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EXPOSITION TEMPORAIRE DU 1er OCTOBRE AU 31 DECEMBRE 2009
« LE TEMPS DU TANGO »
En bref : Exposition de cartes postales du premier quart du 20ième siècle représentant des danseurs de tango en pleine démonstration de leurs talents vus par des illustrateurs ou par des photographes.
Le tango peut se concrétiser dans la mémoire de chacun de nous sous des formes bien différentes, mais en général le mot ne laisse personne indifférent. Le tango c’est parfois une musique seule, parfois une chanson et au bout du compte une danse de salon dont on peut être l’acteur ou le spectateur. Les historiens du tango vous raconteront tous qu’il est né dans les bas fonds et les lieux mal famés de BUENOS AIRES dans le milieu interlope des immigrants à la fin du 19ième siècle. A cette époque la bonne société de BUENOS AIRES considérait que le tango n’était pas une danse convenable, tout juste bonne à distraire le bas peuple. Cependant la jeunesse dorée Parisienne venue à BUENOS AIRES pour faire du commerce, a ramené dans ses bagages le tango et l’a fait connaître à son retour dans la capitale. PARIS venait d’organiser l’Exposition Universelle de 1900. La France bénéficiait d’une réputation très valorisante sur le plan international et imposait des modes ou des idées au monde entier. Après quelques hésitations PARIS s’est entiché du tango, on le dansait dans les salons au grand dam de l’Eglise qui sous instructions du Pape PIE X voulait interdire cette danse jugée par trop immorale. Mais le tango fit fureur à PARIS et en Europe. Ainsi consacré par l’élite, le tango devint à BUENOS AIRES une danse acceptée par la société bien pensante ce qui tendrait à confirmer l’adage : Nul n’est prophète en son pays. Depuis un siècle le tango souvent considéré comme ringard et désuet n’en finit plus tel le Phénix de renaître de ses cendres, résistant à toutes les nouvelles modes, revenant parfois en force sous forme de spectacles dansés ou de chansons à succès. De génération en génération le tango ne cesse de susciter de nouveaux adeptes et de faire battre les cœurs. Avant que n’éclate la première guerre mondiale tout PARIS danse le tango. Les éditeurs de cartes postales toujours à l’affût des tendances nouvelles vont s’emparer du thème et lui donner un retentissement universel. Du côté des illustrateurs en France, l’incontournable Xavier SAGER très fin observateur des mœurs de son temps va croquer avec beaucoup de charme et de précision les différentes figures des danseurs de tango depuis les établissements nocturnes jusqu’aux salons mondains. Aux Etats Unis c’est avec tout autant de talent qu’un artiste qui signe L. USABAL nous livre des cartes remarquables sur les passionnés de cette danse sensuelle. Les professeurs de tango se feront photographier en pleine action pour éditer des cartes publicitaires destinées à recruter des élèves. A l’aube de 1914 le tango devient un véritable fait de société à tel point qu’il est représenté et mis en scène sur des chars fleuris dans les corsos et autres défilés de carnaval. Mais l’essentiel de la production des éditeurs portera sur des photographies de danseurs de tango, très élégamment vêtus. C’est ainsi que seront constituées des petites séries, à « à suivre » ,où les danseurs vous montrent les différentes figures que l’on peut exécuter au cours d’un tango. Au plus fort de la croisade contre le tango menée par les Evêques, certains éditeurs ont représenté des couples de danseurs dont les mains, les pieds et les visages sont visibles. Le reste du corps est entièrement occulté. Ces cartes qui voulaient répondre à la fois à la morale et à la mode sont peut être encore plus suggestives pour le spectateur que celles où rien n’est caché ! Ajoutons que pour un correspondant timide le fait d’envoyer une carte à l’élue de son cœur représentant des danseurs de tango, suggère immédiatement l’idée d’un rapprochement. Le premier pas en avant étant fait, il ne restait plus à la destinataire qu’à faire le second. Comme pour danser le tango ! On notera que la production des cartes de tango fut internationale. On trouvera des éditions en France, en Belgique, en Italie, au Royaume Uni, en Allemagne, aux Etats-Unis, apparemment aucun pays n’a résisté aux sanglots des violons ou à la nostalgie du bandonéon. Le cinéma s’étant emparé du phénomène on trouvera RUDOLPH VALENTINO dansant le tango en 1921 et l’actrice POLA NEGRI sur une carte publicitaire vantant le film : « SON DERNIER TANGO ». Cette exposition est susceptible de faire se retourner dans sa tombe un certain Jean BOISEUL qui dans un ouvrage intitulé : « TRAITE CONTRE LES DANSES » écrivait en 1606 : « La raison que nous avons de condamner les danses, c’est qu’elles apportent d’elles mêmes et donnent scandale et occasion d’offenser Dieu ; parce que les cœurs y sont ou peuvent être attirés et incités à lubricités, concupiscences, sales paillardises et autres vilenies ». Et pourtant à cette époque le tango n’existait pas ! Christian DEFLANDRE
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