La différence est importante entre infliger des critiques acerbes et admonester avec respect et amour.
David a eu son premier accident deux mois après avoir obtenu son permis de conduire. Il téléphone à son père, le rassurant en lui disant que personne n'est blessé, mais lui avoue que la voiture est joliment abîmée. Son père, tout en colère, lui répond : " Je savais bien que je n'aurais pas dû te laisser passer le permis si jeune. Tu n'es pas assez prudent, tout simplement. " Sara a une fois de plus oublié d'emporter son goûter à l'école. Sa maman, qui a l'habitude de le lui apporter chaque fois qu'elle l'oublie, le lui remet, lui fait de gros yeux et lui dit : " Tu oublierais même ta tête, si elle n'était pas attachée à toi ! "
La critique cruelle montre du doigt ce qui nous déplait d'une manière assassine, qui cherche l'erreur, qui la juge et la condamne, et qui la nomme.
Les critiques fréquentes portent atteinte à l'amour-propre. Même une seule remarque particulièrement venimeuse peut rester profondément incrustée dans la conscience d'un enfant. LES MOTS PESENT LOURDS Les paroles que nous adressons à nos enfants ont beaucoup de poids. Si nous leur disons qu'ils sont médiocres, ou irresponsables, ils enregistrent ce message comme une donnée qui fait désormais partie de l'image qu'il se font d'eux-mêmes. En particulier, les jeunes enfants ne possèdent pas la maturité intellectuelle nécessaire pour examiner la manière dont nous les évaluons; à plus forte raison ne peuvent-ils pas y être indifférents. Par exemple, si nous disons au petit de trois ans qui vient de renverser son jus de fruits sur sa chemise : " Est-ce que tu ne pourrais pas boire ton jus de fruit sans te rendre complètement dégoûtant ? ", l'enfant ne pensera pas : " Vous savez, je crois bien que mes parents attendent trop de moi ; je n'ai que trois ans. En vérité, je peux vous assurer que la plupart de mes amis du jardin d'enfants arrivent avec une partie de leur petit déjeuner répandu sur leur chemise. Donc, ce que mes parents me disent ne m'affecte pas.
On peut réfléchir à d'autres exemples de différences entre critique et encouragement.
Que dites-vous ? Ce n'est là que simple bon sens ? Malheureusement, les parents sont trop souvent ennuyés et frustrés; ils oublient alors de parler à leur enfant d'une manière qui les encourage et les valorise. Il est difficile d'être toujours sur ses gardes quant à la manière de s'exprimer avec les enfants. La réprimande doit être exprimée sans hurlement. Les enfants apprennent à régler leurs voix sur celles de leurs parents ; ils ne désirent pas accepter ce que leurs parents leur demandent en hurlant. Lorsque des parents hurlent avec leur enfant, c'est comme s'ils lui disaient : "Je ne t'aime pas". Les lois concernant la bonne manière d'exprimer des réprimandes sont tellement nombreuses, qu'elles ne peuvent pas trouver leur place dans le cadre du présent texte. En conclusion, disons que c'est à la mesure de notre capacité à dompter notre colère et à réfléchir avant de parler, que se mesure à quel point nous pouvons efficacement admonester nos enfants. Nous avons besoin de réfléchir attentivement à la portée de nos paroles sur l'amour-propre de nos enfants pour pouvoir, espérons-le, renoncer à toute critique acerbe, pour adopter des formes de moralisation plus constructives et plus encourageantes. Traduction et Adaptation du Rabbin Schlammé Source:http://www.lamed.fr/ | ||||||||||||
