Conte inspiré par une histoire d'Alexandre le Grand.
Publication
Extrait
Vous n'êtes pas sans savoir qu'avant de me mettre à écrire, je dessinais. Et comme tout artiste en ces années là, j'étais aux ordres de l'Empereur.
Après avoir fait construire sa grande bibliothèque, son stade, sa cité diplomatique, et quelques routes, il décida de faire bâtir le plus grand port du continent.
On commença les travaux, sans incidents, jusqu'à ce que la structure vienne piétiner la mer. En effet, les grandes poutres qui venaient s'enfoncer dans le rivage ne tenaient pas. On cru d'abord que le fond était fait d'un vase instable, que l'eau était trop corrosive... puis les experts furent unanimes ; il s'agissait d'un sabotage.
Qui osait donc se mettre en travers de l'Empereur ?
Vous l'auriez vu ! Il était furieux. Personne, depuis sa naissance, ne s'était jamais opposé à lui sans mourir la minute suivante.
Je le vis moi-même se lever de son trône à l'entente de cette nouvelle, quitter la grande salle, franchir la rue jusqu'au chantier, et plonger ! Oui, plonger, directement, pour aller constater des dégâts, pour abattre à mains nues, sûrement, les saboteurs qu'il trouverait.
Il sortit de l'eau, très dignement, mais bredouille. On lui expliqua que cela se passait la nuit, et qu'il s'agissait sûrement de monstres.
Des monstres ! Ça aurait pu effrayer quelques enfants, quelques villageois, mais l'Empereur, lui qui avait écrasé un cornesang alors qu'il n'avait que douze ans ! Lui qui avait déjà piétiné un sangliman escogriffe qui ne l'avait pas salué ! |