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Le Chant d'Afénor

Afénor, sous son égide avait uni vaste contrée

De l’Est à l’Ouest, d’un océan à l’autre,

Du Delta d’Al’Astan à l’Isthme de Dorm,

Des landes gelées jusqu’au désert ardent.

Et lorsque les Géants bâtirent les quatre cités,

Il jura par son peuple qu’il les défendrait.

Le Serment fut prononcé et Afénor couronné

Roi des Fils de la Terre, Protecteur de l’Humanité.

( …    )

La plus centrale des cités lui fut confiée ;

Elle porterait son nom tant qu’il y règnerait.

Mais déjà les Dragons conspiraient dans l’ombre,

Afénor s’en méfiait : ils ne souhaitaient que soumettre.

Et le jour où ils vinrent griffer à sa porte,

Soufflant en milles paroles leur habile venin,

Le Roi les éconduit, leur interdisant son royaume.

S’ils en prirent courroux, ils ne montrèrent rien

Et faisant profil bas en la cité de Farkas,

Ils approchèrent Brégor, d’Afénor le cadet.

Les Puissants Dragons accueillis en son fief,

Le couvrirent de trésors, de secrets, de mystères.

Et bientôt en naquit une étrange alliance,

Aux hommes, les Dragons se lièrent par le sang

Fondant l’odieuse lignée, celle des Drekkars,

Leurs serviteurs zélés dans l’ancienne cité.

( …    )

Brégor n’était plus Maître en sa demeure de pierre,

Les Drekkars l’oppressaient, les Dragons ordonnaient.

Et ce n’est que bien trop tard qu’il demanda l’aide du Roi

Par le Serment leur Protecteur, notre Seigneur Afénor

Car bientôt tomba la nuit sur l’antique Farkas

Les humains furent abattu ou bien prit pour esclave

Les Drekkars pour leurs Maîtres purent y bâtir la Passe

Et déclarer au monde une guerre sans relâche.

( …    )

Afénor en sa cité, réunit ses trois fils : le cadet Arkanor,

Puis son frère Anoroer et Vériel leur l’aîné.

Devant eux il jura d’observer son serment :

Il marcherait sur Farkas et tuerait les Dragons.

Il leur confia le royaume, à chacun une province.

Leva l’Armée des hommes, celle des Fils de la Terre

Et partit vers le Nord dans le pas des Géants,

Où ils allaient à la mort l’épée au devant.

( …    )

Arrivant vers Farkas ils empruntèrent la faille

Celle qui mène à la Passe, sur le flan du volcan.

Face à eux se tenaient les Chevaliers Drekkars,

Une simple rangée qui leur barrait l’entrée.

Engageant la bataille à un contre cent

Ils tiendraient les portes suffisamment longtemps…

Faisant les lames résonner de l’ardent combat

Tenant tête aux Géants comme à l’Armée du Roi.

Mais ils tiendraient les portes suffisamment longtemps

Pour que cachés, les Dragons s’approchent en silence

Et du sommet de la faille fassent écrouler l’ensemble

Sur la Grande Armée des Hommes et celle des Géants

( …    )

Autant de gonfanons brisés, autant d‘épées ensevelies,

Les hommes avaient périt aux côtés des Géants.

La perfidie a vaincu, le Grand Roi n’était plus,

Laissant son royaume en trois parties divisé ;

Des provinces pour ses fils qui n’avaient plus d’armée.

Mais les Drekkars à jamais se terrèrent dans la Passe

Pour que l’on oubli de leurs Maîtres le terrible forfait,

Et que dans la poussière des siècles soit enterrée Farkas.

( …    )

 

- Extraits du chant traditionnel, Ier siècle après Afénor, (traduit du Firiel).