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Neuf fois trois

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Extrait

J’avais beau tout y faire pour que ça marche, y’a rien qui venait.
La doyenne du village elle avait fini par m’dire « Ma pauv’ Marie, z’êtes stirile jusqu’au trognon, y’aura pas de marmots qui vont sortir de c’ventr’là. »
Y m’bourrait pourtant pas mal, mon gaillard. Il y mettait même du cœur à l’ouvrage, comme on dit. Mais y’a rien qui venait, même pas un demi-mioche, rien.
C’est ça qui m’a poussée à demander aux Eaux. La doyenne elle dit qu’elles nous écoutent, et que parfois elles exaucent les vœux. Alors un soir, je me suis assise sur mes genoux, j’ai fermé les yeux, et j’ai fait des belles phrases.
« Ô vous les Eaux qui nous écoutez,
Ô toi Mer des mers dans ton infinie beauté,
Donne-moi trois beaux enfants à chérir,
Que je puisse les aimer et les voir grandir.
»
Je faisais ça tous les soirs avant d’me coucher, pendant que mon gaillard y fermait bien la maison pour pas que le froid y puisse rentrer.