publié le 28 oct. 2009 03:55 par ej s
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mis à jour le·28 oct. 2009 03:57
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Le 27 octobre, la Coordination Nationale des Universités réunie à Nanterre a adopté le communiqué et les motions qui suivent.
Communiqué et motions de la 13ème Coordination Nationale des Universités
27 octobre 2009, Université Paris Ouest Nanterre
Communiqué de presse
La Coordination Nationale des Universités, réunie ce mardi 27
octobre 2009 à l’université Paris Ouest Nanterre, et représentant vingt
établissements, réaffirme son opposition fondamentale aux réformes
portées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
et par le Ministère de l’Education Nationale.
Elle dénonce dans ces réformes une mise à sac de la recherche et de
l’enseignement, de la Maternelle à l’Université, l’instauration d’une
logique managériale et l’imposition de l’idéologie du profit financier.
Elle dénonce la dégradation programmée des conditions de travail et de
vie des étudiants et des personnels.
Elle appelle la communauté universitaire et éducative, les étudiants
et les parents d’élèves à entrer en résistance et à tout mettre en
œuvre pour défendre le service public d’enseignement et de recherche.
Motion n°1
La Coordination Nationale des Universités appelle les UFR à
s’approprier la motion suivante, comme cela a déjà été fait dans
plusieurs établissements :
Nous refusons la mise en place de masters professionnels
d’enseignement et nous ne remonterons aucune maquette les concernant,
que ce soit au niveau mention, spécialité ou parcours.
Ce nouveau type de master aurait pour conséquence inéluctable la
création d’un immense vivier de « reçus-collés » sans aucune
perspective professionnelle crédible, et mettrait en cause, à court
terme, l’existence même des concours.
Nous dénonçons des mesures transitoires absurdes. Alors que, l’an
dernier, le Ministère a accusé les enseignants de vouloir brader les
diplômes en validant automatiquement le semestre, il exige maintenant
la validation automatique de tout ou partie du M1, y compris pour les
étudiants recalés au concours.
Nous ne collaborerons pas à une réforme aussi chaotique.
Motion n°2
La Coordination Nationale des Universités reprend à son compte les
motions de la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants
(CNFDE) du 24 octobre 2009, en particulier son appel à la mobilisation.
Comme la CNFDE, la CNU réaffirme que, de la maternelle à l’université,
enseigner est un métier qui s’apprend.
Elle exige le retrait des décrets du 28 juillet 2009 et de la
circulaire d’organisation des stages du 27 août 2009, qui conduit à ce
que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des
responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires.
Elle dénonce une réforme qui obéit à une logique de réduction des
coûts et de sélection sociale en ne rémunérant plus l’année de
formation professionnelle. Elle vise à normaliser le recours à des
personnels précaires, en dehors du statut de fonctionnaire d'État.
Elle appelle les personnels des IUFM et des UFR à ne pas participer
à la mise en place des stages en responsabilité pour les étudiants
préparant les concours de recrutement et à tout mettre en œuvre pour
l’empêcher.
Elle appelle les enseignants, dans les écoles et les établissements
du second degré, à ne pas participer à l’accueil, l’encadrement et
l’évaluation des étudiants dans le cadre de ces stages.
Elle s’associe à l’inquiétude des parents d’élèves et les appelle à dénoncer la mise en place de ces stages.
Elle réaffirme son attachement au service public d'État
d’enseignement et à une voie unique de recrutement et d’embauche, les
concours nationaux. La formation, pour toute la profession, premier
comme second degré, requiert une coopération étroite entre UFR, IUFM et
formateurs de terrain.
Elle réaffirme que la réforme de la formation et du recrutement des
enseignants, dite de la « mastérisation », détruit la formation
initiale et continue des enseignants et contribue à détruire le service
public de l’éducation nationale.
En conséquence, elle appelle les étudiants, stagiaires et collègues
et parents d’élèves à se mobiliser dans les écoles, les établissements
du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle
appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24
novembre.
Motion n°3
La Coordination Nationale des Universités exprime son inquiétude
devant les pressions croissantes exercées sur la situation
administrative et professionnelle de chercheurs et des
enseignants-chercheurs sur des critères qui paraissent principalement «
managériaux » et de nature à porter atteinte à l’indépendance de la
recherche et de l’enseignement supérieur.
La CNU exige l’arrêt immédiat de cette politique, dont par ailleurs
la crise de France Telecom a mis en évidence les effets néfastes dans
un contexte de privatisation des services publics analogue à celui
actuellement infligé à la recherche publique et aux universités.
La Coordination exige :
- La suspension de l’application de la loi dite « relative à la
mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique », et
l’abrogation rapide de cette loi.
- Le retrait de l’actuel contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS avec l’Etat.
- L’arrêt des interventions de services et directions « des
ressources humaines » dans le « suivi » de chercheurs ou
d’enseignants-chercheurs.
- La liberté pour les chercheurs et les enseignants chercheurs
d’exister en tant qu’individus au sein des laboratoires avec leur
propre sujet de recherche original.
Motion n°4
La Coordination Nationale des Universités dénonce la privatisation
rampante de l’enseignement et de la recherche qui s’opère par le biais :
- des fondations universitaires ou partenariales de droit privé,
visant à justifier le désengagement financier de l’Etat et menaçant
l’indépendance du service public ;
- des partenariats public/privé, plaçant les établissements sous le joug des entreprises ;
- d’un budget en trompe-l’œil : la hausse de 1,8 milliard annoncée
par Valérie Pécresse pour les universités recouvre, pour l’essentiel,
des primes, et des crédits d’impôt reversés au secteur privé ;
La CNU exige des créations massives de postes statutaires et la
résorption de la précarité, ainsi que l’arrêt de la politique
contraignant les chercheurs du secteur public à travailler pour le
secteur privé, pendant que le secteur privé licencie ses propres
chercheurs.
Appel et calendrier
La Coordination Nationale des Universités appelle à des
mobilisations locales et à des rassemblements régionaux le 17 novembre
2009, en particulier pour assurer le succès de la journée de grève et
de manifestation du 24 novembre 2009.
La CNU soutient l’appel de la Ronde Infinie des Obstiné-e-s (à
l’initiative de Paris 8) à se retrouver, à partir du 16 novembre, tous
les lundis, de 18h à 20h, Place de l’Hôtel de Ville à Paris.
La CNU lance un appel à la CNFDE, au Forum des sociétés savantes, à
la Coordination des BIATOSS, à la Coordination des étudiants, à Ecole
en Danger et aux différents collectifs défendant le service public
d’enseignement, afin de se réunir en symposium contre la réforme de la
mastérisation, le samedi 30 janvier 2010 à Paris I ou Paris IV.
La CNU envisage une prochaine réunion, en fonction de l’actualité, le samedi 5 décembre 2009 dans une université parisienne.
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publié le 20 oct. 2009 09:54 par ej s
publié le 14 oct. 2009 04:51 par ej s
publié le 1 oct. 2009 05:50 par ej s
publié le 15 juin 2009 14:25 par ej s
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mis à jour le·16 juin 2009 02:40
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http://www.cnrs.fr/comitenational/cpcn/seancepleniere/2009/seancepleniere.htmOn y trouve : - un renouvellement de l'appel au moratoire des expertises
- la critique de l'évaluation purement quantitative, de l'AERES
- l'opposition aux "chaires mixtes" et la demande en lieu et place de l’extension du système des délégations
- la dénonciation de l'augmentation de la précarité liée au financement sur contrat
- des avis sur la réorganisation du CNRS.
