L'objet à chercher ici est la présence des absents au travers de leur empreinte, des traces de leur existence. La circassienne et danseuse s'inspire de la cérémonie du thé et de la pensée de l'architecte japonais Tado Ando, qui s'opposait à l'architecture utile pour la penser en "harmonie". Cet architecte était à la recherche de la ligne juste, toujours à l'écoute de son environnement. Ici c'est le juste mouvement, la bonne distance, l'écoute de soi, que Satchi Noro explore. Débutant par la mort des grands mammouths sur les toits du Paris-Villette, elle investie le bureau du directeur et y installe des structures métalliques, chantier représentant l'acte en cours, à finir... Elle qui aime travailler dans des conditions extrêmes (sous la pluie, avec une hache et bien sur sans filets) devient ici chrysalide emprisonnée dans une structure de bois. Elle s'en échappe pour devenir araignée, parcourant plafond et murs avec une agilité sans fioriture, simple et vraie. Cette incroyable performeuse, toujours accompagnée de sa fille, développe une nouvelle approche intellectuelle basée sur le geste, l'écoute et l'attention. Dégageant des temps d'arrêt, elle permet à ses hôtes de percevoir ces absents/ces qui occupent tant de place dans nos sociétés. Pièce toute en finesse et portée par une sagesse impressionnante, "Les absents" va bien au delà de la danse et du cirque, ouvrant des espaces et des perspectives. Une magnifique représentation de ce que l'inspiration peut mettre à jour. Marion Oddon |
