"Faire les cons", bruit, perturbations, violence, coercition,
contraintes... tranquillité, calme...
Si tout système vivant doit
être perturbé pour évoluer, des perturbations peuvent aussi le faire
exploser ! L'ordre absolu comme le désordre intérieur total provoquent sa
destruction.
Dans les mécanismes de
feedback, il y a ceux qui régulent le désordre, le rendent acceptable et
positif.. Il y a les trucs, les pratiques....
NB : la capitalisation des échanges n'ayant pu démarrer
que début octobre, un certain nombre de messages précédant cette période
ne sont pas inclus. Nous nous en excusons.
Capitalisation plus systématique et
chronologique à partir d'octobre
|
Le
système a du mal à se mettre en place
Emilie
Je
ne sais pas vous mais depuis la semaine dernière et surtout cette
semaine je commence à ne plus trop maitriser du tout l'emploi du
temps...!!! On a un emploi du temps très vague mais mêmes les heures
fixées (anglais, sport) ne tiennent plus la route.
Le bon coté c'est que ça vit, qu'on s'adapte aux envies du moment mais
ça me stresse pas mal aussi. J'ai beaucoup de mal à limiter les
projets personnels et en même temps je leur rajoute des trucs que je
veux faire moi! Et avec ces semaines toutes courtes on est débordés...
Et puis mon problème c'est aussi l'articulation de tout ça. C'est tout
hâché, ca coule pas bien.
Alors moi je stresse quand je vois le temps passer, ce qu'ils ont
"fait", ce que j'aurais aimé qu'ils fassent... En fait je
leur laisse pas mal de liberté dans le choix de leurs projets et
pourtant je ne leur laisse pas trop le temps de faire.
Exemples de la semaine:
Trucs imposés:
- moi je veux qu'ils écrivent 1, 2 textes libres, qu'on les corrige et
les recopie. (Faut voir que sur les 3 cycle 3 seul un écrit vraiment,
les autres écrivent une phrase...), ils doivent aussi noter les mots
dans je lis puis j'ecris et un lexique (rapide)
- une petite dictée personnelle des mots de leurs textes pour les 3
cycle 3
- les maths????? j'ai la batterie pemf... bon, mais ca ne vient jamais
d'eux, faut que je leur impose un certain nombre de fiches...
- le sport
- l'anglais
- on a réussi à faire "une phrase éclairée" par semaine,
une petite étude collective d'une phrase et j'aimerais bien continuer
- j'avais 2-3 exercices qui reprenaient les notions vues dans la phrase
éclairée
- lire le courrier -> pas fait du tout, 1 presque non lecteur, 1 très
lente et le 3eme n'est pas attiré par les trucs informatiques. Moi ca
me démange d'ouvrir les message, y'en a plein! D'ailleurs demain c'est
moi qui leur lis.
- ateliers libres avec les maternelles tous les soirs (où je les incite
à faire leurs projets aussi sinon on ne s'en sort pas)
- un petit cours d'histoire que je n'arrive pas à caser depuis 10
jours!...
Projets de la classe:
- chacun a choisi de faire un exposé, certains ont commencé hier
- classe découverte: une gamine fait une enquete sur ce qu'on aimerait
y faire, un autre veut écrire un mail à la classe de Ludo pour leur
demander -> ils ont mis 1h hier matin et ca n'a pas trop avancé...
- journal de classe: on en fait un par mois, on a quelques articles, il
faut les arranger, les taper, coller... en route
- projet "spontané" lundi sur les frelons, on a 5 cadavres,
ils les ont disséqué, dessiné...et une gamine en a fait un texte pour
le journal (bingo on a fait d'une pierre 3 coups, ca j'aime bien!)
Tout ca ne me parait pas énorme mais je ne sais pas comment on fait, on
est débordés! Du coup je les stresse...
Et je pense à tout ce que j'aimerais bien qu'on fasse en plus....faut
que je me calme!
Vous aussi vous vous sentez un peu submergé?
Ah oui et puis j'ai aussi les 2 eleves en grandes difficulté (écriture
lecture surtout) à qui j'aimerais consacrer du temps en plus...
J'ai pourtant pas beaucoup d'élèves (des maternelles, 2 CP et 3
cycle
C'est plus du tout clair dans ma tête, ce qu'on a le droit de faire à
quel moment...
Comment vous faites?!!
réaction1
Philippe
R
Moi,
je n'aime pas le bordel !
J'aime l'organisation, ce qui ne veut pas dire .... l'ordre .....
Le désordre est d'ailleurs jouissif car il pousse à une nouvelle
organisation.
Organisation - mise en place d'une structure - la plus simple possible
permettant un infini de possible (complexité)
On s'est déjà interrogé sur la manière de décrire rapidement et de
manière efficace cette structure.
Je suis en train de mettre à jour mon site, de le simplifier, de virer
tout ce qui est inutile.
Comment décrire donc la structure ?
Je propose :
- un schéma (quel qu'il soit ... comme l'a déjà indiqué Bernard)
- un emploi du temps
- 2 ou 3 petits autres documents
Pour la mienne, sur mon site, http://philippe.ruelen.free.fr/fonctionnement.html,
j'ai mis :
- un schéma
- un emploi du temps
- le PTA (concept né suite à un échange avec Erwan) et le menu
- le travail de groupe
Ces 4 documents permettent-ils de cerner l'organisation qui maintienne
un cadre (pour éviter le bordel) tout en permettant la complexité ?
Bernard C
Beau
boulot ! Je suppose que cela a dû te prendre pas mal de temps (mais
je sais que cela fait des années que ton site est ton instrument de
travail !). En tous cas, il me semble que c'est un tableau de bord sur
lequel tu peux agir, compléter, modifier, édulcorer... suivant ses
effets. Piloter un avion pour qu'il ne se scrache pas dans les
turbulences !
Suivant
les interrogations (bordel !) et suivant la base du fonctionnement
esxistant (quel qu'il soit) on peut aussi passer le
fonctionnement de sa classe au travers d'une multitude de grilles
(cheminement de l'écrit, position du maître, plages d'autonomie des
enfants, cheminements des projets de l'intention à la réalisation,
partage entre activité induites ou imposées par le maître et
activités libres, relations entre les deux, occupation de l'espace
dans le temps, etc. etc.
Introduire
une perturbation... mais !
Les
jokers
Emilie
J'avais
beaucoup aimé le bouquin Joker y' a quelques années, j'avais pensé un
jour proposer l'idée des jokers et un tour sur le site de Bruce Demaugé
m'a convaincue!
Je leur ai lu le bouquin vendredi et jeudi dernier et on a lancé le
principe des jokers. Les gamins étaient fous de joie (moi un peu dégoutée,
je pensais qu'ils allaient dire qu'ils n'en avaient pas besoin!... ;) )
et ils ont inventé: le joker pour faire un dessin quand on veut (ah bon
on n'a pas le droit normalement?), le joker pour faire une sieste, pour
faire une récré au lac (c'est à 5 minutes), pour faire le foufou 10
minutes et je crois que c'est tout.
Ils ont déjà utilisé: joker pour rallonger la récré d'un quart
d'heure, pour faire un tour dehors 5 minutes (super effet, celui là je
vais leur en redonner je pense, un gamin est sorti et s'est assis sur
des marches et un autre avec qui il y avait eu une embrouille le jour même
l'a rejoint et ils sont restés à discuter tranquillement, quand ils
sont rentrés ils avaient la mine réjouie), hier ils ont tenté la
sieste mais j'étais remplacée... j'ai proposé de différer, demain
ils vont revenir à l'attaque!
Moi je me suis fait 3 jokers: un pour écrire un texte libre en même
temps qu'eux, un pour écouter de la musique 10 minutes quand j'aurai
envie et un pour leur faire un discours sur "la vie" :)
C'est marrant à faire, ca lance des discussions sur ce qu'on a le droit
de faire ou pas d'habitude, intéressant!
Emilie
oh
ben non t'es pas le seul, on doit tous peter des cables de temps en
temps non? Moi le dernier en date c'était ... hier. Vous vous souvenez
de la jolie petite histoire de jokers? C'était mignon tout plein et
bien hier ca a dérapé grave! La petite qui a bcp de mal à se mettre
à bosser avait décidé d'utiliser son joker "aller faire une
sieste". Un autre me donne aussi son joker. Je leur rappelle qu'on
avait prévu de faire le conseil (5 grands moins deux, reste plus grand
monde...) puisque vendredi je n'étais pas là. Mais non ils me donnent
leur joker. Ca fait partie du jeu , j'ai essayé de ne pas montrer ma déception
mais je dois dire que ca m'a gonflé.
Je leur rappelle que si un joker se passe mal (bordel dans la salle de
sieste par exemple) je retirai tous les jokers. La gamine etait complètement
excitée, je la préviens que faire une sieste c'est important pour les
petits, que si elle y va c'est vraiment pour dormir, qu'elle profite de
ce petit cadeau, vraiment, pour se reposer. Je ne la sentais pas du
tout, l'autre si. J'installe les petits, c'est toujours un peu le bronx
de faire passer les petits aux toilettes, les aider à se déshabiller,
tout ça et là je surprends la gamine en train de courir dans la
classe, en rigolant à gorge déployée, surexcitée comme elle sait
bien l'être, elle dépasse toujours les bornes...... Je lui ai demandé
de me donner ses jokers (en hurlant...) et je les ai tous déchirés....
Je lui ai parlé de confiance que j'avais mise en elle et qu'elle avait
trahie...
J'étais pas très fière juste après, mal à l'aise, mais bon, je n'ai
rien ajouté. Elle n'a pas moufté. Je lui ai dit qu'on devrait avoir
une discussion toute les deux plus tard. Aujourd'hui je ne lui en ai pas
reparlé. Mais son comportement n'a pas changé, elle est complètement
blindée cette petite...
Bref, tout ça pour dire que oui, moi aussi j'agis avec une certaine
violence et que ca me rend mal à l'aise après. En fait il n'y a
qu'avec des enfants que je mets dans des états comme ça, avant d'etre
instit je ne m'étais jamais autant énervée. Une autre amie prof m'a
dit la meme chose. Et surtout apres coup je me sens mal, je sens bien
que c'était à moi de ne pas faire déraper le truc en tant qu'adulte
mais parfois c'est vraiment dur... Quand on se sent atteint, qu'on a déjà
fait des gros efforts, qu'on a pris sur soi et que paf l'autre dépasse
encore ce qu'on avait pu admettre....
J'ai remarqué qu'avec les maternelles je "gronde" souvent, je
punis (j'isole le gamin 2 minutes) mais ca n'a pas de conséquences, je
ne m'énerve vraiment que très rarement, en général c'est plutot
comme un rôle pas très drôle à endosser mais que je prends régulièrement
pour mon bien, celui du gamin et des autres, je n'ai pas de probleme de
conscience.
Par contre avec les grands c'est beaucoup plus rare mais quand ca pète
c'est que je suis vraiment touchée et c'est plus violent.
Et vous autres vous gueulez fort de temps en temps? Et surtout vous avez
des techniques pour éviter?
Emilie
Juste
pour répondre à Bernard et Philippe concernant la petite de ma classe:
elle a toujours été en classe unique, je l'ai connue en ce1 et elle
est maintenant en CM1. Donc on se connait très bien. J'ai toujours dû
calmer le jeu avec elle, c'est une petite qui s'emballe de façon déraisonnée
(elle parait vraiment insolente pour quelqu'un de l'extérieur), qui
fait mal aux autres sans faire exprès parce qu'elle les sert, et les étoufferait
presque! Elle a beaucoup progressé depuis 2 ans, elle a grandi, s'est
posé un peu et puis les discussions qu'on a pu avoir avec elle et sa
famille ont peut-etre eu un effet. L'histoire de sa famille explique
beaucoup de choses (famille de 10 enfants, décès de 2 frères...).
Je me souviens de ma premiere annee où on a fait du vélo avec 3
enfants, 2 accompagnateurs. Quand j'y repense je me dis que c'était
vraiment de la rigolade! Mais pourtant je me souviens qu'elle me faisait
flipper, il fallait lui rappeler sans cesse les dangers, elle se mettait
tout le temps en danger sans réaliser.
Je l'ai vue aussi au mariage de ses parents où elle était survoltée,
elle m'a fait mal tellement elle me tirait sur les bras pour danser puis
m'envoyer bouler 2 secondes après...trop bizarre!
Bref elle n'est pas simple, elle a bcp de mal à se canaliser. Elle est
extra en théatre quand elle arrive à se concentrer (ce qu'elle sait de
mieux en mieux faire), du coup j'ai eu envie d'en refaire cette année,
ca va lui faire bcp de bien je pense.
Pour le coup des jokers ils me connaissent bien et moi aussi, je savais
qu'avec elle il y avait un risque d'abus total mais j'ai présenté les
choses de façon à ce que ca se passe bien et j'avais vraiment
confiance, je souriais avec eux quand je les voyais s'extasier. Le but
c'était de leur faire ce petit cadeau que je trouve génial quand la
confiance est là et d'amener peut-etre matiere à discuter sur ce qu'on
peut se permettre ou pas, de me tester aussi dans mes limites. Et la
sieste d'ailleurs c'est moi qui ait soufflé l'idée à un gamin qui je
sais adore ça (d'ailleurs il a fait sa sieste de 30 minutes et ca s'est
super bien passé, il avait l'air ravi, il n'a pas raté grand chose de
la journée, j'étais contente pour lui).
Je crois que je base un peu trop mon "autorité" sur la
confiance, sur le partage de valeurs (comme l'instit de Martin??...)
avec les enfants, j'impose rarement sans m'expliquer, je doute aussi
beaucoup, ça doit se sentir. L'an dernier j'avais des grands
exceptionnels dans la classe et peut-etre que leur absence permet à
cette petite de prendre plus de place. Elle n'aurait pas réagi comme ça
l'an dernier, les autres la calmaient, elle était d'ailleurs un peu à
l'écart...
Emilie
Merci
au fait Matthieu, tu m'as apporté avec ton mail!
Tu parles de forçage de liberté, ca consiste en quoi?
Moi j'oscille toujours entre lui dire "bon ma grande va falloir s'y
mettre, c'est bien joli tout ça mais y'a des choses essentielles à
savoir qui t'aideront pour la suite, va bien falloir se les cogner, avec
un peu de chance tu vas meme aimer!" et une approche plus finaude
en la laissant plus libre de s'orienter vers ce qu'elle aime le plus
mais en essayant de la cadrer un peu et lui donner le gout d'apprendre
des choses nouvelles en la valorisant.