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publié le 15 juin 2009 13:54 par ej s
« Sauvons les concours de recrutement des enseignants ! »Nous, membres de différents jurys de CAPES et d'agrégation de la session 2009, tenons à exprimer solennellement notre consternation devant la façon dont est géré le dossier de la réforme du CAPES et notre opposition aux mesures préconisées pour les « nouveaux » CAPES. C'est à partir de notre expérience de membres de ces jurys, constitués d'enseignants du secondaire, des classes préparatoires, des universités, des IUFM et de membres des corps d'inspection que nous considérons que ces mesures, si elles étaient appliquées, entraîneraient une très grave dégradation de la formation et du recrutement des enseignants et, à terme, une remise en cause des concours nationaux et une précarisation des personnels enseignants. Ces mesures conduisent en effet à un affaiblissement inacceptable des contenus disciplinaires des concours sous couvert de «professionnalisation », alors même que l'année de stage de formation en alternance rémunérée existant actuellement est supprimée dans le projet ministériel. Et les « stages » prévus pendant les deux années des « masters enseignement » ne sont nullement à même de compenser les effets néfastes de cette suppression ou de sa réduction à une décharge symbolique lors de la première année d'exercice. La précipitation qui a caractérisé la gestion de ce dossier, les incessants bricolages qui se succèdent depuis l'annonce de la réforme, les tergiversations, les annonces sans suite, les « mesures transitoires », les incertitudes maintenues sur les modalités des épreuves et les programmes du concours, ont créé un tel climat de confusion et de chaos qu¹il est urgent et impérieux de reprendre totalement le dossier pour qu'émerge un projet intellectuellement et professionnellement cohérent. Dans cette perspective, nous prenons acte de l'annonce du ministre concernant le maintien en l¹état pour 2010 du CAPES actuel que nous entendons comme le maintien de l'intégralité de ses modalités actuelles, y compris pour les dates du concours et les conditions d'inscription. Cependant, comme l¹ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, nous pensons que toute refonte des concours doit être arrêtée à l'issue d'une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants et l¹abandon de toute « mesure transitoire » et de toute mise en place progressive de la «mastérisation ». Nous ne sommes évidemment pas hostiles par principe à toute refonte des concours ni à l¹ambition affichée d¹élévation du niveau de recrutement des enseignants. C¹est dans cette optique que nous tenons à rappeler quelques principes qui sont, selon nous, essentiels pour toute réforme à venir des CAPES : - le recrutement de tous les enseignants doit se faire par concours nationaux avec un programme national, des épreuves nationales et un jury national unique pour l'admissibilité et l'admission pour toutes les épreuves, associant, comme c'est le cas actuellement, des enseignants des universités, du second degré, des classes préparatoires et des membres des corps d'inspection ;
- les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires stagiaires (de la fonction publique d'État) et pour assurer une véritable formation pédagogique et professionnelle l'année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit être maintenue ;
- l'évaluation du niveau de maîtrise des disciplines doit rester le fondement du recrutement. En conséquence les épreuves, écrites et orales, doivent être disciplinaires et les jurys doivent être composés de spécialistes de la discipline ;
- un lien thématique, quand il existe, doit être maintenu entre les programmes du CAPES et ceux des agrégations afin d'éviter notamment que la préparation à l'agrégation ne soit réservée qu'à un petit nombre « d'établissements d'élite ».
En tant que membres de jurys de CAPES et d'agrégation, soucieux de l'intérêt des candidats, des futurs enseignants et des élèves, notre responsabilité est en tout premier lieu d'assurer, dans les meilleures conditions d'équité possibles, un concours d'un niveau scientifique élevé, fondement de la légitimité scientifique et professionnelle des lauréats et de la qualité du service public d'enseignement. Mais il est également de notre responsabilité de ne pas nous taire devant ce que nous considérons comme un gâchis et un désordre qui ne peuvent à terme qu'entraîner une dégradation du niveau de recrutement des enseignants et donc de l'enseignement de nos disciplines. Motion votée par - la majorité des membres du jury du CAPES externe d'allemand
- soixante-cinq membres du jury du CAPES externe d'anglais
- la majorité du jury de l'agrégation externe d'anglais
- l'unanimité, moins une abstention, du jury du CAPES externe d'arabe
- la majorité du jury de l'agrégation externe d'arabe
- l'unanimité, moins deux abstentions, des membres du jury du CAPES externe de breton
- l'unanimité, moins deux abstentions, du jury du CAPES externe d'espagnol
- la majorité des membres du jury du CAPES externe d'histoire et de géographie
- la majorité des membres du jury de l'agrégation externe d'histoire
- l'unanimité, moins deux abstentions, des membres du jury du CAPES externe d'italien
- la majorité du jury du CAPES interne d'italien
- la majorité du jury du CAPES externe de Lettres Classiques
- la majorité du jury de l'agrégation externe de Lettres Classiques
- la majorité des membres du jury du CAPES externe de Lettres Modernes
- vingt-neuf membres du jury de l'agrégation externe de Lettres Modernes (dont la commission de littérature comparée, à l'unanimité)
- la majorité de la commission d\ancien français du jury d'agrégation externe de Lettres Modernes
- la majorité du jury de l'agrégation interne de Mathématiques ;
avec le soutien de - l'Association des Études Grecques (AEG)
- la Société des Professeurs d'histoire Ancienne des Universités (SOPHAU)
- la Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public (SHMESP)
- l'Association des Historiens contemporanéistes de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (AHCESR)
- l'Association des Professeurs d¹Histoire-Géographie (APHG)
- l'Association des Professeurs de Langues en IUT (APLIUT)
- l'Association des Professeurs de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur (APLAES)
- la Coordination Nationale des Associations Régionales d'Enseignants de Langues Anciennes (CNARELA)
- la Société des Hispanistes Français (SHF)
- la Société des Italianistes de l¹Enseignement Supérieur (SIES)
- la Société des Langues Néo-Latines
- du vice-président du CAPES externe de chinois
- du président du jury de l¹agrégation externe de japonais
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publié le 4 juin 2009 12:26 par ej s
La 11e Coordination nationale des Universités, qui s'est tenue le 3 juin 2009 à l'Université Paris 13, a rassemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L'intervention d'une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l'ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.
Motion « Mastérisation »
Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu'il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l'Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours. Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu'une façade.
Nous déplorons l'abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l'unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment : l'affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ; la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ; l'allongement d'un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ; la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ; la création d'une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d'enseignement.
Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d'accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters "métiers de l'enseignement". Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l'avenir de l'éducation.
Motion « Statuts »
La Coordination Nationale des Universités (CNU) s’oppose à la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’instauration d’une mise en concurrence des personnels de toutes catégories et des établissements d'éducation et de recherche, préjudiciable à l’action collective au service du savoir et des étudiants.
Elle récuse la réorganisation du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’introduction des règles de management issues du domaine privé et de critères de rentabilité dans l'enseignement supérieur et la recherche, la précarisation systématisée des doctorants par le contrat doctoral unique, la modulation des services instituée par le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, l’approche quantitative de l’activité de recherche, la modulation des rémunérations et les contrats d’objectifs imposés aux personnels BIATOSS et ITA, la multiplication croissante et chronophage des procédures bureaucratiques de contrôle et de demande de financement au détriment de l’activité de tous les personnels de l’Université et des organismes. La CNU dénonce la logique qui anime l'ensemble des réformes relatives aux statuts de la Fonction publique, dans un mépris total des principes qui régissent les biens publics, comme le savoir ou la santé.
La mission humaniste de l'enseignement supérieur et de la recherche réside dans l’élaboration de la connaissance et la transmission du savoir.
Cette mission est menacée par une définition du temps de travail des enseignants-chercheurs qui ignore délibérément le temps nécessairement consacré à la culture, à la réflexion et au renouvellement des savoirs disciplinaires. Elle nécessite une indépendance effective des enseignants-chercheurs, qui doivent pouvoir développer sereinement et librement leurs activités, sans être soumis à une logique productiviste dépourvue de sens en matière d’enseignement et de recherche. Son bon accomplissement est incompatible avec la possibilité d’augmenter les charges de service au détriment de l’activité de recherche, ainsi qu’avec l’évaluation de la recherche en termes de résultats quantitatifs.
