 1993 à Stuttggart.
Quand à Carl LEWIS connu pour ses exploits en sprint, il ne faut quand
même pas oublier qu’en longueur il a été 4 fois champion olympique (Los Angeles 1984, Séoul 1988, Barcelone 1992 et Atlanta 1996) et 2 fois
champion du monde (Helsinki 1983 et Rome 1987). Après son échec à
Atlanta, Mike POWELL arrêtera le haut niveau.
Quant au record d’Europe, il est toujours la propriété de Robert EMMYAN
qui a provoqué une énorme sensation en franchissant 8 m 86 le 22 mai
1987.
Dans l’immédiat, la limite des 9 m semble encore un continent inaccessible ... |
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