Là je suis repartie sur un truc directif depuis mardi (ah oui, c'etait
hier!!) où je lui écris sur un "plan" de travail (contrat du
coup) ce qu'elle doit faire sans lui expliquer pourquoi, j'exige qu'elle
demande de l'aide dès qu'elle est coincée, je la limite dans le temps
(sans minuterie finalement pour l'instant mais je sens que ca pourrait
l'amuser, on pourrait en rire, je vais lui proposer).
Et puis en parallèle je lui fais cocher une feuille où il y a à peu
près tout ce qu'elle peut faire dans la classe par domaine et aussi
l'outil utilisé (ordi, sur feuille, à l'oral..), on va faire ça
pendant 15 jours et regarder ensemble cette feuille. Je voulais la
laisser libre et lui demander de remplir cette feuille pour lui montrer
qu'elle ne faisait pas de tout, loin de là mais finalement avec elle, là
je me dis que c'est mon rôle de lui dire quoi faire. J'aimerais
beaucoup que comme d'autres elle s'interesse un peu à tout d'elle même
mais c'est pas le cas alors je la force. Hier elle n'a rien dit, elle a
même plutot bien bossé je trouve, elle a réussi à écrire assez
rapidement, elle a trainé sur un logiciel d'ordi (abalect, c'est cool
ca aussi) mais sinon elle est bien passé aux activités que je lui ai
imposées.... peut-etre qu'elle attend ça de moi?
Mathieu
Certainement
que 'est ce genre de comprtement qu'elle attend de toi : que tu lui dise
quoi faire, quand le faire. Et puis mager et respirer à sa place, ça
l'arragerait ben, aussi ! ;-)
Justement le forçage de liberté de Paul Le Bohec est : je me fous de
savoir comment tu bosses, ce que tu fais, mais quand que tu n'auras pas
fais 15 textes, 15 créa, et 15 dessins noirs, n'envisage même pas de
me parler. Tais-toi. Produis. Essaie. Fais.
Et le discours de Paul, c'est de dire que quand un enfant s'est lancé
à ce point dans la production,dans l'invention à l'intérieur d'un
langage (c'est ça, l'expression-création) il ressent très vite une
satisfaction immense, qui devient le moteur du travail. Et qui rend du
coup inutile tout contrat ou tout planning de lancement.
Mais Paul précise qu'il asticote davantage la classe que les individus
: "Tiens, est-ce que cette classe peut atteindre la barre des 10
textes libre ? Je me le demande bien !"
Tu me fais penser à faire ça demain, tiens !
Frédérique
D
J'ai
l'impression de m'entendre (de me voir) dans ce que tu décris j'ai
envie de faire plein de projets avec mes élèves (CM2 à Bagnolet)
mais je perd du temps , j'ai 5 élèves qui ont 12 ans et 4 qui ont 11
ans sur une classe de 22, ils ont de grandes difficultés en lecture
et ecriture et j'ai à la fois l'impression de leur en demander
trop et pas assez. Je n'en suis pas encore arrivée à l'écriture de
2 textes libres, la majorité n'écrit qu'une phrase et on n'a pas le
temps de tout corriger et que ce soit utile pour chacun.
On
projetait d'avoir une correspondance avec une autre classe à Paris,
mais même ça à part " oui maîtresse on le fait" il n'y
a rien qui arrive.
En
même temps je vois bien qu'ils n'ont pas du tout l'habitude que les
activités viennent d'eux, de faire des choix et je n'arrive pas à
leur laisser le temps. Je stresse un peu moi aussi quand je vois qu'à
la fin de la journée la séance d'histoire n'a pas eu lieu .
J''aimerai
que le programme d'histoire se fasse par l'intermédiaire d'exposés
mais je ne sais pas trop comment m'engager la dedans. est-ce que
quelqu'un fonctionne comme ça ou a une expérience sur cette façon
de faire, car des collègues me le déconseille car je dois être
inspectée, mais je pense que les enfants seront plus intéressés
par les faits historiques si ça vient d'eux. Qu'en pensez vous,
avez-vous une idée sur la manière de l'instaurer ??
Et
je trouve également que ce qui se vit dans la classe est très haché
.
Il
paraît qu'on a la vie de classe est ce que l'on en fait, si je
m'arrête à cette expression d'une inspectrice, j'ai de quoi m'inquiéter car
mes élèves sont très insolents , et violents j'en ai un qui a
failli me casser un doigt c'est pour vous dire , et si je dois
croire que tout cela est de mon fait, il faut que je change de
boulot tout de suite ... et pourtant , je l'ai choisi ce boulot
alors si c'est vraiment moi qui induit ça que faire ?
Bernard
C
Je
reprends la structure de Mathieu qui semble ne pas générer le
"bordel" :- il y a un temps où tout le monde est
"en activité sur table". Au niveau de l'espace, chacun est
plus ou moins "fixé". On peut supposer que la position du
maître elle varie suivant ce qui se passe et ce qu'il y a à réguler,
plus que par ce qu'il y a à y faire. Au niveau de ce qui s'y fait,
cela semble varié. Peut-être serait-intéressant de savoir les
possibilités (ou les obligations) d'activités qu'ont les enfants
dans ce temps, comment ils se les programment (ou s'ils se les
programment), ce qui les guide dans leurs choix, etc.
-
Les articles que citent Mathieu ne décortiquent pas (tout au moins
pas suffisamment à mes yeux) un fonctionnement global, du coup ils
occultent ce dans quoi se réalise ou peut se réaliser ce qui
provientr "de la vie spontanée" et les implications de ses
débordements sur le reste, s'il y a encore un reste auquel on pense
devoir tenir (pédagogie de la structure). Je suppose que tes créneaux
"Français : lire, dire, écrire" et "sciences et
techno" ne recouvrent pas la totlité des deux créneaux
"classe transplantée" et "projets de
construction" ?. Mais cela peut-être et est peut-être le cas ?
L'organisation de ces créneaux devrait être intéressante. Qu'est-ce
que je fais ? qu'est-ce que les enfants font ? qu'est-ce que les
enfants peuvent faire ? où peuvent-ils être ?
-
C'est l'articulation entre "vie spontanée" (en précisant
ce qu'est l'apport de la "vie spontanée" dans l'activité)
et "séances toutes faites" et la place occupée par les
deux qu'il serait intéressant de visualiser, globalement et schématiquement.
Il
me semble qu'essayer de visualiser la fonctionnement des classes ou
il y a le "bordel" et des classes où il n'y a pas le
"bordel", en ne se préoccupant pas pour cela des
apprentissages ou des programmes (en ne sepréoccupant pas du contenu
pour l'analyse), peut donner des éclairages. Ce qui bien sûr n'élimine
pas les turbulences parasitaires inhérentes aux enfants,
administration, parents, collègues etc.
Mathieu Effectivement,
il s'agit pour moi de trouver au coup par coup quelle excuse je vais
trouver pour continuer à parler du projet bidule. Exemple : on réfléchit
sur notre projet de maison d'édition de petits livres. Un coup c'est de
l'introukzion civique (on s'organise, on vote, bla bla), un coup c'est
français (on les fait, on se les lit), un coup c'est math (combien on
en a, combien de pépette ça nous a couté, etc.) Alors je note sur mon
emploi du temps un truc bidon : 10 minutes math, 15 minutes Instr. Civ.,
20 minutes Français). Et à la séance d'après même tintouin. C'est
le bazar pour moi mais ça me garantit une tranquilité au niveau du
regard inquisiteur (car inquiet) des parents. On fait en plus en français
une lecture suivie, que je ne vais pas tarde à faire basculer en partis
dans le travail perso. On se gardera un rendez-vous pour confronter nos
conclusions sur la lecture du livre. Cela me dégagera du champ pour le
reste du travail.
|
Frédérique
J'ai
l'impression de m'entendre (de me voir) dans ce que tu décris j'ai
envie de faire plein de projets avec mes élèves (CM2 à Bagnolet)
mais je perd du temps , j'ai 5 élèves qui ont 12 ans et 4 qui ont 11
ans sur une classe de 22, ils ont de grandes difficultés en lecture
et ecriture et j'ai à la fois l'impression de leur en demander
trop et pas assez. Je n'en suis pas encore arrivée à l'écriture de
2 textes libres, la majorité n'écrit qu'une phrase et on n'a pas le
temps de tout corriger et que ce soit utile pour chacun.
On
projetait d'avoir une correspondance avec une autre classe à Paris,
mais même ça à part " oui maîtresse on le fait" il n'y
a rien qui arrive.
En
même temps je vois bien qu'ils n'ont pas du tout l'habitude que les
activités viennent d'eux, de faire des choix et je n'arrive pas à
leur laisser le temps. Je stresse un peu moi aussi quand je vois qu'à
la fin de la journée la séance d'histoire n'a pas eu lieu .
J'aimerai
que le programme d'histoire se fasse par l'intermédiaire d'exposés
mais je ne sais pas trop comment m'engager la dedans. est-ce que
quelqu'un fonctionne comme ça ou a une expérience sur cette façon
de faire, car des collègues me le déconseille car je dois être
inspectée, mais je pense que les enfants seront plus intéressés
par les faits historiques si ça vient d'eux. Qu'en pensez vous,
avez-vous une idée sur la manière de l'instaurer ??
Et
je trouve également que ce qui se vit dans la classe est très haché
.
Il
paraît qu'on a la vie de classe est ce que l'on en fait, si je
m'arrête à cette expression d'une inspectrice, j'ai de quoi m'inquiéter car
mes élèves sont très insolents , et violents j'en ai un qui a
failli me casser un doigt c'est pour vous dire , et si je dois
croire que tout cela est de mon fait, il faut que je change de
boulot tout de suite ... et pourtant , je l'ai choisi ce boulot
alors si c'est vraiment moi qui induit ça que faire ?
Courage
Emilie
Et
surtout donnons nous du temps pour que les choses s'installent .
Laurent
L
Au
départ, ils écrivent peu. Une phrase c'est déjà de l'écrit non ? Même
si on s'attend à plus, le fait d'écrire tous les jours et de recopier
tous les jours un texte, ça met en place une dynamique et rapidement la
quantité et le contenu évolue.
Je fonctionne ainsi depuis la rentrée. Tous les jours, ils écrivent un
texte libre (ça peut être une phrase au début, je n'ai pas
d'attente.) pendant le moment "j'écris tout seul" qui dure 10
minutes. Je demande ensuite qui veux lire son texte ET je lis leur
texte. Je fais cela pour la première fois cette année car je ne
souhaite pas qu'ils fixent les erreurs orthographiques. De plus,
j'essaye de mettre en valeur les textes en les lisant de façon à ce
que l'écoute soit facilitée.
J'avais constaté l'an dernier que l'écoute des textes lors de cette
phase de lecture n'était pas terrible. Là ça va mieux. Bien sur ils
sont libres de ne pas me confier les cahiers et leur texte restera
secret pour la classe. Ils pourront également lire eux même leurs
textes en réunion présentation mais uniquement les textes recopiés
dans le cahier de recopie.
Je continue donc. J'ai été surpris car les 3/4 de la classe
n'est pas du tout gêner de me confier la lecture des textes.
Après la lecture, je récupère l'ensemble des cahiers et je les
corrige ou je les réécris à la maison directement sur le cahier d'écrivain
(ça aussi, c'est une nouveauté..). Ensuite le lendemain, ils doivent
recopier le texte corrigé dans le cahier de recopie et l'illustrer par
un dessin libre. Et ainsi de suite...
Ca peut sembler un peu dur de corriger et réécrire tous les jours, les
textes des enfants mais en fait pas du tout. Ca va beaucoup plus vite
que la papotte ( Pas de scan des cahiers, pas de mise en page). Je ne
fais plus que ça pour l'orthographe. De la recopie de texte libre
quotidien. Je vais pouvoir tester l'impact de ce protocole avec mes
nouveaux arrivants qui sont à raz les paquerettes sur cette question de
l'orthogaphe. La finalité de cette démarche n'étant bien entendu pas
uniquement orthographique ... Je vous tiens au courant sur son efficacité.
réaction
philippe R
Cadrer
le temps ?
Emilie Une
question après observation approfondie hier d'une élève (j'étais déchargée):
que pensez-vous d'utiliser une minuterie pour limiter le temps passé
sur une tâche?
La gamine (CM1) donne l'impression à première vue de ne rien glander
de la matinée. Elle est capable d'écrire une phrase et de faire 3 opérations
dans la matinée. Et pourtant c'est une gamine relativement volontaire.
En tout cas elle est toujours en activité, elle n'attend pas qu'on lui
dise quoi faire, elle se lance, elle est assez enthousiaste (mais ca
retombe aussi très vite).
Elle a vraiment des problèmes très lourds on va dire avec l'écrit
(dyslexie entre autres). Elle est un peu plus efficace sur ordi mais pas
franchement plus. Le truc qui marche c'est quand on est derrière elle,
à l'aider dans la méthodologie (elle a des grosses difficultés en
lecture - très très très lente - mais elle comprend, et elle sait résoudre
des trucs de maths si on décortique un peu avec elle). J'ai le temps de
l'aider mais les trucs qui m'embêtent c'est que:
- elle ne parait pas avoir conscience qu'elle est vraiment vraiment
lente
- ca la fait marrer si on lui dit, sûrement une réaction de défense,
elle était toute braquée quand je l'ai connue il y a 2 ans, elle l'est
un peu moins mais globalement elle est pas facile à
"atteindre"
- même une fois qu'on a bien parlé de ce qu'il y avait à faire ca
prend toujours des plombes (parfois elle arrive à terminer un truc vite
et elle est super contente)
- elle donne l'impression de ne rien faire parfois et elle me dit
qu'elle réfléchit, je la crois mais ça prend VRAIMENT beaucoup de
temps!
- elle ne demande quasiment jamais d'aide alors que je les serine tous
les jours pour ça, que c'est bien et normal de demander de l'aide, que
je suis là pour ca mais que c'est à eux de savoir quand ils ont
besoin. Elle est toujours prête par contre à aider les autres.
Elle peut paraitre fumiste et donner l'impression de profiter du système
comme ça mais c'est pas du tout ça.
En fait elle est vraiment déroutante. Hier j'ai bien regardé. La
veille ils avaient fait des sciences toute la journée, je leur avais
dit que du coup il faudrait qu'il fasse des maths et du français tous
les matins, que ca allait être chouette aussi (tu parles! pour elle
c'est DUR). Elle savait en arrivant qu'elle aurait 1 texte à écrire et
des maths à faire (dans la matinée, ca va non?). Je pense qu'elle ne
supporte pas le fait que ce soit imposé (je le vois en anglais aussi où
c'est en temps imposé, on ne peut rien faire d'autre) et elle a aussi
des grosses difficultés mais elle ne veut pas vraiment les admettre.