La mission de service public est incompatible avec la vision purement économiste, baptisée « culture du résultat » et imposée à l'ensemble des personnels. Elle est en opposition avec une mission de service public rendu équitablement à tous. Dans un contexte de raréfaction budgétaire et de répartition des moyens à la performance et à l'activité, la mise en concurrence des agents et des services ne peut que nuire à l'égalité d'accès au savoir sur tout le territoire et à l'intégrité des services. La CNU dénonce plus largement les réformes coordonnées par la Révision Générale des Politiques Publiques, inspirées par une rentabilité à court terme indifférente aux enjeux de société.
En conséquence, la CNU continue d’exiger le retrait de l’ensemble des réformes destructrices de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle réclame l’abrogation de la loi LRU, des décrets relatifs au statut des enseignants-chercheurs, au contrat doctoral unique, au statut des fonctionnaires publics d'État et à la rémunération à la performance, la cessation du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques, la restitution des postes supprimés en 2009 et une création massive d'emplois dans l'enseignement supérieur et la recherche publics.
Motion « Postes et Moyens »
L'annonce faite par Valérie Pécresse, le 26 mai dernier, de ne supprimer aucun emploi d'enseignant et/ou chercheur en 2010 et en 2011 dans les universités et dans les organismes de recherche ne constitue pas une réponse à la crise que traversent actuellement l'Université et la Recherche publiques, d'autant qu'elle a annoncé, à plusieurs reprises, que des postes de BIATOSS de catégorie C seraient, eux, supprimés. Par son refus de mettre en place un plan pluriannuel de création d'emplois et du fait des incertitudes qui continuent à peser sur le nouveau système d'allocation des moyens à la performance et à l'activité, le gouvernement marque sa volonté délibérée de poursuivre une politique qui vise à affaiblir l'Université, en l'appauvrissant. Il n'apporte pas plus de réponse sur la question de l'amélioration du statut étudiant, alors que les difficultés sociales et économiques constituent l'une des principales causes d'échec dans l'enseignement supérieur. Seul un véritable engagement financier de l'État, en direction des établissements et des étudiants, est susceptible d'assurer le rattrapage des moyens alloués aux étudiants d'université, notoirement insuffisants par rapport aux autres filières de l'enseignement supérieur. De ce point de vue, la mise en place de prêts étudiants, l'augmentation des frais d'inscription ou le recours aux fonds privés, si souvent évoqués, ne sont que de fausses solutions, aussi dangereuses qu'inefficaces, qui ne feront qu'accroître les inégalités entre établissements et entre étudiants. L'annonce du 26 mai 2009 ne met pas non plus un coup d'arrêt à la casse des organismes publics de recherche. En la matière, la communauté universitaire et scientifique s'alarme du mouvement de « désumérisation » qui affecte nombre d'unités mixtes de recherche (UMR) ; ce mouvement, qui se poursuit dans l'ombre, sans aucune transparence sur son ampleur et sur les critères de décision utilisés par l'administration, participe de l'affaiblissement du lien entre enseignement supérieur et recherche, qui a fait jusqu'à présent la force du système français. Il s'appuie sur une stratégie de division des différents acteurs de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, en promettant aux uns les dépouilles des autres. Nous savons que personne ne gagne à de tels calculs cyniques. Notre détermination à défendre simultanément l'Université et les Organismes de recherche dans le cadre d'un service public de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, fondé sur les principes de laïcité et d'indépendance à l'égard des pouvoirs économiques, politiques et religieux, reste entière.
Motion « Actions »
Après 17 semaines de grève dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche, le gouvernement reste sourd aux revendications légitimes des personnels et des étudiants. Maniant la démagogie, les provocations, les menaces et la désinformation, il a instrumentalisé la question des examens et de la validation de l'année universitaire pour mieux occulter les revendications fondamentales de notre mouvement : la défense et le renforcement d'un véritable service public de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nous avons démontré notre capacité à préserver les intérêts des étudiants d'aujourd'hui sans sacrifier les étudiants de demain.
Conscients de ces temporalités multiples et du caractère structurel des réformes qui nous sont imposées, nous sommes aujourd'hui plus déterminés que jamais à poursuivre notre combat dès maintenant et dans la durée. Nous pouvons pour cela nous appuyer sur une conscience collective forte des enjeux, ainsi que sur des réseaux de solidarité qui se sont constitués depuis le début de notre mouvement aux échelles locales, académiques et nationales, et qui trouvent aujourd'hui des résonances au niveau européen. Cette construction d'une identité collective, intercatégorielle et interdisciplinaire, dans nos pratiques pédagogiques et scientifiques et dans les actions et les débats de fond que nous menons, constitue de fait une salutaire réappropriation de l'Université. Elle s'élève déjà contre les logiques d'autoritarisme ministériel et de soumission aux forces économiques qui se cachent derrière la rhétorique de l'autonomie. Le mouvement continue !
La 11e CNU apporte son plein soutien à toutes les initiatives locales qui s'inscrivent dans notre combat collectif. Par ailleurs, s'agissant de la mastérisation, elle appelle : la communauté universitaire à ne pas élaborer les maquettes et/ou à ne pas les faire remonter ; les syndicats à voter contre les décrets présentés au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009 et tous les membres de la Commission Marois-Filâtre à s'en retirer ; à diffuser auprès des enseignants du primaire et du secondaire une lettre ouverte, qui sera écrite par les porte-parole de la CNU.
S'agissant des statuts, elle appelle : à faire voter par les Conseils d'administration des établissements un engagement à ne pas mettre en place la modulation des services, les entretiens professionnels et les chaires d'excellence ; à signer la pétition ( http://www.jussieu.ras.eu.org/entretiens ) ; les membres du Conseil National des Universités à refuser de procéder à l'évaluation de leurs collègues dans le cadre de la modulation de service ; les personnels de toute catégorie à refuser de façon coordonnée tout travail supplémentaire non pris en considération, dès lors qu'il ne correspond pas à une décharge ou qu'il n'est pas rémunéré ; à refuser d'assurer les heures complémentaires au-delà de 192 heures équivalent TD ; à établir lors des pré-rentrées un bilan des postes manquants et de l'emploi précaire et à mener une campagne sur ce sujet ; à refuser les mesures régressives du nouveau contrat doctoral et à maintenir les tâches des doctorants dans les domaines exclusifs de la recherche et de l'enseignement.
Elle appelle en outre à participer à : la ronde infinie des obstinés de midi à minuit, organisée du 2 au 6 juin à Paris et en province. la Marche de tous les savoirs, à l'initiative de SLR, le 4 juin ; la 4e réunion de la Coordination nationale des BIATOSS et ITA et à la 4e réunion de la Coordination nationale de la Formation des Enseignants, le 6 juin ; une campagne de renvoi des bulletins de vote inutilisés aux candidats aux élections européennes, avec la mention « Universitaires en Colère », le 7 juin ; la 4e réunion de la Coordination nationale des Laboratoires en Lutte, le 9 juin ; la nuit des universités organisée à Paris 8 Vincennes—St-Denis, le 12 juin ; la manifestation unitaire à l'initiative des confédérations syndicales, le 13 juin ; la ronde des obstinés des 24h du Mans, le 13 juin ; la rencontre que la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte se propose d'organiser à Paris le 24 juin, à l'occasion de la tenue du Conseil d'administration du CNRS au CERN (Lausanne, Suisse) ; la distribution de tracts lors des épreuves du baccalauréat et lors des inscriptions des lauréats.
