Quel gouvernement pour notre planète ?


Nous avons vu dans les précédents articles que la Terre était en train de s’unifier économiquement mais au profit d’une minorité mondiale. Pour assurer un avenir décent au plus grand nombre, il était nécessaire de donner une conscience commune à tous les hommes et femmes de la Terre. C’est à dire leur faire prendre conscience qu’ils étaient des Terriens comme aujourd’hui ils sont Français ou Allemands et hier Bourguignons ou Prussiens. Nous avons également formalisé le type d’homme que seraient prêts à suivre cette multitude de races, de religions, de gens composant notre planète. Ce type d’homme, ce sont les scientifiques qui, par leur fonction, ils ont une écoute planétaire.

Nous allons maintenant évoquer quel type de société serait à même de remplacer celles qui existent actuellement et de créer un cadre favorable au développement et à l’expansion de notre civilisation.

Nos amis Grecs ont déjà étudié et expérimenté plusieurs types de gouvernement il y a plusieurs dizaines de siècles et nos sociétés actuelles en sont directement issues. Ils ont expérimenté les deux extrêmes que sont le gouvernement d’un seul : l’autocratie, et le gouvernement de tous : la démocratie. L’histoire passée nous a montré la force et la faiblesse de ces deux systèmes.

L’autocratie ou en extrapolant, le gouvernement d’un seul concept, les idées d’un seul individu hier, le gain d’argent aujourd’hui, possèdent de très bons atouts. En effet, si l’individu qui maîtrise le pouvoir est juste et loyal, s’il pense et agit pour le bien du plus grand nombre, nous avons alors un système très efficace et rapide de développement d’une civilisation. Que ce soit un Empereur de la Rome Impériale, de Chine, de l’Empire Inca ou une monarchie, l’histoire nous a laissé trace de leur oeuvre bienfaisante. L’inconvénient de l’autocratie est le dual de ces qualités que l’on vient d’évoquer. En effet, si l’individu suprême privilégie seulement une élite qu’il a lui-même désignée, s’il ne propage aucune idée sur l’avenir de sa civilisation, nous avons alors un système instable qui s’écroule généralement à la mort de l’autocrate ou dans les générations suivantes. En fait, dès que l’on entretient une injustice, entre autres créer ou entretenir une soi-disant élite, est une injustice envers les générations suivantes ou envers ceux que l’on n’a pas pris en compte pour des raisons raciales, religieuses ou autres. Cette injustice est le germe de la destruction de toute autocratie d’un individu ou d’un concept qui n’établit pas une égalité entre tous les êtres qu’elle se propose de gouverner.

La démocratie se propose de faire participer aux décisions du gouvernement tous les individus concernés. Son avantage indéniable est de mettre à égalité tous ses membres. Mais on y oublie souvent un facteur, le facteur humain. En effet, dans toute société, quel que soit sa taille, la motivation des gens à la participation de la marche de l’ensemble variera suivant leurs aspirations du moment ou la perception qu'ils ont de leur place dans cet ensemble. Certains se désintéresseront complètement et n’oeuvreront que pour assouvir les contraintes de leur vie personnelle. Des indécis, tel des girouettes, balanceront au gré de leur humeur et de leur situation. D’autre encore, par rejet des autres psychologies humaines voudront imposer à tout prix leur état d’esprit. Enfin, la dernière classe essaiera de naviguer entre ces différentes tendances en essayant de les froisser au minimum et d’arriver à des compromis, c’est ce que l’on appelle faire preuve de diplomatie.

