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Son coeur est comme guenille
Déchiré et en lambeaux Il a tellement le mal de vivre Depuis le départ d'Isabeau Elle était sa source vive, Sa muse, son soleil, sa fée Vibrante du goût de vivre Sa petite fille bien-aimée Charme étrange, beauté sauvage Cheveux de jais, peau basanée Des yeux limpides reflétaient son âme D'enfant heureuse et comblée Quand Isabeau souriait Son coeur était à la fête Si parfois Isabeau pleurait Avec elle, partageait sa peine Il aimait à la faire rire Fier de se promener à son bras Ému de l'entendre dire Je t'aime, mon petit papa Ce soir c'est fête foraine La foule est joyeuse, il fait beau Bientôt l'heure d'entrer en scène Silence, mettez la musique à zéro Le clown parle à son Isabeau Puis il se glisse dans ses guenilles Fixe son nez et son chapeau Et jamais il n'oublie Un baiser tendre à la photo Il a longtemps répété son rôle Son chagrin lui semble moins lourd Il est prêt, il sera drôle Que se lève le rideau rouge Sur sa bouche l'esquisse d'un sourire Et en mémoire d'Isabeau Il se jure bien de faire rire Tous les enfants du chapiteau
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