Tiens, pourquoi ça ? Pour son pur plaisir et également le plaisir pur des spectateurs ! Ce spectacle, comme il se doit, est à la fois original et, en même temps, il est la rencontre des artistes avec le public, autrement que par le biais de la télévision. C’est pourquoi nous pourrons voir sur scène un téléviseur qui aura une tout autre fonction que de transmettre les numéros d’artistes de variété. Les artistes en chair et en os viendront à la rencontre d’un public « en vrai » et ce public en chair et en os verra des numéros d’artistes « en vrai ». C’est Pierre Etaix en personne qui accueillera les spectateurs, si toutefois les objets ne se liguent pas contre lui pour l’entraver dans sa démarche. Marcel Zanini et ses musiciens auront la possibilité de faire du jazz, mais parviendront-ils à se rencontrer ? Les machinistes connaissent-ils la musique ? Et vont-ils retrouver leur chanteuse ? Comment un magicien acceptera-t-il de voir son double dans l’écran de télévision sans avoir avec lui une explication houleuse ? Un dresseur de falabellas, c’est-à-dire de chevaux lilliputiens, parviendra-t-il à les faire travailler sur une scène de théâtre ? A moins que plutôt ce ne soit le contraire ? Que d’interrogations me direz-vous. Mais notre vie n’est-elle pas une suite de questions sans réponse ? Alors ? Alors, si un barman parvient à placer un service à thé complet sur sa tête et de surcroît sur une seule roue à plusieurs mètres au-dessus du sol, nous pourrons nous poser la question de savoir par quelle grâce il y est parvenu le plus naturellement du monde. Nous pourrons aussi nous demander comment Yoyo, le clown qui n’est encore qu’un petit enfant qui ne sait ni lire, ni écrire, peut connaître Jean-Sébastien Bach. On sait seulement qu’il tient tête aux adultes en désobéissant effrontément et en faisant tout « ça » qu’il ne faut pas faire avec une dame. Quoi qu’il en soit, il est bon de préciser que tout cela n’est pas très sérieux, mais que tout cela aussi a demandé à chaque artiste le plus grand sérieux pour l’accomplir. Au fond, ce qui compte c’est que le public soit heureux de voir des artistes et les artistes de voir le public. La question qu’on ne se posera pas, c’est bien de savoir pourquoi on peut encore croire à cela. C’est peut-être ça, l’amour ! SI VOUS SOUHAITEZ REVOIR OU DÉCOUVRIR YOYO SUR SCÈNE, VOUS POUVEZ NOUS AIDER EN ADHÉRANT A L'ASSOCIATION "IL ÉTAIX UNE FOIS" VOUS ÊTES DIRECTEUR DE SALLE ET VOUS SOUHAITEZ PEUT ÊTRE ACCUEILLIR, CO-PRODUIRE OU SIMPLEMENT OBTENIR DES RENSEIGNEMENTS SUR CE CE SPECTACLE contactez nous à cette adresse Par ailleurs, nous sommes à la recherche de locaux de répétition avec piano sur Paris (pour pas trop cher) et pour une dizaine de jours. TROIS QUESTIONS À PIERRE ÉTAIX
1) Quelles sont les grandes lignes de ce projet de spectacle de music-hall ? Les salles typiques de music-hall – je ne parle pas des cabarets de revues à grands spectacles – ont toutes disparu. Il ne reste à Paris que l’Olympia, qui d’ailleurs ne produit pas de programmes tels qu’ils étaient conçus à l’époque ; tout ce qui en faisait le charme : un orchestre, des chanteurs, des musiciens encadrés par des numéros de classe internationale. Il n’y a guère que la télévision qui retransmette ce style de spectacle, mais on ne peut avoir à la télévision les émotions que l’on vit en direct au cirque ou au music-hall. Rien ne remplace cet échange entre le public et les artistes. S’il est vrai qu’au cinéma les prouesses techniques nous proposent aujourd’hui, dans un univers de fiction, d’assister à des évènements inconcevables, il n’est pas moins vrai que notre capacité à nous émerveiller du réel demeure. C’est d’ailleurs ce qui fait regretter à nombre de spectateurs ces temples aux noms mythiques, réservés aujourd’hui exclusivement à des concerts ou one man show. Il existe pourtant encore de grands numéros appréciés par tous les publics et qui se perpétuent. Hormis le Cirque d’Hiver Bouglione qui les accueille, on ne peut guère les voir ailleurs.
2) Pourquoi avoir attendu si longtemps pour revenir au music-hall ? Parce que je n’en ai pas eu la possibilité jusqu’alors. Mais, mieux vaut tard que jamais ! J’ai tenté de convaincre des agences de spectacles, mais on m’a opposé qu’en France ce n’était pas possible, que l’on avait déjà beaucoup de difficultés à monter des pièces de théâtre, ce qui sous-entendait que le spectacle de music-hall était un art mineur pour lequel aucun producteur n’était prêt à s’investir. Il y a bien eu ici ou là des tentatives dans quelques petites salles pour renouer avec cette tradition, mais sans en avoir vraiment les éléments. C’était plutôt une déviance de la forme d’expression originelle.
3) Avez-vous également des projets de longs et courts-métrages ? Bien sûr. Depuis bien des années, j’ai tenté de faire aboutir nombre de projets, mais ils n’entraient pas dans un certain « système de rentabilité », ce qui en a condamné l’aboutissement. Malgré tout, j’ai proposé l’année dernière trois courts-métrages écrits avec Jean-Claude Carrière …Mais l’artiste propose et le veau d’or dispose. Le 7° art et l’industrie cinématographique ont toujours eu des difficultés à faire bon ménage. Mais si je rencontrais un oiseau rare de producteur prêt à se risquer dans l’aventure, par amour de l’art, alors j’aurai des ailes.
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