MINUIT
[DU CHAPITRE 1 AU CHAPITRE 10]
Ceux qui croient pouvoir vaincre les labyrinthes en fuyant leurs difficultés restent en dehors (...).
Ce que peut faire la littérature, c’est définir le meilleur comportement possible pour trouver l’issue,
même si cette issue n’est rien d’autre que le passage d’un labyrinthe à l’autre.
Italo Calvino, Le défi au labyrinthe.
1Minuit : la nuit coule sous le sens. Douze figures portant couvre-chefs et pardessus sombres s’avancent sous les frondaisons de nacre et d’argent : lueur blême des réverbères, emperlée de gouttelettes éthérées. Elles avancent d’un même pas et fendent le fardeau de brume. Silhouettes diaphanes : ombres enlevées par la suspension lacrymale, allant dans la discrétion : sans aucune manifestation de leur propre fait, si ce n’est, quelquefois, à intervalles fixes, celles de traînées luminescentes courant de haut en bas, en demi-ellipses, malingres pourtant – des cigarettes jetées au sol –, ou bien le fracas sourd d’excavations pulmonaires, ou même, épars, çà et là, le son brillant et contenu à la fois que produirait l’entrechoquement de pièces de métal serrées d’une main d’acier. Si bien qu’il faudrait aux passants attardés sur la grève – les derniers sans doute – une attention plus que soutenue pour discerner celles-là. 2 6 MINUIT continue... faire un tour du côté du CARNET D'AUTOPSIE DE MINUIT [3] |
[les chapitres 1 à 10 de MINUIT ont été mis progressivement en ligne par l'auteur lui-même en personne, les 24, 27 et 30 mai 2008]