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Atelier national sur l'agriculture biologique

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Biofach 2009

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Principes bio

"J`ai péché contre la volonté du Créateur et c`est en toute justice que j`ai été puni. Je voulais améliorer son travail parce que, dans mon aveuglement, je pensais qu`un maillon avait été oublié dans l`étonnante chaine des lois qui gouvernent et constamment renouvellent la vie à la surface de la Terre. Il me semblait que c`était àl`homme aussi faible et insignifiant soit-il, qu'il revenait de corriger cet oubli."


(Justus von Liebig 1803-1873, "inventeur" de l'agriculture chimique, 1865).

 

     

Principes générales

Les principes de l’agriculture biologique sont :

de façon générale :

             - améliorer et maintenir le paysage naturel et l’agro-écosystème ;
             - éviter la surexploitation et la pollution des ressources naturelles ;
             - minimiser la consommation des ressources et énergies non renouvelables;
             - produire des quantités suffisantes d’aliments nutritifs, complets et de haute qualité ;
             - donner des revenus adéquats dans un environnement de travail sain et sécurisé ; et
             - prendre en compte les connaissances locales et les systèmes agricoles traditionnels.

de façon pratique :

             - maintenir et accroître la fertilité du sol à long terme ;
             - renforcer les cycles biologiques dans les fermes, et plus particulièrement ceux des nutriments ;
             - fournir de l’azote à travers l’utilisation intensive des plantes fixatrices d’azote ;
             - assurer une protection biologique des plantes en se basant sur la prévention et non le traitement curatif ;
             - pratiquer la diversification des variétés de cultures et espèces animales adaptées aux conditions locales ;
             - pratiquer l’élevage adapté aux besoins des animaux ;
             - interdire les produits chimiques synthétiques comme engrais ou pour la protection des plantes, des hormones et régulateurs de croissance ;
             - prohiber le génie génétique et de ses produits ; et
             - interdire l’utilisation des méthodes synthétiques ou nuisibles, des ingrédients et additifs dans la transformation des produits.

 

Approche système

Comme déjà annoncé dans la définition, l’agriculture biologique obéit à une approche système. Les écosystèmes naturels servent comme un modèle.

A l’image d’un écosystème de forêt naturelle où l’on observe :

             - la diversité ;
             - l’équilibre écologique ;
             - la fertilité du sol ; et
             - les cycles des nutriments.

l’agriculture biologique préconise :

             - la polyculture avec l’utilisation de semences biologiques, non-OGM, adaptées aux conditions locales ;
             - la gestion biologique ;
             - le recyclage des nutriments ; et
             - la protection du sol.
(IFOAM et FIBL, 2002)

Contre la course à la productivité, l’agriculture biologique recherche la durabilité.

 

Mode de production végétale

L’agriculture biologique exclut l’application de matériaux synthétiques : engrais, pesticides, et autres produits chimiques de synthèse. Elle interdit également l’utilisation de produits et dérivés d’organisme génétiquement modifié ou OGM.

Par contre, les pratiques courantes sont :

             - la rotation culturale : la succession planifiée de plusieurs cultures sur une même parcelle ;
             - l’assolement : la répartition des cultures sur l’exploitation ;
             - l’association végétale : la culture de différentes espèces sur une même parcelle ;
             - l’incorporation dans le sol de matières organiques compostées ou non ;
             - la culture de légumineuses, d’engrais verts ;
          - le travail minimum du sol : sans trop perturber l’activité microbienne du sol. Le travail mécanique est complété par celui des êtres vivant (la macro et méso-faune, la microflore des sols, les racines) et par l’action des couvertures du sol ;
             - l’utilisation de semences biologiques adaptées aux conditions locales; et
        - la polyculture : éviter la monoculture provocant un déséquilibre de la nature qui compense en développant les « mauvaises herbes ». C’est de cette manière qu’apparaissent les maladies et les actions des ravageurs qui sont une façon de limiter la prédominance d’une espèce. La polyculture aide cette tendance de la nature à rétablir l’équilibre écologique. Si ces méthodes ne sont pas suffisantes, des produits d’amendement, de contrôle des maladies et ravageurs, et de fertilisation autorisés par la réglementation peuvent être utilisés.

 

Mode de production animale

En agriculture biologique, l’élevage est basé sur le bien-être de l’animal et d’autres méthodes pour éviter les traitements vétérinaires. La conduite de l’élevage vise :

             - la réduction du stress et
             - la prévention des maladies.

Les animaux d'élevage doivent avoir accès à des espaces en plein air et le nombre d'animaux par unité de surface doit être limité de façon à assurer une gestion intégrée des productions animales et végétales dans l'unité de production, réduisant ainsi au maximum toute forme de pollution en particulier s'agissant du sol ainsi que des eaux de surface et des nappes phréatiques.

L’utilisation de stimulateurs de croissance et d’hormones est interdite. L’alimentation animale doit suivre un programme bien équilibré et doit être surtout constituée de produits biologiques. Aucun produit OGM ne doit se trouver dans la composition de l’alimentation. Par contre, sous certaines conditions, la vaccination est autorisée.

 

Développement durable

En 1987 le "Brundtland Report" de l’ONU, publié par un groupe international de politiciens, de fonctionnaires et d'experts en environnement et développement, a alerté le monde de l'urgence d'un développement économique qui pourrait être soutenu sans épuiser les ressources naturelles ou nuire à l'environnement. Ce rapport a fourni une déclaration clé sur le développement durable, le définissant comme: le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des futures générations à subvenir à leurs propres besoins. Le rapport a mis en valeur trois composants fondamentaux au développement durable : la protection de l'environnement, la croissance économique et l'équité sociale.

 

Agriculture durable

Par définition l’agriculture durable est une forme de production écologiquement saine, économiquement viable et socialement équitable. Elle doit aussi correspondre au principe du développement durable : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins ». Depuis ces définitions, l’agriculture biologique est considérée comme une agriculture durable.

En agriculture biologique, on n’utilise pas de substances synthétiques, les agriculteurs doivent restaurer et maintenir la fertilité du sol et l’équilibre écologique par : l’association, l’assolement et la rotation culturale, la couverture végétale, la fertilisation naturelle et le travail minimum du sol. La pratique de la polyculture, l’utilisation des variétés et des races locales, et le renoncement à l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) contribuent à la sauvegarde de la biodiversité. La gestion du sol par la couverture végétale et le travail minimum du sol contribue (i) à la protection contre l’érosion, (ii) à l’élimination des produits toxiques du sol, (iii) au recyclage des éléments nutritifs et (iv) à la séquestration du carbone. La restriction de l’utilisation des produits chimiques de synthèse réduit l’utilisation des énergies non renouvelables et la pollution de l’atmosphère, du sol et de la nappe phréatique.

Sur le plan économique, l’agriculteur biologique réduit le coût de production par l’élimination des dépenses en intrants chimiques : engrais et pesticides. Ce qui les rend plus indépendant aux facteurs externes à leur exploitation. En plus, il gagne un bonus de prix car en fait, le prix des produits biologiques est supérieur à celui des produits conventionnels. En général, ce prix est de 30% de plus.

L’agriculture biologique offre aux petits agriculteurs l’opportunité d’ utiliser de la main d’oeuvre familiale par opposition à l’agriculture intensive pratiquant la monoculture et des moyens mécanisés. Ils sont aussi moins dépendants à l’usage des machines et à la consommation de carburants. La rémunération est également plus équitable favorisée par la coopération entre les acteurs : les agriculteurs, les collecteurs, les commerçants, les exportateurs…