Le Musée de la Carte Postale 4 Avenue TOURNELLI à 06600 ANTIBES France Tel : 0493342488 cartepostalemuse@aol.com présente :
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 1er JANVIER AU 31 MARS 2008
LE FER A CHEVAL ( HORSESHOE)
Exposition de plus d’une centaine de cartes postales du début du 20ème Siècle, réalisées en phototypie ou en chromolithographie par divers artistes, représentatives du symbole du fer à cheval supposé porter bonheur.
Plus d’informations :
Avouez que vous n’avez jamais eu l’occasion en vous promenant en ville, de trouver par terre un fer à cheval, muni de préférence de l’un des clous ayant servi à le fixer sur le sabot de l’animal ?
Disons-le tout de suite, si cela vous arrive (ou vous est arrivé) les spécialistes des oracles, talismans et autres signes du destin vous diront que vous êtes quelqu’un fait pour attirer la chance. Dans le cas contraire, vous êtes comme la majorité de nos concitoyens, et la superstition ne vous taraude pas l’esprit en permanence. La réputation du fer à cheval mérite une petite explication :
Autrefois dans nos campagnes le métal était rare et cher. Les paysans ne roulaient pas sur l’or, et seuls les plus riches faisaient ferrer leurs chevaux. Ainsi le gueux qui découvrait un fer à cheval perdu sur un chemin, avait la certitude en le ramassant qu’il pourrait en obtenir quelques pièces de monnaie, s’il le revendait au forgeron le plus proche. Car le forgeron savait réutiliser ce métal pour réaliser soit un nouveau fer, soit d’autres outils.
Cette constatation très terre à terre a accrédité pendant des années le fait que le fer à cheval pouvait porter bonheur. Nous sommes dans le concret, loin de toutes considérations plus ou moins ésotériques.
Partants de ce principe les récupérateurs de métaux, les chiffonniers et autres brocanteurs en tous genres, en ont fait leur gagne-pain et cela n’a rien d’exceptionnel.
Or cette réalité ne semblait pas satisfaisante pour les personnes profondément religieuses qui préféraient la légende de Saint DUNSTAN :
Saint DUNSTAN était un forgeron. Un jour le Diable en personne lui amena son cheval pour le ferrer. Saint DUSTAN fit mine de ferrer le cheval, et au moment où le fer fut bien rouge, il l’appliqua et le cloua sur le pied du Diable ! Ce dernier afin d’être libéré des douleurs provoquées par la brûlure dû promettre de ne jamais entrer dans une maison placée sous la protection d’un fer à cheval.
C’est peut-être la raison pour laquelle, en milieu rural, pendant longtemps, on pouvait voir, cloués sur la porte d’entrée des granges ou des maisons particulières, un ou plusieurs fers à cheval, toujours la tête en bas, dans la position d’un « U », pour que « le bonheur ne s’écoule pas » et reste dans le domicile.
La justification des propriétés extraordinaires du fer à cheval devient encore plus farfelue ou nébuleuse quand certains voient dans sa forme, parfois l’initiale du Christ, parfois l’évocation d’un croissant de lune. Comme chacun le sait, dans les civilisations anciennes la lune était le symbole de la chance et de la fertilité.
A l’Age d’Or de la carte postale (1900-1914), le cheval attelé était le moyen de locomotion le plus utilisé en Europe : fiacres, tramways, omnibus, pataches, diligences sillonnaient les villes et les campagnes, sans compter les chevaux utilisés pour les travaux agricoles. De nombreux métiers en découlaient : forgerons, carrossiers, bourreliers, cochers, maquignons.
Ce n’est pas pour autant qu’il suffisait de se baisser pour ramasser à terre un fer à cheval perdu, qui allait devenir votre porte bonheur. Mais les éditeurs de cartes postales eux, savaient exploiter les croyances populaires. Sachant que les quelques mots des messages griffonnés à la hâte par l’expéditeur d’une carte, se résumaient le plus souvent à des formules de vœux, à des souhaits amicaux ou amoureux ; ils ont offert au public une incroyable production de cartes postales décorée de fers à cheval : photographiés, dessinés, en couleurs, en relief, brodés, agrémentés de toutes sortes d’éléments décoratifs, adaptés à toutes les circonstances et aux évènements qui suscitent l’envoi d’une correspondance, depuis la carte de nouvel an en passant par les nombreuses fêtes à souhaiter tout au long de l’année.
Ainsi chacun pouvait envoyer ou recevoir son fer à cheval porte-bonheur à domicile. Dans la surenchère les concepteurs de ces cartes rajoutaient en plus du fer à cheval : des trèfles à quatre feuilles, des petits cochons, des croissants de lune, des pattes de lapins, des mains de Fathma, des chiffres « 13 », bref, tout une symbolique qui ne pouvait que vous condamner au bonheur à perpétuité.
Les croyances et les superstitions ont la vie dure. De nos jours, les cartes postales sont passées de mode, mais les bijoutiers et autres marchands de grigris proposent toujours des fers à cheval censés vous porter bonheur.
Avec un siècle de recul, nous ignorons si les cartes postales ont réellement fait le bonheur de celles et de ceux à qui elles étaient destinées.
Aujourd’hui, avec leur étonnante qualité d’impression et de conservation, leur charme suranné, elles peuvent au moins faire la joie des amateurs d’art et des collectionneurs. Tout un monde qui est dans la quête permanente de l’objet exceptionnel, du fameux « mouton à cinq pattes ».
Ce qui nous ramène au sujet de notre exposition et peut être à l’origine d’une expression populaire. Ne dit-on pas, par dérision, lorsque l’on désire acquérir quelque chose de rare ou de précieux :
« Ca ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval ! »
Christian DEFLANDRE
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