Elle s'est mise direct sur l'ordi à faire du "je lis puis j'ecris",
vous voyez? Un logiciel qui permet d'apprendre à écrire des mots ou
des phrases qu'on a enregistrés avant (chacun a sa liste). Elle y est
restée 1h30! Normalement tu restes 15-20 minutes max, c'est chiant à
faire! Mais elle ca la dérangeait pas apparemment. J'étais juste à
coté et je lui rappelais ce qu'elle avait à faire, que je pourrai
l'aider pour écrire.
C'est seulement après la récré qu'elle a commencé à s'y mettre. Ca
a été la grosse galère. Je lui avais proposé l'an dernier un tas de
petits déclencheurs, aucun n'a marché sauf le fait de pouvoir prendre
une carte postale pour s'en inspirer et raconter une petite histoire.
Elle ne raconte JAMAIS un truc qui lui est arrivé, c'est toujours
"il était une fois", et elle écrit une phrase, basta. Et
quand on essaie de lui poser des questions sur son histoire poru qu'elle
détaille on voit qu'elle s'en fout...
Hier je lui ai dit qu'elle n'avait qu'à raconter ce qu'elle avait fait
en récré. Je lui ai dit une phrase, elle m'a répondu "ah oui
t'as qu'à mettre ça".... ok.... mais c'est TON texte, t'écris ce
que tu veux! Je lui ai dit que si elle voulait elle pouvait l'effacer
après (sur ordi), qu'on s'en foutait, ce qui était important c'était
qu'elle écrive et qu'elle prenne du plaisir. Mais je lui dis depuis 2
ans et ça n'a pas l'effet escompté...
Donc là elle a écrit ma phrase, elle a eu beaucoup de mal: Pens dans
la er cré etc... Elle ne segmente pas les verbes non plus: il lacassé
(l'a cassé).... Je comprends que l'écrit ne soit pas un plaisir pour
elle.... Elle aime lire depuis l'an dernier. Elle galère pour lire à
voix haute mais sinon on voit qu'elle prend du plaisir et elle le dit.
Bref, je voulais vous demander votre avis sur la minuterie. Je lui donne
30 minutes pour écrire, 45 pour faire des maths et elle s'arrête à ce
moment là et on voit ce qu'elle a fait. Je me dis qu'elle va peut-etre
aimer le challenge, elle "gère" elle même et elle va
peut-etre voir qu'elle a besoin d'aide?
Le truc c'est qu'elle a catalogué maths et français comme une galère.
Comment lui redonner plaisir? La valoriser ca marche bien mais ca
retombe aussi, les trucs en groupe pour le coup elle ne fait RIEN (vue
sa lenteur c'est normal). Ah le truc qui lui plait c'est d'aider, l'an
dernier elle adorait faire des trucs avec une petite CE1 qui n'est plus
là.... Mathieu Je
découvre ce soir ton message sur cette élève en difficulté (j'ai du
retard dans mes lectures !). Tout d'abord bravo de parler de ce genre de
situations, car je sais que ce n'est pas facile à partager.
Ce que tu décris dans ton message me rappelle un élève de l'année
dernière qui s'est "éteint" comme ça , sans que je puisse
faire. Très volontaire en début d'année, très mûr sur les
situations de discussions collectives (ses critiques et ses conseils étaient
d'une grande finesse), et puis il a eu de plus en plus de mal à écrire,
il ne présentait plus son travail, et passait beaucoup beaucoup de
temps dans la bibliothèque. Pascale avait avancé l'hypothèse des élèves
"pas assez nourris", mais je n'ai pas pu comprendre s'il
s'agissait bien de cela. Pour me remonter le moral, je me dis parfois
que c'est un enfant très à de nombreux points de vue, intelligent,
communicant, appliqué, mais qu'il avait peut-être besoin de se
retrouver seul, et puisque la classe lui en donnait l'occasion, il se
gobait deux ou trois bouquins par semaine.
Peut-être que ton élève n'a pas encore trouvé la porte d'entrée
vers le langage qui la fait décoller et qui lui donnera envie
d'explorer d'uatres mondes, d'autres langages. Peut-être que ton élève
est "une fleur lente à s'épanouir" comme on dit dans l'album
"LEO" (le petit tigre qui ne sit rien faire et qui, un jour,
à son heure, se met à lire, écrire, manger proprement...). Mais ça
c'est une vision qui peut être dangereuse si ta gamine est dans une
situation de souffrance, et qu'elle ne parvient pas à en sortir. Le
"forçage de liberté" à la Paul Le Bohec est peut-être
quelque chose de bon pour elle, mais comment le mettre en place pour une
seule enfant ? Tutorat ? Contrat comme ceux qu'a Philippe R. sur son
site ? Je lance des pistes mais je n'ai vraiment aucune idée de ce qui
pourrait t'aider...
Concernant la minuterie, je l'avait mise en place l'année dernière
avec mon "plan par 15 minutes"... ça a fonctioné pour un
moment, pour un groupe entier qui avait des difficultés à prendre
conscience du temps.
La question est : faut-il traiter cette difficulté avec elle, de front,
en mettant en place soit des chronométrages et des records à battre,
soit un contrat restrictif "tu te débrouilles pour finir ça avat
telle heure", ou faut-il au contraire travailler en souterrain, lui
proposer un tutorat mine de rien, lui proposer plus qu'aux autres,...
En as-tu parlé à des maîtres G ?
Pour finir, je suis bien chagrin (comme on dit à Maurice) de ne pas
pouvoir t'apporter grand chose de concret. A mon avis, la meilleur chose
qui a pu arriver à cette gamine, c'ets de tomber sur une instit comme
toi ! Laurent
L Moi,
je tombe par terre !!! Si si !!! L'autre soir, mes CE2 brassouillaient,
la tête dans les trousses, sous les bureaux et moi j'essayais de leur
faire noter dans le cahier de texte qu'il fallait faire signer le cahier
de liaison...
J'ai du répéter 6 à 8 fois de suite la même chose. J'avais une
"petite pression" qui montait en moi. Et quand Thomas me
demande, "Faut marquer quoi ?", alors là ba j'ai rien trouvé
de mieux que de tomber par terre. Effet garanti. Du coup, je l'ai refait
2 ou 3 fois de suite pour les faire marrer.
Moi ça m'a permis de percer la "boule au ventre" qui commençait
sa formation et les enfants du coup se sont recentrés suite à
l'explosion de rires.
Ca m'a fait un bien fou !!!
Je pense que je vais chercher d'autres ptits trucs comme ça qui sortent
de l'ordinaire pour récupérer la classe par "l'insolite" ou
le louffoque.
Bon ça a marché chez moi. Ca marchera peut-être pas dans toutes les
classes...
Je
n'arrive plus à maîtriser l'emploi du temps Emilie Je
ne sais pas vous mais depuis la semaine dernière et surtout cette
semaine je commence à ne plus trop maitriser du tout l'emploi du
temps...!!! On a un emploi du temps très vague mais mêmes les heures
fixées (anglais, sport) ne tiennent plus la route.
Le bon coté c'est que ça vit, qu'on s'adapte aux envies du moment mais
ça me stresse pas mal aussi. J'ai beaucoup de mal à limiter les
projets personnels et en même temps je leur rajoute des trucs que je
veux faire moi! Et avec ces semaines toutes courtes on est débordés...
Et puis mon problème c'est aussi l'articulation de tout ça. C'est tout
hâché, ca coule pas bien.
Alors moi je stresse quand je vois le temps passer, ce qu'ils ont
"fait", ce que j'aurais aimé qu'ils fassent... En fait je
leur laisse pas mal de liberté dans le choix de leurs projets et
pourtant je ne leur laisse pas trop le temps de faire.
Exemples de la semaine:
Trucs imposés:
- moi je veux qu'ils écrivent 1, 2 textes libres, qu'on les corrige et
les recopie. (Faut voir que sur les 3 cycle 3 seul un écrit vraiment,
les autres écrivent une phrase...), ils doivent aussi noter les mots
dans je lis puis j'ecris et un lexique (rapide)
- une petite dictée personnelle des mots de leurs textes pour les 3
cycle 3
- les maths????? j'ai la batterie pemf... bon, mais ca ne vient jamais
d'eux, faut que je leur impose un certain nombre de fiches...
- le sport
- l'anglais
- on a réussi à faire "une phrase éclairée" par semaine,
une petite étude collective d'une phrase et j'aimerais bien continuer
- j'avais 2-3 exercices qui reprenaient les notions vues dans la phrase
éclairée
- lire le courrier -> pas fait du tout, 1 presque non lecteur, 1 très
lente et le 3eme n'est pas attiré par les trucs informatiques. Moi ca
me démange d'ouvrir les message, y'en a plein! D'ailleurs demain c'est
moi qui leur lis.
- ateliers libres avec les maternelles tous les soirs (où je les incite
à faire leurs projets aussi sinon on ne s'en sort pas)
- un petit cours d'histoire que je n'arrive pas à caser depuis 10
jours!...
Projets de la classe:
- chacun a choisi de faire un exposé, certains ont commencé hier
- classe découverte: une gamine fait une enquete sur ce qu'on aimerait
y faire, un autre veut écrire un mail à la classe de Ludo pour leur
demander -> ils ont mis 1h hier matin et ca n'a pas trop avancé...
- journal de classe: on en fait un par mois, on a quelques articles, il
faut les arranger, les taper, coller... en route
- projet "spontané" lundi sur les frelons, on a 5 cadavres,
ils les ont disséqué, dessiné...et une gamine en a fait un texte pour
le journal (bingo on a fait d'une pierre 3 coups, ca j'aime bien!)
Tout ca ne me parait pas énorme mais je ne sais pas comment on fait, on
est débordés! Du coup je les stresse...
Et je pense à tout ce que j'aimerais bien qu'on fasse en plus....faut
que je me calme!
Vous aussi vous vous sentez un peu submergé?
Ah oui et puis j'ai aussi les 2 eleves en grandes difficulté (écriture
lecture surtout) à qui j'aimerais consacrer du temps en plus...
J'ai pourtant pas beaucoup d'élèves (des maternelles, 2 CP et 3 cycle
3)...
C'est plus du tout clair dans ma tête, ce qu'on a le droit de faire à
quel moment...
Comment vous faites?!!
réaction
Frédérique
Mathieu Pas
de solution, Emilie, mais dans le nouvel Educ de septembre il y a des
exemples de fonctionnement de classe intéressants. Cette problématique,
faire une régulation entre la vie spontanée du groupe d'un côté et
les choses qu'on souhaite faire passer autrement (séances toutes
faites), est bien décrite dans plusieurs articles. Une solution que
j'envisage pour moi, puisque mes petits automates ne vont pas tarder à
se transformer en petits génies éclairés, et que je ne peux pas me
permettre de froisser une population parentale à l'affut du moindre
agissement non réglementaire (donc immoral !), c'est d'imposer un
emploi du temps avec un créneau pour réfléchir à la classe
transplantée, un créneau pour les projets de construction, etc. En
plus, on appelle le premier créneau "Français : lire, dire, écrire",
le deuxième "Sciences et techno" et le tour est joué ! Le
hic pour les gamins c'est les horaires imposés. Mais j'ai remarqué un
truc très sympa grâce à ça : tout le monde baigne dans le même
langage en même temps, et les présentations thématiques (en fin de séance)
sont très riches car elles rebondissent les unes sur les autres. réaction
Bernard
Bernard
C
Je
vous propose de ramener la question du "bordel" à une
question purement... technocratique !
Questions
:
-
est-ce le temps qui gère l'activité (on fait ce que le découpage du
temps prévoit, dans le découpage prévu) ou est-ce l'activité qui gère
le temps (les plages accordées dépendent de l'activité) ?
On
peut poser la question autrement : dans le découpage du temps, y
a-t-il d'une part ce qui relève du maître (1) de ce qu'il juge
indispensable, obligatoire, de ce qu'il fait faire lui, etc. ,
d'autre part ce qui relève de l'enfant, ses projets ? les deux temps
étant alors séparés, il est peut-être (PEUT-ETRE !) plus facile
d'agir sur lui et de réguler. J'ai noté dns le mess de Mathieu qui
pratique une gestion plus globale tout en conservant un découpage :
deux grandes plages recouvrant les deux langages, verbal oral et écrit
d'un côté, mathématique et scientifique de l'autre, plus une plage
un peu fourre-tout. Il serait intéressant de voir comment, dans
chacune des grandes plages, se côtoient ce qui est sous l'autorité
du maître (autorité au bon sens du terme !), par exemple fiches à
faire, et du projet de l'enfant. Il me semble que dans ses mess
précédents ou de l'an passé il avait déjà jalonné cela, mais
l'archivage n'étant pas encore terminé, je n'ai ps les éléments
sous les yeux.
-
d'où seconde question : à quoi vous sert exactement le découpage du
temps (emploi) dans votre gestion de la classe ? question qui ne
porte aucun a priori ou jugement sur le découpage et sa nécessité
pour vous.
-
surchage du temps ou surcharge de l'activité : je ne vais pas réinventer
une lapalissade, mais comme on ne peut pas rallonger le temps, il faut
enlever dans le temps ! d'où, 3ème question, qu'est-ce que vous
pouvez enlever ? par exemple, pourquoi la plage d'histoire régulière
et programmée doit-elle être indispensable ? ce qui pose évidemment
la question, de comment se construit la notion historique, du temps déjà
passé.
-
Dans la gestion du temps, il me semble qu'il y a les priorités que
l'on se donne dans son utilisation, ces priorités évoluant avec...
le temps qui passe ! Quelles sont les priorités que vous vous donnez
en ce début d'année ? Est-ce tout simultanément ou avez-vous prévu
une progression dans vos attentes ? au passage, il me semble que si
vous avez établi ces priorités, c'est un argument de poids et
rationnel par rapport aux regards extérieurs (inspection, collègues,
parents...)
-
Bordel : Le découpage du temps est ce qui a formaté la plupart des
enfants qui arrivent dans vos classes. Ce qui constitue leurs repères
d'action (ou de non action !). Quels sont les repères structuraux
qu'ont, dans le moment présent, vos enfants dans votre classe ?
Pour enfourcher mon dada, quelle est l'embryon de votre structure ? Les
enfants ont-ils d'autres repères que l'utilisation du temps ?
Ces repères sont-ils clairement identifiés ?
-
Très souvent le découpage du temps gère ce qui doit être consacré
aux langages, aux "matières", au programme. Mais, gère-t-il
votre position dans la classe ? l'activité qui dépend de vous ?
comment et quand s'organise l'activité libre s'il y en a une ? y
a-t-il des moments où le "bordel" peut être admis ? des
soupapes d'échappement organisée ?
