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Histoire

Salles en 1909
 
      
 
 
Salles, le village
Plusieurs pierres levées, notamment celle d'Avernant, ainsi que des vestiges néolithiques trouvés en surface, attestent l'ancienneté de l'occupation humaine sur le sol de la commune. De l'époque gallo-romaine, aucun vestige n'a été trouvé mais la commune était traversée par un chemin romain qui partait de Rom (canton de Lezay) et passant à Bougon, franchissait la rivière le Pamproux à petit-Courault pour rejoindre les Granges de Soudan. Au Moyen-Âge, la châtellerie de Salles relevait de l'abbaye puis de la châtellerie de St-Maixent ; la paroisse dépendait de l'archiprêtre d'Exoudun. La seigneurie de Riberolles, ancienne "villa Ribérola", appartient au XIe siècle aux Maintrolle. La famille Gillier s'installa à Salles au milieu du XIVe siècle et ses descendants par alliance s'y maintiendront jusqu'en 1868.              
Depuis l'ouverture de l'autoroute Poitiers-Bordeaux vers 1982, Salles située à 7 km de la sortie de Soudan, bénéficie d'une excellente accessibilité routière. La gare sur la ligne Poitiers-La Rochelle a été fermée en 1988.

Source: archives Départementale Deux-Sèvres, instituteur Pierre Marsault, DRAC Poitou-Charente et la collaboration d'André Baudoin.

 Château de Salles

château privé, pas de visite

     Historique

                       Le château de Salles se situe sur le canton de La Mothe St Héray. Le fief et la seigneurie remontent au début du Moyen Âge. On reconnaît un chevalier de Maintrolles qui était , au XII° siècle, seigneur de Salles. Son successeur à Salles semble être le vicomte Aymeri Bar qui était à Salles au moment de la Guerre de Cent Ans. En 1489, Salles appartenait aux Gillier, gens d'armes anoblis en 1379. Ce sont eux à qui l'on doit les bases du château. Cette famille fut d'influence considérable pour la contrée : elle était propriétaire du château de La Villedieu. Ses armoiries se trouvent ainsi sur la porte gothique du château, dans les églises de Salles, Saint Eanne ainsi que dans l'église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers. La famille Gillier se fond avec la famille de Sainte-Maure-Montausier. Léon de Sainte-Maure, né du premier mariage de Louise Gillier, épouse en 1606 Marguerite de Chateaubriand. En 1610, naît leur fils Charles de Sainte-Maure-Montausier. En son jeune âge dit Charles de Salles, il prit le titre de   duc de Montausier et épousa la belle Julie d'Angennes, fille de la marquise de Rambouillet. On dit que louis XIV vint deux fois à Salles, en 1675 et 1680, dates de plantation de chacun des deux platanes. Marie-Julie de Sainte-Maure, épouse en 1664 Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, gouverneur   de Saintonge  et d'Angoumois. Elle hérite de la terre de Salles et du château de Pugny. Elle était donc duchesse d'Uzès et de Montausier, marquise de Rambouillet et de Pisani, dame de Salles, Pugny, Talmond et autres lieux. L'un de ses fils, François de Crussol, chevalier, comte de Montausier, épouse  en 1705 Charlotte Pasquier de Franclieu. Son autre fils, Louis-Charles de Crussol, marquis de Montausier, épouse en 1737 Marie-Elisabeth d'Aubusson de La Feuillade. Les blasons des deux familles étaient figurés sur la cheminée du grand salon avant l'incendie en 1875. Louis-Charles est    le créateur de la partie XVIII° siècle du château. le blason d'Aubusson de La Feuillade se trouve dans l'entrée. Le 10 juillet 1750, il accueille à Salles   le roi Louis XV qui aurait couché au château. Le fils de Anne-Marie-André de Crussol meurt sans postérité, et le château passe à Antoinette-Catherine Emmanuel de Crussol, mariée à Alexandre Green de Saint-Marsault. Sa fille après avoir épousé Charles-Léon, comte de Lescours, vend le château en 1873 à Mme Dulas. Le château était resté quatre siècles dans la même famille et le plus souvent transmis par les femmes.     Depuis lors, deux propriétaires se sont succédé sans entretenir le bâtiment. La restauration de la toiture s'avérait indispensable pour stopper les dégâts causés par la tempête de 1972. La remise en état fut menée en 1974 et 1975, mais en octobre, la partie d'époque du XV° siècle brûlait au cours de la nuit. En dix mois, tout fut réparé avec le concours des artisans locaux.  


    L'église dédiée à Saint-Martin

      

Petite église romane inscrite à l' Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques,
avec un très beau chevet à fenêtre à colonnettes.  
Le cul de four de l'abside et le berceau du choeur XII èmè ( classés ) sont dotés de nervures croisées.
Au sud, une chapelle du XV ème construite par les Gillier de Salles                                                                            

 


La filature

 

                  

 
Sur l'emplacement de la filature, s'élevait au 18ème siècle, un petit moulin
Vers 1780, le marquis de Montausier vendit son grade de colonel au régiment d' Orléans pour 60.000 F. et avec cette somme fit construire une minoterie " Manufacture royale des farines " , cette minoterie devait expédier les farines en Amérique. Il n'y en avait que trois aussi belle dans toute la France pour le même but. la révolution de 1789 l'empêcha de prospérer. Vers 1820, on en a fait une papeterie et en 1840, M. Lescours y organisa une filature.

