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recherche sur l'embryon et mères porteuses:
je suis pour les mères porteuses et la recherche sur l'embryon
Mercredi 06 mai 2009, 16h22
Le
Conseil d'Etat a apporté sa pierre à la réflexion sur la révision des
lois de bioéthique, se prononçant contre la légalisation des mères
porteuses, mais pour un régime permanent d'autorisation des recherches
sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires.
La loi de bioéthique de 2004, sur recommandation du Conseil d'Etat,
avait posé le principe de l'interdiction de ces recherches, tout en
ouvrant une période de cinq ans pendant laquelle elles pouvaient être
autorisées sous conditions. Ce moratoire prend fin en février 2011,
plaçant les chercheurs dans l'incertitude.
Dans un rapport remis au Premier ministre François Fillon, le
Conseil d'Etat propose de créer "un régime permanent d'autorisation".
Il resterait néanmoins "enserré dans des conditions strictes" qui
seraient "peu ou prou" celles posées en 2004, a précisé mercredi à la
presse Philippe Bas, président du groupe de travail du Conseil d'Etat.
Celui-ci maintient ainsi comme condition pour autoriser un projet de
recherches qu'il soit susceptible "d'aboutir à un progrès thérapeutique
majeur".
Sur la question très controversée de la gestation pour autrui, la
haute juridiction a jugé qu'il y avait "des objections très fortes" à
sa légalisation, dont le risque de "marchandisation du corps humain".
"Il y a des réalités qui existent et qui doivent être traitées, mais
ça ne doit pas servir d'arguments pour faire nécessairement évoluer la
loi", a déclaré M. Bas, réfutant le principe d'un "droit à l'enfant".
"Il ne serait pas humain de laisser se développer une pratique qui
n'est pas conforme à l'idée qu'on peut se faire de la dignité de la
femme et de l'intérêt de l'enfant", a-t-il souligné.
En revanche, le Conseil d'Etat préconise d'utiliser les possibilités
offertes par le droit français pour "améliorer la situation juridique"
des enfants issus d'une gestation pour autrui à l'étranger ou
"frauduleuse".
Ainsi, le père génétique devrait pouvoir faire reconnaître sa
paternité. La mère pourrait se voir confier une délégation-partage de
l'autorité parentale, à défaut de voir sa filiation reconnue. Des
propositions qui ne répondront pas à toutes les situations, a admis M.
Bas.
Le Comité consultatif national d'éthique doit rendre "prochainement" un avis sur cette question.
Parmi les autres sujets abordés, le Conseil d'Etat souhaite "fixer
le principe" que l'aide médicale à la procréation exclut "la conception
d'enfants sans père" : ces techniques resteraient donc réservées aux
couples composés d'un homme et une femme.
Il souhaite néanmoins une réflexion, plus large, sur la question de l'homoparentalité.
Sans remettre en cause le principe de l'anonymat des dons de
gamètes, le Conseil d'Etat préconise d'instaurer la possibilité d'une
levée de cet anonymat lorsque l'enfant le demande, mais seulement si le
donneur y consent. L'enfant pourrait par ailleurs avoir accès à des
"données non identifiantes", comme l'âge du donneur, ses
caractéristiques physiques ou des informations médicales.
Enfin le Conseil d'Etat a jugé qu'il était temps de passer d'une loi
révisable à "une loi définitive". "Nos principes sont bons et ce n'est
pas la peine de les remettre sur la table tous les cinq ans", a
souligné Philippe Bas.
La révision de la loi de 2004 est désormais prévue pour 2010, au
terme d'un long processus de réflexion que le gouvernement a souhaité
élargir au plus grand nombre par l'organisation d'"Etats généraux de la
bioéthique". Un colloque national en juin viendra clore ce débat
"citoyen