-
Organiser son temps est très difficile pour tout le monde (j'en sais
quelque chose à la maison !), encore plus difficile pour des enfants
qui ne l'ont jamais fait et qui sont dans ce qui est quand même la
facilité de subir passivement une organisation imposée. Quelle est,
au début, la part du temps que vous leur demandez ou poposez
d'organiser et de gérer pour leur propre compte ? et quelles sont les
limites de la liberté qu'ils ont dans les choix qu'ils peuvent faire
? Ces limites sont-elles évolutives ?
Il
y a plein d'autres questions (technocratiques !) qu'on peut poser ! il
y a un exercice, un peu "chiant !" auquel certains d'entre
nous se livraient et qui constitue un des outils méthodologiques des
crepsc : schématiser la structure de sa classe. Il doit toujours
avoir des exemples sur le site marelle si je ne me trompe, Philippe
qui le possède mieux que moi doit pouvoir vous dire où. Cela paraît
intellectuel, mais, au moins pour moi, cela m'a toujours aidé à y
voir plus clair, en particulier pour saisir quand la complication ne
pouvait que générer "le bordel" parce que incompréhensible
pour les enfants et casse-tête insoluble pour moi ! La complexité a
besoin de cadres simples pour pouvoir exister et s'exercer.
Je garde cependant un petit moment de plan de travail, limité à des
activités sur table : créa math, textes, dessins noirs. Tout le monde
est assis à sa table, et vu de l'extérieur, on dirait une classe...
studieuse !
|
|
Ce
qui trouble le système
Erwan
Ben
non c’est pas trop cool trop bien et trooooop
…j’sais pas quoi…
Oui j’ai apprécié de reprendre la classe. les
sens en éveillent l’œil aux aguets, j’apprécie ces situations.
Voir
des gamins commencer à briser au marteau leur bulle au bout de quatre
jour après 7 ans de classe « classique » car on ne leur a
« jamais » (ou si peu ) donné la
possibilité de choisir, de s’exprimer, de se confronter par
l’humour , la dérision, le second degré, ça m’enthousiasme.
Mais au bout de quatre jour j’en
aurais bien baffé trois ou quatre…et ouai,
désolé, y en a qui me sorte par les ports de mon enveloppe. Alors bon,
on va se trouver un terrain d’entente, c’est sur, c’est mon job,
mais y sont pas mignons tout plein, et dès que je les croise en dehors
de mon taffe c’est possible selon l’humeur et la situation qu’on
se dise deux trois p’tites choses entre
humain…ceci dit j’ai déjà commencé à le leur dire dans le taf
pas besoin d’attendre, le professionnel peut aussi leur rappeler que
ce sont aussi des branleurs de temps en temps.
J’ai même constaté dans cette violence coercitive un œil
lubrique et narquois s’ouvrir sur un air étonné de « à ouais,
moi enfant dédaigneux de ma propre personne je me rends compte sous
cette obligation, cette violence verbale et cette contrainte
qu’effectivement je suis aussi capable de…je peux aussi me respecter
un peu alors ?... ».
Si
il y a des anges y sont « trop » bien camouflé…ou alors
ils ont perdu leurs ailes depuis un moment.
Je
mets tous mes espoirs sur les diablotins.
Vivement
lundi ! et troooop
de diables ne nuisent point…mais comme disait Nougaro
encore faut il que « les mémés aiment la castagne »
Et
puis avec les gnons, on y glissera bien un peu de poésie dans ce monde
de brute.
Marie
C
Heu
moi aussi j'en aurait bien baffé 3, 4 et même ma fille en rentrant le
soir.
C'est bon mais c'est chaud, c'est dur ça use les nerfs (déjà) et je
me dis que je suis trop dure, heu non trop cool, heu je sais plus, faut
que je me calme. Enfin Ad qd je lui ai remis les pendules à l'heure, il
s'est enfin mis au boulot dans le respect des autres, de moi et de lui
j'imagine. Alors remettage de pendules à l'heure ou quoi?
Sinon le conseil, ils étaient impatients mais Ha et Bo ont fouttu la
zone, même en étant exclus ils foutent la zone et là moi je sors de
mes gonds, c'est pas tellement 3T tout ça ! Bon je vais prendre mes
gouttes contre l'hystérie.
Vivement
lundi ! et troooop de diables ne nuisent
point…mais comme disait Nougaro encore faut il que
« les mémés aiment la castagne » je ne sais
pas, parmi tous mes diables, il y en avaient 4 qui vraiment s'entrainaient
par le fond. Déjà vous me direz? sur 4 j'ai en déjà eu 3 et le
4eme je l'avais en histoire décloisonnement, dc je connaissais les
zozos.
Vs répondez quoi à un élève qui vous dit "c'est pas grave"
lorsque vs lui dites que ce qu'il fait gêne la classe, l'empêche de
travailler, est irrespectueux ou autre situation? Moi je me suis dit que
je ne pourrai pas et un diable est allé réquilibrer une autre classe.
Désolée, j'ai mal fait les répartitions. Je suis qd même
persuadée que ce sera mieux pour lui car il ne refuse pas de bosser et
au moins comme ça il ne sera pas entrainé.
Mais bon on se sent pas super bien dans ses basques et je me demande ce
qu'il y a de 3T en ce moment chez moi !!
Bref, une rentrée attendue mais pas facile
Erwan
Dans
l’école ils ont décidé l’an dernier de passer à un carnet de
liaison (type college=observation
avertissement, et …ceinture….)
Avant
j’avais un système de carte à points donnant accès à des droits.
Donc très proche des ceintures de Fernand Oury
mais aussi complexe que ce que j’ai pu en voir car je ne me sentais
pas d’entrer dans l’usine à gaz. Mais sur le principe ça ne
changeait rien. T’as pas respecté une regle
tu perds un point. Au bout d’une semaine si t’as perdu plus de six
points tu descends d’un niveau de droit..etc.
les regles-obligations étaient établies
par les MOI (les incontournables j’appelais ça…) et par les enfants
pour tout ce qu’ils voulaient ajouter.
Maintenant
c'est-à-dire 18 mois de congé parental après, j’envoie tout cela se
faire voir ailleurs et ne me sens pas en phase avec la logique de l’école.
Du
coup, vachement plus de discussion avec les mômes, entre les mômes à
chaque conflit. Et…il n’y en a pas énormément finalement. Mais
j’interviens sans doute plus souvent en terme de rappel ou de
questionnement, soit direct soit sous forme d’intervention théâtrale
et d’autodérision pour interpeller sur des situations qui ne
conviennent pas à la vie d’un groupe dans une salle pendant 6
d’affilé…les gamins ont évoqué au bout du troisième jour leur
volonté de voir ressurgir les ceintures. J’ai fait mon le dictateur
sans aucun scrupule : ben non. pas cette
année. Depuis, quelques conflits un peu plus grave
Un
gamin en pleure au moment de descendre le midi. Rappel du protagoniste.
Allez vous expliquer dans la classe tous les deux. 10mn après descente
quatre à quatre tous les deux tout sourire. (un
gars et une fille) c’est bon ? ben ouaiaiai
(le son s’en allant avec la distance…
un
autre s’est réglé avec
un gamin dans le buro de la dirlo en
discussion tripartite. Pour en arriver, alors que la dirlo soutient les
ceintures, à un proposition de plus de liberté pour le môme mais sous
contrat de comportement et travail. Je te fous la paix sur ton boulot,
mais on se fixe ensemble ce qui pourrait être fait sur la semaine et tu
t’y tiens. Et tu iches la paix aux autres.
Donc bonne semaine et on se revoit vendredi pour discuter. OK ? Ok
top la…
Du
plus incertain au plus prévoyant ils ont donc touTEs
la possibilité de circuler « librement » tout en respectant
quelques règles de sécurité du type du randonneur : tu nous dis
ou tu vas…
Pour
l’instant, alors que le groupe est loin d’être tendre ça tient à
peu près…
Ne
serait ce que demander-prendre la parole,
respecter la parole, des trucs qui dès qu’on est en phase de
mouvement en groupe, de rassemblement sont primordiaux pour le respect
des uns et des autres et le climat de l’ensemble du groupe, et bien ça
alors qu’ils ne sont pas du tout dans cette logique, on commence à
voir les prémices d’un début d’écoute…sans reglement
coercitif mais par des discussions rappelant régulièrement que je
n’ai pas entendu, que je voulais m’exprimer mais que j’ai pas pu
car untel coupe la parole, qu’il y en avait d’autres qui avaient levé
leur doigt avant moi (mais privilége du MAItre,
je leve le doigt on me donne la parole) et
puis des doigts il n’y en avait aucune il y a 4 jours…le plus rapide
et gueulard emportait le morceau du vrai liberalisme
comme aime nos capitalos ! un
bonheur !
Et puis sans regle préalable mais par
ma présence qui rappelle dans l’action que, en tant qu’individu ça
m’insupporte qu’on me prive ou qu’on prie certain de parole et ben
on cherche, on tatonne et on trouve des débuts
de bout de chose qui ressemble à un collectif…
J’avais
envi d’essayer comme cela sans ceinture et je pense que je vais
continuer. Ça me parle plus.
Qui
plus est ça oblige davantage les minots (les adultes ?) à
s’interroger sur les raisons de tel ou telles regles
et d’arrêter d’être constamment à faire appel au règlement préétabli
alors qu’on peut amener le groupe à des zones de reglement
tacite, non écrit et ne prètant pas à
sanction mais à nouvelle discussion
et questionnement sur ce reglement. Et puis
quand c’est une situation des plus graves, ben le patron, gasp !,
c’est l’instit. Et j’interviendrais sans scrupule et libéré des
ceintures quand je le jugerai bon…d’où la question subsidiaire et
quotidienne que je me pose : c’était juste ou pas cette
intervention. Adapté ou non.
D’où
nécessairement des erreurs et des excuses qui peuvent aussi revenir au
près du gamin. Je me suis gouré je n’avais pas toutes les données
je suis allé trop vite. Les mômes sont pas qu’on…pas con
pardon…y sont plutôt du 3ème type j’ai l’impression.
Peut être plus que nous …
Suite
Sylvie
Marie C (suite Sylvie R)
On
passe du temps à régler les conflits mais on essaie de ne pas y passer
trop de tps car il y a 2 ans ça nous bouffait et finalement certains en
profite pour continuer à faire les coqs. Dc je préfère prendre du tps
pour des félicitations et autres trucs "positifs". Je les
incite à se parler "message clair" et si ça ne se règle pas
alors on en parle au conseil.
On a les ceintures et le permis ! les deux ;) les ceintures pour avoir
des droits et le permis pr les droits et lorsqu'ils enfreignent les
Lois. Les 2 ont été montés l'un après l'autre dans la classe petit
à petit. pr l'instant on fait comme ça.
ça me rassure de lire que tu tapes sur la table ;)) Moi je dis Hé
OHHHHHHHHHHHHHHH . Non sans blague je me suis calmée et ça va mieux.
finalment en voulant faire le gros dur à la rentrée on se perd. Alors
je prends plus le tps et j'éteinds le gaz pour pas que ça boue. Pour
éteindre le gaz je dois être MEGA calme et discuter avec le gamin et
du coup il se passe d'autres trucs, il demande de l'aide. bon qd il écoute
rien et qu'apres il demande ça m'ennerve ms bon...
Fred
M
Moi
j'avais considérablement allégé mes conseils en demandant aux enfants
de ne pas lire le contenu de la boîte à râlages mais de simplement répondre
à la question suivante : "Est-ce que les problèmes qui sont dans
la boîte sont résolus ?"
Alors, seulement les problèmes non résolus étaient abordés.
La boîte sert à se soulager à un moment donner, à se dire que l'on
veut en parler à tout le monde.... puis, le temps passe et beaucoup de
petits conflits se résorbent d'eux-mêmes.
Cela fonctionnait pas mal or aujourd'hui, après un an de fonctionnement
comme cela (j'ai conservé ma classe), ils ont voté à une large
majorité la lecture intégrale et systématique au conseil des mots. Je
leur ai bien dit que cela allait parasiter le conseil mais ils n'ont pas
tenu compte de mes remarques (j'en suis d'ailleurs content, cela prouve
qu'ils ont pris de l'assurance et du pouvoir ;)).
Erwan
Je
pratique le message clair (que je découvre ce soir) mais pas en réunion…
La
réunion est là pour s’organiser, présenter ses travaux, ses objects
etc. quotidienne, une heure après la récrée du matin.10h30 11h30 (on
finit à 12h)
Pas
d’intervention concernant des conflits.
Je
ne l’avais pas interdit et puis c’est arrivé et je l’ai interdit.
Par conséquent lorsqu’un conflit me parvient, il n’y a pas
une seule voie de prévue. Il peut y avoir un écrit réalisé par
l’enfant sur un cahier d’échange entre la classe et moi même…cahier
plutôt prévu pour des demandes de matériel qui manquerait pour tel ou
tel projet mais qui peut aussi servir à une réclamation. Parfois je
l’oublie volontairement et le conflit s’estompe parfois je le
reprends, c’est selon ce que je perçois de l’ampleur du conflit.
D’autre fois, c’est le message clair, je fais sortir ou
j’isole les deux minots « allez discuter un peu tous les deux
dans ce coin tranquille. » Ça peut être à tout moment, en
classe, dans la cour, en se préparant à rentrer…à chaque fois la
procédure est plutôt de les extraire du groupe, de leur donner la
possibilité de s’expliquer uniquement tous les deux sans avoir juger
de quoi que ce soit préalablement.
Je constate que depuis le début de l’année
-
un
seul mot dans le cahier, mot qui a été oublié
-
plusieurs
conflits entre enfant résoluent par
l’isolement et même plusieurs fois ou je les ai vu revenir plutôt
hilare ?...
en
revanche à chaque fois, je leur demande si tout va bien, si le problème
est réglé. Il m’est arrivé d’intervenir à ce moment là et de
les prendre tous les deux car l’un d’eux ne semblait pas satisfait
alors que l’autre estimait que tout était terminé. Je diffère alors
et demande à les revoir après le temps de classe. et des débuts de
discussion observée dans en récré ou de d’excuse en classe pour un
coup ou une bousculade involontaire qui aurait fini par une baston il y
a peu…mais uniquement des prémices, quelques observations éparces
de p’tit bout de chose qui racontent ça…même
chez les plus durs car les autres le leur rappel aussi….beaucoup aussi
d’humour ou de dérision, de moquerie aussi de ma part que j’annule
aussitôt après en disant que je m’étais permis cette moquerie pas
pour faire mal, par méchanceté mais parce que je trouvais son
comportement ou la situation vraiment absurde. Les retours de moquerie
contre moi ont commencé aussi…sur le même ton…respect à chaque
fois mais disant aussi et..là…on
est un peu idiot non ? euh ben ouai…(faut
prendre sur soi…ya, pas évident.)
je
voulais expérimenter ça cette année car la venue des « messages
clairs » dans les réunions ne me semblaient pas convaincante pour
le groupe et pour les deux individus. Ça avait plutôt tendance à
permettre à certainE de s’ériger en
donneur de bonne parole morale qui me gonflait
un peu…
par
contre le débat concernant la violence est venu en débat philo. Et là
je préfère car c’est plus cadré, plus ritualisé et la parole des
uns et des autres est beaucoup plus neutre, moins de possibilité de réaction
clanique des potes contre un autre par exemple…la parole, mais
bon je sais pas trop.
