Reconstruire L'Arménie

Comment reconstruire un nouvel état sur les ruines de l'Arménie soviétique ?

Nous partirons du postulat suivant : c'est l'économie qui créé la puissance militaire, la richesse financière et la stabilité d'un état.

Pour répondre à cette question, il nous faut comprendre comment fonctionne un état moderne à partir de son organigramme économique.

Pour mettre en place cette économie, il est nécessaire de disposer d'une première brique de base qui est : le financement : 

  • Ce financement était basé, dans les anciennes économies, dans la création de minéraux-monnaie comme l'or ou l'argent qu'il fallait extraire ou prendre à d'autres nations. Le niveau de stock de ces minéraux déterminait la puissance financière du possédant.
  • Dans les nouvelles économies, c'est l'équilibre dans la création de monnaie-virtuelle, par un émetteur (ex: une banque Centrale), en fonction d'une relation Offre-Demande, qui permet de générer une puissance financière. Le niveau de propension à générer cette monnaie papier, sans générer une inflation dévaluatoire, détermine la puissance financière de l'émetteur.

 

Emetteur de monnaie

------
Inflation
------
Acteurs
------
passifs
------

Consommateur

=>

Epargne de monnaie

------
actifs
------

Industries, services, ...

=>

Création de valeur monétaire

 

La deuxième brique de base, c'est celle qui est nécessaire aux acteurs passifs, c'est-à-dire du pouvoir d'achat au service des consommateurs.

La troisième brique de base, ce sont les matières premières nécessaires aux acteurs actifs : énergie primaire, secondaire, minéraux, … mais également des consommateurs avec du pouvoir d'achat.

Ces trois briques sont nécessaires et l'équilibre entre ces trois briques est primordial pour assurer la stabilité d'un pays. Par contre, son développement financier et économique dépendra de la maîtrise de l'émission de monnaie sans entraîner une inflation préjudiciable.

 

Il est bien évident que, plus ces briques sont importantes, plus le pays les maîtrisant sera puissant. Concernant l'Arménie, il y a plusieurs facteurs déstabilisants :

1. Aucune brique de base d'envergure n'y existe (banque, organisme de crédit, pouvoir d'achat, industrie)

2. Le système économique est très petit puisqu'il ne concerne que trois millions d'habitants.

3. Le pays est enclavé et les voies de communication sont difficiles voire d'accès aléatoire (à travers la Géorgie pour l'accès à la mer Noire, et l'Iran pour l'océan Indien).

4. L'environnement politique gouvernemental n'est pas moteur pour développer le pays (corruption, incompétence, médiocrité).

5. Les acteurs passifs n'ont pas la notion d'état arménien car issue de l'union soviétique beaucoup plus large (pas de nationalisme au delà des mots).

6. Les acteurs actifs sont guères concurrentiels (industrie obsolètes ou non compétitifs, notion de services très floue).

7. Une grande partie de l'environnement géopolitique est hostile au pays (Turquie, Azerbaïdjan soutenus par les Etats-Unis).

 

Nous allons analyser chacun de ces points en y apportant une solution que nous, Ourartou-EPA , nous jugeons nécessaire pour l'avenir de la nation.

1. La première brique de base à mettre en place est le financement. Au-delà de ce mot, c'est une monnaie reconnue et acceptée par les partenaires économiques qui devra être mis en place.

Cette monnaie économique doit être adossée à une monnaie étalon, comme l'euro, par un système de change fixe et modifiable en fonction de l'environnement économique et non pas en fonction de l'environnement spéculatif ou politique.

Il n'est pas nécessaire que cette monnaie soit la monnaie nationale (ex : l'or est une monnaie transnationale). On peut prendre exemple sur les SEL (les Systèmes d'Echanges Locaux sont des réseaux d'échanges dans lesquels les membres utilisent une unité d'échange locale pour payer les biens et services offerts par d'autres membres)pour créer une monnaie virtuelle internationale.

Avec cette monnaie, il est nécessaire de créer un organisme émetteur qui puisse le distribuer aux acteurs actifs et passifs.

SI on prend le Dram, la monnaie nationale, seule la banque centrale d'Arménie peut en émettre, sous le contrôle du FMI. Cette monnaie n'est pas convertible sur le plan international, voire régional.

La solution que nous préconisons est la mise en place d'un SEL.

 

2. L'Arménie ne dispose que d'un marché intérieur de trois millions d'habitants. Ce qui est, au regard de l'économie mondialisé actuel, insuffisant pour assurer un développement et une stabilité pérenne du pays.

Il est donc nécessaire dès aujourd'hui d'associer trois pays à l'avenir du pays, qui sont l'Iran, la Géorgie et la Russie.

L'Iran qui possède potentiellement un marché de soixante six millions de consommateurs avec un certain pouvoir d'achat grâce à la production pétrolière et gazière. C'est aussi un débouché important sur l'océan indien (port de Bassorah) qui permet d'avoir accès à une grande partie de la planète.

La Géorgie, non pas à cause de son marché intérieur mais surtout pour ses débouchés sur la mer Noire (trois ports : Batoumi, Poti et Soukhoumi), route stratégique pour l'Arménie mais également pour toute la région pour les échanges avec l'occident.

La Russie enfin, pour son marché intérieur de cent cinquante millions d'habitants mais surtout parce-que la pérennité de l'avenir de l'Arménie et lié à l'appui politique et militaire de la Russie. L'équilibre et le devenir de cette nation est donc très important pour l'Arménie.

