Prise de
position de l’Institut des Textes et manuscrits modernes
(ITEM /Unité mixte de
recherche 8132
CNRS-École normale
supérieure)
Les membres de l’ITEM,
constatant que les mesures de réforme mises en œuvre
depuis plusieurs années, dans le cadre de la loi LRU, et aggravées
récemment par les projets du Ministère, conduisent à une
destructuration profonde et irréversible de la recherche publique et
de l’enseignement supérieur et compromettent gravement l’avenir
des formations, de la recherche, et tout spécialement de la
recherche fondamentale :
- Dénoncent les
conditions dans lesquelles les projets de réforme de l’enseignement
supérieur et de la recherche ont été menés et décidés de
manière unilatérale par le Ministère, sans le moindre dialogue ni
la moindre réciprocité avec les acteurs réels des Universités et
des organismes de recherche publique.
- Considèrent comme
radicalement inacceptables l’éclatement du CNRS, les incertitudes
majeures qui pèsent sur le fonctionnement et la véritable vocation
de l’INSHS, la diminution des postes statutaires de chercheurs et
d’ITA, et la précarisation programmée des métiers de la
recherche.
- Protestent
vigoureusement contre la stigmatisation des personnels de
l’enseignement supérieur et de la recherche, la désinformation
organisée par le pouvoir dans les médias, et le mépris
invraisemblable qui a été affiché publiquement par le président
de la République,
- Dénoncent les
projets de décrets sur le statut des enseignants-chercheurs et sur
la mise en place du contrat doctoral, qui se traduira par la perte de
toute liberté intellectuelle et qui s’avérera notamment fatal aux
Humanités.
- Expriment leur
désaccord complet avec les dispositions technocratiques et
calamiteuses prévues pour le recrutement des enseignants, et
notamment la « mastérisation » des concours, qui auront
pour effet de compromettre leur qualification professionnelle et
scientifique, de précariser leur fonction et de les détourner
massivement de la recherche.
- S’opposent de
manière radicale à la logique dans laquelle ces réformes ont été
conçues délibérément pour aboutir à un désengagement de l’Etat,
à une précarisation généralisée des métiers, à la liquidation
du service public et des responsabilités de la République.
Pour
toutes ces raisons, s'associant au mouvement des
enseignants-chercheurs de l'Université et des personnels de la
recherche, et en accord avec les autres laboratoires SHS de l’ENS,
les membres de l’ITEM rejoignent unanimement le mouvement des
« laboratoires en lutte », appellent à la généralisation
du mouvement aussi longtemps qu’une réponse satisfaisante ne sera
pas apportée par le Ministère à toutes ces questions, et
soutiennent la motion votée par l’Assemblée Générale réunie le
12 février 2009 au siège du CNRS.
Paris, le 18 février 2009
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