BIANCA BORAGI J’ai eu le plaisir de rencontrer, il y a déjà plus de 10 ans, Bianca Boragi qui s’intéressait aux questions liées à l’environnement et au paysage. Ses pratiques artistiques évoluèrent vers un travail d’installation, le plus souvent, in situ. Elle s’engage depuis dans des travaux qui mettent en jeu le corps, embrassant dans un ensemble d’actions brutes, une pratique dont les gestes simples et efficaces sont fondateurs de ses attitudes artistiques. Invitée en 2008 à l’exposition intitulée « SANS CONSERVATEUR », elle venait d’exposer une série de gerbes de grandes herbes déracinées à la « ferme du Buisson », lieu d’Art contemporain en île de France. Ces scalps végétaux faisaient éclater la sauvagerie de ses pratiques, physiques et directes. Bianca Boragi tressa des hautes herbes sans les arracher au sol, avec finesse comme le ferait une coiffeuse. Ces longs bras maigres s’étiraient de la terre vers les branches des arbres en s’y accrochant tels des naufragés. Sur un parcours de près de cinquante mètres, elle réalisa ce travail éphémère qui prit la dimension d’un Océan végétal se déchaînant. L’œuvre pénétrable, nous, enveloppait et nous happait dans ses mailles inextricables. Le succès que remporta son travail aux près des visiteurs a été le juste prolongement d’un engagement et d’une pratique joyeuse et passionnée. Bianca, par sa personnalité bouillonnante, nous entraîne dans son univers avec ferveur et enthousiasme. F.C |