La Coordination Nationale des Universités invite l'ensemble de la communauté universitaire et scientifique à participer aux « Rencontres d'été de la CNU » que l'université Paris 7 organise les 27 et 28 juin 2009. Enfin, les représentants des Universités, associations, sociétés savantes et syndicats réunis ce jour annoncent que la 12e réunion de la Coordination Nationale des Universités se tiendra le mercredi 30 septembre 2009 à l'Université Paris 8.
Autres actions envisagées
Tout en soutenant les collègues engagés dans diverses actions locales, comme les démissions des responsabilités administratives et pédagogiques, le refus de siéger dans les conseils, la rétention des notes et la non-tenue des jurys, la CNU appelle les personnels à : - concernant la mastérisation : alerter les élus locaux et les inciter à prendre la défense du service public de l'enseignement ; sensibiliser les inspecteurs d'académie ; organiser des journées de discussion UFR-IUFM ; - concernant les statuts : déposer des recours contre les décrets ; se positionner contre la modulation et les entretiens professionnels dans toutes les instances où ils peuvent siéger (Conseils de laboratoire et d'institut, Conseils d'administration, Comités Techniques Paritaires, Commissions Administratives Paritaires, Conseils d'UFR et de département...) ; demander tous une modulation à la baisse et à contester la décision en cas de refus, si l'établissement a mis en place des possibilités de modulation de service ; refuser la mise en place des entretiens professionnels au sein des établissements d'enseignement supérieur et de la recherche ; - de façon plus générale : boycotter les jurys du bac ; boycotter la vague A des évaluations de l'AERES, en envoyant leur rapport à leur organisme de tutelle et non à l'AERES ; boycotter les expertises ANR et les appels d'offres ; exiger le report de l'examen par les Conseils d'administration du passage aux compétences élargies et à organiser des campagnes d'information préalables dans chaque établissement ; elle appelle les Conseils d'administration à refuser le passage aux compétences élargies ; organiser des consultations locales sur les réformes en cours et à en centraliser les résultats ; maintenir et développer les formes alternatives d'enseignement (cours ouverts, universités populaires...) comme forme de réappropriation des missions fondamentales de l'université ; demander aux présidents d'université de banaliser une demi-journée par semaine pour que la mobilisation puisse s'organiser et que puissent se tenir régulièrement des assemblées générales ; constituer un comité de solidarité et de veille sur la répression ; créer un réseau européen interuniversitaire ; signer la pétition « appel par anticipation à la démission de Claude Allègre de son nouveau poste de ministre »; (www.jussieu.ras.eu.org/allegre) ; participer aux « Quartiers d'été de l'Université » en organisant des actions à l'occasion des événements marquants de l'été (festivals, étapes du Tour de France, plages...).
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publié le 13 mai 2009 12:18 par Antoine Miné
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mis à jour le·13 mai 2009 15:02
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Communiqué à la presse de la 10ème Coordination nationale des UniversitésAlors que Valérie Pecresse et Xavier Darcos continuent en vain à chercher les signes d’un affaiblissement du mouvement dans les universités, la prise de position des 7 présidents d’université signataires de la lettre parue dans *Le Monde* ce jour fait voler en éclat le mensonge de la communication gouvernementale. Ces 7 présidents d’université prennent acte de la situation inouïe dans laquelle se trouvent les universités françaises en demandant un moratoire sur toutes les réformes en cours. Cependant, aujourd’hui 13 mai 2009, la 10ème CNU réaffirme pour sa part la position qu’elle défend depuis le début du mouvement, et qui est plus que jamais d’actualité : le retrait pur et simple, nécessaire pour rétablir les conditions d’un dialogue aujourd’hui totalement rompu entre la communauté universitaire et le gouvernement.
Motion 1 : Déclaration politique de la 10e Coordination Nationale des Universités1. Les 250 délégués représentant 57 établissements réunis le 13 mai 2009 à l’université de Marne-La-Vallée pour la dixième réunion de la Coordination Nationale des Universités restent mobilisés et déterminés, comme l'ensemble de la communauté qu'ils représentent, à poursuivre le mouvement de contestation contre le démantèlement systématique du service public et laïc de l'enseignement supérieur et de la recherche. Après plus de trois mois de lutte, notre colère et notre volonté de mettre un coup d’arrêt aux attaques dont nous sommes la cible restent intactes. La CNU a bien pris conscience que toutes les attaques portées contre l’Université et la Recherche sont le fait d’une politique plus générale impulsée par l’Union Européenne à travers le processus de Bologne et en s’appuyant sur les recommandations de l’OCDE ; elle engage tous les secteurs à lutter contre ces politiques visant à détruire les services publics. 2. Le gouvernement a toujours répondu à nos revendications par une volonté de briser notre mouvement de contestation. Après les mensonges, le mépris et les provocations, les manœuvres gouvernementales des dernières semaines se sont faites plus intenses et plus violentes : d’une part en orchestrant une campagne de diffamation et d'autre part en criminalisant notre lutte par des propositions de lois iniques remettant en cause le droit de grève. Face à un gouvernement qui ne veut décidément pas nous entendre, la Coordination Nationale des Universités réaffirme qu’en l’absence de tout dialogue et alors que ne sont organisés que des simulacres de négociations, ni la répression, ni la désinformation, ni les vacances ne feront cesser un mouvement de grève sans précédent dans les universités et la recherche françaises. 3. De ce fait, nos revendications restent inchangées car elles sont, plus encore que légitimes, nécessaires à la sauvegarde de l’éducation, de la recherche et des valeurs démocratiques, laïques et de service public que nous défendons. C’est pourquoi plus que jamais nous demandons l’abrogation de la LRU et du Pacte pour la Recherche, le retrait des décrets relatifs au statut des enseignants chercheurs, à la masterisation et au contrat doctoral unique, mais également la mise en place d'un plan pluriannuel d'emplois de titulaires, la sauvegarde du statut des personnels BIATOSS et ITA (pas de salaire en dessous de 1500€ nets, titularisation des contrats précaires, arrêt de l’externalisation et réintégration des services externalisés en emplois statutaires au sein des universités). La CNU se prononce contre l’augmentation des frais d’inscription. 4. Les attaques que nous subissons ne sont pas isolées car c’est l’ensemble des services publics et de ses missions qui sont gravement attaqués et menacés. De la maternelle à l’université, dans la recherche, à l'hôpital, l’énergie, la poste etc. le gouvernement ne propose que le projet d’une société de profits, fondée sur la concurrence entre les individus, qui ne garantit plus les conditions d'un accès égal à l'éducation, la santé, etc. qui creuse les inégalités et aggrave la précarité. Elle condamne le projet de loi de mobilité dans la fonction publique, qui est emblématique de cette politique. La Coordination Nationale des Universités, après la convergence réussie le 28 avril, appelle à renouveler cette initiative et à manifester massivement le 14 mai aux côtés du secteur de la Santé. Face à ce faisceau cohérent de contre-réformes, nous devons favoriser l’unité des luttes à tous les niveaux et continuer à défendre avec obstination toutes nos revendications. La CNU condamne enfin les accords entre l’Etat français et le Vatican qui menacent le principe de laïcité et le monopole d’Etat de la collation des grades. Elle appelle à faire du 26 mai une journée nationale interprofessionnelle de grève et de manifestation. Motion 2 : Validation du semestre : les étudiants ne paieront pas la note laissée par deux ministres irresponsables !La Coordination Nationale des Universités constate que, contrairement aux allégations de Valérie Pécresse, les examens ne peuvent tout simplement pas avoir lieu dans de très nombreuses universités de France. Il s’agit là d’un constat : alors que le semestre est terminé ou en passe de l’être, plusieurs centaines de milliers d’étudiants n’ont assisté à aucun cours, des centaines de milliers d’autres ont vu leur semestre fortement amputé, du fait de l’attentisme gouvernemental. Un examen ne se décrète pas : il constitue l’évaluation d’un enseignement effectivement réalisé. Comment évaluer des étudiants qui