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Du chômage et des emplois L'obsession des chefs d'entreprises dans le monde économique actuel est la rentabilité. Sous-jacent à cette notion, est associé celle de bénéfice et son corollaire qui est le coût du travail. Une part importante du chômage actuel est provoquée par le déséquilibre de ce coût du travail entre les différents pays de notre planète. Dans la logique capitaliste occidentale, l'évolution technologique qui était synonyme de progrès, a été remplacée par la notion d'amoindrir le coût de la main d'oeuvre en gardant les technologies actuelles. Cette notion ne peut entraîner, à long terme, qu'une dégradation de notre potentiel technologique et une stagnation, voire une régression, de nos sociétés. Si l'on arrête cette évolution technologique, c'est dans son sillage, l'évolution de la médecine, des télécommunications, des moyens de transport,... qui sera ralentie, voire stoppée. Des maladies ne seront même plus étudiées car il ne sera pas rentable sur un plan financier de les traiter. Or, il y a souvent des interactions entre les différents domaines de recherche qu'il est difficile de prévoir avant d'avoir étudié et travaillé sur le sujet. Que ce soit des mathématiques qui servent en biologie, des avancées dans l'électronique qui sont utilisés pour des dépistages de maladies, de la volonté de mieux soigner les cancers qui fait se développer de nouveaux appareils de mesures,... Tout ceci est un ensemble qui ne fonctionne correctement que si l'on applique un souci de compréhension et non de rentabilité financière. D'ailleurs cette rentabilité financière n'est pas objective puisque telle étude sera rentable dans un pays donné et non rentable dans un autre pays car les salaires sont trop élevés ou bien les normes de travail trop draconiennes. Ce qui peut entraîner des aberrations où l'on fera des recherches médicales dans un pays donné car les chercheurs y sont peu payés alors que leur niveau technologique ne leur permet pas de faire correctement leurs recherches. Inversement, ces recherches seront stoppées dans un pays trop riche, car trop chère alors qu'il y existe un environnement technologique et universitaire adéquate pour aboutir à un résultat. Faire des recherches contre le cancer en Afrique par des chercheurs exclusivement payés à des salaires africains semble peu réaliste face au manque de moyens technologique de ces pays. Pourtant c'est cette tendance que voudraient suivre les multinationales qui dominent nos marchés. Si nous voulons remédier au chômage chronique de nos pays, il nous faut remédier aux sources de ce problème, c'est-à-dire l'inégalité des coûts du travail sur notre planète puisque la rentabilité d'un système est calculée suivant ce coût. Par une vision à court terme, le système capitaliste occidental est en train de niveler notre niveau de vie sur celui des pays pauvres pour rentabiliser, dans les mêmes conditions technologiques, des industries qui le seraient moins, ou plus du tout, dans nos pays. Continuer à fabriquer à la main par des millions de chinois, ce qui n'est plus rentable en Occident. Ce qui signifie pour nos populations, de régresser vers le niveau de vie de ces pays, c'est à dire à retourner dans la pauvreté. Accepter de vivre dans un monde où un îlot de richesse domine un océan de misère. Il s'ensuit ces heurts, manifestations, racismes, haines, terrorismes qui ne résolvent rien. Au contraire, les réactions à court terme prennent le pas sur les stratégies qu'il faudrait mettre en place pour le long terme pour éviter de retourner vers un niveau de vie plus pauvre. Plus pauvre pas seulement sur le plan financier, mais aussi qualitativement au niveau santé, protection sociale, retraites, éducation,... Quelles sont ces stratégies ? La première et la plus importante est l'établissement d'une parité des monnaies équitable entre les différents pays désirant commercer ensemble. C'est à dire que l'heure de travail aura la même valeur salariale n'importe où sur la planète. Une heure de travail d'un ouvrier aura donc le même coût que l'on soit en France ou dans le Caucase. Ce qui entraînerait la fin des