Communiqué national (24 août), suite à l'abandon des poursuites contre DSKUNE ATTEINTE AU COMBAT CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES SUBIES PAR LES FEMMES.
La décision du juge d'entériner la proposition du procureur Cyrus Vance d'abandonner tous les chefs d'inculpation contre D. Strauss-Kahn est un coup très dur contre le droit des femmes victimes de violences sexuelles, de viols. Il n'y aura donc pas de procès au pénal, pas de débat contradictoire et nul ne saura ce qui s'est passé dans la chambre du Sofitel. Depuis plusieurs semaines, il y a un procès en suspiscion mené, de différents côtés, contre Nafissatou Diallo en s'appuyant sur son passé. C'est cette entreprise de décrédibilisation sur laquelle s'appuie la décision du juge. Le NPA dénonce cet état d'esprit qui consiste à insinuer qu'il y aurait des victimes respectables et d'autres non. Une agression sexuelle, un viol restent un crime, quelque soit le passé de celle ou celui qui subit ces agissements. La satisfaction affichée par les amis de D. Strauss-Kahn est à la fois affligeante et écoeurante. Pas un mot pour la victime présumée, l'ordre est rétabli, place à la campagne ! Le NPA continuera à mener inlassablement le combat aux côtés de celles et ceux qui mènent bataille contre les violences sexuelles, pour la reconnaissance du viol comme un crime.
Le 24 août 2011Article dans TEAN, l'hebdomadaire du NPA (14 juillet 2011)PRÉSOMPTION D’IMMORALITÉ...
L’« affaire DSK » nous en apprend tous les jours beaucoup sur la façon dont est prise en compte la parole des femmes victimes de violences et sur le sexisme ambiant de notre société. Petites phrases, commentaires, tout y passe. Tout le monde a son avis sur ce qui s’est passé dans la suite 2 806 du Sofitel de New York. Pourtant, aujourd’hui, personne ne le sait vraiment, sauf les deux protagonistes et la vérité sur les faits se joue donc à parole contre parole, dans un duel absolument inégal de pouvoir et d’argent. Dans ce type de crimes et délits, la preuve du non-consentement est très difficile à établir. C’est l’une des raisons pour lesquelles la majorité des femmes victimes de viol ne portent pas plainte. Depuis quelques semaines surtout, on joue le procès de Nafissatou Diallo, de son passé et de ses actions, espérant y trouver une faille.Même si elle avait menti sur sa demande d’asile, cela minimiserait-il les faits supposés ? Se prostituerait-elle que cela changerait-il sa position de plaignante, voire l’aurait-elle bien cherché ? Devrait-on supposer qu’elle serait une personne de seconde zone ? Sa vie n’est peut-être pas exemplaire : est-ce suffisant pour estimer qu’elle a forcément menti ? Cette affaire a été très médiatisée mais révèle au fond quelque chose d’assez banal quant au traitement des violences faites aux femmes : la parole de la victime est systématiquement mise en doute, ses propos minimisés et décrédibilisés. C’est à la présumée victime de faire la preuve de ce qui lui a été fait, la présomption d’innocence devenant dans ce cas présomption de crédibilité. En France près de 75 000 femmes sont victimes de viol tous les ans, et seule une sur dix ose porter plainte, exactement pour ces raisons. Les victimes vivent généralement dans la honte et tentent de survivre après cet acte de domination. Le viol est un crime, il est la négation du désir de l’autre, et détruit la personne humaine. Si la médiatisation de cette affaire peut permettre à certaines les femmes de s’exprimer et d’oser dénoncer ce qu’elles subissent au quotidien, nous ne pouvons que les encourager et les inciter à aller porter plainte si nécessaire. Libérer cette parole est un enjeu vital pour l’émancipation des femmes. Il y a encore aujourd’hui beaucoup trop de femmes victimes de violences pour que cela ne nous regarde pas : il s’agit bien d’un problème politique que nous devons prendre à bras le corps. Il nous faudrait pour cela des moyens pour assurer la prévention, pour multiplier les centres d’accueil pour les femmes victimes de violences. Il s’agit d’un choix de société. Et les femmes ne peuvent pas attendre. Hélène Roger Manifestation pour le droit des femmes 17 octobre 2009 Un cortège du NPA fourni et dynamique
Ni travail sous-payé, ni retour au foyer ! La crise n’épargne personne mais les statistiques démontrent que les femmes sont les premières concernées, les plus touchées par la pauvreté, le chômage, et les difficultés d'insertion. L’égalité professionnelle entre hommes et femmes a beau être reconnue par la loi, elle est loin de s’appliquer dans les faits : inégalités dans l’accès à l’emploi, inégalités des salaires, inégalités dans l’accès à la formation, aux qualifications, inégalités dans le déroulement de carrière… mais aussi inégalités devant le chômage et les contrats précaires. La revendication « à travail égal, salaire égal » est toujours d’actualité. Les femmes représentent 80 % des 3,4 millions de travailleurs pauvres. Il y a 2,5 fois plus de femmes au Smic que d’hommes. Le salaire mensuel des femmes – toutes catégories confondues et tous temps de travail confondus – est en moyenne de 920 euros contre 1261 euros pour les hommes, du fait de l’inégalité des carrières, mais aussi pour des raisons de pure discrimination. Le salaire des femmes continue à être considéré comme un simple salaire d’appoint sortes d’argent de poche du ménage. Il existe une véritable tolérance sociale vis-à-vis du chômage féminin, comme si les femmes n’étaient qu’une armée de réserve sur le terrain du travail, appelée à retourner au foyer à la première occasion, comme si le rôle premier des femmes est celui de mère et d’épouse. De même, pour le régime des retraites : même en travaillant jusqu’à 65 ans, la plupart des femmes n’arriveront pas à une retraite complète, leur pension mensuelle est d’environ 606 euros contre 1372 euros pour les hommes. Et plus le gouvernement allonge le nombre d’annuités, plus les femmes voient leurs pensions baisser. Les femmes refusent d’être les premières victimes de la crise du capitalisme, dans les entreprises comme ailleurs l’égalité reste à gagner !
