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UNE VIE DE CLOCHE

MUSEE DE LA CARTE POSTALE 4 AVENUE TOURNELLI ANTIBES FRANCE
TEL :  04 93 34 24 88
Relations Presse : Christian DEFLANDRE    
Adresse e mail : cartepostalemuse@aol.com  
Ouvert du mardi au dimanche de 14 à 18 heures, Fermé le lundi.
 Entrée : 3,50 €  Gratuit pour les moins de 12 ans

Communique :    
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 1er AVRIL AU 30 jUIN 2005
 
 
« UNE VIE DE CLOCHE »
 
   
 


A la question : « Qui pèse 26 215 kilos et est capable de se faire comprendre  simultanément par des milliers de gens de langues différentes dans une ville aussi cosmopolite que PARIS ? » Répondez sans hésiter : « Françoise-Marguerite la Savoyarde de MONTMARTRE ! »
Arrivée sur la Butte Montmartroise le 16 octobre 1895, traînée sur un fardier par de puissants chevaux, haute de trois mètres, elle fut baptisée le 20 novembre 1895 avec pour Marraine Madame la Comtesse Ernest DE BOIGNE, née DE SABRAN PENTEVES.
Comme beaucoup de ses consœurs depuis plus d’un siècle elle annonce et accompagne les heures de joie ou de tristesse de plusieurs générations de Parisiens.
 

    Ce serait une erreur de penser qu’il n’y a rien de plus banal qu’une vie de cloche.
Car les cloches ont souvent un destin hors du commun.

    Déjà, avant même leur naissance, elles ont des parrains et des marraines qui vont contribuer à leur création, contre espèces sonnantes et trébuchantes (sonnantes c’est bien le cas de le dire). Parfois, pour essayer de se faire pardonner un très gros péché on donnera des métaux précieux voire des bijoux qui entreront dans la composition de leur alliage.
    Ensuite il faudra trouver un fabricant : un fondeur.

    Au début du 20ième  Siècle les fondeurs de cloches constituent une confrérie à part. Ils se transmettent leurs secrets de fabrication de père en fils, car ne fait pas une cloche qui veut !
L’exposition montre des cartes représentant la plus ancienne fonderie de cloches (toujours en activité) la maison PACCARD à ANNECY. Mais également des fonderies à VILLEDIEU LES POELES (Manche) à BAGNOLET (Seine) ou à SAINT EMILION (Gironde) où l’on voit des ouvriers gravant sur l’airain.
 
 
Car les cloches ne se contentent pas de jouer leur note juste, en plus elles se doivent d’êtres belles, ornementées, portant des symboles et les patronymes de leurs généreux donateurs.
    Après avoir été baptisées en grande pompe et installées dans leurs clochers, dans tous les villages, par leurs sonneries omniprésentes elles vont rythmer la vie de nos ancêtres paysans des mâtines jusqu’à l’angélus.

    Tout irait pour le mieux mais lorsque surviendra la première guerre mondiale, les cloches deviennent la convoitise des belligérants en mal de métal pour confectionner des munitions et des canons .
    Afin de les protéger on va descendre les cloches et les emmener vers des caches secrètes, ce qui ne sera pas une mince affaire en raison de leur volume et de leur poids .
Celles qui n’ont pas été dissimulées vont subir les outrages de l’ennemi qui va s’en accaparer à chaque fois qu’il le pourra. De nombreuses cartes postales témoignent de cet état de fait.
Plus tard quand les combats s’achèvent les cloches vont sonner à toute volée pour annoncer l’ armistice. Mais de nombreux clochers resteront muets car ils ont été pillés.

    Avec le retour de la paix, chaque village voudra redonner des cloches à son clocher. Encore beaucoup d’ouvrage pour les fondeurs, encore beaucoup de baptêmes, d’inaugurations, de bénédictions qui réunissent les populations et qui seront autant de prétextes à l’édition de cartes postales.

    S’il est vrai qu’à notre époque on a du mal à croire que les cloches (après qu’il leur ait poussé des ailes) s’en vont en volant à ROME le Vendredi Saint et qu’elles reviennent le dimanche suivant en larguant sur leur passage des œufs en chocolat sur nos jardins, c’est tout simplement parce que nous ne vivons plus au rythme des cloches.
    Leurs voix se sont tues dans les grandes villes, le métier de « sonneur » n’existe pratiquement plus, et les carillons sont sauf exception activés par l’énergie électrique.
    Chacun de nous porte l’heure exacte à sa montre bracelet et peut  la consulter à tout instant pour mieux maîtriser son temps et éviter de perdre la moindre minute.

    Quant aux cartes postales elles vous entraînent à la rencontre des « sonneurs », des carillonneurs, des jaquemarts, de la plus petite clochette au gros bourdon, sans oublier les cloches miraculeuses, et ce dans différents pays du monde, à la recherche du temps perdu.
    Christian DEFLANDRE