On les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los
Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur dans toute l'Amérique
Centrale. Plongée dans les banlieues de San Salvador dans le quotidien
des membres d'une armée invisible. Nouveau fléau mondial qui détruit par
la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une
jeunesse privée de tout espoir d'avenir. Critique presse Un des aspects les plus révoltants de la mort de Christian Poveda, abattu le 2 septembre au Salvador, c’est que cet assassinat va alimenter précisément ce contre quoi il se battait. A savoir, une fascination morbide et un brin romantique pour les gangs d’Amérique centrale avec laquelle l’Occident aime à se donner des frissons. En cela, ces jeunes gens du Guatemala, du Mexique ou du Salvador, bardés d’armes de guerre et recouverts de tatouages jusque sur le visage, constituent l’incarnation et un raccourci simpliste du mal, quelle qu’en soit la définition (...). Construit comme la chronique inexorable d’un massacre absurde, La Vida Loca suit le destin de quelques membres de la «18». La plupart ont été ou sont encore des assassins sanguinaires. D’autres tentent une improbable réhabilitation dans un projet de boulangerie de quartier voué à l’échec. Tous sans exception sont en danger de mort permanent et aucun, le meilleur comme le pire, le vieux comme l’enfant, le garçon comme la fille, n’a eu le luxe d’avoir le choix de mener une autre vie. Au-delà des sentiments d’empathie que le film déclenche sur le fil du rasoir, Christian Poveda a pu dessiner les contours de personnages dont il est impossible désormais de nier le statut de victimes. Bruno Icher / Libération |
