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Illustration Par MiKl Leprêtre. ExtraitC’était un soir d'intense maladie. J’avais abusé d’une drogue amère, à casser, à brûler, puis respirer. Une drogue qui me permettait de voir une couleur inconnue, tombée du ciel, absente du spectre, et que je ne saurais décrire avec des mots. J’ai senti, depuis, le parfum d’une fleur pâle qui m’a rappelé cette couleur. Mais l’écriture est un art bien faible, car il ne peut décrire que ce qui a déjà été décrit. Toute drogue est à double-tranchant, et celle-ci me fit passer des soirées abominables où, torturé par un mélange d’asphyxie et de déluge lacrymal, je sentais mon corps comme vidé par de grandes pompes cuivrées. Dans mon lit, je me tordais pour accentuer une position foetale libératrice, jusqu’à ne plus rien devenir, pour tout oublier, la douleur, la vie. Et heureusement, la souffrance m’enlevait la force et le courage de mettre fin à mes jours. Je finissais par m’endormir d’épuisement, et le lendemain je re-brûlais la tentation chromatique, pour voir à nouveau l’indescriptible. Je griffonnais milles maladresses sur mes carnets, incapable d’atteindre la singularité de cette teinte impossible. Jean-Charles prétendait que mes maladies venaient simplement de cette angoisse de ne pouvoir décrire, et non de la drogue. Il envoya Lora affin de m’aider à fuir cette spirale descendante. |