International

Communiqué national (22 août) / Libye

KADHAFI TOMBÉ, 

AUX POPULATIONS DE DÉCIDER !


Les 15 et 16 février dernier, après la chute de Ben Ali et de Moubarak, c'était au tour de la Libye de voir se développer un mouvement populaire contre une dictature vieille de 42 ans.

C'est l'arrestation d’un militant des droits de l'homme, à Benghazi, qui déclencha des émeutes pour exiger sa libération, avec comme réponse de Kadhafi une violente répression.

Ce fut l'effet inverse qui se produisit : la résistance, la libération de Benghazi du joug des représentants de Kadhafi et l'extension de la révolte aux villes et régions avoisinantes.

Les processus révolutionnaires en cours en Tunisie et en Egypte étaient passés par là et avaient donné le courage de résister à la répression.

Durant ces 6 derniers mois, la révolte s'est développée et en même temps, sous couvert d'une résolution de l'ONU, un mois plus tard, les pays membres de l'OTAN ont voulu s'accaparer le processus en cours par une intervention militaire aérienne. Le NPA a condamné cette intervention. Leurs objectifs étaient clairs : faire oublier leur soutien jusqu'au bout, passé et présent, aux dictatures en place, mettre la main sur un pays riche en ressources pétrolières et gazières.

La chute du dictateur Kadhafi est une bonne nouvelle pour les peuples. Le NPA est entièrement solidaire du processus révolutionnaire qui continue dans la région arabe. Pour achever ce processus les peuples auront besoin de vaincre les deux visages de la contre révolution : celui des dictatures, à commencer par celle de Bachar al Assad en Syrie, et celui de la confiscation de leur destin par les puissances impérialistes.

C'est une nouvelle vie qui s'ouvre pour le peuple libyen. La liberté, les droits démocratiques, l'utilisation des richesses dues aux ressources naturelles pour la satisfaction des besoins fondamentaux du peuple sont maintenant à l'ordre du jour.

Communiqué national (5 août) : AVEC LE PEUPLE SYRIEN !

LE NPA EST AVEC LE PEUPLE SYRIEN !

Depuis plusieurs mois dans la dynamique des révolutions de la région arabe, le peuple syrien s’insurge contre le régime de Bachar El Assad. La réponse de celui-ci, c’est un discours abstrait d’ouverture, mais une action systématisée de massacres des populations civiles ; une politique de mitraillages, de tortures, de disparitions par milliers, d’interdiction de tout accès à une information indépendante. La population, qui descendait dans la rue d’abord les vendredis et dans certaines villes, descend maintenant partout et tous les jours avec un courage inouï face aux chars crier son exigence d’un départ du régime.

Dans cette situation dramatique, le peuple syrien appelle à la solidarité des peuples du monde. S’il n’a rien de bon à attendre du jeu cynique des dirigeants des grandes puissances, et en particulier des puissances occidentales qui cherchent avant tout à préserver leurs intérêts et ceux de l’état colonial d’Israël, c’est au mouvement ouvrier et populaire de construire la solidarité internationale ! Sous prétexte qu’Assad s’est moins aligné sur les USA et Israel que d’autres régimes arabes –même s’il n’a jamais vraiment renforcé la lutte contre les occupations et la domination néo-coloniale-, ou craignant une montée de l’intégrisme religieux certains à gauche ne soutiennent pas l’insurrection syrienne. C’est un contre-sens ! La place des anti-impérialistes et anticapitalistes, c’est d’agir aux côtés des révolutionnaires arabes, mobilisés dans tous les pays concernés pour la démocratie politique et sociale, contre la corruption et l’absolutisme des régimes en place au-delà de leurs différences ; pour l’emploi et contre les politiques de destruction des services publics ; pour l’accès aux biens de base, contre la destruction des écosystèmes ; pour la dignité nationale face aux dominations impérialistes. C’est ainsi qu’ensemble, les peuples du nord et du sud trouveront le chemin d’un monde débarrassé de l’exploitation et de toutes les oppressions !

Kadhafi dégage ! Troupes françaises hors d’Afrique !

