Normale Sup' en lutte

Prise de position de l’Institut des Textes et manuscrits modernes

publié le 5 mars 2009 05:44 par Antoine Miné   [ mis à jour le·6 mars 2009 07:08 par ej s ]
Prise de position de l’Institut des Textes et manuscrits modernes

(ITEM /Unité mixte de recherche 8132

CNRS-École normale supérieure)


Les membres de l’ITEM, constatant que les mesures de réforme mises en œuvre depuis plusieurs années, dans le cadre de la loi LRU, et aggravées récemment par les projets du Ministère, conduisent à une destructuration profonde et irréversible de la recherche publique et de l’enseignement supérieur et compromettent gravement l’avenir des formations, de la recherche, et tout spécialement de la recherche fondamentale :

  • Dénoncent les conditions dans lesquelles les projets de réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche ont été menés et décidés de manière unilatérale par le Ministère, sans le moindre dialogue ni la moindre réciprocité avec les acteurs réels des Universités et des organismes de recherche publique.
  • Considèrent comme radicalement inacceptables l’éclatement du CNRS, les incertitudes majeures qui pèsent sur le fonctionnement et la véritable vocation de l’INSHS, la diminution des postes statutaires de chercheurs et d’ITA, et la précarisation programmée des métiers de la recherche.
  • Protestent vigoureusement contre la stigmatisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, la désinformation organisée par le pouvoir dans les médias, et le mépris invraisemblable qui a été affiché publiquement par le président de la République,
  • Dénoncent les projets de décrets sur le statut des enseignants-chercheurs et sur la mise en place du contrat doctoral, qui se traduira par la perte de toute liberté intellectuelle et qui s’avérera notamment fatal aux Humanités.
  • Expriment leur désaccord complet avec les dispositions technocratiques et calamiteuses prévues pour le recrutement des enseignants, et notamment la « mastérisation » des concours, qui auront pour effet de compromettre leur qualification professionnelle et scientifique, de précariser leur fonction et de les détourner massivement de la recherche.
  • S’opposent de manière radicale à la logique dans laquelle ces réformes ont été conçues délibérément pour aboutir à un désengagement de l’Etat, à une précarisation généralisée des métiers, à la liquidation du service public et des responsabilités de la République.

Pour toutes ces raisons, s'associant au mouvement des enseignants-chercheurs de l'Université et des personnels de la recherche, et en accord avec les autres laboratoires SHS de l’ENS, les membres de l’ITEM rejoignent unanimement le mouvement des « laboratoires en lutte », appellent à la généralisation du mouvement aussi longtemps qu’une réponse satisfaisante ne sera pas apportée par le Ministère à toutes ces questions, et soutiennent la motion votée par l’Assemblée Générale réunie le 12 février 2009 au siège du CNRS.

Paris, le 18 février 2009