Réflexions sur l’Homme sur notre planète


Depuis 9000 ans que notre civilisation existe, nous avons eu deux périodes distinctes dans notre histoire. La première qui ressemblait à l’éveil d’un nouveau né et qui a duré environ 6500 ans. Cette période a consistée en l’émergence de la métallurgie, la technique, la pensée, … et surtout l’écriture. Avant le développement de l’écriture, la sauvegarde du patrimoine humain était uniquement vocal et reposait sur la mémoire des individus.

La deuxième période, qui peut-être assimilée à l’enfance, a coïncidée avec les grandes philosophies de notre planète, non seulement les grecs, mais également les chinois, indiens, perses, … ainsi que l’évolution de la technologie et la mise en pratique de la puissance de l’écrit : sauvegarde de l’histoire humaine, descriptions géographiques des villes et des régions, théories théologiques, théories techniques, … sauvegarde durable du patrimoine de l’humanité.

 

Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette seconde phase et la question naturelle qui vienne à l’esprit est : comment sortir de cette phase ?

 

D’autres questions nous taraudent également :

Quelle est la phase suivante ?

Comment est-on sorti de la phase précédente ?

Est-ce que ce sont les grandes pensées théologiques d’il y a environ 2500 ans, qui ont permis à l’homme de franchir la phase suivante ?

 

Le postulat que nous posons est évidemment que le monde actuel n’est pas l’aboutissement de l’Homme, qu’il ait été créé par un ou plusieurs Dieux, ou qu’il soit uniquement le fruit du hasard. La potentialité de l’Homme semble manifestement plus importante que d’accumuler de l’argent sur un compte bancaire et faire la guerre à ses compatriotes.

 

D’où la pertinence de notre question : comment sortir de cette phase actuelle ?

 

Si l’on prend l’émergence des nouvelles philosophies comme déclencheur d’une nouvelle phase, on peut en déduire qu’il faille effectuer un saut philosophique pour enclencher la mise en place de la phase suivante.

 

Quelle a été l’évolution philosophique de cette époque ?

 

Avant la grande vague des chinois, indiens, perses, grecs, … et en comptant avec l’apport des grands empires, comme l’Ourartou, qui faisaient le lien entre ces mondes, l’Homme était considéré comme un animal sans plus de valeur, même pour l’élite dominante. Elite qui ne dominait, que de manière éphémère, par sa seule force physique. L’Homme était surtout animiste et avait peur de son environnement connu et inconnu (rêves, étoiles, …).

 

Après la propagation des idées de cette grande vague philosophique, l’Homme s’est interrogé sur lui-même et sa place dans l’échiquier de l’Univers. De là, sont nés de multiples courant idéologiques : épicurisme, stoïcisme, cynisme, bouddhisme, … L’Homme a alors dominé certaines de ses peurs et a canalisés les autres au travers de lieux de prières adressés au Dieux : pyramides, temples, églises, mosquées, lieux sacrés, … Mais, surtout, il a accepté d’avoir une valeur dans cet échiquier de l’Univers. Il a accepté d’être plus qu’un simple animal. On peut dire que l’homme actuel, dans ses croyances, ses rêves, ses aspirations, est identique à celui d’il y a 2500 ans (il y avait aussi à l’époque de grands courant monothéistes, n’oublions pas que les livres théologiques ont été écrit près de mille ans après l’apparition de ces philosophies).

 

A partir de ces éléments, pouvons-nous imaginer le prochain bond philosophique qui nous ouvrira les portes de la nouvelle phase ?

 

Par analogie, ce bond concernerait la place de l’Homme vis-à-vis de son environnement.

 

Voyons quelles sont les directions dans lesquelles nous pourrions évoluer, philosophiquement parlant :

 

1.Se rapprocher des dieux en nous identifiant pleinement à eux (comme le prônent certaines religions monothéiste). Mais alors, on se rend compte très vite que nous ne sommes pas des dieux puisque incapables de gouverner notre environnement, au sens large du terme. Il serait donc très difficile d’aller dans ce sens.

 

2.S’éloigner des dieux en considérant qu’ils ne sont pas directement concernés par notre existence. Il faudrait donc abandonner les prières, l’immiscion permanente des dieux dans notre vie pour leur donner simplement une finalité. Pourquoi pas uniquement pour la Vie de l’au-delà. Mais, philosophiquement, le pas n’est pas suffisant important car, au travers de la religion hindou, par exemple, ce thème est repris. On ne peut pas dire que leur civilisation soit foncièrement différente des autres et que cet apport philosophique puisse être le passage à la phase suivante.

 

3.Modifier notre statut d’Humain privilégié vis-à-vis de l’Univers. Par exemple, en acceptant que la vie pullule dans l’Univers. De la même manière que l’on a admis que la Terre n’était pas le centre physique du Monde, on peut imaginer que l’Homme n’est pas le centre spirituel de l’Univers. Si demain, un être pensant venant d’une autre planète débarquait sur Terre, le choc serait aussi important, pour notre civilisation, que la découverte de l’écriture qui a donné accès à un autre monde.

