Emission du 29 janvier 2008 BLEU, BLANC, ROUGE... ET NOIR ? LA COULEUR DE PEAU EN REVOLUTION. Avec Florence Gauthier (Paris VII), auteur de l'ouvrage, L'Aristocratie de l'Epiderme. Le Combat de la Société des Citoyens de Couleur (1789-1791), Paris, CNRS Editions, coll. "Histoires pour Aujourd'hui", 2007. Animateur : Jérémie Foa. ![]() Pour écouter l'émission (sur le site de Revolution française.net) : cliquez ici "Le préjugé de couleur était de nature politique et devait étayer une conception juridique hiérarchisant les statuts des personnes, selon des critères de couleur passant du "blanc libre" au "noir esclave", par l'intermédiaire d'affranchis "sous conditions", eux-mêmes divisés en sous-catégories de métisses aux multiples nuances, dont la fonction consistait à inculquer une forme spécifique d'aliénation faite du mépris de la "couleur de l'esclavage". Le racisme biologique substitue à cette argumentation politique l'affirmation d'une "supériorité de la race blanche", alors qu'il ne s'agit que d'une nouvelle variante de la physique sociale, chère aux économistes physiocrates. Le résultat serait-il le même ? Nous ne le pensons pas : le préjugé de couleur correspond au développement d'une société coloniale à population créole en développement et à main-d'oeuvre essentiellement esclave. Le racisme biologique, qui en est sans aucun doute l'héritier correspond à un projet de société coloniale se préparant à maintenir "sa" population créole dans les fonctions subalternes : il s'agit d'une nouvelle forme de politique coloniale et d'une réponse possible à la crise que connaissait, alors, la fourniture du marché des captifs africains", Florence Gauthier, L'Aristocratie de l'Epiderme. Le Combat de la Société des Citoyens de Couleur (1789-1791), Paris, CNRS Editions, coll. "Histoires pour Aujourd'hui", 2007, p. 335. Voir le site revolution-francaise.net |
