La Mauritanie émerge de
dix mois de crise. Bien des compatriotes l'ont dit, merci au Président WADE,
merci surtout à son brillant ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane
GADIO qui a donné la mesure de ses talents de négociateur hors-pair.
Mention spéciale au Président déchu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui, avec un
sens élevé du sacrifice, a consenti au départ des ses fonctions présidentielles
pour que naisse une autre Mauritanie.
Maintenant place à la compétition entre les dix candidats retenus par le
Conseil Constitutionnel. Pas vraiment des vierges en politique, mais des
routards de la politiques sûremen, figurent dans le lot. Et le plus
désolant de tous à mon sens est la candidature de Ely Ould Mohamed Vall, ci-devant
compère de vingt et un an du plus sinistre de nos dirigeants, le colonel de
triste mémoire, Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya. Il faut reconnaître au colonel Ely
une constante, sa fidélité à Maaouya et à ce que, ensemble, ils ont conçu
et mis en oeuvre, les années de braise 1986/1991 et leurs lots de morts, de
sang et de malheurs abattus sur la communauté négro mauritanienne. Dernièrement
encore dans le journal "Mauritanie1", il en était presque à regretter
la chute et le départ de son dictateur d'ami. Plusieurs fois, il avait eu
à affirmer que le "retour de Taya est chose absolument normale et il
serait (presque) juste que le fuyard du 3 août 2005 retrouve le statut réservé
aux anciens chefs de l'Etat".
Il a en outre eu à minorer, avec le mépris propre aux négationnistes, le sort
des Réfugiés, taxés "d'aventuriers ..." n'hésitant pas à
justifier le Passif par la fable répandue par certains milieux proches du
tyran, de la "Mauritanie menacée". Ses déclarations tenues à Dakar
sont encore dans tous les esprits. Certains relèverons aussi - à juste raison -
l' assourdissant silence durant les dix mois de crise qui a dénoté du courage
sans témérité de Ould Mohamed Vall.
Ely est un candidat auquel il faudrait faire barrage . Les seules raisons
énumérées plus haut le justifieraient amplement. Il en est d'autres, non moins
graves. Mais il sera toujours temps d'en reparler.
Aux compatriotes de l’extérieur comme de l’intérieur de saisir l’occasion de
délais restants pour s’inscrire massivement sur les listes électorales afin de
faire entendre leurs voix
Abdoul Aziz SOUMARE |