Pour
l’instant ça a l’air de tenir comme ça…(pas
d’observation ni de ceinture etc. à voir… )
Mais
peut être faut il avoir un support réglementaire pour s’y référer ?
|
Sylvie
R
22
CE1, ON m’avait
promis une classe « difficile », après 3 jours (oui, cela
ne fait que 3 jours) je parlerai plutôt d’une
classe réactive.
De
toute manière j’ai
« le don » de réveiller n’importe
quelle groupe (ce qui m’a
parfois posé problèmes avec mes voisines de classe). Ce que je vois,
des sourires, des enfants fatigués qui attendent avec bonheur le
moment de « lecture offerte » où ils pourront s’écrouler
sur leur table et certains fermer les yeux, voir s’endormir.
Déjà un qui s’est
réveillé doucement pendant les maths. Les autres inquiets me l’ont
signalé, « laissé le, il en a besoin ». Ma réponse étonne
mais je pense que d’autres
se sentiront le droit de vraiment se détendre lors de cette séance. Je
ne vois pas dans la classe, pour l’heure,
de comportements hors des limites, que je ne puisse appréhender. Peut-
être un, Wilson, intelligent, remuant mais dans les limites en classe,
intéressé et moteur dans les activités. Le problème est hors classe.
Le deuxième jour, retour de déjeuner, la responsable des animatrices m’interpelle
pour dire qu’ils
ne le contrôlent plus. A la récré, nouveaux actes de violences
rapportés par les collègues. La directrice me dit que si ça va dans
la classe, je ne
m’en
occupe pas. J’ai
lu plusieurs fois dans les échanges sur la liste Freinet qu’il
était préférable notamment lors des conseils de ne parler que de la
vie de la classe. Certes cela permet de ne pas tout mélanger et de
laisser cette espace, ce temps à l’enfant.
Mais à un moment il faudra bien que je lui pose le problème ? Le
retour en classe après les récrés est un moment que j’ai
d’ailleurs
du mal à gérer. Que faire de toutes ces jérémiades ? comment
les prendre en compte, faire le tri de ce qui peut être un vrai problème,
ne pas risquer que les enfants se sentent non « protégés »,
non « réparés » d’une
injustice ou d’une
violence dont ils ont été victime ? Lorsque le problème n’a
pas été traité sur le coup ou insuffisamment traité ou non dit, non
vu comment faire ?
Marie
C
je
crois qu'il faut prendre ce temps de parole au début, je mets en
place les "messages clairs" et ce qui n'a pas été résolu
par un message clair est repris en conseil lors du "cahier de doléances
et de propositions" si l'enfant qui l'a inscrit souhaite en
parler.
BC
:
Le
problème n'est peut-être pas celui du retour en classe mais de la récré
elle-même ? peut-être aussi celui de la façon dont on sort en
"récré" et de la façon dont on rentre en classe ? Peut-être
est-il en amont ?la "récré" est-elle une parenthèse hors
de la vie de la classe ou simplement un autre espace... d'activités
différentes ? Est-ce un espace aménagé (matériellement et/ou coopérativement
?)
D’autres
personnalités dans cette classe, mais pas d’anges,
pas de démons, des petites bouilles de 7 ans, débarrassé de l’angoisse
du CP et pas encore trop « marqués ».
J’ai
compris que l’ON
m’avait
mis les enfants qui avait de vrais difficultés pour la lecture. J’avais
fait entendre l’an
dernier que je n’attendais
pas en CE1 que tous soient lecteurs, je vois que le message est passé.
Un peu trop bien, il y a quand même un deuxième CE1 ! Le fait de
trier les enfants en fonction du profil des enseignants est peut-être
positif pour l’enfant
mais l’on
conforte dans leurs pratiques les maîtres trop rigides. Ceux-ci vous le
rende bien, tout au long de l’année,
par « fais comme moi, tu vois je n’ai
pas de problèmes ! ». Je m’arrête,
là je commence à médire J
Leslie
J'ai
fonctionné plusieurs années avec une collègue de cycle 3 qui avait
l'habitude de m'envoyer ses élèves dans la classe en délégétion
lorsqu'il y avait eu un pb dans la cour avec les miens, aussitôt en
rentrant. On pouvait comme cela exprimer le problème à chaud et
petit à petit en différer la résolution jusqu'au moment du conseil. Dans
ma classe le conseil a toujours été ouvert à la résolution des pb
de cour. Cela fait partie de la vie du groupe et nous savons leur dire
que l'école est un tout, qu'ils doivent se comporter dans tous les
lieux de l'école et avec tous les adultes comme en classe, donc, pour
moi, il est évident que nous devons en parler en classe.
Pour
ne pas passer un temps infini à régler les problèmes au retour des
récrés, ils apprenaient petit à petit à déposer un papier dans la
boîte du conseil et ils pouvaient retourner à leur travail rassurés
car ils savaient que l'on allait en parler le moment venu .
Soit
positive avec les collègues qui sont hautaines comme celle dont tu
parles. Raconte-leur tes avancées avec les gamins en difficulté,
leurs succès, ceux auquels la collègue en question n'aurait jamais
crus. Partage tes doutes et tes interrogations avec ceux qui sont
capables de les entendre et laisse la vieille pie dans ses
convictions.
Sylvie R (suite Erwan)
L’année
dernière petit essai d’un passeport de comportement. En arrivant
au dernier trimestre dans un groupe plutôt hostile, j’ai freiné des
quatre fers pour ne pas repartir sur les « punitions ». Le résultat
a été plutôt positif mais il a fallu que je tienne bon .
Cette
année, démarrant en PF, une semaine plus tard je n’ai pas démarré
de ceintures, ni de passeport. Je me dis « il faut que je m’y
mette ! ». Bah ! peut-être que non en fin de compte. Il
y a votre réflexion et un événement de classe qui m’interroge.
J’ai fait la première réunion de classe aujourd’hui. Evidemment
certains enfants ont été montré du doigt : il rote (et oui !)
il lance des boulettes, des stylos, des coups… j’ai écrit tout
cela, le fait de marquer : Flavio rote dans mes oreilles les a fait
beaucoup rire (ça doit pas s’écrire ce truc là ?). Sur 15
mn nous avons eu 5 mn de temps efficace donc nous n’en sommes pas
arrivé aux décisions (comme quoi ce n’est pas encore un conseil).
Passant à autres choses je suis obligée d’écarter Flavio du groupe.
Il me demande son retour après quelques minutes et me dit :
« c’est vrai c’est bête ce que je fais, je veux m’excuser
à la classe. » ok, il le fait devant la classe assez médusée.
Puis s’ensuit William (enfant très conscient de ce qu’il fait) un
peu plus de mal à se faire entendre (un peu plus dur à croire et pour
cause !)
Ce
soir sur l’affiche de la réunion, en dessous des plaintes j’ai fait
une grosse flèche : William et Flavio se sont excusés.
Je
me sens moins pressée de mettre un passeport, peut-être cette première
expérience de la réunion et toutes les discussions que je peux avoir
avec eux suffiront ? Bon mais il y en a encore 4 autres qui gênent
fortement la classe.
A
suivre donc…
Erwan
En
fait dans la réunion quotidienne (le matin après récré 1h maxi)
Aucun
des enfants n’a amené de question sur un problème relevant de
comportement.
Uniquement
des demandes de présentation ou de question concernant l’avenir de la
classe (sorties ?classe neige ?)ou
son organisation
Je creuse ma mémoire pour avoir précisément les mots que je
leur ai dit pour présenter cette réunion. Il me semble que je n’ai
effectivment parlé que de possibilité de présentation ; j’ai
du dire qu’on pouvait essayer de régler des problemes ou des
questions qu’on se posait mais je suis à peu près sur que je n’ai
pas prononcé les mots de conflit entre eux, de chamaillerie, (les
questions de discipline en somme)
Du
coup ça ne passe pas par le groupe et je trouve cela mieux. Le grand
tribunal, l’inquisition des minots ben j’ai testé aussi et ça ne
me satisfait guère. En revanche du coup je regle très souvent des
situations problématiques directement à chaud dans le temps de vie de
classe (mais comme chacune vaque à ses occupations ça ne gène pas
tout le groupe. J’essaye d’intervenir sans élever la voix ou en
isolant les protagonistes (sortir de la salle avec eux. Par exemple. Et
les laisser en plan à discuter… puis revenir…repartir, poser deux
trois questions, décortiquant, montrant les torts partagés bien
souvent…et puis parfois ça vole, ça sort, ça explose…parfois
c’est bénéfique, souvent je me trouve plutôt con…
Cette
après midi j’ai plutôt rigolé.
Je
bossais avec un minot CM2 qu’arrive pas à écrire, signalé comme
psychotique et vilain petit canard ..assis
l’un à coté de l’autre on tentait de se lancer. On y était et
puis la cocotte montait peu à peu en ébullition sonore. Tout à coup,
paf ! un grand coup sur la table et je
me retourne regard goguenard mais incertain (yeux exorbité, Aguiré ou
la colere de dieu !, vous voyez…avec ce léger sourire de Klaus
Kindsky (orthographe ?) dont on ne sait pas si c’est du lard ou
du cochon pour ces p’tits musulman ça tombait bien ! humpf !
o))) on peut rire…. Bref, tour de tète panoramique sur la classe et
parole ( à voix basse) : serait ce
possible d’avoir un peu de silence pour que X et moi nous puissions
poursuivre le travail que nous avons engagé ? chuuuuuuut
Reprise…calme….puis
une voix, puis une autre puis…
Et
collègue enfant d’infortune, mon voisin, tu entends ? tu
l’entends la cocotte qui recommence à bouillir ? (j’avais
utilisé cette métaphore avec eux ces derniers jours) interloqué, le
minot me regarde ne saisit pas tout de suite et puis un léger sourire
se pointe au fur et à mesure que je lui signale une nouvelle bulle
sonore.
Et
puis au moment de l’ébullition, je lève ma main et me tourne vers
lui. « on y va ?!! » sourire
béa qui aussitôt léve une main et d’un coup tous les deux PAF !
la table ! AAAAh ?! et
beh oui les cocos vous nous dérangez encore….le coup suivant c’est
lui qui levait ça main j’ai eu du mal à réagir aussi vite que lui.
Bon
on avait réussi à écrire quelques mots et il était temps qu’on
sorte car mon voisin commençait à entrer lui aussi en ébullition et
à vouloir taper très vite sur la table.
Mais
voilà un exemple de régulation qui ne sera pas nécessairement un
sujet de réunion. En tout cas je n’ai pas envie de l’amener comme
sujet.
suite
marie C
Francesco
Dans
ma classe, on ne parle pas des problèmes "particuliers", qui
doivent être réglés entre élèves concernés par une discussion
calme, ou avec l'aide de l'adulte. J'ai interdit de mettre des prénoms
sur les étiquettes de Conseil de classe. Par contre on peut mettre une
remarque du type "Un enfant a tapé un autre enfant", ce qui
transforme le problème particulier en problème général qui peut
concerner tout le groupe et peut donc amener des réflexions et une
discussion générales de tout le groupe (sur ce que ça inspire, les
solutions possibles,...).
Frédérique
eh
bien moi aussi ça m'arrive de temps en temps de peter un cable et
je suis toujours très mal à l'aise ensuite. Pas réussi à gérer
mes 5 caïds qui passent leur temps à semer la pagaille quelque soit
l'activité en cours (travail de groupe, travail individuel) rien n'y
fait.
Et
pourtant après ces moments là, il faut un certain temps quand même,
je parle plus bas et le calme reviens.
Et
j'aimerais bien trouver un moyen de ne pas laisser l'enervement
l'emporter.
Bernard C
Il
me semble que ces "pétages de plomb" que vous décrivez ont
lieu en particulier en tout début d'année scolaire.
Question
: Y a-t-il eu passage brutal de la situation dans laquelle les enfants
se trouvaient précédemment à celle que vous avez instaurée ?
|
|
Le
bruit ! le bruit !
Mathieu
Le
bruit pour obtenir le silence... mouais.... le coup pour montrer qu'on
veut du calme.... ça ne me convainc pas.
Pour ma part, je retiens un truc de Philippe R dont il m'a fait part
quand on s'était rencontrés à Paris (chabadabada, chabadabada....euh,
pardon, je m'égare). Je lui avais dit combien j'était étonné et
admiratif devant le calme de sa classe qu'on constate sur les films. Il
va tout simplement vers les bruyant et leut chuchote "eh, ça va
pas de parler si fort ?" (Tu me dis si je me trompe, Philippe ...).
Chez moi ça marche du tonnerre.
Le problème se situe avant tout pour réguler les petits mignons qui
s'adressent à moi en me coupant la parole pendant les présentations,
ou les phases de transition réunion - TI.
Je pense que ça va se réguler tout seul, tellement je "n'entends
pas" ceux qui m'interpellent sans demander au porteur de la parole.
Erwan
Suis
assez d’accord et je ne vois pas ce qu’il y a de
« pas démocratique… »
Un
minot incapable et en détresse dans un groupe collectif peut il mettre
le groupe en l’air
De
même pour un adulte.
Ça
ne me gène pas d’intervenir dans une réunion d’adulte pour
demander à certainE de la « fermer »
car leur a parte gène la discussion
Et
m’empêche d’entendre ce qui se dit … la démocratie n’est elle
pas là aussi dans ces demandes « dictatoriales » d’écoute,
de respect collectif de la parole et aussi … de la possibilité de
partir pour faire autrement.