n’ont pas reçu le moindre cours ? Quelle triste comédie Valérie Pécresse veut-elle faire jouer aux étudiants et à leurs enseignants ? La CNU dénonce la responsabilité écrasante de Valérie Pécresse et de Xavier Darcos dans cet immense gâchis. Le gouvernement a d’abord tablé sur des annonces lénifiantes, puis sur les vacances de printemps et sur la fin de l’année universitaire pour tenter de rendre invisible la contestation pourtant unanime de sa politique. Il a refusé d’entendre les revendications et de discuter avec la communauté universitaire, assemblée contre ses projets de destruction du service public de l’éducation et de la recherche. Il n’a pas fait la moindre proposition pour améliorer, ou au moins pour préserver, les conditions de vie des étudiants en cette période de récession. Il a choisi le passage en force pendant les vacances de printemps pour imposer brutalement les décrets pourtant rejetés massivement. Valérie Pécresse a utilisé les examens comme une arme, en faisant prendre un risque maximum aux étudiants. Maintenant que les résultats de cette politique du pire apparaissent au grand jour, elle feint de s’inquiéter de l’incendie qu’elle a elle-même allumé puis entretenu. Ses seules armes sont la menace, la répression, la stigmatisation des enseignants, des personnels et des étudiants qui refusent les parodies d’examen. Le monde universitaire ne tombera pas dans le piège de Valérie Pécresse : il refuse que les diplômes soient bradés lors de simulacres d’examens, mais il refuse aussi que les étudiants payent la note de la politique ministérielle. La CNU déplore que, depuis plus de quatorze semaines, la ministre ne se soit pas inquiétée de la non-tenue des enseignements et de la non-transmission des connaissances. La CNU prend acte que dans de nombreux établissements, il est strictement impossible de respecter pour les examens les cadres posés par le code de l’éducation (article L613-1) et les modalités de contrôle des connaissances prévues dans les différentes maquettes de diplôme. C’est pourquoi la CNU réitère son appel à ne pas tenir les examens. Elle appelle donc à ce que le semestre soit validé selon des modes adaptés au mieux aux situations locales ; elle soutient toutes les solutions susceptibles de protéger l’avenir des étudiants et de leur permettre la poursuite de leurs études, y compris la neutralisation du semestre et la validation universelle. En conséquence, la Coordination nationale des universités exprime son soutien plein et entier à tous les personnels Biatoss qui refuseront d’organiser les examens. Face à un gouvernement pyromane, provocateur et irresponsable, la communauté universitaire assume ses responsabilités. Responsabilité historique face aux attaques d'une brutalité inédite contre l’université ; responsabilité pédagogique vis à vis des étudiants. La Coordination Nationale des Universités refuse d'abdiquer l'une ou l'autre de ces deux responsabilités : la communauté universitaire ne cédera pas à la politique de casse du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche ; elle ne s’associera pas à la pénalisation des étudiants organisée par le ministère mais continuera à se battre pour de meilleures conditions d’étude pour tous et l’excellence démocratique de la transmission des connaissances. Motion 3 : Du conclave Marois-Filâtre aux caves du VaticanFermement opposés à la marche progressive mais assurée vers la fin de la fonction publique d'Etat dans l'Education Nationale, nous demandons, une fois encore, solennellement aux ministres que : - soit retiré le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré - soit reconduit dans son intégralité le dispositif actuel pour l'année 2009-2010, y compris la titularisation sans exigence de Master - soit abrogé le décret sur l'accord France-Vatican du 16 avril 2009 Nous demandons tout aussi solennellement aux directions des syndicats de l'Éducation nationale et des syndicats étudiants de cesser de participer aux groupes de travail de la commission Marois-Filâtre tant que ces trois conditions ne seront pas remplies. Motion 4 : « Refusons les entretiens professionnels »Le décret 2007-1365 (NOR :BCFF0761150D) concernant les fonctionnaires d’État établit les bases d’un « entretien professionnel » et son lien avec les choix d’avancement et de promotion décidés par l’administration. L’évaluation devient l’élément central de la carrière de l’agent et la partie variable de sa rémunération (les primes) sera exclusivement liée à cette évaluation. La 10e CNU réunie le 13 mai 2009 refuse la mise en place des entretiens professionnels au sein des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et le retrait de ce décret. Elle soutient les personnels BIATOSS/ITA qui refusent que leurs rémunérations et perspectives de carrière soient tributaires d’un entretien d’évaluation arbitraire. Elle appelle l’ensemble de la communauté universitaire (enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants/es, BIATOSS/ITA à s’emparer de cette revendication et à mener toute action propre à empêcher la tenue des entretiens. Elle souhaite l’extension de cette revendication à toutes les fonctions publiques pour aboutir à l’abrogation de ce dispositif législatif d’évaluation. Par ailleurs, la CNU réaffirme son soutien à la plateforme des revendications de la coordination nationale des BIATOSS/ITA. ACTIONS PROPOSÉES PAR LA 10e CNUPétitions et motions- Motions (des comités de séléction, des sections du CNU… ; appel à faire voter par les CA de toutes les universités des motions stipulant que la modulation des services ne sera pas mise en place non plus que les entretiens professionnels pour les personnels Biatoss). Élections européennes- Appel à s’emparer par différentes formes du contexte des élections européennes (signer la lettre ouverte aux formations politiques, débats avec les candidats…) Grève et obstruction administratives- Blocage des notes de tous les concours CRPE - démission des responsabilités administrative, rétention des notes du premier et du second semestre et non-tenue des jurys, refus de surveiller les épreuves d’examen - adresse aux CEVU pour qu’ils refusent de faire remonter les plans quadriennaux et aux CA pour qu’ils refusent le passage aux compétences élargies - Boycott des jurys du bac - Refus des heures complémentaires à la rentrée - Dépôt de recours gracieux contre les décrets parus Actions tournées vers le grand public- Campagne de tractage et d’affichage de la CNU - Mise en place de dispositifs d’accueil et d’information pour les nouveaux étudiants à la rentrée - Marathon des cours. Appels divers- Ronde intempestive - Meeting unitaire à la Sorbonne pour demander aux huit organisations syndicales de porter nos revendications - Refus de mentionner le nom de son université dans les publications scientifiques CALENDRIERjeudi 14 mai : journée nationale Éducation-Hôpitaux : 3 rendez-vous sur Paris - 11h30 Montparnasse (tractage) - 12h : Ronde intempestive à la BNF - 14h RDV Jussieu - Manifestation Enseignement Supérieur / Recherche (trajet vers Sèvres-Babylone)* samedi 16 mai : - printemps des luttes à Stalingrad (Paris) de 11h à 16h - Ronde des Obstinés : RDV à 17h dans la Cour carrée du Louvre pour parler de la Ronde à partir du 1er juin - Ronde des Obstinés s’invite à la Nuit des Musées : RDV 19h autour de la Pyramide du Louvre. - Coordination nationale des Biatoss (Nanterre, 9h) 18-19 mai : « G7 des Universités » (contre-sommet du G 8 à Turin) : délégation mandatée par la CNU mercredi 20 mai : journée d’actions locales avec actions « surprises » 21-24 mai : Marche des obstinés de Chartres à Paris mardi 26 mai- Appel à la grève interprofessionnelle. Manifestation (départ spécifique pour l’Université et la Recherche) - Marche sonore pour la défense de l’Ecole (Paris). Depart à 18h dans les arrondissements ; convergence à 20h place de Stalingrad. lundi 1er juin : Ultimatum de la Ronde infinie des obstinées. 7 jours et 7 nuits de Ronde, jusqu'aux élections européennes. Mercredi 3 juin : 11e CNU à Paris 13. 4 juin : Marche de tous les savoirs (Paris et province). |
publié le 30 avr. 2009 05:26 par Antoine Miné
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mis à jour le·30 avr. 2009 05:41
]
Communiqué de la 9ème CNU
Hier, mardi 28 avril 2009, trois mois après les premières manifestations, 20.000 personnes
ont encore exprimé dans la rue leur opposition aux réformes du gouvernement qui découlent
de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche. Face au mépris, aux déclarations mensongères,
aux manœuvres en trompe-l’œil et aux choix délibérés de passage en force, les délégués
représentant 64 établissements réunis en Coordination Nationale des Universités le 29 avril
2009 en Sorbonne ont voté la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires.