délocalisations qui ne servent essentiellement qu'à exploiter les pays à bas salaires. Or, ces délocalisations sont l'un des facteurs importants de chômage. Le coût du travail étant identique, les produits des pays pauvres ne seraient plus compétitifs pour cause de bas salaires. Ces bas salaires qui sont un autre facteur important de chômage pour l'Occident. Par contre, c'est de nouveau l'évolution technologique et son corollaire, l'évolution du niveau de vie, qui ferait la différence. Or, l'évolution du niveau de vie est un facteur important de création d'emplois dans beaucoup de domaines comme les loisirs, la culture, le tourisme,... De plus, cette parité des monnaies créerait mécaniquement des millions de consommateurs dans ces pays moins développés puisque leur monnaie ne serait plus une monnaie sans valeur. Les besoins de ces consommateurs sont un autre facteur important de création d'emplois. Le deuxième élément stratégique à mettre en place est un montant maximal d'importation de produits ou services de ces pays. En effet, il ne faut pas qu'un gouvernement d'un de ces pays moins développés, sous prétexte d'une parité égale avec les monnaies occidentales, puisse émettre des billets et les convertir en monnaie occidentale comme il l'entend. Il faut donc contrôler et limiter cette masse monétaire pour éviter une inflation qui nuirait à tous. Cette limitation monétaire des importations couplée avec une parité équitable pousserait les industries exportatrices de ces pays à vendre des produits avec de la valeur ajoutée. Donc, à reproduire le schéma existant en Europe de l'Ouest avec le niveau de vie et de richesse équivalent. Cette tendance augmenterait également le nombre de nos partenaires économiques et le marché global pour toutes les entreprises des pays concernés. Autre facteur de création d'emplois. Le dernier élément et non des moindres à mettre en place est un vaste programme d'investissement continental. Six milliards d'individus vivent sur notre planète et aspirent à avoir notre niveau de vie. Il faut leur donner des moyens financiers et transformer ces contrées en autant d'Allemagne de l'Est pour les intégrer dans notre sphère géo-économique. L'assimilation de ces pays à nos standards économiques fournira des emplois par dizaine de millions à nos industries car il faudra y construire des routes, des ponts, des écoles, des universités,... quelque soit leur système politique. Associé à ce développement, il faut ajouter des biens de consommation comme les voitures, l'électroménager, les émissions télévisuelles,... N'oublions pas que c'est la civilisation Arabe qui a fait redécouvrir les mathématiques, la philosophie, l'astronomie, des Grecs, ... aux barbares analphabètes d'Europe. Aujourd'hui encore, c'est le système des chiffres Arabe qui est utilisé. Le papier, les feux d'artifices sont nés en Chine, l'Inde a été le berceau de grands mathématiciens, l'Amérique du Sud a connu l'Empire Inca qui construisaient des routes et des infrastructures équivalent à ceux de Rome. L'intelligence ne s'achète pas avec un costume et un haut salaire. Les peuples des autres nations sont tout aussi capable que nous de faire évoluer la médecine, les mathématiques, la technologie,... En raison de la mise à niveau économique de leur pays, ces populations pourront facilement rembourser leurs dettes comme l'Europe de l'Ouest l'a faite envers les Etats-Unis d'Amérique après la seconde guerre mondiale. Ce n'est plus un marché de quelques centaines de millions d'Européens et d'Américains dont disposeront nos entreprises, mais de 6000 millions de consommateurs. Les stratégies à mettre en place sont connues. Il manque seulement, pour les appliquer, des hommes politiques d'une envergure planétaire et non plus nationale comme aujourd'hui. Le problème est certes difficile mais n'est pas insurmontable. Il est surtout humain et peut se résoudre rapidement si nous en avons la volonté. Ces hommes d'envergure planétaire n'existeront qu'à condition de leur donner les moyens de réussir. Confiance, soutiens humains et financiers. Les questions essentielles sont là :
Seul le lecteur peut donner la réponse. Ourartou-EPA |