L’Otan qui dirige les opérations militaires en Libye depuis le 31 mars sous le nom de «Protecteur unifié», a tué treize insurgés dès le vendredi suivant... Et Sarkozy, qui recevait Kadhafi en grande pompe il n’ y a pas longtemps, prétend encore aider le peuple libyen. Notre solidarité va à la population et aux travailleurs de Libye contre le dictateur qui voudrait noyer la révolte dans un bain de sang. Mais pour les grandes puissances et l’OTAN, l’objectif de cette guerre est de reprendre la main dans la région, riche en pétrole, et de défendre leurs intérêts impérialistes.

La révolution tunisienne montre la voie

LA RÉVOLUTION TUNISIENNE MONTRE LA VOIE

jeudi 20 janvier 2011

Le peuple tunisien vient de démontrer avec éclat qu’aucune dictature, même soutenue par les plus grandes puissances politiques et financières, n’est éternelle. Ben Ali, le dictateur honni, a fui honteusement, comme naguère Ceausescu avait fui son palais. Les colosses aux pieds d’argile ne peuvent rien lorsque les peuples se lèvent et décident collectivement de leur sort.
Il est aujourd’hui trop tôt pour évaluer les rebondissements institutionnels de la nouvelle situation en Tunisie, l’histoire de cette révolution ne fait que commencer. Mais comment ne pas voir à quel point l’exemple tunisien télescope d’autres réalités vécues, tout aussi dramatiques, que ce soit l’absence de libertés démocratiques élémentaires ou l’accaparement des richesses par une minorité de privilégiés ! Comment ne pas entendre en écho les jeunes manifestants algériens quand ils réclament au même moment des emplois et un logement et que certains d’entre eux vont jusqu’à s’immoler par le feu, suivant l’exemple de Mohamed Bouazizi. Le gouvernement algérien croit-il pouvoir encore longtemps museler une jeunesse, elle aussi avide de liberté ? Croit-il qu’en choisissant la voie de la répression comme il le fait en arrêtant Ahmed Badaoui, principal animateur de l’association pour les libertés syndicales, il pourra échapper à la lame de fond de l’urgence démocratique qui s’exprime au Maghreb ?
Au-delà de la Tunisie et de l’Algérie, la plupart des États réactionnaires du Maghreb et du Moyen-Orient sont secoués par des mouvements populaires massifs de riposte aux effets de la crise. Le « modèle tunisien » monté en épingle par les charlatans du FMI et de la Banque mondiale voulait cacher l’absence de liberté et la réalité sociale dramatique que vivait la plus grande partie de la population. Ils entendaient imposer les mêmes crédos du libéralisme aux États membres de la Ligue arabe et à leurs habitants. Le mouvement populaire tunisien a su abattre la dictature de Ben Ali, il en reste une, toujours en place à laquelle nous devons nous attaquer : la dictature du FMI !

Alain Pojolat


Communiqué NPA national (4 mai) après la mort de Ben Laden

BEN LADEN MORT, 

LES GUERRES IMPÉRIALISTES RESTENT.

Les révélations successives qui sortent aujourd'hui sur l'opération menée par un commando américain au Pakistan montre bien qu'il ne s'agissait pas de rendre justice comme l'a prétendu Obama, mais de liquider Ben Laden et de faire disparaître son corps.

Le gouvernement américain a supprimé celui qui fut son allié contre l'intervention militaire soviétique en Afghanistan.

Il ne s'agit pas de verser une larme sur Ben Laden. Les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center ne servaient en rien les intérêts des peuples opprimés. Ils ont fait au contraire des milliers de victimes innocentes et ils ont donné un prétexteaux Etats-Unis, aux pays impérialistes pour mener une politique d'intervention militaire.

Ben Laden mort, les guerres impérialistes restent pour le contrôle des ressources énergétiques et naturelles, ainsi que des positions stratégiques.

Il faut mettre fin à la guerre en Afghanistan et les armées de l'OTAN doivent partir, comme les soldats américains d'Irak. La France doit retirer ses forces armées d'Afghanistan.