Le mouvement du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est ni
minoritaire, ni près de s’arrêter. A ce jour, 49 universités retiennent les notes du premier
semestre ; 51 universités sont en grève totale ou partielle ; 44 universités sont bloquées ; 14
universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat.
La CNU se félicite de la convergence des luttes en cours pour la défense des services
publics notamment les services de santé.
La communauté universitaire continue avec force et détermination à s’opposer aux réformes
du gouvernement.
Déclaration de la 9ème CNU
Les délégués de la communauté
universitaire et de la recherche représentant 64 établissements, réunis
le 29 avril 2009 à la Sorbonne pour la neuvième réunion de la
Coordination des Universités née le 22 janvier 2009 réaffirment leur
solidarité et leur opposition déterminée aux projets du gouvernement.
Persistant dans son refus de réelles négociations, le ministère de
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a fait passer en force,
pendant les vacances de printemps, les décrets sur le statut des
enseignants-chercheurs, le CNU et le contrat doctoral unique. Il a
d’ores et déjà annoncé qu’il ferait de même pour la réforme de la
formation et du recrutement des enseignants des premier et second
degrés. Le ministère s’est même opposé à la demande clairement formulée
par la CPU concernant ce dernier point, au mépris des règles qu’il
avait lui-même fixées concernant l’évaluation des maquettes par
l’AERES. Ce déni des principes démocratiques nous renforce dans notre
détermination.
Partout en Europe où ont été mises en place des réformes similaires
dans le cadre du processus de Bologne (Italie, Grèce, Royaume-Uni,
Allemagne, Autriche, Espagne…), ces dernières ont eu pour conséquence,
à très court terme, des hausses massives de frais d’inscription, la
précarisation des acteurs de l’enseignement supérieur et de la
recherche, la disparition d’emplois techniques et administratifs, ainsi
qu’une concurrence délétère entre les individus, les équipes et les
établissements.
Nous réaffirmons que la crise actuelle que traversent l’université
et la recherche tire son origine du Pacte pour la Recherche, de la loi
LRU et de la Révision Générale des Politiques publiques. Pour cette
raison, nous restons attachés à la plateforme de revendications dont
tous les points sont liés et que nous avons maintes fois rappelée :
- Abrogation de la loi LRU et du pacte pour la Recherche.
- Retrait du projet de réforme de la formation et du recrutement des
enseignants des premier et second degrés qui menace à très court terme
le système public d’éducation
- Retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le CNU
- Retrait du contrat doctoral unique
- Rétablissement des postes supprimés en 2009, mise en place d’un
plan pluriannuel de création d’emplois statutaires concernant
l’ensemble de la communauté universitaire et résorption de la précarité.
- Opposition aux principes de dotation budgétaires (système SYMPA),
qui mettent dès à présent en danger les filières technologiques
universitaires (IUT, IUP, IUFM, etc…).
- Arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche et réaffirmation de leur rôle d’opérateur de recherche
- opposition aux mesures qui conduisent à la précarisation des
étudiants (démantèlement du CROUS, augmentation prévisible des frais
d’inscription, etc…)
Nous appelons à continuer la grève, à intensifier le mouvement et à :
- ne faire remonter aucune maquette de master de formation des
enseignants actant la réforme actuelle et refuser de les appliquer si
elles sont imposées par le ministère
- appeler au refus du vote des compétences élargies par les conseils d’administration des universités
- faire voter par les conseils centraux des motions contre
l’application de la modulation de service et refuser le cas échéant les
évaluations personnelles prévues dans ce cadre.
- Refuser la mise en place des entretiens professionnels d’évaluation des personnels BIATOSS.
- Mettre un terme aux processus d’externalisation et de précarisation des personnels, notamment BIATOSS.
- Refuser les chaires d’excellence
En défendant les universités et les organismes de recherche, nous ne
défendons pas seulement les universitaires mais un idéal démocratique
et laïc opposé à celui du gouvernement (droit à la connaissance pour
tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni
territoriale, droit de s’engager dans des études qui n’ont aucune
rentabilité immédiate mais qui sont d’une valeur essentielle pour la
société, liberté de la recherche et de l’enseignement). Nous refusons
la logique de mise en concurrence des universités et des membres de la
communauté universitaire, scientifique et éducative, implicite dans ces
décrets, et nous réaffirmons les valeurs de coopération et de
solidarité dont la recherche et l’enseignement se nourrissent.
Face à la menace que ce gouvernement fait peser sur ces principes
fondateurs, nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire,
scientifique et éducative, ainsi que tous les citoyens, à défendre ces
valeurs sans concession et à les promouvoir.
L’université française doit continuer à être le cadre de la
démocratisation du savoir pour la formation de citoyens libres et
responsables.
La CNU se félicite de l’unité réalisée dans la rue le 28 avec les
collègues de la santé et des convergences à venir le 1er mai avec
l’ensemble des secteurs
L’université et la recherche sont en lutte depuis trois mois ; aujourd’hui elles sont plus que jamais en résistance.
Motions de la 9e CNU sur les examensNous ne tiendrons pas les examens !
Face à la situation de blocage actuelle dont le
gouvernement porte l’entière responsabilité, et qui a entraîné une
suspension des cours depuis trois mois dans la plupart des universités :
1. Nous refusons d’évaluer les enseignements qui soit n’ont pas été dispensés (dans 30
universités en piquet de grève aucun cours ne s’est tenu au second semestre), ou bien
qui ont été dispensés dans des conditions de grève ne permettant pas un accès
équitable des étudiants à ces contenus.
2. Nous appelons les enseignants-chercheurs et le personnel BIATOSS à ne pas
organiser les examens et ce jusqu’à satisfaction de nos revendications. Motion de la 9e CNU contre les répressions
La Coordination Nationale des Universités condamne toute répression à l’encontre de la
communauté universitaire et scientifique dans son ensemble.
Elle appelle à soutenir tous les membres de la communauté universitaire et scientifique qui
sont poursuivis dans le cadre du mouvement.
Elle rappelle que la grève est un droit constitutionnel et que les intimidations, les menaces,
les insultes et les provocations sont une atteinte grave à ce droit et à la liberté individuelle.
Elle condamne par ailleurs les initiatives des administrations universitaires visant à mettre
fin au mouvement : consultation électronique, référendum et vote sans débat.
Motion : « Il n’y a qu’une Université, c’est l’Université Publique »
La Coordination Nationale des Universités réunie le 29 avril 2009 en Sorbonne s’insurge de
la publication au Journal officiel du 19 avril du décret n°2009-427 du 16 avril 2009
« portant publication de l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la
reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur »
Ce décret est une nouvelle attaque contre le principe de laïcité.
Il est écrit dans ce décret : « Pour les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et
les établissements d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège : aux grades
et diplômes qu’ils délivrent dans les disciplines énumérées dans le protocole additionnel.
