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En main propre

Publication

Contexte

Le DOUBLE BLIND MAD PROJECT est un projet initié sur un forum de littérature fantastique.
Il s'agit d'un procédé d'écriture issu du principe du téléphone arabe.
Le point de départ est un thème secret connu uniquement de celui qui le choisit et du premier intervenant.
Ce thème est envoyé à un illustrateur ou à un auteur, au choix, qui doit illustrer ce thème par un dessin noir et blanc ou couleur ou un texte d'environ 10 000 signes. La première oeuvre ainsi créée est envoyée à l'intervenant suivant soit un auteur (si la première oeuvre est un dessin) soit un illustrateur (si la première oeuvre est un texte). Et ainsi de suite.
L'intervenant reçevant l'oeuvre doit : soit créer une illustration à partir du texte reçu, soit écrire un texte à partir du dessin reçu. Pour le premier projet issu de cette technique il a été choisi que la première oeuvre sera un dessin en guise de couverture au projet.
Donc :
Le premier illustrateur reçoit le thème et crée une illustration dessus.
Cette illustration est envoyée au premier auteur qui écrit un texte à partir de cette illustration.
Ce texte est envoyé au deuxième illustrateur qui crée une illustration à partir de ce texte.
Cette illustration est envoyée au deuxième auteur qui écrit un texte à partir de cette illustration.
Et ainsi de suite jusqu'au 10ème auteur. Si la première oeuvre est un dessin, la dernière sera un texte et vice-versa.


illustrations par Pierre Gonzales et Alexandre Aillaud

Extrait

Il n'avait pas mis longtemps à conquérir son coeur. Et un soir de pleine lune il lui avait demandé sa main.
« C'est à mon père que vous devez faire une telle requête, lui répondit-elle timidement.
— Mais je n'irai pas contre votre volonté, Ma Dame. Avant de me présenter à votre père, je veux savoir si mon amour est réciproque.
— Vous le savez bien, cher Duc.
— Dites-le moi. Dites-le moi les yeux dans les yeux. Si la décision n'appartenait qu'à vous, me donneriez-vous votre main ? »
Déclamant cette dernière phrase, le Duc avait enlevé ses gants qu'il ne quittait jamais, prenant la blanche main d'Hélène qui put ainsi sentir le froid contact de sa peau.
Portant son regard vers les mains dévoilées du Duc, la gauche lui sembla étonnamment ridée, quoi que non, seulement vieille, ou... non pas sale, mais peut-être « fatiguée ».
Hélène, ayant raconté cette histoire tant de fois, n'avait pourtant jamais su trouver les mots pour définir cette main.
« Corrompue ? » proposa Ogust.