MUSEE DE LA CARTE POSTALE
06600 ANTIBES
TEL : 04 93 34 24 88
L ‘ « AIR EST PUR . . . »
De et avec Paul DEROULEDE
(EXPOSITION TEMPORAIRE
DU 1ER SEPTEMBRE AU 31 DECEMBRE 200I
Qui de nos jours pourrait spontanément et avec précision situer la vie et l’œuvre de Paul DEROULEDE ? Fort peu d’entre nous. A moins de se pencher dans la littérature spécialisée.
« L’AIR EST PUR, LA ROUTE EST LARGE
LE CLAIRON SONNE LA CHARGE . . . »
Ainsi commence « LE CLAIRON » la chanson la plus célèbre de Paul DEROULEDE. Extraite du recueil « LES CHANTS DU SOLDAT » paru en 1872 (mise en musique par Emile ANDRE) et qui connut un immense succès populaire.
Paul DEROULEDE, poète, auteur dramatique et homme politique Français naît à PARIS le 2 septembre 1846. Il passe sa première enfance à CROISSY (78).
Après de brillantes études de droit, il est attiré par la poésie lorsque éclate la guerre Franco-Allemande de 1870.
Il s’engage dans le 3ème Régiment de Zouaves. Il se battra à MOUZON ? 0 BAZEILLES. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint le 15 me Corps des Tirailleurs Algériens de l’Armée de l’Est. En février 1871 il est cité à l’ordre du jour et décoré, pour : « …être entré dans MONTBELIARD avec un groupe de soldats et s’y être maintenu plus d’une demi-heure ».
En 1874 il renonce à la carrière militaire suite à une chute de cheval qui lui brise la jambe.
Désormais c’est par l’action politique ou par ses écrits qu’il va mener combat pour la revanche et entretenir l’idée que l’Alsace et la Lorraine doivent redevenir Françaises.
« Nul n’a prêché avec une sincérité plus éloquente la nécessité d’un relèvement national fondé sur l’union de tous les patriotes français ».
En 1882, il fonde la « LIGUE DES PATRIOTES » à la demande de GAMBETTA. La Ligue des Patriotes possède son propre journal : « LE DRAPEAU » et compte très rapidement 300 .000 adhérents. Ainsi Paul DEROULEDE glisse vers la politique active. Il est élu député de la CHARENTE en septembre 1889.
Le 23 février 1899, assistant aux obsèques du Président de la République Félix FAURE, il tente d’entraîner à l’Elysée les troupes qui ont défilé, dans le but de réaliser un coup d’état ! Leur chef, le Général ROGET refuse. Paul DEROULEDE est arrêté sur l’heure mais la Cour d’Assises l’acquitte.
Quelques mois plus tard il est condamné à dix ans de bannissement pour complot contre la Sûreté de l’Etat.
Il s’installe à SAINT SEBASTIEN EN Espagne. D’exil, il poursuit son action politique.
Il rentre en France suite à l’amnistie votée le 30 octobre 1905.
Non réélu en mai 1906 il renonce à tout rôle parlementaire.
Cependant jusqu’à la fin de sa vie il reste le Président de la Ligue des Patriotes. En dépit de la maladie, il se consacre à sa tache d’éducation et de commémoration nationales, prenant part à toutes les cérémonies patriotiques.
Il s’éteint à NICE le 30 janvier 1914.
Outre l’évocation d’une personnalité bien oubliée, l’exposition temporaire du Musée de la Carte Postale, a pour objet de montrer l’incroyable multitude de cartes générées par la vie et l’œuvre de Paul DEROULEDE. A tel point que chaque période de son existence peut être évoquée ou racontée par les cartes postales elles-mêmes : Ses écrits, son exil, ses funérailles et …même au-delà de sa mort !Car par un caprice du destin, le chantre de la reconquête de l’Alsace-Lorraine, est décédé juste avant le début de la guerre de 1914.
Qu’a cela ne tienne, les éditeurs n’ont pas hésité à le « ressusciter » en cartes postales pour mieux exalter l’ardeur au combat de nos vaillants « poilus ».
Une telle débauche d’imagerie, avec sa naïve sincérité, ses excès revanchards, ses débordements de toutes natures, nous permet de mieux comprendre l’état d’esprit qui régnait dans la France d’avant 1914, et comment la carte postale modeste mais incontournable « media », était utilisée comme support de propagande.
C.D.
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