Une liste des institutions ainsi que des grades et diplômes concernés sera élaborée par la
Congrégation pour l’Education catholique, régulièrement tenue à jour et communiquée aux
Autorités françaises ».
Cette phrase est purement scandaleuse pour deux raisons de fond :
- Alors que la DGES, dans une note « informative » impose les noms de domaines et
de diplômes aux universités publiques, ce décret laisse les instituts catholiques dicter
leur loi au Ministère. Alors que le pilotage bureaucratique n’a jamais été aussi
explicite pour le service public, on laisse les mains totalement libres au secteur privé.
- Depuis 1885, les instituts catholiques ne sont plus des universités. Il n’y a qu’une
Université en France et c’est l’Université publique.
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publié le 24 avr. 2009 02:25 par ej s
[
mis à jour le·24 avr. 2009 02:29
]
Communiqué de la Coordination Nationale, 6 avril 2009
Cours à l’université : pas de reprise sans le retrait des réformes contestées Ayant
pris connaissance du communiqué de Lionel Collet, président de la
Conférence des Présidents d’Université, diffusé le lundi 6 avril 2009,
la Coordination Nationale des Universités (CNU) réunie ce même jour
tient à réaffirmer sa détermination à combattre les réformes qui
menacent l’Université et la Recherche. Le mouvement inédit initié par
la communauté universitaire depuis plus de deux mois a forcé les
Ministères à manœuvrer ; mais aucune de nos revendications n’a été pour
l’instant satisfaite. La durée du mouvement de grève est à imputer au
seul gouvernement. Les prétendues avancées obtenues ne sont que des
trompe-l’œil et ne modifient en rien la logique des réformes. En outre,
la Conférence des Présidents d’Université n’a aucune légitimité à
décréter unilatéralement la reprise des cours. La CNU appelle donc
le monde de l’éducation et de la recherche à poursuivre la lutte et à
mener les actions nécessaires à son amplification et à son succès, en
prenant part massivement aux manifestations, de la Maternelle à
l’Université, prévues notamment : - mercredi 8 avril - mardi 28 avril - vendredi 1er mai.
Ce printemps 2009, l’Université et la Recherche sont dans la rue.
Liste des porte-parole :
David Berrué, étudiant, Tours
Yvon Le Bourhis, BIATOSS, Univ Marne-la-Vallée
Manon Tertrain, étudiante, Paris 4
Sarah Hatchuel, PU, Le Havre
Nathalie Vienne-Guerrin, PU, Montpellier 3
Mathieu Bonzom, Paris 10
Rémi Georges, vacataire, UMLV
Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 8 avril 2009
La Coordination Nationale des Universités répond à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le Président, nous n’avons pas les mêmes valeurs »
Quoique
moins méprisantes dans la forme que son discours du 22 janvier, les
déclarations de Nicolas Sarkozy du 7 avril 2009 révèlent la même
conception mercantile de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Si,
pour Nicolas Sarkozy, les études ne servent qu’à « créer de la valeur
ajoutée », les universitaires en lutte continuent d’affirmer que
l’université n’est pas une entreprise et que le savoir n’est pas une
marchandise.
Là où Nicolas Sarkozy parle de « valeur
ajoutée », nous parlons de valeurs républicaines : droit à la
connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination
financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études qui
n’ont aucune rentabilité immédiate mais qui sont d’une valeur
essentielle pour la société.
Là où Nicolas Sarkozy parle
« d’accélérer la commercialisation des brevets », nous lui opposons la
nécessité, pour les générations futures, de préserver une recherche
fondamentale forte et libre des dictats du marché.
Quand Nicolas
Sarkozy estime que l’autonomie des universités est préférable au fait
de « se retrouver au ministère pour qu'on vous dise d'un bureau
parisien ce qu'on doit faire », nous tenons à rappeler que les
universités n’ont jamais autant reçu de directives émanant des
Ministères que depuis le vote de la loi LRU (sigle qui signifie
pourtant « liberté et responsabilité »).
Si Nicolas Sarkozy est
de bonne foi en annonçant que « donner l'autonomie aux universités,
c'est leur faire confiance », alors qu’il fasse enfin confiance à la
communauté universitaire qui dénonce, dans un mouvement inédit par sa
durée et son intensité, les conséquences désastreuses de ces projets de
réforme. Or, la politique actuelle a conjugué, jusqu’à présent,
irresponsabilité et inefficacité, autoritarisme et ignorance des
problèmes posés.
Le monde de l’enseignement et de la recherche
n’est pas hostile à toute réforme. Mais il conteste une logique
d’économie budgétaire et de mise en concurrence systématique des
institutions, des équipes et des individus, qui met en péril la
création et la transmission des savoirs. A la concurrence et à la
rentabilité à court terme, il préfère l’émulation, la coopération et la
liberté de recherche. A l’autoritarisme et à la concentration des
pouvoirs, il préfère la collégialité et le gouvernement par les pairs.
Aux nommés, il préfère les élus.
L’Education Nationale, de la
Maternelle à l’Université, doit continuer à transmettre connaissances
et culture gratuitement, sur tout le territoire, pour garantir la
traduction dans les faits de nos idéaux républicains.
Ce printemps 2009, pour défendre ces valeurs, le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est dans la rue.
Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 9 avril 2009
« Oui Madame Pécresse, il est temps de vous inquiéter ! »
Après
plus de deux mois d’un mouvement inédit dans les universités
françaises, Valérie Pécresse daigne enfin se préoccuper des
conséquences de sa politique. Elle s’inquiète des menaces qui pèsent
sur les examens et la validation de l’année universitaire. Valérie
Pécresse se préoccupe de « la crédibilité de nos universités à
l’étranger et de la valeur de nos diplômes ». Nous sommes heureux
d’apprendre que nos universités, si médiocres, à en croire Nicolas
Sarkozy, jouissent donc néanmoins d'un certain prestige et que les
diplômes qu’elles délivrent ont encore quelque valeur. Valérie
Pécresse ne veut pas que soient délivrés des diplômes dévalués ? Ce
sont ses réformes qui instaurent une dévaluation généralisée des
diplômes en mettant notamment en place une « masterisation » des
concours de recrutement d'enseignants qui réduit leur contenu
disciplinaire, repousse d'un an le droit à un salaire, et menace de
précariser celles et ceux qui n'auraient pas obtenu à la fois le master
et le concours. Notre ministre se demande comment, si le mouvement
perdure, le caractère national des diplômes « pourrait être préservé si
tous les étudiants n’ont pas bénéficié de la même formation ». C’est
précisément parce que nous voulons préserver le caractère national des
diplômes que nous luttons. La mise en concurrence des universités
instaurée par la LRU, la création de quelques « pôles d'excellence »,
de diplômes « professionnels » d’entreprise et de masters
d'enseignement aux contenus variables localement ne peut en effet que
mettre en péril le caractère national des diplômes. « Il est
impensable de boycotter le baccalauréat », nous dit-elle. Ce qui est
impensable, c’est qu’après des mois d’actions menées par l’ensemble des
acteurs de l’université, notre gouvernement n’ait toujours pas écouté
nos revendications, qu’il n’ait toujours pas pris la mesure de notre
détermination. Valérie Pécresse agite le spectre de la pénalisation des
étudiants, au sujet des diplômes de cette année, afin de pousser
l’université à abandonner la grève. Nous construisons ensemble cette
lutte, enseignants-chercheurs, BIATOSS et étudiants ; c’est ensemble
que nous trouverons les solutions pour qu’aucun étudiant, gréviste ou
non, ne soit pénalisé. Madame Pécresse nous parle du respect des
élèves et des étudiants. Il est étonnant d’entendre parler de respect
lorsque le monde de l'enseignement et de la recherche est confronté
chaque jour au mépris des ministres et du Président de la République.