Avec ces trois pays, le marché potentiel de l'économie arménienne approche des deux cinquante millions de consommateurs.

 

3. L'enclavement du pays est un problème important, surtout pour la fourniture de matières premières énergétiques comme le pétrole et le gaz. Il est essentiel également d'avoir des routes commerciales pour les importations et exportation de produits manufacturés. Il faut donc avoir une route vers la mer Noire en choisissant un port d'ouverture (ex : Poti) et en stabilisant tous les points stratégiques de cette route jusqu'à ce port. La même opération doit être faite à travers l'Iran. Il n'est donc pas nécessaire que l'ensemble de ces pays soient sécurisé mais uniquement la route qui nous intéresse et en s'appuyant sur la micro-région traversée qui se comportera comme une "marche" pour les intérêts arméniens.

 

4. L'environnement politique n'est guère moteur, ni très compétant. C'est un handicap très important qui hypothèque une grande partie des prospectives d'avenir. L'Argentine étant encore un exemple récent d'un pays pseudo-démocratique corrompu. Mais, l'Arménie étant aussi un pays pseudo-démocratique, Pseudo car les forces démocratiques n'y sont pas encore pleinement présentes et puissamment représentées. L'avantage, c'est qu'au lieu de dépenser des millions d'euros en propagande médiatique comme dans nos propres pseudo-démocraties, on peut directement acheter les électeurs avec cet argent. Le problème n'est d'ailleurs pas d'acheter les électeurs mais de pouvoir disposer de cadres compétents pour gérer le pays.

Il est temps de faire sauter ce bouchon d'hypocrisie qui caractérise nos pseudo-démocraties occidentales ou en fait, c'est l'argent qui permet de se faire élire et non un système démocratique. En proposant directement aux électeurs d'acheter sa charge politique, on évite le lobbying médiatique actuellement nécessaire en occident. Il va sans dire que ceci rappelle la Rome antique où l'on achetait sa charge d'empereur et qui à entraîner la chute de l'Empire. Mais aujourd'hui c'est le rôle inverse, cette pratique va entraîner la fin du rôle de la pseudo-démocratie pour mettre en place un nouveau système politique.

 

5. La population n'est pas nationaliste au sens noble du terme. La simple proposition d'un billet d'avion et d'un visa leur fait changer de nationalité. Pour que le peuple aime son pays, il faut que les représentants du pays montrent l'exemple par des valeurs morales comme la Loyauté envers le peuple, l'Equité entre tous les citoyens et la Fraternité du fort envers le faible, du riche envers le pauvre, de l'individu envers l'individu. Cette devise que l'on peut porter serait: Loyauté, Equité, Fraternité.

Au-delà de cette devise il est primordial de montrer l'avenir qui est proposé, les moyens humains, financiers, matériels mis en place et des résultats. Il faut que le peuple sentent qu'il est acteur et qu'il influe sur les évènements de son destin. Il faut qu'il fasse corps avec la notion de nation et qu'il soit fier de dire qu'il est arménien. L'utilisation de cet outil de pilotage des nations modernes qu'est la propagande médiatique est donc très important.

 

6. Les industries sont obsolètes et la notion de service très floue. Cet aspect de l'économie est mineur dans la mesure où des machines plus productives peuvent être acheté sur le marché international. Quant à la formation du personnel, il ne faut pas oublier que l'Arménie avait le deuxième potentiel intellectuel de l'Union Soviétique après la Russie. En quelques années d'investissement, le retard peut être comblé. Dans la mesure également où dans l'industrie actuelle, c'est plus l'aspect marketing-packaging-publicité qui fait vendre un produit au-delà de son innovation fonctionnelle dû à des machines ou des ingénieurs.

 

7. L'environnement géopolitique est hostile au pays. C'est le dernier écueil sur la route du développement économique et non des moindre. Dans la mesure où la Turquie n'accepte pas son passé et ne donne aucun signe de bonne volonté, il y a peu de chance que ce pays accepte une Arménie prospère. Qui plus est pour une Turquie miséreuse et sans avenir d'évolution, la tentation serait grande de prendre les richesses arméniennes comme elle l'a fait en 1915. Au vu de la guerre préventive qu'ont fait les Etats-Unis envers l'Irak, il n'est à craindre que leur allié turque ne suive leur pas pour des raisons toutes aussi fallacieuses. Afin de préserver la paix, il est donc nécessaire de préparer une guerre contre notre voisin de l'ouest. On peut rajouter que cette confrontation est d'autant plus nécessaire pour rendre justice suite au génocide de 1915 et pour retrouver les territoires de l'Ourartou historique.

L'Artsakh, quant à lui, est partie intégrante de l'Arménie et une confrontation avec l'Azerbaïdjan serait en défaveur de ce pays qui risquerait de perdre plus que ce territoire.

 

La tâche est donc difficile mais pas insurmontable. C'est d'ailleurs le lots, à des degrés divers, des milliards d'humains de notre planète.

Ces sept points sont à mener de front mais peuvent être traiter de manière indépendante tant qu'il n'y a pas trop de distorsion entre eux. Il est clair qu'une monnaie forte ne servirait à rien s'il ne sert pas à mettre en place les six autres points évoqués. Maintenant que nous avons dressé le canevas, on peut entrer dans le détail de chaque point pour évoquer des actions concrètes et mesurables.

Ourartou-EPA