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DésertMarcher dans le désert (marocain en l'occurence), c'est comme partir en bateau: on passe d'un monde connu, policé, repéré, bruyant mais sécurisant à un monde surprenant, silencieux et bigarré. Il y a plein de monde dans le désert, bien sûr: J'ai rencontré un berger qui avait perdu son troupeau pendant la sieste, un autre qui surveillait le sien du haut d'une dune, accroché à son VTT; j'ai tué un scorpion qui montait sur la chaussette de mon voisin, j'ai du des chameliers trottiner au rythme de leurs bêtes, ils marchaient en riant deux fois plus vite que moi et l'un d'entre eux, au large sourire édenté, jouait sur un violon fait d'une boîte de conserve, d'une branche d'acacia et d'un élastique. Après trois heures de marche silencieuce, j'ai entendu une pétarade avant de voir passer un vieil homme en mobylette, zigzaguant entre les pierres du déser. Je n'ai jamais su d'où il venait ni où il allait. Il faut prendre le désert comme on prend la mer: on les accepte d'abord, on les comprend ensuite. Peut-être. |
"On est dédommagé de la perte de son innocence par celle de ses préjugés" Diderot