Aujourd’hui,
je n’ai pas réussi à gérer cet endroit là. Car j’ai trop tardé
à exclure…de discussion en rappel en Un
minot a poussé comme il s’est faire. Gestion calme, d’écoute
jusqu’à ce qu’il franchisse une ligne de mépris qui viscéralement
me met hors de moi…explosion du volcan qui était prévisible tant on
sentait les secousses et l’agitation en découlant frémir…
Je
m’interrogeais ensuite sur cet aspect de la colère des tripes, pas
celle de la morale « c’est pas bien », mais celle qui dit
tu me blesses. C’était violent ( dans les
mots) lui pas bien moi mal, les autres interloqués…pas fier (moi
comme eux), pas content et en même temps l’impression que ça passe
parfois par là…
On
en a rediscuté ensuite…c’est étonnant comme ils sentent ces
endroits. Ils perçoivent, ce qu’il y a à perdre, ce qui va trop loin
quand on se le dit ainsi.
Je
me disais que « y a pas que les mémés qui aiment la castagne »
comme à Toulouse (Nougaro) ici à Marseille ;
La
kalachnikof est toujours en bandoulière, la
fleur n’existe pas ou bien au fond écrasé sous les balles de fond de
poche.
On
en est là. Réussir à laisser la pétoire sur l’épaule, et à
sortir ne serait ce que quelques cartouches recouvertes de pétale.
On
avance…doucement…mais ce serait être naif
je pense que de ne pas porter aussi le fusil en bandoulière… se
promener la fleur au bec sur un champ de bataille est certes très beau,
mais on traverse rarement la zone minée indemne.
Le
fait d’ouvrir des zones de liberté (le fonctionnement est aux
antipodes de ce qu’ils ont vécu) amène aussi ces endroits de
friction.
Certaines
ont la fleur au bout des doigts mais face aux armes du bord, n’osent
pas encore les montrer. Et ils ont en partie raison. Ce sera à moi de
le montrer.
20
bonhommes. La démocratie de l’instit, est ce laisser 4 zozos mal dans
leur peau, effectuer des trous dans la coque sans les arrêter.
Ajustement
par colmatage et mise au poste sur le grand mat pour rêvasser un peu
loin de l’équipage ne fera pas de mal même si c’est dictatorial.
La
solution serait tellement simple en rang par deux, manuel, page N, plus
une mouche, le stylo en alerte, prêt à faire vibrer
l’avertissement…
Bon
bref décousu, j’arrête là.
Sylvie
R
Non
pas démocratique du tout : 5 minots dans une classe laissant juste
le temps de faire le minimum requis par Mr Darcos : LIRE
ECRIRE COMPTER et encore…
Je
ne maîtrise la situation que par la force de « mon grand
âge ». les 17 autres en profitent et/ou subissent.
De Freinet le seul point commun : un état de santé déficient .
C’est avec conviction et presque nécessité que j’abordais cette
année en désirant changer le fonctionnement du groupe. Oh ! je
n’ai jamais été une instit tradi et je me suis toujours trouvé
dans des situations atypiques.
Ce
soir , c’est jusqu’à la nausée :
« La solution serait tellement simple en rang par deux, manuel,
page N, plus une mouche, le stylo en alerte, prêt à faire vibrer
l’avertissement » Je
ne suis pas faite pour ça et pourtant c’est ce qui paraîtrait le
plus raisonnable dans ma situation.
Est-ce
ma situation dans cette usine d’une vingtaine de classe ?
Est-ce
le comportement de ces générations que je ne comprendrais plus
(jeunes
parents et enfants) ? Pourtant mes enfants sont encore jeunes (13
et 18 ans) et n’ont pas eu un parcours fleuri.
Comme
souvent conseillé ici je n’ai pas démarré en révolutionnant
tout. J’ai d’abord travaillé sur la mise en place d’un esprit
coopératif et participatif : fabriquer eux même les outils de la
classe, amener doucement les supports de travail, démarrer de suite des
séances de présentation et d’échanges autour d’un dessin…. L’écrit
démarrait doucement et ils semblaient être demandeurs. Le projet de
correspondance les intéresse et lorsque ce matin j’ai demandé aux
plus rapides de commencer à réfléchir sur le premier envoi, un groupe
s’est mis à fabriquer des enveloppes ( !!!). Mais cela en est
resté là, trop de perturbations dans la classe : un enfant ne
cesse de me répondre et me provoquer en agissant indirectement sur
d’autres plus fragiles et donnant dans le panneau. Un autre qui peut-être
très agressif s’est ravisé en cours de journée et est devenu très
aidant mais s’est fait rabroué par la directrice (ma voisine de
classe) dans le couloir. Elle ne supporte pas le bruit et le premier
critère d’une « bonne classe » est le silence. En désespoir
de cause d’obtenir un déplacement correct de ma meute je leur ai fait
copier un texte rédigé ensemble du « savoir vivre » de
l’élève dans l’école. Cela à porté ces fruits à la récréation
et à la sortie en rappelant aux récalcitrants l’heure de grattage
qu’ils venaient de se coltiner. Bref à des kilomètres de ce que je désirais
mettre en place.
Quand
pour couronner le tout le gamin qui avait été si insolent s’est
mis à pleurer lorsque je parlais avec ces parents et qu’il a lâché
un « je m’ennuie » là mon estomac n’a fait
qu’un nœud : j’ai tout foiré ! la réponse des parents
« oui c’est depuis la moyenne section que l’on nous dit
qu’il est insolent » peut me faire rejeter la « faute »
sur eux, et ainsi je m’en irai dormir tranquille. Lui avoir fait
constaté que de part son comportement cela nous empêche de
poursuivre les projets commencés peut aussi m’apaiser. Beaucoup
s’en contenterait et moi je vais rester comme une C à me torturer
l’esprit jusqu’à jeudi du pourquoi, du comment , parce que, quoi
quand … ???
Emilie
oh
ben non t'es pas le seul, on doit tous peter des cables de temps en
temps non? Moi le dernier en date c'était ... hier. Vous vous souvenez
de la jolie petite histoire de jokers? C'était mignon tout plein et
bien hier ca a dérapé grave! La petite qui a bcp de mal à se mettre
à bosser avait décidé d'utiliser son joker "aller faire une
sieste". Un autre me donne aussi son joker. Je leur rappelle qu'on
avait prévu de faire le conseil (5 grands moins deux, reste plus grand
monde...) puisque vendredi je n'étais pas là. Mais non ils me donnent
leur joker. Ca fait partie du jeu , j'ai essayé de ne pas montrer ma déception
mais je dois dire que ca m'a gonflé.
Je leur rappelle que si un joker se passe mal (bordel dans la salle de
sieste par exemple) je retirai tous les jokers. La gamine etait complètement
excitée, je la préviens que faire une sieste c'est important pour les
petits, que si elle y va c'est vraiment pour dormir, qu'elle profite de
ce petit cadeau, vraiment, pour se reposer. Je ne la sentais pas du
tout, l'autre si. J'installe les petits, c'est toujours un peu le bronx
de faire passer les petits aux toilettes, les aider à se déshabiller,
tout ça et là je surprends la gamine en train de courir dans la
classe, en rigolant à gorge déployée, surexcitée comme elle sait
bien l'être, elle dépasse toujours les bornes...... Je lui ai demandé
de me donner ses jokers (en hurlant...) et je les ai tous déchirés....
Je lui ai parlé de confiance que j'avais mise en elle et qu'elle avait
trahie...
J'étais pas très fière juste après, mal à l'aise, mais bon, je n'ai
rien ajouté. Elle n'a pas moufté. Je lui ai dit qu'on devrait avoir
une discussion toute les deux plus tard. Aujourd'hui je ne lui en ai pas
reparlé. Mais son comportement n'a pas changé, elle est complètement
blindée cette petite...
Bref, tout ça pour dire que oui, moi aussi j'agis avec une certaine
violence et que ca me rend mal à l'aise après. En fait il n'y a
qu'avec des enfants que je mets dans des états comme ça, avant d'etre
instit je ne m'étais jamais autant énervée. Une autre amie prof m'a
dit la meme chose. Et surtout apres coup je me sens mal, je sens bien
que c'était à moi de ne pas faire déraper le truc en tant qu'adulte
mais parfois c'est vraiment dur... Quand on se sent atteint, qu'on a déjà
fait des gros efforts, qu'on a pris sur soi et que paf l'autre dépasse
encore ce qu'on avait pu admettre....
J'ai remarqué qu'avec les maternelles je "gronde" souvent, je
punis (j'isole le gamin 2 minutes) mais ca n'a pas de conséquences, je
ne m'énerve vraiment que très rarement, en général c'est plutot
comme un rôle pas très drôle à endosser mais que je prends régulièrement
pour mon bien, celui du gamin et des autres, je n'ai pas de probleme de
conscience.
Par contre avec les grands c'est beaucoup plus rare mais quand ca pète
c'est que je suis vraiment touchée et c'est plus violent.
Et vous autres vous gueulez fort de temps en temps? Et surtout vous avez
des techniques pour éviter?
|
Erwan
En
fait y a rien qui marche ou alors tout
marche…
Le
probleme c’est de varier les plaisirs.
Je
n’érigeais pas cette démarche en règle mais je faisais une
description de ce qui peut se passer parfois… que ça plaise ou pas,
qu’on en pense du bien ou pas avant ou après coup. Ça arrive. Comme
de chuchoté …ça arrive…et la violence
d’un chuchotement est parfois aussi forte que celle d’une
gueulante…
Parfois
c’est efficace parfois non.
Dans
un certain contexte avec certain gamin à un certain moment de la journée
de la semaine de l’année selon ce qu’on ressent une action ou un
autre peu s’avérer judicieuses.
Se
déplacer et chuchoter je l’ai fait aujourd’hui. Enfin
aujourd’hui, je veux dire ce matin…enfin, ce matin, je veux dire
juste avant la récré, je le sentais comme cela par rapport à l’équilibre
en place dans la classe et au comportement de certainEs. Et puis après
la récré ça été autre chose, plutôt l’explosion et le grand
discours moral. Ils ont pourri de mépris un visiteur impromptu…je
supporte pas …eh ! faut bien qu’ils
sentent aussi l’odeur de mes viscères !
Le
début d’après midi c’était plutôt je bosse avec untel vous
faites bien ce que vous voulez je ne vous entends pas..enfin
presque…et avec la
unetelle on a passé un bon moment.
Et
puis après la récrée, ben c’était encore différent…trop de
bruit, demande de silence complet plus un mot…ben y avait encore du
bruit : la première récrée de l’école, rentrait par une fenêtre,
la première de l’autre école rentrait par l’autre fenêtre, et le
gars avec sa tronçonneuse s’en donnait à cœur joie…Bilal
tu veux pas fermer ta grande gueule un instant qu’on puisse écouter
ce doux bruit de la ville…
Bon
Bilal il a pas voulu, et il a fini par
rompre le contrat établi il y a deux
jours. Conclusion : Mise à l’isolement vous savez comme
papillon dans le film. Mais je le sens moins ténu que Papillon.
Heureusement !
On
a tenu un quart d’heure de chuchotement et de muet. ChacunE
se susurrant les mots doux qu’il voulait à l’oreille.
Pas
de coup sur la table cet après midi ; très peu de bruit. Mais que
de violence avec Bilal ! il
s’est plus ou il est. Les autres commencent à réagir.
Aidez
le !
La
tronçonneuse a cessé, et les oiseaux n’ont pas eu le temps de
reprendre…16h30 arrivait et les klaxons des bagnoles avec…
Faisait
chaud aujourd’hui à Marseille.
Et
demain ? ben on ressortira l’ensemble
de la panoplie et selon l’instant, l’événement, la sensation du
groupe, de l’individu en action je sortirai le bazooka ou la
mandoline.
Rat
des villes rat des champs, quand le chant est
en ville le calme se chuchote, quand l’orage est au champ la foudre
tombe où elle veut…
Salut
à vous, je me permets de rentrer dans cette discussion, parce que moi
aussi ça m'arrive régulièrement d'être un "péteur de
plombs", même si avec le temps c'est moins souvent et plus théâtral
qu'autre chose.
Je
crois que cet échange rejoint celui sur la démocratie
("les Critiques en Conseil de classe"). La question, il me
semble, c'est : "Y a-t-il une violence légitime dans un cadre démocratique
?". Perso, j'aime bien toujours ramener la réflexion à l'échelle
de la société, avant de voir comment ça peut s'appliquer en classe
ou dans l'école. Historiquement, en France, la démocratie s'est
imposée aussi par des moments de violence (de lutte) et elle se
maintient aussi en partie grâce à une forme de violence qu'on considère
tous implicitement comme légitime (sauf quand elle dérape) : c'est
celle de l'Etat, et de son instrument de maintien de l'ordre, c'est-à-dire
la police. On peut (et on doit) toujours critiquer et s'indigner
lorsqu'il y a bavure, mais on doit bien reconnaître qu'on a aussi
besoin d'une "force" qui doit assumer l'utilisation
d'une violence légitime pour arrêter les psychopathes, les violeurs,
les forcenés, les cogneurs de femmes, les tueurs en série... (je ne
prends volontairement que des cas extrêmes) même si on peut porter
un regard critique sur la forme et le fonctionnement de cette police,
ainsi que sur les sanctions qui sont ensuite appliquées par la
justice (pertinence des peines, fonctionnement des prisons,...).
A
l'échelle de la classe et de l'école, il me semble que ce sont les
enseignants qui doivent assumer ce rôle de "police", même
si ce n'est bien sûr qu'une petite partie de notre rôle (en quantité,
pas en importance). Déjà parce qu'on ne peut pas demander aux élèves
de l'assumer. Et puis aussi parce que c'est nécessaire pour qu'une
vie démocratique puisse continuer à exister dans la classe.
Notamment pour que les décisions prises démocratiquement par le
groupe soient respectées, sinon on livre le groupe à la
"violence dictatoriale" des plus costauds. D'ailleurs
(petite parenthèse), si on n'oblige pas à ce que les décisions
s'appliquent, comment le groupe peut-il se rendre compte dans certains
cas s'il a pris une décision pertinente ou s'il y a besoin de changer
de cap ?
Pour
en revenir à notre "pétage de plomb", je crois que c'est
une des formes que peut prendre cette violence légitime, surtout
quand elle n'est qu'une révolte contre ce qui peut casser le
fonctionnement démocratique de la classe ou le respect des autres. On
peut toujours dire calmement à un élève que ce qu'il fait est
insupportable, mais je n'ai encore jamais rien vu de plus parlant pour
un élève qu'un "pétage de plomb" pour se rendre compte
concrètement de ce que ça peut vouloir dire
"insupportable". Il faut bien que quelqu'un l'exprime,
avec ce que ça comporte d'émotionnel, vu que les élèves hésitent
souvent à le dire. A terme, en prenant de la distance, on peut même
se dire que ce pétage de plomb mérite d'être théâtralisé, pour
être mieux maîtrisé par l'enseignant tout en restant parlant pour
les enfants. Est-ce alors toujours un pétage de plomb ? Faut voir...