De la maternelle à l’université : petite histoire du sexisme à l’écoleAujourd’hui encore, l’école conditionne dès l’enfance garçons et filles à se conformer à des rôles de femme et d’homme : les manuels scolaires l’illustrent. En 2005, alors que 64% des femmes mariées travaillent, les manuels du primaire comptaient encore environ 90% de femmes au foyer, dont l’activité principale se limitait à la prise en charge des tâches ménagères ; et les rares femmes salariées n’y étaient pas pilote d’avion ou ingénieure, mais hôtesse de l’air, infirmière, secrétaire, caissière ou encore vendeuse... Et la tendance ne s’inverse pas au collège et au lycée : en biologie, la seule apparition des femmes concerne souvent exclusivement le cours sur la procréation et l’étude de la maternité. Malgré la persistance de ces préjugés sexistes tout au long de la scolarité, les filles réussissent mieux que les garçons : depuis 1964, il y a tous les ans plus de bachelières que de bacheliers ! MAIS la mixité de toutes les filières, particulièrement dans les filières d’excellence, est bien loin d’être atteinte. Pourquoi ? Parce que les filières restent sexuées ; et parce que l’orientation est toujours très sexiste. En BEP/CAP, on trouve 10% de filles dans les formations industrielles et 69% dans le secteur tertiaire ; dans l’enseignement général, elles sont massivement présentes dans les classes littéraires (81,5%) et minoritaires en S (41%). Et ces inégalités ne s’arrêtent pas lorsque l’on termine ses études, elles se transposent et s’accentuent dans le monde du travail : après ces inégalités subies pendant la formation, la main d’oeuvre féminine se retrouve concentrée dans certaines filières professionnelles, où la dévalorisation des salaires et la forte précarité des emplois deviennent la norme. Et si on changeait tout ça ?
Un jour mon Prince viendra…Le prince charmant n’est parfois qu’un sinistre Barbe Bleue ! En 2008 en France une femme sur cinq a été victime de violences conjugales et une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les 2,5 jours. Stop aux cogneurs, aux harceleurs, aux dominateurs, aux manipulateurs ! Toutes et tous ensemble pour lutter pour un droit sanctionnant sérieusement les violences faites aux femmes !
Congé parental, attention danger !«Les congés parentaux sont parfois à l’origine d’un immense gâchis» a déclaré Sarkozy. Sous les prétextes fallacieux de la baisse du pouvoir d’achat du ménage et d’une rupture dans le plan de carrière des femmes, ce dernier souhaite … raccourcir le congé parental ! Seulement, cette proposition omet deux choses. La première est qu’il n’y a pas que les femmes qui peuvent prendre ce congé et la seconde, que tout le monde ne peut pas, comme Rachida Dati, se payer une nourrice le jour et une nourrice la nuit !
A travail égal, salaire égal !Les femmes représentent 80 % des 3,4 millions de travailleurs pauvres. Il y a 2,5 fois plus de femmes au Smic que d’hommes. Le salaire mensuel des femmes – toutes catégories confondues et tous temps de travail confondus – est en moyenne de 920 euros contre 1261 euros pour les hommes, du fait de l’inégalité des carrières, mais aussi pour des raisons de pure discrimination. | Communiqué national du NPA (25 novembre 2011)JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.
