Nader Barzin apporte une analyse différente sur les coûts liés aux changements organisationnels qui ne sont pas bien gérés. Barzin rappelle que les pertes de qualité, l'absentéisme et le turnover résultant du stress représentent entre 3 et 4% du PIB des pays industrialisés, selon une étude du BIT. En effet, on estime par exemple que le stress serait à l’origine de 50 à 60 % de l’ensemble des journées de travail perdues ! Mais Cela n’est pas tout. La perte de qualité, la perte de compétences pour l’organisation et le manque de motivation pour faire « un bon travail » ne peuvent pas se chiffrer.
Si on se limite aux seuls chiffres, selon les dernières estimations en France, les pertes s’élèveraient entre 0,8 et 2 milliards d’euros par an. Une étude publiée en 2004 évalue entre 220 500 et 335 000 le nombre de personnes touchées par une pathologie liée au stress professionnel. Le coût social du stress, prenant en compte le prix des soins, l’absentéisme et celui des décès prématurés par rapport à l’âge de la retraite, serait alors compris entre 1 167 et 1 975 millions d’euros. Le coût médical représenterait à lui seul 413 millions d’euros, et l’absentéisme serait évalué à 279 millions d’euros. A qui incombent ces coûts qui ne reflètent que l’aspect chiffrable et financier du phénomène des risques psychosociaux ? Seulement en partie aux entreprises concernées. Pour tout ce qui est remède aux conséquences, c’est la société en générale et donc chaque contribuable qui paie. Barzin ayant étudié la Sociologie des organisations, à IEP Paris, s’intéressait par la suite au leadership de changement à Harvard. C’est sur ces bases qu’il se forme en Psychanalyse à l’Université Paris 7, travaillant sur les cas de pathologies lourdes de travail à l’Hôpital Sainte-Anne. Ce qu’il a appelé la "survie" organisationnelle, est en quelque sort le fruit de ce travail. Barzin a une longue expérience professionnelle en entreprise dans des sociétés américaines et françaises se qui lui permet de bien apprécier le vécu des acteurs. Il a pu conseiller le leadership de sociétés aussi différentes que Volvo, Corbis, Scor, Pfizer, que RVI et Michelin. |