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Activité récente sur le site

FRANCISQUE POULBOT

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 1ER OCTOBRE AU 31 DECEMBRE 2002
 
 
FRANCISQUE POULBOT OU L'ETERNELLE JEUNESSE
 
 
                 Francisque POULBOT né en 1879 à SAINT DENIS(Seine Saint Denis) Mort le 16/09/1949 à PARIS.
    Entre ces deux dates se situent les créations d’un artiste dont les œuvres furent si appréciées et si représentatives de l’ univers de l’enfance, qu’au bout du compte, l’on désigna sous le nom de « petit poulbot » tout gamin malicieux, enjoué, espiègle, débordant de vie et se comportant en digne héritier du « Gavroche » des Misérables de Victor HUGO.
    Nous sommes en présence de l’un des rares cas où le nom propre du créateur est devenu un nom commun pour qualifier des personnages s’assimilant directement à ses œuvres.
    Ce style immédiatement reconnaissable et reconnu par une large audience populaire n’est certainement pas le fait du  hasard. C’est pour son auteur le résultat  d’une longue observation et d’une imprégnation des mœurs et coutumes dans le « maquis » de la Butte Montmartre au début du XXème Siècle, tout comme dans le domaine des cabarets qu’il avait coutume de fréquenter pour y admirer les éléments de décoration de ceux qui allaient s’avérer être ses Maîtres : STEINLEN et TOULOUSE- LAUTREC.
 
             Dessinateur de presse de 1895 (date de la parution de sa première œuvre) dans le journal « LE PELE MELE », jusqu’à 1946 dans « BENJAMIN », sa participation à d’innombrables revues se décline dans un inventaire particulièrement impressionnant.
Catherine SAINT MARTIN et  François SOLO (caricaturiste contemporain), ont réalisé l’ approche la plus complète possible de cette immense activité. Les passionnés pourront se reporter à leur excellent dictionnaire intitulé : « 5000 dessinateurs de presse et quelques supports » aux éditions TE ARTE.
    Simples reprises de dessins de presse ou résultats d’une création spécifique, les œuvres de Francisque POULBOT se retrouveront  tout naturellement éditées en cartes postales.
    La carte postale, modeste œuvre d’ art accessible à tous, convient parfaitement au climat qui émane des scènes enfantines où excelle l’ artiste. On remarquera tout de suite la simplicité et la justesse du trait qui traverse les années sans prendre une seule ride. Les propos qu’il prête aux enfants sont souvent espiègles, incisifs mais toujours dénués de méchanceté (gratuite). Habillée d’humour et de légèreté, c’est une grande leçon d’humanisme qui se dégage de l’ ensemble de cette production.  
 
         L’essentiel de l’œuvre cartophile peut se résumer en un regard tendre et protecteur porté sur la jeunesse, et ce, précisément à une période où certains adultes n’hésitaient pas à exploiter les enfants. Ces derniers travaillaient dès leur plus jeune âge à des tâches  ingrates aux champs ou à l’usine.
    En accord avec ses convictions profondes Francisque POULBOT participera à de nombreuses œuvres de bienfaisance : LIGUE NATIONALE CONTRE LE TAUDIS, CROIX ROUGE AMERICAINE, SOUTIEN FRATERNEL DES P.T.T., POUR LES CHOMEURS, PUPILLES DE L’ ECOLE PUBLIQUE, ORPHELINAT GENERAL DE France, etc. etc…
    Les  « petits poulbots » connurent un tel succès que de nombreux imitateurs s’engouffrèrent dans le genre. Aucun d’eux ne put égaler sa délicatesse de trait et sa justesse de ton relatifs à l’univers de l’enfance..
    Longtemps après la disparition de Francisque POULBOT ( et même oh ! Sacrilège ! sur la place du Tertre à MONTMARTRE), combien de croûtes laborieuses faussement qualifiées du titre de « poulbot » ont été proposées aux touristes, avides de ramener un souvenir pittoresque de leur passage à Paris ?
    En 1975, en France, quelques amateurs redécouvrent la richesse du patrimoine cartophile de la Belle Epoque. Un véritable phénomène de société suivra : Les cartes postales anciennes sortent des greniers, elles sont recherchées sur les brocantes, des Clubs se créent, des argus paraissent. Dans ces circonstances, il était très fréquent d’apercevoir des cartes postales de Francisque POULBOT, preuve évidente de l’intérêt qu’il avait suscité auprès du public.
    Cependant, par un injuste retour des choses, ces cartes qui semblaient être si courantes en 1975, ont été quelque peu négligées par les collectionneurs. Dans la majorité des cas, le collectionneur est en quête de « l’oiseau rare », ce qui pourrait expliquer pourquoi les cartes de POULBOT, trop abondantes, furent boudées. On peut supposer également que la production de masse des imitateurs sans talent, avait engendré une crise d’overdose.
 
      En 2002, les choses ont bien changé et certaines cartes de Francisque POULBOT  se font aussi rares que des moutons à cinq pattes. Il existe une association « Les Amis de Francisque POULBOT »(9 avenue Junot 75018 PARIS) qui s’est fixé pour objectif de recenser la production cartophile de l’artiste.
    Le Musée de la Carte Postale d’Antibes a choisi de vous présenter un ensemble de cartes postales ayant toutes été éditées du vivant de l’artiste.
    Vous pourrez y retrouver la gouaille des gamins dans des sujets patriotiques de la guerre de 1914-1918, des cartes destinées aux œuvres de bienfaisance et même des cartes publicitaires.
    Si Francisque POULBOT (par ailleurs cofondateur de la Commune Libre de MONTMARTRE) pouvait venir crayonner de nos jours dans les ruelles d’ANTIBES, nul doute qu’il « croquerait » quelques joyeux gamins. On peut même  imaginer que ses pas le conduiraient naturellement vers la Commune Libre du SAFRANIER, où les soirs de fête il ne maquerait pas de sujets d’inspiration.
    Les années se sont écoulées, les authentiques « petits poulbots » ont conservé toute leur spontanéité, toute leur fraîcheur d’origine, et cela grâce au talent de leur créateur qui a su leur conférer une éternelle jeunesse.

                            Christian DEFLANDRE