Nous, étudiants en lutte depuis fin janvier et réunis en coordination nationale étudiante les 18 et 19 avril 2009, appelons à radicaliser la mobilisation et à l'étendre à tous les secteurs. Face au mépris et aux attaques répétées du gouvernement cherchant à décrédibiliser et minimiser l'importance de notre mouvement, nous tenons à rappeler solennellement que nous nous battons contre le plan d'ensemble visant à casser tout service public et en premier lieu l'éducation et la santé. Les réformes actuelles et futures du gouvernement vont à l'encontre des principes fondateurs de l'Université : LE SAVOIR N'EST PAS UNE MARCHANDISE, L'UNIVERSITE N'EST PAS UNE ENTREPRISE. Le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne qui émanent directement des directives néo-libérales prônées par l'OMC et l'OCDE sont à l'origine des réformes que nous rejetons. C'est pour cela que nous exigeons sans condition ni négociation :
Nous exigeons le retrait de ces réformes et décrets. A l'inverse de ces logiques nous nous battons pour :
Le manque de personnel ne touche pas seulement l'enseignement supérieur, mais tout le système éducatif, de la maternelle à l'université (80 000 postes supprimés d'ici 2012 dans le primaire et le secondaire, 1 090 postes pour l'université en 2009) de même que les organismes de recherche comme le CNRS, et l'ensemble des services publics subissant ces réformes. Nous construisons la lutte avec les lycéens, lésés et insatisfaits par le simple report de la réforme Darcos et tout autant concernés par les réformes de l'enseignement supérieur. Malgré les manœuvres du gouvernement pour désamorcer la mobilisation, la grève se poursuit. Nous condamnons les fermetures administratives abusives, la répression policière et la présence des forces de l'ordre sur les campus, ainsi que le recours à des sociétés privées de sécurité. Ces dérives autoritaires qui visent à museler le mouvement au nom de prétextes sécuritaires fallacieux n'entameront pas notre détermination. Nous appelons toutes les composantes de l'enseignement supérieur à l'arrêt total d'activité pour descendre dans la rue. Les mouvements interprofessionnels et les grèves générales menés par les populations d'Outre-Mer ne sont que les prémices de l'insurrection qui vient. Nous appelons d'ores et déjà l'ensemble des étudiants mobilisés à participer aux manifestations interprofessionnelles du 1er mai et à l'issue de celles-ci, à mettre en place partout en France des Assemblées Générales de ville. Ces assemblées générales seront à même de construire une grande coordination nationale inter-luttes pour organiser la grève générale. Jour après jour nous faisons face à une répression de plus en plus féroce. Cette répression n'a qu'un but, détruire notre mouvement. Face au ridicule de la proposition du gouvernement qui veut interdire le droit des manifestants à se protéger à la fois des fichages et des gaz lacrymogènes en se couvrant la tête, nous appelons à un acte simple de désobéissance civile, notamment à l'occasion de la manifestation du 7 mai : se couvrir le visage par tous les moyens possibles. Pour cela laissez libre cours à votre imagination. Nous appelons plus que jamais à construire un mouvement européen qui passera naturellement par la participation massive des étudiants au contre-sommet organisé à Louvain en opposition à la réunion des ministres chargés de l'enseignement supérieur qui se tiendra les 28 et 29 avril. Nous appelons toujours au BLOCAGE TOTAL ET ILLIMITÉ de l'ensemble de l'enseignement supérieur et de la recherche. En particulier, nous appelons au blocage national de toutes les instances administratives et à l'occupation des présidences, suivant l'exemple des ouvriers occupant leurs usines et séquestrant leurs patrons, dans une logique de radicalisation du mouvement. Notre mobilisation légitime ne s'essouffle pas. L'intérêt soudain de Pécresse pour notre réussite aux examens ne constitue qu'une instrumentalisation méprisable visant à nous faire céder et ne doit pas entraver notre lutte. Tous dans la rue, participons à toutes les actions et à toutes les manifestations aussi bien locales que nationales. Nous ne négocierons pas, nous ne capitulerons pas. La prochaine CNE se tiendra les 2 et 3 mai à Dijon. Résistons ! |