Mais l’histoire ancienne comme récente nous montre qu’on ne peut conduire et développer une société par des compromis, surtout lorsqu’elle côtoie d’autres types de société ne pratiquant pas la même méthode de gouvernement. Or, on remarque que dans l’histoire des plus grandes démocraties, au sens de l’idée et non de la population, comme dans les autocraties, on ne retient les noms que d’un individu. Que ce soit Auguste dans l’Empire Romain, De Gaulle en France, Kennedy au USA. Dans les deux systèmes, les populations ont besoin d’un leader unique ou alors en très petit nombre. L’homme à toujours eu besoin d’un leader, que ce soit un être réel ou un être mystique. Cette particularité de vouloir à tout prix un leader et une constante humaine que l’on retrouve dans ses systèmes de gouvernement et ce facteur est en même temps leur talon d’Achille. Notre histoire est remplie d’individu, seul, qui polarisent autour d’eux d’autres individus, par la force dans les systèmes autocratiques, par leur charisme dans les systèmes démocratiques, et balaient en peu de temps le système de choses mis en place. Ce qui entraîne souvent un bouleversement dans le type de gouvernement de la nation concernée, en bien comme en mal. On peut en conclure que ce ne sont pas des systèmes aptes à diriger des hommes, avec leur mentalité actuelle, sur un long terme. Tournons nous vers la nature qui nous entoure et observons s’il existe une société qui puisse gérer un très grand nombre d’individus, nous sommes près de six milliards, dans un espace restreint, comme l’est notre planète, sans heurt entre ses membres.

Nous avons compris il y a quatre siècles que la Terre n’était pas le centre de l’Univers, osons comprendre maintenant que l’homme non plus n’est pas le centre spirituel de l’Univers.

Nous n’épiloguerons pas sur le monde des insectes qui existe depuis plusieurs centaines de milliers d’années, mais en prenant exemple sur leur type de société, nous dirons que le gouvernement que l’on doit mettre en place est une polycratie : c'est à dire le gouvernement de plusieurs.

Pourquoi de plusieurs ?

Parce que l’on a rarement vu plusieurs autocrates gouverner ensemble une même nation. On gouverne plus facilement lorsque l’on est un petit nombre qu'en prenant en compte tous les éléments d’un ensemble. De plus, indépendamment des idées personnelles des uns et des autres, on s’aperçoit qu’il y a des gens qui ont la capacité d'appréhender et d’oeuvrer pour le long terme et d’autres moins. Or, pour diriger six milliards de Terriens, il est nécessaire de penser et d’agir sur des décennies et non en fonction des desideratas locaux ou ponctuels. Mais il faut quand même les prendre en compte et les assouvir sous peine de se voir taxer d’élitisme et d’introduire de nouveau un germe destructeur. Or pour des contraintes locales, donc dépendantes d’un petit nombre, nous avons vu que la démocratie est un cadre adéquat. D’où, nous dirons qu’une polycratie est une démocratie directe au niveau local, et un gouvernement de plusieurs au niveau de la planète. Ce plusieurs qui est un gage de sécurité quand à la continuité du type de gouvernement au cas où un de ses membres disparaîtrait subitement car chacun serait interchangeable avec un autre. Si une ou plusieurs personnes charismatiques venaient au pouvoir, elles n'auraient pas la possibilité de l'écrouler. Elles pourraient seulement le faire chavirer lentement comme une barque trop chargée qui prendrait l'eau à chaque houle et peu à peu s'alourdirait pour sombrer. Car nous ne cherchons pas à mettre en place un gouvernement qui perdurerait indéfiniment, mais un gouvernement qui serait peu sensible aux contraintes humaines limitées dans le temps comme peuvent l'être le racisme envers une couleur d'homme particulière, ou la volonté d'élitisme d'une religion sur une autre.

Pour marquer cette symbolique et marquer la rupture avec les idéaux des hommes actuels, nous proposons de changer notre chronologie actuelle pour l'adapter à l'ère connue des hommes sur la Terre : nous parlerons de l'ère Terrienne. Les premières traces de civilisation remontent approximativement à huit mille ans et l'homme a peu évolué dans sa mentalité et sa psychologie durant ce laps de temps. On peut penser qu'il avait à affronter les mêmes problèmes humains que nous-mêmes aujourd'hui. Nous proposons donc une date arbitraire correspondant à leur époque et également par respect pour ces êtres qui ont vécu avant nous et qui sont aussi nos ancêtres.

Nous dirons maintenant que nous sommes en l'an 8994 de l'ère Terrienne. 

Ourartou-EPA