L'espoir aujourd'hui, pour les peuples qui souffrent de la crise économique du système capitaliste et des dictatures, se nomme révolution arabe. De la Tunisie au Yémen, en passant par la Syrie, avec beaucoup de courage, le peuple s'est levé pour exiger la liberté, la démocratie, le droit au travail et au partage des richesses. En Tunisie et en Egypte, par exemple, les grèves se multiplient, des syndicats indépendants du pouvoir en place se forment.

Et tout cela n'a rien à voir avec Al Quaida.

Le 4 mai 2011

Article paru dans TEAN, l'hebdomadaire du NPA (31 mars 2011)

SYRIE ET YÉMEN : À LEUR TOUR !


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La carotte et le bâton : c’est en maniant les deux, que le régime du parti Baath en Syrie tente d’endiguer la vague de protestation qui se répand de plus en plus dans le pays depuis le 15 mars. Le Baath, dirigé par Bachar al Assad, est au pouvoir en Syrie depuis 1963. Il est fondé sur un mélange entre nationalisme arabe et « socialisme » étatique stalinisant, même si l’économie a été « libéralisée » (avec des privatisations partielles) après la chute de l’URSS. Son règne est en partie basée sur une minorité religieuse, les alaouites, au détriment d’autres parties de la population liées à des confessions différentes ou à aucune confession. La minorité kurde vivant dans le nord et l’est du pays subit une oppression particulière.
Les premiers heurts sérieux ont éclaté, la semaine dernière, dans la ville de Deraa, à la frontière jordanienne. C’est en partie la situation périphérique de la région au sein du pays, combinée à la sècheresse extrême qui a fait souffrir les habitants du plateau Hauran (où se trouve Deraa) et assombri les perspectives des cultivateurs, qui a exacerbé les frustrations sociales dans cette partie méridionale de la Syrie. Puis, il y a eu l’étincelle qui mit le feu aux poudres : l’arrestation de quinze enfants, qui s’étaient amusés à écrire sur les murs de la ville le désormais célèbre slogan « Ach-Cha’ab yourid al-isqat al-nizham » (« La peuple veut la chute du régime »), mot d’ordre central de la révolution égyptienne. Relâchés au bout de quelques jours, les enfants portaient sur le corps des traces évidentes de tortures subies. Le fait que désormais, on touche « même aux enfants », a conduit à l’explosion à Deraa dès le 18 mars.
Par ailleurs, les problèmes sont ici les mêmes qu’ailleurs dans le pays : corruption, népotisme, arbitraire des autorités, inégalités sociales. La semaine dernière, la police a ouvert le feu à plusieurs reprises sur la foule des contestataires. Au cours de la seule journée du 23 mars, plus de 100 personnes ont été tuées selon l’opposition et les défenseurs des droits humains. Le lendemain, alors que 20 000 personnes participaient aux funérailles des « martyrs », de nouvelles violences policières ont coûté la vie à six autres personnes. En même temps, le mouvement a atteint Lattaquié, au bord de la Méditerranée dans le nord-ouest du pays, qui est devenu un nouveau centre de la contestation, et d’autres villes.
Le régime a néanmoins été obligé de lâcher du lest. Le 29 mars, le gouvernement du Premier ministre Mohamed Naji Otri a remis sa démission au président Bachar al Assad. Parallèlement, le régime a annoncé l’abrogation de la loi sur l’état d’urgence, en vigueur dans le pays depuis… 1963. Mais il est aussi en train de dépêcher l’armée dans les centres de contestation, dont Lattaquié. 
Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh (au pouvoir depuis 1979, dont le régime est basé sur le tribalisme et une alliance « antiterroriste » avec les USA) semble déjà nettement plus proche de la porte. Saleh a d’ores et déjà déclaré qu’il était prêt à démissionner, mais qu’il craignait « le chaos » après lui et qu’il souhaitait ainsi clarifier les termes d’une transition. Une bonne partie de l’armée ayant tourné le dos à son pouvoir, il a négocié, le week-end dernier, avec le général Ahmar ; mais jusqu’à nouvel ordre, ces négociations sont sans succès et ont été interrompues. Néanmoins, la pression de la rue demandant au président de « dégager » demeure, ici, extrêmement forte.

Bertold Du Ryon

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 96 (31/03/11)