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8989 de l'ère Terrienne Discours de la machine Ne nous leurrons pas, notre société capitaliste actuelle ne pourra pas donner du travail aux millions de chômeurs des nations développées. Son but étant de maintenir un environnement de lois et de justices permettant de gagner de l’argent et non pas de développer une civilisation. Quant aux pays en voie de développement, ce n’est pas nous qui fournissons des chaussures à leurs centaines de millions d’habitants mais eux qui nous en vendent. Ce n’est pas nous qui leur fournissons des micro-ordinateurs mais eux. Demain, c’est encore eux qui nous fournirons des voitures, des trains et des avions. Non pas parce que leurs ouvriers auront les mêmes qualifications que les nôtres, mais parce que leurs salaires seront restés faibles. Si une très petite minorité se sera enrichie, la grande majorité sera passée d’un asservissement physique à un asservissement financier, avec tout autant de désespoir, de haine et de misère. Le fascisme est la mainmise d’un seul concept. Nous avons eu, par le passé, à affronter le fascisme de la force physique, maintenant nous avons à en combattre une forme plus évoluée qui est celle d’une idée : l’accumulation d’argent. Notion qui est différente du gain d’argent. Le gain est une notion inhérente à l’homme et propagatrice de progrès alors que l’accumulation conduit à soustraire de la richesse pour se l’approprier au détriment des autres et les conduire ainsi à la pauvreté. C’est une volonté manifeste de détruire des individus et doit être combattue au même titre que le fascisme et avec les mêmes armes. Nous vivons une société en mutation qui échappe à l’entendement de la très grosse majorité des hommes et des femmes de notre planète. La société vers laquelle nous évoluons sera et doit être différente de celles que nous avons connus durant les neuf derniers milliers d’années de présence de notre civilisation sur Terre. Durant ces neuf mille ans, l’homme a asservi l’homme par l’esclavage physique. Aujourd’hui, c’est un esclavage financier qui est mis en place mais il n’y a aucune différence entre une personne à qui on donne un revenu minimum aujourd’hui et un serf à qui on donnait le gîte et le couvert pour qu’il puisse travailler sous les coups. Nous osons dire que l’esclave d’il y a trois mille ans était mieux considéré par la société d’alors car il représentait une source de profit, alors que les hommes d’aujourd’hui sont ramenés au niveau d’un bétail de peu de valeur. Les multiples génocides et massacres ne font que montrer à quel point la société se désintéresse du sort de millions d’êtres humains. Société qui s’attendrit beaucoup plus du sort de ses animaux domestiques que de ses hommes. Mettons en place une société où l’homme n’exploitera plus l’homme. Exploitons une autre forme de source de profit qui ne s’est pas encore rebellée et dont personne ne se préoccupe. Exploitons les machines, asservissons-les, faisons les travailler nuit et jour, vingt quatre heures sur vingt quatre, trois cent soixante cinq jours par an, même les dimanches et jours de fêtes. Exploitons les machines et libérons les hommes.
Ourartou-EPA |