Bien
sûr, on ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur les
limites à fixer à ces pétages de plomb, au même titre que les
limites à fixer aux interventions légitimes de la police dans une
société. Sinon, c'est la bavure...
Puisque
j'y suis, je mets aussi en pièces jointes, quelques réflexions sur
la démocratie que j'ai eues pendant l'été. C'est écrit avec un
style un peu prise de tête, je m'en excuse, c'était perso au départ,
je ne prévoyais pas forcément de les faire lire. Si ça peut intéresser
quelqu'un... et si ça suscite des réactions, c'est encore mieux, ça
me permettra aussi de faire avancer ma propre réflexion
|
|
Quoi
faire avec X ?
Marie
C
ouais
ben c qd même super dur des fois ! Autant jeudi et vendredi ont été
agréables, boulot dans le calme, relatif ms qd même.
Et là faut tout recommencer. Je ne sais vraiment pas comment faire avec
BO : il dit à ses voisines "baisse les yeux!" me répondant
"est-ce-que c'est à toi que je parle?" ne fout rien, à des
ENORMES difficultés en maths. pour le moment il ne refuse pas de venir
travailler avec moi ou en tt petit groupe, mais ça a été dur cet
aprem qd même pr qu'il vienne lire un peu , tous les 2.
il tape, chante, quoi d'autre?? c'est pas mal déjà
allez je vais corriger ma tonne de cahiers, un peu lourdes les épaules
ce soir !
Marie
C
C'est
bien dans l'irrespect que j'ai senti cette phrase, vu le ton employé et
répété. bon je me dis heureusement que ce n'est pas à moi qu'il
parle qd il dit baisse les yeux!!!!!!!!! mais bon qd même je ne peux
pas accepter ça !
ça m'énerve de m'emporter mais qd je lui ai parlé tranquillement en
aparté (pour autre chose) que j'ai lui ai expliqué le respect, que je
lui ai dit que son attitude n'était pas acceptable, qu'il recommence et
qu'en plus il me sort ça, je m'emporte ! Il a épuisé tous les points
sur son permis !
pour les corrections, ce sont celles du contrat de travail. Depuis notre
rencontre à St Sorlin, je mets en place le contrat de travail et les
petits groupes (7) dc qd je suis avec un gpe les autres sont sur leur
contrat. ça fonctionne plutôt bien et même HA se met au boulot, mais
BO est nouveau et refuse de faire, comme ça il est sûr de ne pas se
tromper ou montrer qu'il ne sait pas (8-5 il a besoin des bouchons pour
compter ! ) Mince je reparle de BO alors que je voulais parler du
contrat !!
dc le contrat pour le moment c'est pas mal, je reprends en plus petit
groupe ceux qui ont eu du mal sur les exos du contrat. Je ne sais pas si
j'en mets trop sur le contrat, mais du coup j'en ai pour 2 heures tous
les soirs. 4 exos de franç et 4 de maths cela ne me parait pas enorme
sur la semaine, il y a en plus 2 ou 3 exos qui font suite à un travail
fait en gpe de 7. je ne sais pas si c'est très clair, je me suis inspirée
de ce que fait Laurent L, ça m'a bien parlé à St Sorlin.
Le contrat ils le bossent qd je suis avec les gpes, puis ils le font
quand ils veulent, il doit être fini à la fin de la semaine. Pdt le TI
(13h30 15h00) ils ft soit le contrat ou des projets, c comme ils
veulent. Si le contrat est fini avant la fin de la semaine, ils sont en
TI. Les textes libres, je les corrige pdt le TI avec eux en individuel.
Je fais aussi les dictées de Laurent, en comptant les % de réussite.
Il faudrait que je fasse le travail sur les groupèmes ms pour le
moment, je n'y arrive pas.
LaurentL
Dans
ma classe, je ne fais plus du tout de gestion de conflits en conseil. Ca
ne fait que dégrader l'ambiance de classe. C'est l'occasion pour
certains de régler des comptes et ça tourne souvent au tribunal. C'est
également difficile à gérer pour l'enfant mis à l'index. C'est
souvent des enfants qui ont des problèmes avec le cadre scolaire.
L'environnement "classe" leurs demande beaucoup, trop
parfois...Alors par moment ils explosent parce que c'est trop pour eux.
Faut-il alors que la classe leur tombent dessus pour en remettre une
couche ? Je ne pense pas. Je concidère que c'est de mon ressort.
Le conseil comme lieu de propositions pour le fonctionnement de la
classe, lieu de débats sur l'organisation classe, OUI !
Le conseil comme tribunal, NON !
Ce n'est pas forcément le cas dans toutes les classes mais c'était le
cas dans ma classe sans que j'ai pu y faire grand chose. J'ai donc de façon
"dictatoriale" supprimé la gestion des conflits au sein de la
classe. Il se règle en général de suite via les messages clairs et si
un consensus n'est pas trouvé, ils font appelle à moi pour arriver à
un point d'accord mais qu'avec les enfants consernés.
Souvent, le simple fait d'écouter l'autre suffit à réguler le souci.
C'est rapide et assez efficace.
C'est pas très démocratique, j'en conviens mais ça fait moins de dégats
dans la classe.
Nathalie
B
moi
je ne suis pas d'accord .. le conseil permet justement que ce ne soit
pas tjs le maître qui fasse le tampon, qui rappelle à la règle
c'est
particulièrement vrai dans les classes difficiles ou les debordements
sont nombreux, surtout en début d'année (j'espère que cela va se
tasser)
par
contre pour ne pas que cela s'eternise, quand les deux parties sont
d'accord, les excuses acceptées (message clair), il n'est pas
necessaire que les autres enfants interviennent
ps:
pouvez vous essayer de signer vos messages avec votre signature
professionnelle car moi des fois je ne sais plus qui parle!! merci
La
posture ?
Bernard
C
Mon
fiston est un peu le même "cas" que ton BO ! et oui,
j'aurais bien voulu générer un ange ! et pour ma tranquillité ne
pas avoir les mots récurrents dans le cahier de liaison !
Les
raisons de son comportement sont multiples, y compris son père, sa mère,
les copains et le tuti quanti. Parmi une de celles que j'ai pu déterminer,
il y a le "faire le malin^", être perçu par les autres,
bref les problèmes d'identité sociale. Bon, on euvre, on oeuvre !
dur dur d'être parent !
Mais,
et c'est là que je veux en venir, cela s'est résorbé relativement
facilement avec une maîtresse, pas du tout avec la suivante.
La
première, d'une part séparait nettement le côté traditionnel (écrit,
math) plein de contraintes, du côté artistique ou créatif où là
l'énergie pouvait se libérer. Il y avait une soupape. D'autre part
il y avait ce qu'elle n'acceptait pas, clairement affirmé et sans
explications.
La
posture de la seconde était différente : elle voulait que les règles
qu'elle imposait (ce qu'elle n'acceptait pas et voulait que ce soit
comme ça) soit acceptées comme des règles que les enfants devaient
comprendre comme leur étant utiles (elle ne pouvcait supporter le
moindre buruit, le moindre déplacement). Tout était décliné sur le
plan de la morale. Et elle en faisait un préalable pour entreprendre
des activités plus intéressantes (elle avait des envies). Elle n'a
du coup rien entrepris, sauf à la fin de l'année à 2 mois de la
retraite. Et là, bizarre, tout s'est arrangé ! Elle a tout essayé
pour arriver à "moraliser" : les gueulantes (pour gueuler,
il faut que cela soit rare et que la voix ne transporte pas l'exaspération,
la peur, l'impuissance, du coup, elle est devenue "celle qui crie
tout le temps"), les punitions (Mon drôle a été le champuion
olympique de la classe côté punitions, il en est venir à s'en faire
une médaille ! Darcos devrait savoir qu'à médaille il y a toujours
contre-médaille ! et les peu de médaillés qu'il va décorer vont
produire une kirielle de contre-médaillés de tous ordres !), puis
les tableaux de comportement où chacun pouvait passer du vert au
rouge (mais que tu sois dans le vert ou dns le rouge, cela ne te
donnait ni droits nouveaux, ni ne t'en enlevait !), le signalement
dans le cahier de liaison, la plainte aux parents réunis à qui elle
demandait implicitement de l'aide, mais quelle aide ?(quelques-uns
disaient ensuite, "mais puisqu'elle nous dit que l'école c'est
son affaire et qu'on a rien à dire"), en vain.
Toutes
les deux ne se préoccupaient pas de ce qui pouvait se passer dans la
cour de récré qui, elle, a toujours été une jungle. Par contre la
première faisait un accueil individualisé le matin, l'autre faisait
la rentrée massive en rangs (elle disait que "l'ordre"
commençait par ça).
Martin
changera, tout au moins sa tendance à s'opposer et à faire le malin
pour exister va s'atténuer, c'est dans l'ordre des choses, l'attitude
n'est d'ailleurs pas permanente et l'école n'en est pas la seule
cause.
En
dehors de toute la conception de la vie de la classe que vous
connaissez, ce qui m'interpelle, c'est la posture que prend
l'enseignant. Dans la classe c'est l'adulte référant. Je crois qu'il
y a nécessité qu'il s'affirme comme tel. Ce n'est pas n'importe quel
adulte et il n'agit pas comme n'importe quel adulte et les enfants
n'agissent pas avec lui comme avec n'impôrte quel adulte. La
seconde instite attendait que les enfants fassent et se comportent
parce qu'il était justifié, moral, civique qu'ils fassent et se
comportent ainsi. La première exigeait un certain nombre d'impératifs
(pas trop et surtout qu'ils soient possibles sinon ce n'est plus crédible)
qu'elle ne justifiait pas, en particulier sur la façon dont on
s'adressait à elle et sur la façon dont on pouvait manifester son mécontentetement
et son humeur (mais il faut une façon de pouvoir le manifester),
et mon drôle pouvait trouver son chemin. C'étaient deux
traditionnelles. Le plus curieux, c'est que la seconde, celle avec qui
cela ne s'est pas trop bien passé, a essayé des réunions, des
responsables... sauf qu'il n'y avait pas d'intérêt visible pour les
enfants. Elle démopntrait que plaquer des institutions en pensant que
c'est l'institution qui arrange tout est inutile. Cela aurait peut-être
paru marcher si elle avait eu suffisamment d'autorité (qu'est-ce
l'autorité ?) pour l'imposer, même de façon factice. Et pourtant
elle était très autoritaire ! inversement proportionnel à son
manque d'autorité. Manifestement, elle n'a pas su trouver quelle
devait être sa posture face aux enfants et par rapport à ce qu'elle
pensait devoir être et devoir faire. Cela a d'ailleurs été
semblable face aux parents.
A
noter aussi, l'essentiel de ce qui se fait en classe est gommé de la
mémoire. On (nous parents) arrive à savoir ce qui se passe avec
les copains, dans la cour, quand Jean-Yves le peintre ou Bruno le
basketteur viennent faire des séances, quand on veut savoir ce qu'il
a fait en math, en français, impossible et, manifestement, il ne s'en
souvient vraiment pas. Il sait juste qu'il a fait des maths et du français.
J'ai testé avec ses copains et copines quand ils viennent à la
maison, personne n'arrive à le dire. Un trou. Je sais bien que cela
ne signifie pas forcément qu'ils se sont tous ennuyés, mais peut-être
qu'ils n'existaient pas dans ce qu'ils faisaient. Il faut peut-être
alors qu'ils se fassent voir et se voient de façon
quelconque. Des enfants évitent de se faire voir et se suffisent à
eux-mêmes, d'autres ont besoin de se faire voir. Suffit qu'il y ait
prédisposition à la provoc, et c'est le conflit qu'ils choisissent.
Pas forcément non plus pour tester jusqu'où ils peuvent aller
puisque ces pestes... y vont quand même.
Cela
ne semble rien à voir, mais quand j'étais dirlo de colonie de
vacances et que je pouvais choisir mes moniteurs, j'éliminais systématiquement
ceux qui me donnaient comme motivation "j'adore les
enfants". Et chaque fois où je n'ai pas eu trop le choix et que
j'ai dû recruter ces amoureux des enfants, il y a eu des problèmes.
Ce qu'ils aimaient, c'était être adoré des enfants, et ils ont
rarement réussi à être dans la posture d'un adulte référant et
surtout à être perçu comme l'adulte sécurisant. Je leur disais
d'ailleurs à tous : vous pouvez très bien vous trouver au milieu des
enfants, assis à l'ombre en train de lire un polard. Ce pourra être
très professionnel ou tout le contraire. Tout dépendra comment les
enfants vous percevront et alors votre présence pourra être plus sécurisante
et apaisante ainsi que si vous êtes aux aguets.
La
posture de l'adulte, on n'en parle pas beaucoup. Comme si cela était
évident, naturel, et ne pouvait se décortiquer ou se travailler. Je
pense pour ma part que ce n'est pas aussi évident que cela. C'est sûr,
elle n'élimine pas les problèmes de comportements, mais elle permet
d'y faire un peu plus lucidement face. Quand j'avais visité l'école
de Bruce (banlieue lyonnaise), j'avais été justement particulièrement
frappé par la posture de tous les instits de cette école qui avaient
eu à faire face à des comportements plutôt hard. Même chose quand
j'avais été voir Philippe Lamy pour prendre les exemples difficiles.
Je suppose que cela n'est pas venu tout seul et qu'il y aurait peut-être...
à chercher !
Thomas
le
gamin qui avait été si insolent s’est mis à pleurer lorsque
je parlais avec ces parents et qu’il a lâché un « je
m’ennuie »
Hé oui... Et c'est là aussi mon drame. Ce cercle vicieux dans lequel
je me suis auto-empêtrer. Les conditions de travail ne sont pas réunies
(chahut, insolence, refus de travailler) alors on va faire de la M....
On fait de la M..... les élèves s'ennuient, ils s'ennuient ils
chahutent et ainsi de suite jusqu'à avoir ma peau.
Ce que disait Phillipe Lamy est aussi intéressant dans mon cas qui
ressemble parfois à celui de la fameuse maîtresse de son fils. Je mets
comme prélable au fonctionnement coopératif, aux ateliers (etc...) un
calme relatif dans la classe (on en est vraiment très loin, je vous
assure qu'il ne s'agit pas juste de bavardage ou de règles qui
tombent), la capacité à s'écouter, à se déplacer sans mettre un
coup de pied à son voisin. Ainsi dès la rentrée je leur promets
Conseil, travail individualisé, projets, responsabilités, ceintures et
je leur retire de sous le nez deux jours plus tard en leur signifiant
qu'ils ne sont pas prêts. Depuis ils réclament et je les renvoient à
leur comportement.
