Voir également la lettre à la direction de l'École normale supérieure du 11 mars 2009. Pourquoi
sommes-nous solidaires de la mobilisation de l’Université et du
CNRS ? - par volonté d’offrir un service documentaire public de qualité au cœur des campusOutils collectifs par excellence et supports quotidiens du travail des élèves, étudiants, enseignants-chercheurs et chercheurs, les bibliothèques sont menacées dans leurs missions de service public. L’acquisition, le signalement et la diffusion efficace des ressources documentaires sont indispensables aux formations et recherches de qualité.
La demande d’extension des horaires, celle qu’expriment les usagers, dit bien que les bibliothèques restent, à l’ère du numérique, des lieux indispensables au travail et à la vie de cette communauté. Mission impossible : le gouvernement exige d’elles d’accroître les horaires d’ouverture, les places de lecture, les accès électroniques sans augmenter en conséquence leurs moyens financiers et humains, sans se soucier surtout de la qualité des services. Bien au contraire, les contrats précaires, CDD multiples et contrats de moniteurs étudiants, sont offerts comme seule solution, dans le meilleur des cas, à cette exigence purement quantitative. - par la composition de nos équipes, diversifiées et précariséesA l’ENS, les bibliothèques réunissent dans leurs équipes presque tous les statuts présents dans l’Université et la Recherche : agents titulaires ENS et CNRS, contractuels sur supports Etat vacants, contractuels sur ressources propres ENS et CNRS, filière des bibliothèques stricto sensu, ITRF ou ITA de la branche « Documentation », ASU et enseignants-chercheurs, titulaires (MCF, PRAG) ou précaires (demi-ATER). A plus d’un titre, s’il fallait encore le prouver, les enseignants-chercheurs mobilisés pour leur propre statut ont donc partie liée avec les personnels BIATOSS.
Dans de nombreuses bibliothèques, les personnels titulaires, déjà soumis à l’évaluation, sont en nombre insuffisant et assurent des tâches qui dépassent leurs missions statutaires sans que leur salaire en soit pour autant augmenté. Les perspectives de carrière sont très faibles pour tous.
La multiplication des contrats dits « d’avenir », des emplois étudiants, très peu rémunérés et sans perspective, n’est déjà qu’un pis-aller pour le non-renouvellement de postes de titulaires. Bien qu’indispensables au fonctionnement des bibliothèques, il est aujourd’hui évident que les personnels contractuels tout d’abord, puis les postes BIATOSS, sont la variable d’ajustement budgétaire des établissements autonomes. Les premières universités « autonomes » en témoignent déjà. Les propos publics tenus par la ministre de l’enseignement supérieur le 24 février prônant l’externalisation (privatisation) des métiers exercés par la catégorie C sont de ce point de vue méprisants et scandaleux. A l’ENS, certains chantiers souffrent déjà de cette précarisation :
Même la gestion courante est en péril :
- parce que le budget et la masse salariale globalisés de la LRU ne garantissent plus leur qualité ni leur développement au service de la communautéAvec la loi LRU, le budget fléché pour les bibliothèques disparaît. Désormais, les ressources allouées à la documentation, comme celles destinées à la formation et à la recherche, sont fixées par les présidents ou les directeurs. Cette globalisation induit le risque de choix budgétaires arbitraires. Dans un contexte de pénurie, déjà visible, où des priorités devront être définies, comment garantir que le nouveau pouvoir universitaire accorde toute leur place aux ressources documentaires ? Comment les bibliothécaires vont-ils pouvoir pallier le manque de moyens pour répondre aux besoins documentaires des étudiants et des enseignants ? - parce que le démantèlement en cours de la Sous-direction des Bibliothèques et de l’Information scientifique (DGES-SDBIS) menace l’égalité dans l’accès à la documentationDepuis plusieurs mois ces instances font l’objet d’une restructuration dictée par les impératifs de la RGPP – révision générale des politiques publiques – et par une mise en application précipitée et brutale de la loi LRU. Outre que cette politique conduit à la suppression de plus de 50 postes à la DGES, il est plus que jamais nécessaire pour les bibliothèques de maintenir une structure d’appui forte et cohérente. La qualification et l’expertise propres au métier doivent être sauvegardées. Les responsables de SCD et bibliothèques doivent continuer à être associés aux instances décisionnelles des établissements. C’est pourquoi nous demandons :
Dans ces modalités d’attribution des moyens globalisés, les bibliothèques refusent de devenir concurrentes des formations et recherches qu’elles veulent continuer à servir efficacement.
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