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Cendrécume

Mini-roman de fantasy grise onirique et mythologique (2009).
Public : à partir de 16 ans.

Publication

Ce texte a été auto-publié (80 exemplaires vendus directement par l'auteur).

Extrait

Personne n'allait jamais à Cendrécume, cité-brouillard, port abandonné, ville fantôme de l'hiver, du vide, et de l'oubli.
Nul n'y allait jamais, nul n'en revenait, mais tout le monde savait à quoi elle ressemblait.
Tantôt ville hantée dont on murmurait les histoires autour du feu, tantôt ville-poème dont la mélancolie dégoulinait entre les lèvres des poètes assoupis, Cendrécume occupait l'imaginaire des rêveurs qui savaient lire dans la poussière.
La ville était entourée d'une muraille remontant aux anciennes guerres. Devant elle, trônaient des statues en supplices, corps noués, bouches criardes. Comme une armée de nécropole, la roche abîmée dressait ses silhouettes muettes pour avertir les imprudents, et pour repousser les autres.
Un seul portail nous permettait d'entrer dans la cité ; une grille de cimetière à demi-ouverte sous une voûte sinistre où l'on pouvait voir le symbole que les hommes prononçaient « Cendrécume ».
Derrière, les pavés étaient gris. Certains étaient recouverts d'une algue fatiguée, à peine glissante.
Les habitations, toutes identiques, formaient un labyrinthe de ruelles tortueuses et bancales, perdues dans la brume épaisse. Les maisons vides ne servaient plus que de murs dessinant le tracé des rues jamais parcourues. Seule la brume venait s'y engouffrer pour visiter la cité endormie, y déplacer les lentes odeurs de sel et de roche.
La ville s'étendait ainsi sur des kilomètres, monotone et froide. Puis la mer l'arrêtait.
Là, une vaste plage de sable blanc coupait la route au brouillard.
C'était alors le règne de la mer des mers. Une mer lascive et grise, immaculée. Plus personne n'y pêchait, il n'y avait plus de poissons, plus personne ne s'y baignait.

Inspirations

La cité-brouillard est inspirée de la musique désertique et glacée de Kirlian Camera (époque "Ice Curtain"), la sublime et froide plage de Dunkerque, les rues tortueuses de Boulogne-sur-Mer, et le rêve récurrent d'une cité grise habitée par des fantômes fatigués.
Le passage du clocher est repris d'un conte traditionnel, et le triste trio doit beaucoup à Prikosnovénie.
Le combat entre la stèle et Kanyl me vient d'un titre de Tarmvred publié sur le split Panacea + Needle Sharing + Tarmvred.
Mourioche apparait dans le folklore de quelques campagnes.
Une traduction adaptée de I Am the Light servait originellement de discours final à Nykal (finalement réduit à deux tirades).
Pour en savoir plus sur Cendrécume, reportez-vous à l'article correspondant.

Bande-dessinée

Cendrécume a grandit sous différentes formes au cours du temps, notamment via plusieurs projets BD.
Vous pouvez trouver ici in extrait de l'un de ces projets malheureusement abandonné.

© Sophie de La Villefromoit

Critique

" ... La grande force de ce récit réside dans la poésie de son imagination. Dans ce texte visiblement plus inspiré du conte et du mythe que de la tolkonnerie à quête, les trouvailles poétiques permettent de détourner malicieusement les clichés de la fantasy ..."
- Soslan (actusf)

Merci à KVN pour la vectorialisation du symbole.