Signer la pétition Nous ne voulons pas de la LRU à l’ENS La loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) de 2007 redéfinit les missions de l’Enseignement supérieur, la « gouvernance » et les nouvelles responsabilités des Universités. L’École normale supérieure (ENS), en tant qu’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel autre que les universités, peut « demander à bénéficier […] des responsabilités et des compétences élargies en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines » (article 50). Mais si ces nouvelles responsabilités s’appliquent « de plein droit à toutes les universités » au plus tard en 2012 (article 49), leur application à l’ENS n’est pas obligatoire ! Pourtant, le Conseil d’administration du 20 décembre 2007 a autorisé « la directrice, Monique Canto-Sperber, à engager la procédure de candidature », en rappelant que « la procédure comprend une démarche d’audit » et que le Conseil d’administration « sera conduit à se prononcer au fur et à mesure des développements de ce projet ». Pour l’instant, ce qui filtre du rapport d’audit indique les nombreux ajustements qui seraient à opérer avant que l’ENS soit à même d’accéder aux responsabilités et compétences élargies : dans l’ensemble, ces « réformes » révèlent l’incompatibilité de fond entre l’ENS, sa logique de service public, son projet et son fonctionnement nationaux, et la logique de la LRU. Si la procédure aboutissait, la masse salariale gérée par l’ENS passerait de 6,5 à 58 millions d’euros ! La direction serait seule maîtresse de son affectation, dans un contexte qui encourage les redéploiements et les repyramidages, et pourrait recruter des CDD et CDI à la place de fonctionnaires, pour l’enseignement, la recherche, ou les fonctions techniques et administratives de catégorie A. Elle pourrait aussi transformer des postes en fonctionnement ou investissement, mais pas l’inverse. Cette loi LRU n’apporte rien ni aux étudiants, ni à la qualité des enseignements. Elle remet en cause le service public d’enseignement supérieur. Elle cautionne le désengagement financier de l’État en généralisant le financement dirigiste par des fonds privés. Elle remplace les postes de fonctionnaires par des CDD et CDI, et incite à l’externalisation des services. Elle constitue un recul de la démocratie universitaire et encourage l’arbitraire du chef d’établissement en lui confiant des pouvoirs exorbitants. Elle organise la mise en concurrence des établissements, des équipes et des personnes. Parmi les 20 universités passées au régime LRU en 2009, beaucoup se plaignent déjà de ses conséquences concrètes (baisse des budgets, suppression de postes…). Par conséquent, nous demandons que l’ENS retire immédiatement sa candidature au passage aux responsabilités et compétences élargies. À l’appel d’élu-e-s au Conseil d’administration, au Conseil scientifique,
à la Commission paritaire d’établissement et au Comité technique paritaire de l’ENS :
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