 

C’est donc cette troisième voie qui nous semble la plus apte à nous propulser vers la phase suivante et que nous allons analyser. Quels sont donc ces fondements théologiques à mettre en place ?

 

  • S’il y a des millions de planètes habités dans l’Univers, il y a également des millions de croyances avec des dieux et déesses. L’Homme n’occupe pas une position privilégiée dans ce firmament mythologique et sa façon de penser et de vivre n’est qu’un épiphénomène parmi des millions d’autres façons de se comporter.
 
  • Nous baignons dans un monde d’échanges entre civilisations. C’est essentiellement notre réflexion philosophique qui nous empêche d’accéder à ce niveau technologique et spirituel.
 
  • S’il n’y a pas d’êtres pensants qui débarquent tous les jours sur notre planète, c’est tout simplement qu’ils n’y trouvent aucun intérêt. De la même manière ou, à part une poignées de scientifique, personne n’est intéressé à aller voir ou vivre comme les pygmées d’Amazonie. Et quant à ceux qui y vont, ils essaient au maximum de ne pas perturber ces gens, voire de se rendre invisible.

 

Il est donc nécessaire d’aller un peu plus loin dans notre introspection métaphysique proposé dans l’article « Une nouvelle religion » en affirmant que nous ne sommes qu’un être pensant parmi des millions d’autres dans l’Univers et que nos dieux font parti de ces multitudes de dieux auxquels les êtres croient par-delà notre système solaire et notre Galaxie.

 

Nous formons une immense chaîne humaine à travers les étoiles et les galaxies. Chacun a le droit de croire à ses dieux comme il l’entend puisqu’il n’y a pas un dieu qui soit supérieure aux autres.

 

La destruction d’une vie humaine est un non-sens que même les barbares, dans les temps antiques, ne faisaient pas car ils respectaient et surtout protégeaient ceux de leur tribu. Or, aujourd’hui, il est clair que tous les habitants de la Terre font parti de la même tribu face aux millions de Vie de notre Univers.

 

Il est essentiel que, dans notre démarche métaphysique et spirituelle planétaire à l’œuvre aujourd’hui, nous franchissions un pas supplémentaire en acceptant que nous fassions tous parti de la même famille avec ses droits et ses devoirs au sens le plus noble du terme.

 

Tous les habitants de notre planète doivent se sentir concerné et être concerné par les problèmes du reste de l’humanité. Que l’on soit européen, africain, asiatique, … les problèmes et les solutions sont globaux.

 

Face à nous, nous avons l’Avenir avec un A majuscule. Nos ressources s’épuisent à une vitesse phénoménale et seul le sentiment d’appartenance à un même peuple de l’ensemble de notre planète nous permettra d’appréhender et de façonner l’avenir. C’est la diversité de notre planète qui en fait sa richesse. Si l’on reste dans cette logique invidualiste et capitaliste à l’extrême, le capitaine et l’équipage, seul maître à bord après dieu, risquent de couler avec le navire et toute ses richesses, financières, artistiques, intellectuelles, ... C’est beau mais ce n’est pas la Vie.

 

C’est aujourd’hui qu’il faut préparer l’avenir des générations futures, à condition d’accepter de penser au futur de son prochain, quelqu’il soit. C’est avant de construire une centrale nucléaire qu’il faut penser au moyen d’éradiquer les déchets, pas lorsqu’ils s’entassent dans des décharges. C’est maintenant qu’il faut penser à remplacer nos matières premières non renouvelables, pas lorsqu’elles commenceront à manquer, au grand bénéfice d’une minorité de spéculateurs benêts.

 

Lorsqu’on commencera à manquer de cuivre, il sera alors trop tard pour aller l’exploiter sur la Lune. Lorsque le pétrole verra son prix multiplié par dix, toutes les recherches scientifiques ne seront jamais assez rapides pour mettre en place une transition que l’on sait inéluctable. Si cette transition n’est pas mise en place de manière réfléchie, des millions de personnes, surtout dans les pays riches, vont être obligés de revivre à l’age de pierre pendant des décennies. C’est la fameuse fable du lièvre et de la tortue.

 

Il est temps que l’Homme prenne conscience de son pouvoir sur l’Univers pour apprendre à réfléchir, penser et agir au-delà de son unique horizon familial. Nous avons la technologie pour rendre notre terre sereine, prospère, pour conquérir notre système solaire et assouvir tous nos besoins présents et futurs. Il nous manque seulement ce petit grain de sagesse pour insuffler cet élan dans nos esprits comme à l‘aube du siècle des lumières.

 

Ce petit grain de sagesse ne peut venir que d’une réflexion métaphysique en plaçant l’Homme, que nous sommes, dans une autre dimension dans l’échiquier de la Vie.

Ourartou-EPA