C’est parce que nous respectons élèves et étudiants que nous luttons
pour que l’université française ne repose pas sur des lois de
rentabilité immédiate et pour que nos formations ne mènent pas à un
avenir fait de précarité. Elle attribue enfin la poursuite du
mouvement à quelques « bandes encagoulées » et au climat de peur qui
règnerait en ce moment. Lorsque nous sommes témoins des violences
policières envers des grévistes pacifiques, personnels comme étudiants,
nous nous demandons quel genre de climat cela peut instaurer, et qui en
est responsable.
Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 11 avril 2009
« Sans l’accord des universitaires, les réformes ne passeront pas ! »
L’Agence
d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES),
dans un communiqué du 10 avril, vient de décider de ne pas évaluer les
masters « métiers de l’enseignement » que Valérie Pécresse avait
demandé aux universités de mettre en place. Ces masters devaient
devenir un passage obligé, à la rentrée 2009, pour les étudiants
souhaitant préparer les concours de recrutement de l’Education
Nationale. Pourquoi un tel refus ? L’AERES a estimé que ces
masters étaient en nombre trop faible pour être évalués : seule une
dizaine d’universités (sur plus de 80) avait finalement fait
« remonter » des propositions de masters au Ministère. Valérie
Pécresse et Xavier Darcos comptaient sur une mise en concurrence
effrénée des établissements qui devait mener chaque université à faire
remonter sa proposition (ou « maquette »), de peur que l’université
voisine ne le fasse, et n’attire, par là même, tous les étudiants
souhaitant devenir enseignants. Mais c’était compter sans le refus
catégorique des universitaires de participer à la mise en place d’un
système qui attaque de plein fouet le service public d’Education
Nationale. D’initiatives personnelles en accords régionaux, de
décisions d’UFR en votes de conseils d’administration, le « blocage »
de la remontée des masters s’est organisé tout au long de l’hiver,
faisant fi des pressions des Ministères qui ne cessaient de reporter la
date limite de remise des maquettes, dans l’espoir de gagner à l’usure
contre des universitaires déterminés. Cette détermination s’explique aisément. Les universitaires ont compris le vrai sens de la « mastérisation ». Les
concours seraient d’abord vidés de leur contenu disciplinaire,
notamment pour permettre aux étudiants de les préparer tout en
rédigeant des mémoires de master et en effectuant des stages. Les
étudiants seraient interrogés sur « les programmes des collèges et
lycées » et sur le « système éducatif » en général. Au lieu de prouver
leur capacité à réfléchir et leurs connaissances disciplinaires, les
étudiants devraient avant tout montrer qu’ils savent obéir à leur
hiérarchie. Quant à l’année de stage rémunéré et de formation en
alternance, elle disparaîtrait, privant ainsi les nouveaux enseignants
d’une année de salaire et d’une année de cotisation à la retraite. En
prétextant recruter les jeunes enseignants à Bac+5 afin de revaloriser
leur salaire, le gouvernement souhaite avant tout réduire le nombre de
fonctionnaires. Des bataillons d’étudiants « reçus » au master
d'enseignement mais « collés » au concours, pourraient être recrutés
comme contractuels (par exemple pour quelques heures de remplacement
dans les collèges et lycées), sans obtenir un poste de titulaire. Les
étudiants « mastérisés » iraient frapper aux portes des établissements,
espérant être embauchés en CDD, voire en CDI, mais certainement pas
comme fonctionnaires d’Etat, ce qui remet en cause l’indépendance et
les conditions de travail des enseignants. La « mastérisation » institutionnaliserait la précarité d’enseignants moins bien formés. Valérie
Pécresse et Xavier Darcos doivent comprendre qu’ils ne pourront pas
mettre en place ce système inique. Si les universitaires ont pu bloquer
la remontée des masters cette année, ils pourront le faire à nouveau
les années suivantes. Si les Ministres souhaitent vraiment l’autonomie
des universités, alors qu’ils entérinent la décision des
universitaires de ne pas collaborer à la destruction du service public
et à la précarisation de leurs étudiants. Cette réforme
dangereuse et contestée doit être retirée. C’est l’une des conditions,
non négociables, à la reprise des cours, que Valérie Pécresse appelle
tant de ses vœux.
Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 16 avril 2009
Des
porte-parole de la Coordination Nationale des Universités sont venus ce
matin apporter leur soutien à la manifestation des agents du secteur
énergie place de la bourse à Paris. Ils ont souligné à quel point les
revendications portées par les salariés en grève rejoignent celles des
universités en lutte depuis bientôt trois mois. Les bas salaires, la
précarité, les suppressions d'emplois, l'externalisation des services
et des fonctions, tout cela participe au fond d'une politique globale
de destruction des services publics. Comme l'ont scandé les
manifestants en réponse à l'intervention des porte-parole, c'est le
« tous ensemble » qui doit être notre réponse au gouvernement.
À Paris le 16 avril 2009, les porte-parole de la coordination nationale des universités
Communiqué de la Coordination Nationale des Universités, 20 avril 2009
« Mesdames
et Messieurs les Conseillers d’Etat : refusez de statuer sur le décret
des enseignants-chercheurs, contesté par l’écrasante majorité de la
communauté universitaire ! »
La Section Administrative du
Conseil d’Etat va être appelée, mardi 21 avril, à examiner le projet de
décret concernant le statut de enseignants-chercheurs.
Ce texte
fait toujours l’objet d’un rejet massif de la part de la communauté
universitaire, comme en témoigne le mouvement de contestation qui anime
les universités françaises depuis des mois. Les différentes réécritures
qu’il a subies n’ont en rien modifié une logique qui, en voulant
imposer une modulation de services nécessairement à la hausse dans un
contexte d’économie budgétaire, dénature le métier
d’enseignant-chercheur et détériorerait les conditions d’enseignement à
l’université.
En outre, la mise en place d’une évaluation
systématique des enseignants-chercheurs tous les quatre ans est
toujours prévue, alors qu'elle est contre-productive et ne pourra
s’effectuer que sur des critères quantitatifs ineptes. Avec le projet
de contrat doctoral, la formation à l’enseignement supérieur et à la
recherche se trouverait, elle aussi, dénaturée.
Une modification
profonde des conditions d’exercice d’un métier ne devrait pas
pouvoir être décrétée sans un minimum de consensus et de sérénité. En
l’état actuel, il est ainsi permis de s’interroger sur l’opportunité
administrative de statuer sur un décret qui suscite une telle
opposition et dont la Coordination Nationale des Universités n’a cessé
d’exiger le retrait.
Une éventuelle validation du décret par le
Conseil d’Etat en pleine période de vacances universitaires serait une
marque supplémentaire de mépris à l’égard des universitaires, et
viendrait confirmer l’impression largement partagée que Valérie
Pécresse souhaite passer en force, sans entendre le rejet massif
exprimé par la communauté universitaire.
En conséquence, la
Coordination Nationale des Universités demande à la Section
Administrative du Conseil d’Etat de ne pas statuer sur la version
actuelle du projet modifiant le décret n° 84-431, sinon en délivrant un
avis défavorable.
La Coordination Nationale des Universités
appelle le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche à se
rassembler mardi 21 avril 2009 à 13h30 devant le Conseil d’Etat pour
réaffirmer son opposition aux décrets contestés et à leur cadre
législatif, la loi LRU.
La Coordination Nationale des Université
reste plus que jamais résolue à lutter contre une politique globale du
gouvernement qui met en péril le service public d’éducation et de
recherche. Même si, en dépit du bon sens, ce décret se trouvait validé,
le combat pour défendre l’indépendance et la qualité de l’enseignement
supérieur et de la recherche, continuerait avec la même détermination.
Ce Printemps, le monde de l’enseignement et de la recherche est plus que jamais dans la rue !
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