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Table ronde 4: L'Afrique, berceau d'une humanité nouvelle - cas pratiques
Sophie KELLER
Diplômée de l’ESSEC, et notamment de la Chaire Entrepreneuriat Social, elle a travaillé pour Suez Environnement sur des sujets dans le champ de la responsabilité sociale dans les services à l’environnement puis comme consultante auprès de collectivités territoriales sur la définition de leur stratégie de développement économique et leurs politiques sociales (handicap, personnes âgées, petite enfance). Elle est par ailleurs très engagée dans le champ de la promotion de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur par le biais de l’association PARTAGE (Parrains et Tuteurs Actifs des Grandes Ecoles) . Au sein de l'Institut, elle oeuvre au développement des entreprises sociales via: Marie-Lise SEMBLAT
Docteure en géographie sociale. Chargée de cours et directrice de recherche à Paris 3 Sorbonne-Nouvelle (MASTER, d’accompagnateurs d’adultes par la recherche-action) au Collège Coopératif (Paris). Présidente du réseau ASTER-International.
« De nouvelles pratiques organisationnelles des femmes en Afrique » Maison des femmes au Sénégal, Réseau des femmes rurales en RDC, Groupes et collectif des restauratrices de la rue au Burkina Faso sont autant de nouvelles pratiques organisationnelles des femmes en Afrique. Ces expérimentations sociales traduisent à la fois la recherche d’efficacité mais aussi de solidarité des femmes qui savent comme le dit Coumba, responsable de la Maison des femmes de Casamance, qu’ un bracelet ne fait pas de bruit mais que plusieurs bracelets font du bruit. Ces initiatives témoignent aussi d’un exercice de pratiques démocratiques et de nouvelles formes de gouvernance, elles combinent les besoins et les intérêts des femmes avec l’amélioration des conditions de vie de la communauté toute entière.
Aymeric MARMORAT
Aymeric Marmorat a suivi la pédagogie "HEC Entrepreneurs" à l'ESC le Havre avant d'obtenir un master en Audit Finance. Il a aidé à créer plusieurs entreprises et associations. Il a participé à une dizaine de projets en France et en Afrique d'ordre économique, social et environnemental. Suite à sa participation à ESF Paris 2006, il est devenu directeur de l'association.
Rodolphe VIDAL
Ingénieur de recherche au sein de l’Institut Européen pour l’innovation et l’Entreprise Sociale de l’ESSEC et doctorant en économie au sein de l’équipe IACA à l’Université de Versailles Saint Quentin, il travaille sur les champs de la Responsabilité Sociale des Entreprises et des marchés « Base of the pyramid » dans une perspective d’innovation pour une transition vers une société soutenable aux plans écologique et social.
« Les démarches et pratiques « Base Of the Pyramid »
La microfinance, le microcrédit, l’épargne et maintenant la micro assurance ou des offres de biens et services les plus divers, occupent une place de plus en plus importante et structurante au sein des approches et visions du développement des pays du Sud, en particulier en Afrique subsaharienne. Les termes de « Social Business » ou de « Base Of the Pyramid » connaissent un certain succès médiatique, si ce n’est sur le terrain. A ce jour, l’étude des faits, des situations concrètes, montre que ces approches réduisent de façon définitive et de manière souvent importante, la vulnérabilité des populations qui ont accès à ces offres de services, sans montrer cependant d’effets réels sur le développement à un niveau plus global, plus sociétal. Cette conclusion nuancée, qui n’étonnera pas face à la complexité intrinsèque du social et du phénomène de développement, vient limiter l’apport et les vertus des approches dites « Base of the Pyramid » dont un des éléments de proposition, proposé notamment par Stuart Hart dans son ouvrage Capitalism at the Crossroad : The Unlimited Business Opportunities in Solving the World’s Most Difficult Problems, est de considérer qu’à travers ces démarches et les innovations radicales sur lesquelles elles reposent, les entreprises peuvent expérimenter et innover pour des business-model globalement plus soutenables et permettant une transition vers une société/une économie soutenable, au Sud comme au Nord. Par ailleurs, ces démarches soulèvent des questions éthiques sérieuses, par exemple celle de savoir s’il est légitime pour des entreprises (majoritairement des multinationales du Nord ou des pays émergents) de mener, dans une certaine mesure, des « expérimentations » dans des pays du Sud. Elles rencontrent également des limites fortes, dues à la nécessité d’une action et d’une gouvernance publique ou aux rôles essentiels des infrastructures et des services collectifs. Elles renvoient aussi à certains débats de fond en anthropologie, par exemple, celui concernant le caractère supposé proprement « occidental » des logiques et comportements « économiques » ou bien encore le débat sur la démocratie, débat reposé dans des termes plus objectifs par Sen avec son ouvrage La démocratie des autres. Cependant, plusieurs points amènent à montrer qu’en combinant inclusion sociale, action collective, gouvernance et action (et moyens) d’entreprise, dans une logique économique intrapreneuriale/entrepreneuriale d’innovation, les démarches « Base Of the Pyramid » peuvent produire, à certaines conditions, des effets positifs, pas seulement limités à l’amélioration de la situation matérielle des populations pauvres, à la limitation de la vulnérabilité, à des sorties de trappes à pauvreté, mais aussi dans une perspective plus sociétale de développement. Afin de donner à voir et à réfléchir ces différentes facettes des marchés et démarches « Base Of the Pyramid » (BOP), la communication associera des cas concrets, une présentation de la « proposition » et des méthodologies BOP, et les éléments d’analyse tels que les concepts d’ « agency », le cadre des « capabilities », les soutenaibilités sociales et écologiques et la Responsabilité Sociale des Entreprises. |