Lorsque le fils Junien Charles comte de Lescours marié a Melle Juliette-Marie-Gabrielle Sauvignan de Baronnière demeurant à Orléans, eut vendu ce qu'il avait à Salles, en 1873, elle passa entre les mains de Mr. Cabaille de Saint Maixent l'Ecole, qui la vendit à Mr. Tirant en 1875. Elle a appartenu à ce dernier jusqu'en 1883. Pendant cette courte période, le matériel a été beaucoup augmenté ; une machine à vapeur d'une force de 25 chevaux y a été installée ; au filage on ajouta le peignage et la teinture des laines ; près de 100 ouvriers y étaient employés.

La faillite de Mr. Tirant a fait passer la filature entre les mains de Mr. Ferdinand Rougier, qui n'a plus que le filage ; il occupe une moyenne de 60 ouvriers et de 10 à 15 tonnes de laines y sont travaillés chaque année.

De 1901 à 1902 Mr. Rougier à fait construire une nouvelle filature et fit remplacer l'ancienne machine à vapeur par une nouvelle plus perfectionnée et bien plus puissante capable de mettre en mouvement toutes les machines des deux filatures ; cette machine a une force de 60 chevaux ; avec la turbine, on peut obtenir une force de 82 chevaux.
Le nouvel établissement a commencé à fonctionner en 1902 ; a cette même époque, l'éclairage électrique a remplacé l'ancien éclairage à pétrole
en 1912, Mr. Rougier a vendu la filature à Mr. Pierre Micheau, fils de Mr. Léon Micheau, notaire à Pamproux.
en 1923, Mr. Micheau l'a de nouveau revendue à Mr. Fontanault Celestin Henry qui l'exploita jusqu'en 1929, époque où la filature s'est constituée en société anonyme.
pendant ces quelque année Mr.Fontanault y a fait installer des métiers à tisser.
 

       
 
 
 
Le lavoir
 

Dans  sa séance du 8 août 1888, le conseil municipal, reconnaissait que la construction d'un lavoir s'imposait. Ce qui fut fait, les lavandières de SALLES trouvaient un bien être que ne possédait pas encore les femmes de localités plus importantes

Lavoir construit, sur l' emplacement d' une fontaine, par Pierre Foisseau entrepreneur à Salles et Charles Saivet, charpentier à Saint-Maixent, d' après les plans de Georges Bourreau, agent-voyer à La Mothe-Saint-Héray

 
 
 
 
 
 
 

La Halte ( Gare )

 

Avant 1900, les trains passaient à SALLES sans s'y arrêter ; 1892, Monsieur Rougier, en devenant Maire, résolut de procurer à sa nouvelle cité, plus de confort et de commodité.Des réverbères y furent installés ; Des bancs placés en différents endroits du bourg ; des arbres plantés au milieu du bourg sur la route de Pamproux ;
Les rues arrangées et bien nettoyées et enfin des démarches en vue de l'obtention de l'arrêt des trains de voyageurs à SALLES
Cet arrêt a été obtenu non sans difficultés. La Halte n'est en effet qu'à 2 km 600 de la gare de la Mothe Saint Héray, à 3 km 800 de celle de Pamproux, la pente, en venant de Pamproux, est très forte à partir de Puyberneaud, autant d'objections soulevées par l'administration des chemins de fer.
Les nombreuses et longues délibérations prises par le conseil municipal, les pétitions des habitants des communes environnantes : Bougon, Soudan, Ste Eanne, les démarches personnelles de  Mr Rougier auprès de tous les personnages politiques capable d'aider à la réalisation du projet.
Les fonds nécessaires pour l'achat du terrain et la construction ont été fournis par des souscriptions volontaires et par la commune.
L'avenue a été faite aussitôt après ; le terrain a été donné par un habitant.
L'inauguration a eu lieu le 11 mars 1900.
Jamais fête n'a été aussi complète et plus populaire. Un banquet a réuni près de 300 convives ; la table a été ouverte pendant trois jours ; on y a dansé trois soirs de suite.


1914

         les jeunes filles de notre localité ont été les premières à réconforter les soldats blessés en leur servant, à leur passage, à la gare  des aliments chauds

extrait du journal " La France de Bordeaux " du samedi 10 octobre 1914

Les jeunes filles de Salles qui, avec un dévouement digne de tous les éloges, ont organisé depuis plusieurs semaines à la gare , un buffet abondamment fourni pour le ravitaillement des blessés, chaque jour à tous les trains , elles ont reçu d'un blessé anonyme, après son passage, une charmante prière en vers, en témoignage de sa reconnaissance

Merci aux cantinières de la gare de Salles

O vous, merci, gentilles cantinières,
Qui joignez à la grâce, un coeur si bien placé,
Merci ! sans vain orgueil, vous pouvez être fières
De vos services rendus à nous, pauvres blessés.
 
 Nous qui fûmes fauchés et meurtris par les balles,
jamais nous n'oublierons votre si bel élan,
Jeunes et nobles soeurs du petit bourg de Salles,
En nous il restera gravé malgré les ans.
 
A l'heure où la France est meurtrie,
A l'heure où son sang coule à flots,
Vous travaillez pour la patrie,
Merci pour votre coeur si chaud !

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Extrait du journal " Le figaro " du 10 octobre 1914

Les jeunes filles de cette petite station des Deux-Sèvres, viennent d'avoir une heureuse inspiration qui peut être un exemple.De leur propre initiative, elles ont, depuis plusieurs semaines, organisé à la gare, une cantine pour le ravitaillement des nombreux blessés qui passent chaque jour à SALLES .Elles sont allées de maison en maison, demandant à chacun ce qu'il pourrait offrir à jour fixe, chaque semaine : lait, café, pain, fromage, fruits cuits ou crus. ainsi sans subvention ni quête, elles sont arrivées à avoir un buffet du mieux approvisionné, et il faut voir, avec quelle reconnaissance elles sont remerciées par nos soldats !