Normale Sup' en lutte

Motion votée par l'AG du département de philosophie le 18/2/2009

publié le ‎‎19 févr. 2009 00:29‎‎ par Antoine Miné   [ mis à jour le·‎‎19 févr. 2009 03:07‎‎ par ej s ]

Assemblée générale du département de philosophie


Motion votée lors l’assemblée générale du laboratoire de philosophie de l’ÉNS

Le 18/2/2009, salle Celan

Nombre de présents : 50, dont le directeur du département et le directeur des études du département, soit 8 enseignants présents ou représentés rattachés au Département.

Le Département de Philosophie de l’ÉNS, par la voix de ses présents et représentés, élèves, étudiants et enseignants, réuni en assemblée générale le 18 février 2009, s’oppose fermement aux projets de réforme actuels qui mettent en danger l’avenir de la recherche et de l’enseignement en France. Nous déplorons vivement l’absence de réelle concertation dans laquelle sont menées ces réformes, et la suspicion, voire le mépris, affichés par le gouvernement à l’égard de la communauté scientifique. Les dangers déjà contenus dans la loi LRU sont concrétisés par ces décrets qui introduisent un arbitraire et une précarisation incompatibles avec les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche, en donnant un pouvoir excessif aux présidents d’université sans accorder de valeur au principe du « contrôle par les pairs ». Nous estimons enfin que ces réformes portent atteinte en profondeur à « l’esprit » des institutions françaises, et, notamment, au système de recrutement par concours comme modalité d'accès à la fonction publique. Elles favorisent une logique concurrentielle et une gestion entrepreneuriale au sein de l’Université et s’inscrivent dans le cadre d’une réduction de postes également dommageable à l’état de la recherche et de l’enseignement français.

Ont été votées les demandes :

  • de retrait du décret relatif au statut des enseignants-chercheurs (moins une abstention)

  • de retrait du décret relatif au contrat doctoral (moins 2 abstentions)

  • de retrait du projet de mastérisation des concours d’enseignement (unanimité)

  • d’abrogation de la loi LRU dont les points précédents sont des conséquences directes (moins six abstentions et un contre)

Par cette dernière demande, le Département manifeste son accord avec la motion votée lors de l’Assemblée générale tenue au campus Jourdan le 12 février. Le terme d’ « abrogation » reprend ainsi la demande de « retrait », tandis que la motion des directeurs d’études des départements littéraires demandait une « refonte » de la loi. L’accord se fait néanmoins sur l’idée que ces mesures sont inscrites dans la loi elle-même et qu’elle ne saurait donc être conservée en l’état.

A également été évoquée la possibilité de faire remonter une motion générale de l’Ecole aux élus CA, signée par le plus grand nombre possible d’élèves, étudiants, enseignants et usagers de l’Ecole dans la perspective du prochain conseil.

Enfin, les élèves et étudiants présents se prononcent pour un ralliement aux activités spontanées de réflexion et d’action menées au sein de l’École. Ils souhaitent que l’École se fasse entendre publiquement, par exemple sous forme d’articles ou de tribunes dans la presse.