Les chiffres sont toujours terribles : 75 000 femmes violées par an, plus de 150 décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. A l’occasion de ce 25 novembre nous avons encore droit aux déclarations de bonnes intentions. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, a choisi délibérément de se situer sur le terrain sécuritaire si cher au gouvernement. Elle annoncé à grand renfort de publicité des bracelets électroniques (déjà prévus en 2009 et 2010) et, sans doute, un allongement des délais de prescription au delà desquels il n’est plus possible de porter plainte. On est loin du compte, loin d’une politique véritablement efficace pour éradiquer les violences sexistes. La loi votée en 2010 ne concerne que les violences conjugales et est bien loin de la loi-cadre travaillée et exigée par le mouvement féministe. Le NPA, au côté du mouvement des femmes, continue d’exiger un service public d’accueil, d’écoute, d’hébergement pour les femmes victimes de violence, des campagnes d’information et de sensibilisation auprès de tous les publics et la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’Éducation nationale, la formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour toutEs les professionnelEs concernéEs. Le 25 novembre 2011. 8 mars 2011LE 8 MARS : TOUTES EN LUTTE !Le 8 mars, journée internationale des femmes, prend un sens particulier cette année avec les révolutions dans les pays arabes auxquelles les femmes participent activement. «Ce 8 mars 2011, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, n’est pas un 8 mars comme les autres. C’est un 8 mars porteur d’espoir venu du Sud. Un Sud en marche revendiquant la dignité, la liberté et l’égalité ». Un 8 mars pas comme les autres, parce que comme le dit l’appel à manifester le 5 mars prochain dans toute la France, cette année le 8 mars résonnera des luttes des peuples du monde arabe. Que ce soit en Tunisie, en Égypte, en Algérie ou au Yémen, les femmes ont pris part à ces luttes. Ce que nous allons crier, chanter ce 8 mars, c’est notre solidarité à ces processus révolutionnaires et à toutes les femmes qui y jouent un rôle de premier plan. Elles sont les actrices d’une lutte populaire contre la pauvreté, la corruption de l’État, la répression, les violences policières. Ces femmes qui se sont soulevées ne vont-elles pas se faire voler la part de victoire qui leur revient ? La question est légitime, tant il est vrai que le risque de confiscation des révolutions est une réalité pour toutes et tous. L’histoire a montré que, face à des révolutions populaires, les puissants du monde entier qui perpétuent l’oppression et l’exploitation, n’ont de cesse de réduire leur portée et de les briser, y compris par la violence. Et l’histoire nous a aussi appris que les femmes sont souvent et rapidement repoussées en arrière-plan. Mais quelle hypocrisie quand cette question est posée par ceux-là mêmes qui ont soutenu – et armé – ces dictatures au nom de la lutte contre l’islamisme et de la défense des droits des femmes ! Quelle vision impérialiste, colonialiste que celle qui montre les pays arabes comme arriérés ! Outre que ces pays ont chacun leur singularité, ils sont traversés par de profondes mutations sociologiques et démographiques ; des luttes, des débats, des contradictions traversent ces sociétés dans lesquelles les femmes sont présentes, actives, actrices. Lors des grèves qui ont secoué l’Égypte ces dernières années, des femmes ont pris part aux occupations, aux comités de grève, elles ont été parfois des leaders de ces mouvements. Ni les femmes tunisiennes, ni les femmes égyptiennes ne se contenteront d’une démocratie de façade, elles n’accepteront ni les diktats religieux ni les diktats économiques dictés par l’Union européenne, les États-Unis et les institutions financières internationales. La solidarité féministe internationale s’exprimera le 8 mars pour ces femmes actrices de leur destin, pour défendre avec elles tous leurs droits, parmi lesquels les droits sociaux, le droit de s’organiser, de manifester et la liberté d’expression... Solidarité mondiale Partout ailleurs dans le monde arabe et sur l’ensemble de la planète, les femmes continuent de se mobiliser. Les 5 et 8 mars seront l’occasion de réaffirmer notre solidarité avec ces luttes exercées « conjointement avec les luttes de tous, hommes et femmes, pour renforcer la résistance menée partout contre le système capitaliste et patriarcal mondialisé » comme le dit la Lettre de solidarité adoptée lors de l’assemblée des femmes au Forum social de Dakar le 11 février. Inspirées par les luttes des femmes du monde arabe et d’Afrique – les Sénégalaises notamment – venues partager leurs expériences et leurs exigences, les femmes réunies à Dakar nous donnent « une feuille de route » pour ce 8 mars 2011 : « Nous les femmes, nous continuons à dire qu’il faut changer ce modèle de société, ce modèle économique, ce modèle de production et de consommation, qui génère une pauvreté accrue pour nos peuples et en particulier pour les femmes. Face à tout cela, nous proposons de renforcer nos luttes pour que nos pays aient leur souveraineté économique, politique et culturelle face aux institutions financières internationales. Nous voulons l’annulation des dettes odieuses et illégitimes […] Nous voulons un monde où les hommes et les femmes ont les mêmes droits, les mêmes opportunités dans l’accès à la connaissance, à la scolarisation, à l’alphabétisation, à l’éducation et aux postes de décisions, et les mêmes droits au travail et à des salaire justes ».
Sophie Agso Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 92 (03/03/11)  |