Publication
ExtraitLes médecins se sont épuisés à prescrire des médicaments, produire des théories, sans résultat.L'un d'eux a voulu donner son nom à ma maladie. Une maladie orpheline pour un orphelin. Ça me fait rire parfois. Puis je suis passé aux rebouteux, aux psychanalystes, aux dealers. Aucun n'a su m'aider. Jusqu'à ce qu'une fille croisée dans un bar me recommande de me présenter aux « Douze Têtes Mortes ». Elle me donna l'adresse. C'était un hangar abandonné, sur les darses de Dunkerque. Les darses, appris-je, sont des bassins où l'on répare les cargos. Elles sont entourées de différents entrepôts lugubres. Et à l'intérieur de l'un d'eux, tout au fond, dorment douze têtes tranchées. Posées sur le sol comme une rangée de pots de fleurs, ces douze têtes somnolaient. |