Ils n'apprendront pas la coopération, la démocratie et la
responsabilité avec un instit qui leur interdit tout et leur hurle
dessus, ils ne prendront pas goût au travail avec de la copie de manuel
suivie des exercices A et B p 38. C'est bien en coopérant qu'on devient
coopératif non ? Alors comment faire ?
Oui je sais... On m'a dit... doucement... Petit à petit l'oiseau fait
son nid... Mais en attendant d'avoir un nid l'oiseau se les pèle !!!
Allez je vais à nouveau tourner tout ça dans tous les sens histoire
d'avoir une illumination... Après tout le pape est passé par là il y
a pas si longtemps.
PS: J'ai eu un exmple criant (c'est le cas de le dire) de ce qui se
passe dans ma classe hier. La directrice dont j'assure la décharge est
restée dans la classe 15 min pour finir un exercice qu'elle avait
commencé avec eux. Calme relatif, déplacements tranquilles, de mon côté
j'en profite pour aider A. à réaliser un problème de géométrie qui
semble le passionner... Dès que la directrice est partie, à peine elle
avait passé la porte (je vous assure qu'on aurait dit un dessin animé
de Tex Avery) les enfants ont explosés. A. qui était si calme s'est
levé, a crié, a immédiatement oublié son problème de géométrie,
F. a lancé une boullette sur E... (je vous épargne la suite).
Il y a donc un paramètre important dont parle Bernard je crois c'est la
posture... Mais une posture à quoi ça tient ? Ça se travaille ? C'est
naturelle ? C'est quoi en fait ?
|
Carole
Je
suis un peu dans le même cas que Marie. J'ai du mal à me contenir face
au comportement irrespectueux des gamins que ce soit envers moi qu'en
vers un autre enfant!! Alors j'ai des coups de sang à ce moment là et
ça m'énerve profondément de m'emporter mais je n'arrive pas à me
contrôler!!!! J'ai l'impression que ça ne sert à rien, car on rentre
dans un rapport de force qui ne me plait pas!! Mais comment faire
autrement ? Mettre une règle de vie qui dit "je ne dois pas
manquer de respecter à mes camarades ni à la maîtresse?" C'est
fait mais ça ne les empeche pas de recommencer et moi aussi de mon coté
j'ai l'impression que je fais trop dans l'autoritarisme ce qui pousse
certains à rentrer dans ce rapport de force!! J'ai bcp de mal à jauger
entre autorité et autoritarisme, c'est peut être l'expérience qui me
manque... PS: j'ai fait un plan de travail pr mon cM1 cm2 assez simplifié
en ce début d'année, si ça vous intéresse, je le mets en pièce
jointe! Carole CM1/CM2 Saint- denis(93)
Bernard
C
Cela
bouillonne sous la super-cocotte capable de contraindre une forte
pression. Tu ouvres brutalement le couivercle et tu es brûlé au 3ème
degré. Et tu n'arrives plus à remettre la soupe qui te salit la
gazinière dans la cocotte !
Tous
les vieux comme moi vous le dirons : on ne peut faire passer, du jour
au lendemain , des enfants formatés pour être sous contrainte, dans
une structure plus ou moins libertaire à laquelle ils
auront peu participé dans sa conception (on les y met comme on les
mettait dans la cocootte), qui leur sera quelque peu étrangère et
dans laquelle il leur faut trouver leur propre direction. C'est
en somme une cocotte sans couvercle avec le robinet du gaz grand
ouvert !
Je
suis très souvent admiratif de ce que vous mettez en place d'entrée
et à la fois très inquiet. Il s'agit d'abord de passer d'un état à
un autre, et c'est là que c'est difficile. Que ce soit dans
l'organisation qui permet la vie ou dans une autre approche des
apprentissages qui en découle. Avant toute plongée dans les pédagogies
modernes et encore plus dans les avancées de 3ème type, c'est ce que
les anciens doivent asséner sans cesse : ce n'est pas une autre
approche ou une autre pédgogie qui est difficile, c'est le passage
des enfants, de l'enseignant, des parents, de celle qui les a formatés à
l'autre.
En
soi, ce que vous décrivez me paraît tout à fait... normal ! Revenir
provisooirement à l'état préalable, c'est à dire à celui qui
constitue le repère des enfants, n''est à considérer que comme une
opération technique, sans plus. A partir de cette position, on peut
doucement avancer. Il m'a fallu un an pour commencer à entrevoir l'auto-organisation.
J'aurais changé d'enfants l'année suivante qu'il aurait fallu
recommencer la marche, avec un peu plus de technique acquise pour
aller un peu plus vite.
Pour
la posture, oui ça se travaille. Elle est différente de celle du
"policier" qui fait assurer un ordre décrété par d'autres ;
elle est celle de l'adulte référant, nécessaire à un groupe
d'enfants qui n'est qu'un groupe naissant, un "groupe
enfant".
Dans
beaucoup de tribus dites primitives, il n'y a ni police, ni sanctions.
Il y a des sages qui ne sont plus dans l'action mais dans l'écoute et
reconnus comme les garants de l'harmonie de la communauté, donc de sa
survie et de son bien être comme de celuii de de chacun.
Leur reconnaissance en tant que tels provient de la reconnaissance de
leur longue expérience, donc ils sont écoutés. Dans le groupe
classe, l'adulte, même jeune, a cet écart avec les enfants qui confère
la sagesse. Ce n'est pas l'ordre ou la règle qu'il fait respecter,
c'est l'harmonie du groupe. Ce n'est pas tout à fait pareil et ce
n'est pas perçu pareil. Et cela fait moins "péter les
plombs" ! "désolé, JE ne peux te laisser faire ceci,
et TU ne le feras pas, s'il le faut je prendrai les dispositions
nécessaires pour que TU ne le fasses pas"... reste le problème
des dispositions ! et à sortir peu à peu les légumes de la cocotte
minute, mais baissez le gaz avant et levez la soupape avant
d'ouvrir le couvercle !
Pascale
B
Sans doute ai-je rejoint le clan des "vieux"...pas encore sage
mais bon....
Sans doute ai-je beaucoup de chance aussi, mon école est plutôt douce
comparée à certaines et je ne me sens pas le droit de donner des
conseils
à ceux qui en vivent d'autres mais, en lisant Nathalie tout à l'heure,
je pensais que la priorité des priorité c'était face à cette
violence
si souvent générée par le monde lui-même violent des adultes,
de prendre le temps qu'on n'a soi-disant pas, de se foutre des
programmes
et des textes officiels au moins le temps de s'apprivoiser, de ne pas
foncer
sur les autoroutes du savoir pour se retrouver ensuite en plein bouchons
dans un périphérique saumâtre.
Depuis la rentrée j'essaie de construire avec eux notre classe,
d'en ouvrir les portes mais de savoir aussi les fermer pour nous protéger
ou tout simplement nous retrouver entre nous lorsque cela est nécessaire.
L'année dernière m'a au moins appris ça: on peut se faire bouffer par
ses pairs
sans guerre, sans violence, simplement par compromis.
Alors sans haine ni violence mais avec détermination, je tente cette
année
de construire une "aire de confiance" comme les nomme si
joliment Laurent OTT.
Merci à tous de vos témoignages sensibles.
Mathieu
Thomas,il
me semble en lisant ton message que les élèves s'engouffrent dans des
faiblesses que tu n'identifies pas vraiment. Tu vois bien que ça
"dérape", mais tu ne sembles pas voir quand. C'est bien
difficile de donner des conseils à quelqu'un à ce sujet, en
particulier par mail, mais je me rappelle avoir été dans ton cas il y
a plusieurs années, et avoir serré des dents et culpabilisé. J'avais
alors rencontré un vieux de la vieille qui m'avait proposé de venir
m'en parler en classe. Il a pris ma classe en main en 5 minutes pour
qu'ils puissent nous laisser tranquilles, et la facilité apparente avec
laquelle il avait fait ça m'avait sidéré. Il m'a alors dit une chose
que je me répète souvent : ce n'est pas naturel, c'est des années de
travail que d'apprendre à parler à un groupe. Patience, et les pièces
du puzzle vont s'assembler. En attendant ? Oui, tu peux serrer la vis,
oui tu peux faire du frontal, oui tu peux mettre de côté tes
convictions, un temps, ça ne les bafoue pas. Il s'agit juste de se
donner vraiment du temps pour comprendre comment on peut, petit à
petit, année après année, faire correspondre ce qu'on voudrait avec
la réalité du terrain, c'est-à-dire toi, eux, ici, et maintenant.
Oui, ils ne sont pas prêts pour ce à quoi tu rêves. Peut-être toi
non plus. Par exemple, après avoir été "à fond dedans"
pendant 3 ans, je reviens cette année à un fonctionnement très
classique : lectures suivies, Ermel, séances d'histoire-géo. Et 3 fois
par semaine, seulement, c'est expression-création pendant 45 minutes.
(en plus de l'écriture automatique chaque jour). Je n'ai renoncé en
rien à ce que je veux faire de mon métier. Mais je suis dans une
nouvelle école, sous contrat privé, dans un pays où la loi officielle
est la charia, avec un fonctionnement d'école ahurissant
d'autoritarisme (on parle aux élèves de leurs "manquements
moraux" !). Alors, je laisse tout doucement les choses passer du
gris à la couleur, mais doucement, pour ne pas leur faire mal aux yeux.
J'ai décider de commencer par 3 petits trucs, sur 3 petits temps.
Textes, dessins noirs, créa math. Présentations. Rien de plus. Leurs
textes libres, je sais que certains deviendront des mini-livres, et qu'à
partir de là on pourra peut-être vivre une aventure incroyable de coopérative
scolaire...peut-être, peut-être. En attendant, je leur dis : "je
trouve inacceptable de ne pas être rangés pour aller en classe "
(on a 200 mètres à faire depuis la cour de récré jusqu'à la classe
!) . Et en classe je sépare les élèves qui discutent. Peut-être
qu'ils se racontent des choses passionnantes, qui auraent porté des
projets géniaux dans ma classe l'année dernière. Mais non. La main
sur le couvercle de la cocotte. Et puis, de temps en temps, seulement de
temps en temps, je désserre le couvercle de cette cocotte, pendant les
présentations de travaux, mais très peu : "Untel, je propose que
tu présides la présentation, je vais t'aider. Non, personne d'autre ne
présidera aujourd'hui. Non, on ne vote pas, c'est moi qui décide."
Tout ça pour dire que la petite phrase de Freinet "ne lachez pas
les mains avant d'être sûr d'avoir les pied bien à terre" n'est
pas vaine, et qu'il ne faut pas avoir de remord par rapport à une
posture que l'on a, dans la mesure où on sait pourquoi on l'a, et qu'on
sait que c'est transitoire.
Je pense qu'en étant plus autoritaire, on s'expose moins au chahut ;
bien sûr on maintient un niveau bas d'entropie, donc de créativité et
de vie, du moins au début. Mais cela est nécessaire - parfois - pour
ne pas se faire brûler par la cocotte, et surtout pour que la cocotte
ne brûle aucun enfant.
|
|
L'adulte
!
Nathalie
En
" arrêt santé" depuis 1 semaine et pour encore 15 jours
pour une maladie liée au stress.
Ce
stress que je sens depuis 2 ans : la petite école du village doit
vivre, il faut être au top, sur tous les fronts.
La
boule de colère dans le ventre qui ne doit pas sortir: non, ne pas être
une maîtresse qui crie, qui s'enerve, tenir, respirer.... et puis
parfois ça sort quand même!
Et
la souffrance qui petit à petit s'installe: les montagnes que je
regarde par la fenêtre et qui m'appellent, le dégoût devant les
nouveaux programmes à faire avaler, l'envie d'une école qui libère,
construit, élève...
Alors
cet été, pour éveiller mon désir de reprendre, un stage avant la
rentrée avec le réseau école et nature: ne pas refermer la porte de
la classe, faire entrer la nature dans l'école, aller écouter encore
le vent dans les feuilles.
Pas
le temps de tester longtemps, le corps est malade, il a besoin de
temps, de calme, de solitude.
Est
il possible de faire ce métier quand on a une sensibilité trop
forte? un trop grand besoin de liberté? de nature ?
Et
à la fois, un fort attachement à ces minos avec lesquels je chemine
depuis 2 ans, une envie de continuer la route mais pas au mépris de
ma santé.
Je
me sens en dehors de ce qu'on attend de moi au niveau de l'institution
et peu la force de m'opposer.
Et
plein de questions: comment avez vous fait pour tenir aussi longtemps
( pour ceux qui enseignent depuis 10-15ans) ? pour vous réaliser
dans votre métier? Pour gérer le stress? La demande
institutionnelle?
|
Marie-Claire
C'est
vrai, non? On peut se mettre en colère, ça n'est pas défendu! Mais Je
n'ai pas envie d'être en colère, parce que c'est un sentiment qui me
fait du mal comme pour vous! Alors j'ai décidé d'avertir mes élèves
avant quand je sens que je commence à être bien gonflée, je leur dis.
Mes élèves sont tous difficiles, ce sont des enfants d'itep dans
une classe intégrée. La violence ils connaissent bien, alors au début
mes colères ils s'en fichaient pas mal. J'ai donc parlé avec eux de ce
sentiment de colère et ils m'ont paelé du leur. On s'est mis d'accord,
mais il faut le rappeler souvent: quand l'un d'entre nous sent l'énervement
ou la colère ou quelque chose d'autre venir, on doit le dire. Les
autres doivent alors l'aider. Si on y arrive pas on sort de la classe
pour respirer un coup (sauf moi). Parfois ça marche et parfois non.
Parfois leurs sentiments les submergent complètement et je suis obligée
de protéger les enfants de la violence d'un seul! Alors ma colèrecontre
l'enfant serait dérisoire et mal venue et elle se transforme en
sentiment d'injustice. En fait ça marche plutôt bien et je reste
attentive aux situations que j'ai repérées comme pouvant être problèmatiques et
déclancheuses de "bazar"et souvent je passe par l'humour
comme Laurent je crois qui fait le clown pour désamorcer la tension. Et
puis parfois je me fâche fort et même très fort. Alors le soir je
passe à l'itep pour en parler avec l'une ou l'autre des psy des
enfants, ou avec mes collègues sur place, ou avec un des éducateurs et
souvent les enfants qui me voient dans cet instant sont tellement
contents de ma visite dans leur institution que je sens que le fil est
renoué. Maintenant j'y passe souvent sans raison bien définie, pour
tisser des liens, pour me rassurer, un peu comme je faisais avant dans
ma classe ordinaire, je rencontrais souvent les parents, là ce sont les
éducs.
Je pense fort à toi Nathalie,ta souffrance me touche.
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Capitalisation
à partir de Octobre
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retour
grille des échanges
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