Qui suivre ?


Nous avons vu la nécessité d'une conscience planétaire et d'un même gouvernement pour tous les peuples de notre Terre (Article du 8 Mars). Mais la question que l'on est amené à se poser est :

Quel type d'homme seraient prêt à suivre les milliards d'individus de notre humanité ?

Serait ce un politicien ? Ils ont perverti eux-mêmes leur fonction en confondant la gestion des aspirations du peuple et d'un pays avec leurs intérêts et celle de leur sphère d'influence. Les multiples affaires de corruption ne sont sûrement que la partie émergée d'un iceberg où la morale n'a guère de place. Les foules ne croient plus, ni en leur discours, ni en leurs promesses. D'ailleurs un homme comme Hitler a dit que l'on ne pouvait être honnête et arriver au pouvoir. Il l'a lui-même prouvé en prenant le pouvoir démocratiquement.

Les industriels se sont créés, à travers les politiciens qu'ils manipulent ou influencent, une image matérialiste d'accumulation de bénéfices au détriment de toute valeur sociale ou morale. Le fait de construire des usines dans les pays pauvres ou l'employeur peut se comporter comme il l'entend, employer des enfants, ne font qu'ajouter à ces critiques donnant de ces hommes des images de "gagneurs" mais sûrement pas de leader.

Peu de personnes seraient prêtes à suivre un politicien leur parlant d'un gouvernement mondial, car elles n'auraient que trop l'expérience de leur propre gouvernement. Quant à un industriel qui haranguerait les foules en proclamant la nécessité d'un gouvernement unique pour toute la Terre, son comportement de gagneur d'argent sans morale sociale jouerait en sa défaveur. De plus, il y a de fortes chances que ce qui lui a réussi au niveau d'une nation lui ai donné envie de faire de même manière au niveau planétaire et ses paroles mielleuses seraient assurément prises comme un leurre.

Un autre type d'homme, sont les intellectuels. Ce sont des personnages qui propagent des idées pour leur compte ou celle de la globalité et à ce titre peuvent prétendre à une universalité. L'histoire récente nous a montré des idées d'égalité comme le communisme ou de non-violence, mais la réalité des hommes a balayé ces intellectuels et leurs idées. Car ce ne sont pas les idées qui font les hommes mais les hommes qui font les idées. Pour qu'une idée germe et donne des fruits, il est nécessaire que le contexte dans lequel elle évolue lui soit favorable. Des idées de non-violence auraient été caduques il y a quelques siècles. L'idée d'un continent regroupant différentes nationalités sous des mêmes lois ne pouvait évoluer que dans l'histoire récente. Nos huit mille ans d'histoire passée sont remplis de personnages illustres qui ont cherché à unir des peuples de gré ou de force. Presque toujours, leur oeuvre s'est tarie à leur mort ou au fil des siècles. Car c'est la mentalité de l'homme qu'il faut changer avant de lui donner une idée nouvelle. Bien que le terme d'idée nouvelle ne veuille rien dire car souvent ces idées ont été avancées par d'autres, mais qui n'ont pu leur faire prendre racine dans le contexte dans lequel ils vivaient.

A la base d'une idée, évolue une philosophie. La philosophie est l'art de penser avec son cerveau et on peut en conclure que, chaque être humain possédant un cerveau, chacun peut penser et philosopher. Mais la philosophie, comme la connaissance, est un enchevêtrement de pyramides dans lesquelles il est difficile d'évoluer simplement ou d'en comprendre l'ensemble. En fait, chacun amène sa propre pierre à l'édifice à un endroit où l'ont amenées ses propres idées.

Pourquoi toutes ces phrases ? Eh bien, pour vous montrer que dès que l'on parle de philosophie, donc d'idée, on peut rapidement se perdre dans des méandres de discussions plus ou moins stériles. Ou bien, prendre des chemins que personne ne suivra pour y poser sa contribution personnelle !

Les intellectuels comme les philosophes, qui ne sont que deux termes pour désigner la même démarche d'esprit, sont essentiellement des gens qui parcourent des labyrinthes à l'écart des aspirations et des pensées du peuple. Nous ne disons pas qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait des gens comme eux, nous disons qu'ils vivent dans leur monde à eux. Le fait qu'ils emploient souvent des mots peu communs montre qu'ils se sentent bien dans leur univers. Et, pour bien marquer leur différence, ils n'hésitent pas à se citer les uns les autres pour bien montrer qu'ils forment une caste où n'entre pas qui veut et qu'il est nécessaire de maîtriser un langage et un protocole pour pouvoir prétendre y pénétrer.

Comment des milliards de gens avec si peu d'éducation pourraient se reconnaître dans ces personnages qui marquent si clairement leur différence ?

Pour que la multitude de gens peuplant notre planète accepte de suivre une idée, il faut qu'elle soit véhiculée par des hommes dont les idées sont déjà reconnues universellement. Et ces hommes font partie de ces types d'hommes qui font également l'histoire mais dont on ne place pas la contribution au même niveau que celle des autres. Ce sont les savants d'hier, c'est à dire les scientifiques.

Ce sont des gens dont personne ne met en doute l'universalité des idées. Un chercheur en médecine ne cherche pas à guérir la maladie de Français ou d'Italiens, mais à guérir une maladie quel que soit l'individu qu'elle touche. Un chirurgien ne cherche pas à greffer des coeurs que sur des hommes à peau blanche, mais sur un homme. Un autre ne cherchera pas à guérir des hommes d'une religion donnée, mais tous les hommes. Evidemment, entre les résultats de leurs recherches, qui sont universelles, et les applications pratiques, il y a une ségrégation, non de leur fait, mais de celles des autres types d'hommes que l'on a évoqués plus haut, qui veulent se poser en leader et le rester.

Leurs idées sont tellement universelles qui si un scientifique déclarait qu'il ne cherche à guérir que les cancers d'une nation donnée, il ne serait pris au sérieux par personne. Ni par les citoyens de sa nation, ni par des gens ayant reçu une éducation primaire à l'autre bout de notre Terre.

Ce sont des individus qui n'ont jamais directement participé à la marche d'un pays et qui pourtant véhiculent des idées planétaires et dont les compétences valent largement celles de n'importe quel politicien, industriel ou autre intellectuel.

C'est ce type d'homme que les milliards de Terriens sont prêts à suivre. C'est à eux de se porter en avant et de répondre aux aspirations des peuples.

C'est à eux maintenant que sont dévolues les rênes du gouvernement de notre planète. 

 

Ourartou-EPA