Conte médiéval.
Publication
Une version énormément rallongée (33 pages) de ce conte est parue dans les Remèdes à la bonne humeur en 2009, sous le nom Le meneur de larmes. ExtraitIl était une fois une princesse d’une beauté ordinaire. Mais elle était enfermée, et toute princesse enfermée devient irrémédiablement belle à en pleurer, triste à en mourir, vierge à en saigner.Ainsi donc, tous les chevaliers des Royaumes Eparses venaient combattre ses gardiens, grimper dans sa tour, et tenter – en vain, évidemment – de la délivrer. Sa prison était un haut donjon, si haut que le ciel y était rouge, si haut que chaque parole se transformait en petit nuage, que chaque larme tintait en frappant le sol. Mais il n’était pas inaccessible. Lassé des combats inutiles, les geôliers laissaient maintenant passer les preux chevalier, les prévenant simplement que la mort les attendait là-haut, et que la prison de la Belle servait à les protéger eux, à les protéger d’elle, et non à l’enfermer cruellement. Tentez donc de parler à un chevalier au cœur bondissant, tentez de le convaincre de renoncer, que sa quête ne peut aboutir, tentez cela et vous comprendrez que les murs sont parfois plus raisonnables que les hommes. |

